C'est entendu.

vendredi 4 décembre 2009

[C'est Ma Came] Damu the Fudgemunk - Same Beat

Bonjour à tous. Je m'appelle Thomas et chaque semaine, je vous présenterai dans "C'est ma came" une chanson qui m'a fait vibrer. Jusque là, rien de bien différent de ce que C'est Entendu propose, sauf que mon challenge est de vous parler ni de pop ni de rock. On explorera donc des contrées exotiques et inédites pour certains ou certaines d'entre vous.

Commençons tout de suite par du hip hop, oui vous savez ce genre qu'on dit mort à peu près aussi souvent qu'on le dit du rock. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, 2009 a réservé quelques délicieuses surprises pour les amateurs de boom bap, bien qu'elles ne soient pas légion. Parmi elles, Damu the Fudgemunk, un beatmaker qui depuis 2 ans nous gâte avec ses albums solo et Y Society, sa collaboration avec Insight (le MC de Boston).

Il a commencé par le graffiti et le MCing, mais c'est en s'amusant à reproduire ses beats préférés de Pete Rock que ce jeune homme de 22 ans issu d'une famille de musiciens a commencé à s'y mettre sérieusement. Il participe à la scène locale de Washington DC puis se fait repérer sur Youtube où il poste des vidéos lo-fi de ses maquettes. Aujourd'hui, il a monté son label avec son pote JNota et son futur c'est un nouvel album de Y Society, la production du prochain O.C. (un vieux de la vieille) et l'espoir de vivre de sa musique.

Si je vous parle de lui, c'est parce que Damu fait une musique authentique en utilisant une méthode bientôt vieille de 20 ans : un MPC, des vinyles et du talent pour choisir et assembler les samples. Pas de synthétiseurs, d'autotune ou de refrains accrocheurs pour les masses. D'ailleurs quand on lui demande quelles sont ses influences, il ne parle pas de rap mais plutôt de son amour pour James Brown, Frank Zappa, le jazz ou encore Yes et Genesis. Le bonhomme a une oreille pour les sons qui font mouche, et donne à son hip hop une musicalité essentielle, celle-là même qui est absente des chansons des rappeurs qui passent sur les radios FM généralistes. Mais j'en ai assez dit sur Damu, il est temps de laisser parler sa musique...




Thomas.

[Réveille Matin] Luis Mariano - Mon Coeur est un violon

Jadis j'étais un enfant et mes parents étaient les meilleurs parents. Pas qu'ils soient devenus d'affreux grigous avec le temps, non, c'était plutôt pour la formule, et pour vous conter l'histoire des road trips familiaux à la découverte de tous les coins sympas de notre chère France. On allait donc, dans le break de marque américaine, de châteaux en lacs, de grottes en randonnées, du Mont Blanc à Annecy en passant par La Rochelle et le Marché de Condom, et on en faisait des bornes. J'ai assez vite réalisé avec tous ces va-et-vient que j'avais le "mal de roues," aussi connu comme "la gerbe en voiture." Ne vous moquez pas, je vous confie un truc, là ! Bref, c'est à peu près à ce moment-là que j'ai trouvé le seul remède à mon mal et je ne parle pas de m'envoyer deux gros cachetons d'ecstasy – ow, j'avais 6 ou 7 ans ! En fait il me suffisait de chanter (en yaourt ou pas) les trucs qui passaient dans le lecteur K7 de Papa et Maman. Il y en avait des artistes qui passaient et que j'aimais bien imiter, dont je m'amusais à apprendre les paroles : Yves Duteil, Genesis, Sting ou bien Michel Legrand. Mais celui que je préférais, celui qui faisait l'unanimité auprès de mon frangin et moi, c'était cet Espingouin au Grand Coeur de Luis Mariano.



Certes datées, les chansons de Luis ne sont pas moins fameuses, et si vous n'avez jamais chanté l'un de ses tubes (autre que Mexico, soyons sérieux), il est encore temps, et je vous propose l'une de mes favorites parmi les plus mielleuses de ses chansons d'amour (d'ailleurs c'est une reprise). Mon coeur est un violon a été enregistrée il y a 65 ans, les copains, et pour moi, c'est toujours de la balle.



Joe

P.S. : Cet article est dédicacé à Rémi, qui a été le premier participant au Référendum 2009.

mercredi 2 décembre 2009

[Alors Quoi ?] C'est Entendu Présente : Le Peu importe, Volume 1

Le mois de Décembre va être un gros mois pour vous, amis lecteurs, sachez le. Nous vous réservons de fameux dossiers, une nouvelle rubrique, des tops de fin d'années, des chroniques d'albums tardives et tout un tas de cadeaux que vous méritez amplement car vous avez été sages, impliqués et de plus en plus nombreux depuis Février dernier.

L'Avent 2009 débutera donc avec un cadeau qui s'écoute (partout) sous la forme d'une compilation fomentée spécialement pour vous et qui récapitulera l'année 2009 vue par C'est Entendu. Au programme, les artistes de 2009 dont nous avons parlé (ou dont nous parlerons d'ici le 31 Décembre), mais pas n'importe lesquels : ceux qui ont besoin de votre soutien et qui ne cracheront pas sur une exposition médiatique supplémentaire.

La setlist (par Emilien et Joe) :

01 - SunJ - Blind Jack Attack
02 - Oneone - Letitino
03 - Le Aids - Family on Sundays
04 - Ray Rumours - Chaussures
05 - Golden Silvers - True Romance (True N°9 Blues)
06 - Morning Star - Longest Way Around
07 - The Snobs - Delhi
08 - The Drums - Don't be a jerk, Jonny
09 - The Konki Duet - Isolée
10 - Frànçois & The Atlas Mountains - Be Water (Je suis de l'eau)
11 - Papercuts - Future Primitive
12 - Treik Deeperheit - Burn Paper
13 - Big Blood - So old again
14 - Kumisolo - Cheap Pop Song
15 - Times New Viking - Move to California

Nous espérons que vous vous régalerez en revivant la première année d'existence de C'est Entendu ou en découvrant ce que vous avez pu y rater. Nous vous conseillons évidemment de vous procurer les disques des artistes qui vous auront chopés et/ou de lire les articles idoines si vous les aviez ratés. Bon rattrapage !

Joe



Nota Bene : Si vous faites partie de l'un des groupes compilés ou que vous êtes associés d'une façon ou d'une autre au label ou à la maison de disques de l'un de ces artistes et que vous désirez que nous retirions le mp3 concerné du téléchargement, il vous suffit pour cela de nous contacter et de nous en faire la demande. Les mp3s proposés ne le sont que dans le cadre de la promotion des artistes et nous conseillons à nos lecteurs d'acheter les disques des artistes qu'ils auraient découverts grâce à ce medium.

[Réveille Matin] Beastie Boys - Johnny Ryall

"Three idiots creating a masterpiece". Oui, aujourd'hui, il est grand temps de se demander si certaines franches réussites ne sont pas surtout de belles impostures. Vous n'avez jamais pensé à propos d'un morceau, d'un album, d'un groupe, qu'il ne s'agissait peut-être que de quelques types lambda qui, en tâtonnant un peu au hasard sans trop se poser de questions, arrivaient miraculeusement à créer quelque chose de forcément un peu particulier, mais avec des fulgurances de génie ? Et bien c'est ce que j'ai pensé la première fois que j'ai écouté les Beastie Boys et je vous avoue que ce doute ne m'a jamais quitté. Et ce titre du magazine Rolling Stone pour la sortie de leur premier album "Licensed to Ill", celui-là même que j'ai placé au tout début de mon article pour t'appâter, toi, lecteur, me trotte dans le crâne à chaque écoute de n'importe quel tube du groupe.

Parce qu'au fond, ces trois gaillards sont-ils autre chose qu'une bande de branleurs bien régressifs qui rappent à défaut d'avoir autre chose à foutre de leurs journées ? Il ne faut pas s'y tromper, les "B-Boys" sont seulement trois blancs-becs qui se rêvent en gangsta, et quand ils sortent "(You Gotta) Fight For Your Right (To Party!)" en 1986, avec son gros riff hard rock débile, son esprit adolescent attardé, sa baston de tartes à la crème, Public Enemy répond l'année suivante "Party For Your Right To Fight" et les choses sont bien claires pour tout le monde. Alors est-ce bien parce que les Beastie Boys viennent du punk qu'ils abordent le hip-hop de manière aussi décomplexée et désinvolte, prêts à faire résonner leurs geignements nasillards remplis à ras-bord de références à la pop culture sur des kilo-tonnes de samples allant de Pink Floyd à Kool & the Gang en passant par Bernard Herrmann (jusqu'à les organiser en constructions thématiques, en témoigne le Beatlemaniaque "Sound of Science") ?



Si "Paul's Boutique", leur second album, est encore une fois trop long et inégal, il n'empêche que ses plus grands moments paraissent insurpassables tant ils sont urgents, enchaînent les grosses blagues crachées à trois sur des instrus qui tout en ne tenant pas à grand chose surprennent à chaque mesure et possèdent un sens du groove dément.

Thelonius.

mardi 1 décembre 2009

[Vise Un Peu] Best Coast - S/T + Make You Mine + Black Iris 7''

Oh non. Pas encore. Y'en a marre. Je vous entends crier de l'autre côté de votre écran, mais rien ne m'arrêtera chers lecteurs. D'ailleurs, c'est déjà trop tard. Je vais encore vous parler d'un groupe qui fait de la musique rock pas originale avec un son pourri. Je vous dirais bien que c'est la dernière fois, mais j'avais déjà un peu décrété ça quand j'avais causé du dernier Times New Viking. Et c'est raté. Mais que voulez-vous, il y a toujours cette espèce de magie niaise par moments, quand un morceau vous tombe dessus et qu'il vous illumine, vous voulez en parler à tout le monde, à tous ces gens qui ne l'aimeront pas autant que vous, mais ce n'est pas très grave parce que le fait même d'en parler est la preuve ultime de votre allégeance à une centaine de secondes de musique qui en valent dix mille autres. Et si j'exagère, là, tout de suite, alors jetez moi la première pierre, balancez moi des parpaings via les commentaires si vous n'avez jamais ressenti ça, oui, occupez vos mains histoire d'oublier le fait que vous n'avez pas vécu un des meilleurs trucs possibles à vivre, pour peu que la musique ait ruiné votre vie et que vous l'assumiez parfaitement.


(In My Room - ceci n'est pas une reprise des Beach Boys)

Le mieux, c'est quand ça vous tombe dessus par surprise, mais pas totalement. Vous avez un vague historique dans votre tête : ces derniers temps, le duo américain et féminin Pocahaunted faisait de la musique improvisée expérimentale à base de drones, de voix qui psalmodient avec une réverbération qu'on qualifiera d'outrée, et sortaient au moins une cassette tous les deux mois. C'était la plupart du temps très chiant, mais par moment, miraculeusement, ça sonnait très bien. Et puis à un moment, une des deux filles, appelons là Bethany Cosentino (c'est son nom) décide de quitter le groupe qui était devenu un quintet (!) pour retourner chez elle, en Californie, et de faire de la pop music toute seule, avec des morceaux qui semblent être inspirés par la bonne vieille époque des girls bands tels que les Ronettes. Vous en savez pas plus, vous oubliez tout ça très vite même si la chose va s'enfouir quelque part dans votre mémoire branlante. Et puis, par hasard, un jour, vous tombez sur ce groupe Best Coast dans un blog américain que personne ne lit – vous vous rendrez compte, mais un peu tard, qu'en fait beaucoup de gens en parlent sur internet, mais c'est dur d'avouer qu'on est à la ramasse – et tout vous revient en mémoire, vous vous rendez compte que ça a avancé pour Bethany, alors vous cliquez au hasard sur des choses illégales sans en attendre rien, et quand la musique commence, vous vous stoppez dans vos activités, parce que, oh! C'est bien!


Sauf que là, c'est vous lecteurs malins qui me stoppez dans mon argumentation parce que vous êtes en train d'écouter le morceau que j'ai mis dans le player au dessus et vous tirez sur ma manche en me demandant avec un rictus qui ne vous va pas du tout "mais, heu, c'est du shitgaze ça un peu non? On dirait du Vivian Girls... et plus personne n'écoute les Vivian Girls depuis au moins QUATRE MOIS". Vous avez raison (même si Best Coast a eu la bonne idée de vendre sa pédale de réverbération). Mais écoutez mieux ce morceau, "In My Room" extrait de l'e.p. "Make You Mine", sorti y'a un peu plus d'un mois. Certes, c'est deux accords au son dégoutant et à la Jesus & Mary Chains qui tournent en boucle, eux qui voulaient déjà refaire le Wall of Sound de Phil Spector mais avec des pédales de distortion. Mais ne sous-estimez jamais le pouvoir de certaines suites d'accords utilisées par à peu près tout le monde : si c'est le cas, c'est parce qu'il y a une raison. Et quand dessus, une fille lance des "Whaaaaaaaaaa" surpuissants en vous racontant qu'elle a un petit monde à elle où tous ses soucis s'en vont et où elle peut raconter ses secrets, et que ce monde, ce n'est rien d'autre que sa chambre, c'est un peu comme chez Girls il y a quelques mois, il y a un sentiment adolescent ultime, la sublimation de sentiments minables dans une musique aussi naïve que le sourire d'un pubère avec un appareil dentaire. Et si à vivre soi-même, c'était absolument affreux, à écouter, ça semble magnifique et déchirant. Peut-être que la musique dite garage de notre époque n'est finalement qu'une grande bande-son faite par des post-ados fatigués pour des post-ados fatigués et rien de plus. Quoiqu'il en soit, la musique de Best Coast, c'est celle de l'été qui ne finit jamais, mais de l'hiver qui n'est jamais vraiment loin non plus, et sur la petite discographie en constante construction de ce one-man-band à géométrie variable, il y a déjà des petites perles qui n'annoncent rien, pas même un hypothétique premier album qu'on attendrait comme le messie, non, qui n'annoncent rien d'autre qu'elles-mêmes et des écoutes en boucle.


The Sun Was High (So Was I)

Rien que sur le tout premier single éponyme déjà sold out, il y avait ce morceau The Sun Was High (And So Was I) (plus qu'un titre : un programme) qui était une petite perle de lo-fi qui pourrait durer des heures. Évidemment, les influences sixties abondent, mais paradoxalement, ce morceau ferait presque penser à du Pocahaunted dans sa répétition extrême, sa composition qui sent le soleil de la Côte Ouest et ses guitares électriques molles, et le point fort de Best Coast est là : ses morceaux ne sont pas seulement des pastiches, ils ont cet aspect de transe douce et moite qui fait qu'on a envie d'y revenir, de plonger dedans, encore et encore. Forcément, quand on tombe ensuite sur une reprise un peu plan-plan de Lesley Gore et de son terrifiant morceau That's the way boys are (circa 1964) dont les paroles donnent envie de relire Le Deuxième Sexe, ça marche moins bien, on s'ennuie même un peu. Mais les morceaux enthousiasmants le sont assez pour ne ressentir aucune déception ou lassitude. On en viendrait à se demander si les meilleures compositions ne sont pas des essais ratés de pop 60's qui auraient justement gagnés en originalité grâce à cet échec. Sur le petit e.p. au son plus propre (enfin bon...) qui a suivi, "Make You Mine", c'est les voix des Shangri-Las qui sont convoquées sur le morceau-titre, accompagnées par des petites guitares complètement rétrogrades et une profusion de "ohhh baby" qui en agacera certains mais réjouira ceux qui cherchent des petits tubes instantanés, ce que les 4 morceaux de cet e.p. - un des meilleurs de l'année - sont, assurément.

Où va Best Coast? Tout cela ne serait-il pas une hype honteuse et absurde? Aucune idée. Ce n'est pas le dernier single sorti chez Black Iris il y a un peu plus d'une semaine qui pourra nous renseigner clairement : When I'm With You en face A est une charmante chanson retro qui joue beaucoup plus sur le terrain des néo girls-band garage, mais avec non seulement plus de talent et moins de reverbération (dieu merci), mais avec un côté faussement shoegaze qui nous rappelle que finalement toute la pop se mélange, et que désormais, les musiciens pompent partout, réunissent n'importe quoi. C'est peut être un peu moins convaincant, il est encore trop tôt pour se prononcer, Best Coast n'ayant même pas un an d'existence. Best Coast, juste un énième pastiche qui ne mène vers rien ? Ce n'est pas tout de suite que l'on pourra trancher la question. En attendant une réponse dans une profusion de singles inégaux ou un probable premier album, il nous reste une bonne poignée de chansons pop et ensoleillées qui offrent à notre saison éternuante de beaux moments de bruits blancs qui réchauffent.





Emilien

Décembre 2009

Couverture par Elaxis P.

A l'affiche :


C'est Entendu Présente : Le Peu Importe, Volume 1
Par le Rédaction.

Cadeau de Noël : une compilation home-made dans laquelle nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir plein de petits groupes qui ont besoin de votre amour.



Les oubliés : Bill Fay
Par Hugo Tessier.
Première partie : Bill Fay, un Jardinier (1970)
Deuxième partie : La Passion de Bill Fay (1971)





10 Singles pour 2009
Par la Rédaction

10 singles pour une année. Un top définitivement subjectif.





Vise un peu :

Best Coast - S/T + Make you Mine + Black Iris 7"
3,5/5
Par Emilien Villeroy

Ces morceaux ne sont pas seulement des pastiches, ils ont cet aspect de transe douce et moite qui fait qu'on a envie d'y revenir, de plonger dedans, encore et encore.


Rodriguez, le Sugar Man (1970)
Par Djeep

Alors finalement cet album c'est quoi ? Eh bien ce n'est ni plus ni moins qu'un chef d'œuvre. Décrire Rodriguez reviendrait à évoquer Dylan qui chanterait du Marvin Gaye à la sauce d'Arthur Lee de Love, à la fois acide, doux et planant.


C'est ma Came
Par Thomas Goo

Dâm FunK - Toeachizown



4 articles pour la nouvelle rubrique de Thomas : on y explore donc des contrées exotiques et inédites pour certains ou certaines d'entre vous.


They Live :

Julian Casablancas brille sur scène
par George

On avait attendu son album avec curiosité et il n'avait convaincu qu'une mineure partie de la Rédaction, dont George, toujours aussi fanatique de Julian, qui avait assisté à sa prestation parisienne et n'en avait ramené que de bonnes impressions.




En direct des Transmusicales, avec un léger différé
par Djeepthejedi

Djeep était présent sur la majorité des concerts de haut vol et nous a ramené ses impressions, ses découvertes et un top de ses chouchous.



Réveille Matin :

Beastie Boys - Johnny Ryall (1989)
Beck - Sexx Laws (1996)
The Brian Jonestown Massacre - 13 (1996)
Vic Chesnutt - You are never alone (2007)
Nat King Cole - The Christmas Song (Chestnuts Roasting on an Open Fire) (1946)
Esser - Leaving Town (2009)
Abner Jay - I'm so depressed
Luis Mariano - Mon Coeur est un Violon (1955)
Orchestral Manoeuvres in the Dark - Of all the things we've made (1983)
Edward Sharpe & The Magnetic Zeroes - Kisses over Babylon (2009)
Maureen Tucker & Daniel Johnston - Do it Right (1989)
Wetdog - Women's Final (2009)
Wire - Map Ref. 41°N 93°W (1979)

C'est Tout Vu :

Sortez de chez vous !
Sorties de disques en 2010

[Réveille Matin] Esser - Leaving Town

L'Été dernier j'avais prévu de vous chroniquer le premier album de Benjamin Esser, 23 ans, Anglais, Le Mod Du 21ème : polos Fred Perry, jeans retroussés, banane dressée, petit accent cockney. Et puis je ne l'ai jamais fait. Peut-être parce que je n'avais pas tant de choses que ça à dire à propos de "Braveface" ou peut-être parce qu'en tant qu'album, il a duré le temps d'un Été.

Je vous conseille cependant ce disque parce que s'il a ses défauts (une face B terriblement moins sexy et des paroles un peu trop centrées sur le spleen d'Esser), il contient un grand nombre de tubes dont le fameux Headlock qui avait révélé Esser l'année dernière. Si vous voulez en savoir davantage, ceci est une solution.

Ben Esser est un jeune homme qui a ses problèmes. Sa musique est tubesque au possible et on y sent des influences de fort bon goût (Blur en tête, mais aussi de l'électronique et du hip hop), mais il a du mal avec les gens, les transports en commun, les technologies, les filles, et sous sa crête, il a un petit cœur tout fragile, mais j'ai choisi de prendre ses paroles au second degré, comme sa musique semble le suggérer et ma chanson favorite sur son disque est Leaving Town parce que tout comme Headlock, Esser ne se laisse pas aller à de la mélancolie nunuche et préfère des "lalalala," "yeah yeah yeah," une ligne de basse énorme et un refrain qui frappe fort. Alors l'écouter geindre de la plus cool des manières qu'il se tire parce que la ville le gave, qu'il a jeté son portable à la Mer et qu'il n'en peut plus du Métro, si cela se fait à un tel rythme, je peux y passer ma journée.


Joe

dimanche 29 novembre 2009

[Grasse Mat'] Air - Playground Love

Oui bon, j'ai du retard, je sais, mais j'en profite pour vous proposer un chouette réveil dominical, alors finissez vite fait la lecture, lancez le morceau en question et retournez donc sous votre couette, l'être aimé à vos côtés, et flemmardez encore un peu. N'en profitez pas pour vous rendormir ou remettre le couvert pour autant, je m'en voudrais de vous mettre en retard à la messe.

Je cause donc Sofia Coppola, fille du grand, et de Virgin Suicides, son superbe premier film sur la solitude adolescente, sept ans avant qu'elle ne finisse par tomber dans l'académisme en costume qui n'a rien à dire. La demoiselle a toujours aimé s'acoquiner avec les groupes branchés de tous horizons, en témoignent ses apparitions dans des clips de Sonic Youth, Madonna, Chemical Brothers ou encore Phoenix, ah tiens d'ailleurs elle s'est marié à leur chanteur Thomas Mars, ah tiens, c'est justement lui qui apparaît en guest star sous pseudonyme (Gordon Tracks, wat da ?) sur le morceau de ce matin, bon sang quelle transition. Bon, c'est un peu de la triche parce que Playground Love n'est pas à proprement parler dans la bande originale du film, mais c'est une version chantée du thème principal, Highschool Lover, les deux morceaux se trouvant sur l'excellent album de Air.



(Playground Love)

J'avouerais que ce morceau a quand même des d'éléments qui rebuteraient pas mal de monde : le fameux enchaînement d'accords utilisé à tort et à travers dans "Dark Side of the Moon" plaqué par un mellotron tout doux, solo de saxophone carrément soft... Et pourtant, sans que je ne sache vraiment expliquer pourquoi ça marche, on se sent comme en apesanteur pendant trois minutes trente, portés par une mélancolie fragile et légère qui repose sur trois fois rien. Bon évitez de jeter un œil au clip par contre, il a beau être réalisé par Sofia en réutilisant entre autres des images du film, je me sens tout de même moins prêt à chialer sur un beau morceau quand il m'est chanté par un vieux chewing-gum qui se ballade, même si c'est pour se retrouver mâchonné par Kirsten Dunst.

Thelonius.