C'est entendu.
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vendredi 14 mai 2010

[C'est Ma Came] Flying Lotus - Cosmogramma

Steve Ellison semble avoir pris un abonnement annuel à la hype tant "Cosmogramma" a été l'un des albums les plus attendus de l'année dans les cercles où l'instrument de choix est un laptop. Proclamé par ses fans comme le nouveau messie de la beat music, Flying Lotus ne se fera pas que des adeptes avec un album aussi dense où les couches de nappes se découvrent au fil des écoutes et qui se prête à toutes sortes d'exercices de fusion de sons et de styles. Il y en aurait pour longtemps à citer tous les courants qu'on peut identifier dans un tel disque, parfois bruitiste comme le jazz qui l'inspire peut l'être, adoptant les évolutions amenées par les derniers courants du dubstep et de la bass music anglaise sur une base ancrée dans le hip hop post-J Dilla. "Cosmogramma" est à la croisée de nombreux chemins, et c'est sa principale différence avec "Los Angeles" (sorti en 2008 chez Warp lui aussi) qui ne peut prétendre à tant d'éclectisme.

Comme à son habitude, Flying Lotus n'aime pas se répéter et les variations des thèmes s'enchainent sans temps mort dans des morceaux très courts qui appellent à être réécoutés encore et encore lorsque le moment de grâce se révèle enfin à nos oreilles. Et pas de suspense ici, il y a de la magie dans cet album. Première vraie percée dans l'univers moite de "Cosmogramma," Pickled! est la superposition d'un synthé aux effets bien modernes sur des lignes de basses sorties tout droit d'un disque de fusion des 70's, façon Jaco Pastorius. Peu après ça sera avec des cordes cinématiques qu'il cherchera l'embrouille sur Zodiac Shit et plus tard avec la voix de Thom Yorke, en l'utilisant juste ce qu'il faut, pour la mélodie et la texture et sans donner l'occasion à ce dernier de trop déposer son empreinte sur l'une des chansons les plus faciles d'accès de ce disque avec la monumentale Do The Astral Plane, plutôt surprenante de prime abord, mais qui se révèle être le gros tube de l'album grâce à sa basse maligne. Pour les plus téméraires, les nombreuses digressions fortement connotées jazz seront loin d'être inintéressantes, rappelant parfois les sonorités de Tortoise (sur Satelllliiiiiiiteee en particulier) ou de Lonnie Liston Smith pour citer quelqu'un d'autre qu'Alice Coltrane (la tante d'Ellison, en hommage de laquelle la harpe est omniprésente).



Do The Astral Plane

Bien entendu, à vouloir proposer un disque narratif avec des beats comme c'est le cas ici, on s'expose toujours à enchainer les transitions. De ce coté-là, Flylo s'en sort bien malgré une certaine perte de vitesse à mi-parcours qui donne cette impression d'alternance entre des passages minimalistes et d'autres un peu bordéliques et je ne suis pas tellement convaincu non plus par la façon dont l'album s'achève. Toutefois, pas de quoi bouder son plaisir, Flylo signe encore là un disque très intéressant qui reste un réussite même si toutes ses ambitions ne sont pas réalisées.


Thomas Goo

samedi 10 avril 2010

[C'est Ma Came] Souls of Mischief - 93 'til Infinity

S'il y a bien un rappeur que les fans de pop et de rock connaissent à coup sûr, c'est Del tha Funkee Homosapien. Que ce soit à travers Gorillaz ou Deltron 3030, il a réussi à s'attirer les faveurs d'un public pas forcement convaincu d'avance grâce à ses compétences microphone en main, et peut-être un peu aussi grâce aux productions de Dan the Automator. Je sais, je sais, vous avez lu le titre et vous savez déjà que je ne suis pas là pour vous parler de Del tha "funky smell" Homosapien. Mais il se trouve qu'il a créé en 1991 les Hieroglyphics, un collectif ayant pour but de faire son trou à sa manière dans le paysage West Coast dominé par des valeurs bien moins loufoques et plus proches de celles de son cousin Ice Cube.

Parmi les recrues de Del se trouve une bande de jeunes MCs portant le blaze de Souls of Mischief dont le premier album "93 'til Infinity" fait forte impression à l'époque. D'une part à cause de sa production léchée, très inspirée de Diamond D et A Tribe Called Quest, qui prend totalement le contre-pied du G-Funk en optant pour du jazz-rap tranquille plutôt connoté East Coast. D'autre part pour sa consistance, chose pourtant rare dans le rap, puisqu'il n'y a pas vraiment de beat plus faible qu'un autre et absolument rien à jeter, sauf peut-être la traditionnelle Outro. Même aujourd'hui, si les propos des MCs ont perdu de leur pertinence tant la voie du gentil MC a depuis été explorée de fond en comble et avec plus de talent par d'autres, la production de l'album est la principale raison de sa présence dans la discothèque des hip hop heads. Et comme une bonne chanson vaut mieux qu'un long discours, je vous propose de chausser vos Jordan et de l'écouter tout de suite.




Thomas Goo

vendredi 12 février 2010

[C'est Ma Came] Samiyam - Man VS Machine

2009 a été une année qui a vu la réputation de certains beatmakers se construire, parmi ceux là Samiyam, qui a commencé à sérieusement nous régaler de beats tous plus excellents les uns que les autres. Il n'était déjà pas passé inaperçu en 2008 avec sa collaboration avec FlyLo et son EP signé sur Hyperdub - le label dubstep de référence en Angleterre. Il n'a rien perdu de ses compétences et il le montre parfaitement sur son 10' limité "Man VS Machine" qui fait monter la sauce et les blancs en neige d'un seul habile coup de poignet.

Loin d'être juste un clone triste de FlyLo, Samiyam a une vision bien à lui du hip hop, comme un patchwork de beats en constants déséquilibres et de courtes boucles mutilées. Plutôt que de remplir la bande d'un déluge de son, il préfère se concentrer sur les variations rythmiques et mélodiques et il n'hésite pas à caser des effets 8 bits comme ses confrères outre-Manche, notamment sur la face B Machine où il en abuse avec brio. Aussi inspiré par les artistes anglais que cela puisse être, quand Samiyam le fait, il le fait avec sa personnalité si bien que cela ressort d'une manière différente, bien plus West Coast dans l'approche. Il n'y a qu'à écouter ces lignes de basses généreuses et ce clavier qui plaque une série d'accords descendants (Rounded) pour penser à un Dam-Funk schizophrène qui aurait soudainement arrêté de faire le lover et qui aurait plutôt envie de hocher la tête sur une programmation et des sons angulaires. Le tout avec une constance que Dam-Funk n'a pas toujours sur disque, voilà qui en impose donc.

Encore un talent de plus dont il faudra attendre l'album et le juger sur pièce, mais aucun doute que la hype prendra le dessus tant le "Return EP" et ce "Man VS Machine" sont des offrandes de la plus grande qualité. Je vous offre ci-dessous une chance d'écouter July, le titre d'ouverture de ce disque qui a pour avantage d'être tout simplement superbe et de n'avoir aucun son 8 bits, histoire de ne pas faire trop peur aux gens vierges de ce plaisir vintage.




July

Samiyam - Man VS Machine [Poo-bah], sortie Octobre 2009.




Thomas.

jeudi 28 janvier 2010

[C'est Ma Came] El Michels Affair - Enter the 37th Chamber

Formation New-Yorkaise de la mouvance retro-funk, El Michels Affair consacre son dernier album à reprendre les meilleurs sons du Wu Tang Clan à sa façon. Ce n'est pas un hasard : après tout ils avaient déjà collaboré avec les bad boys de Staten Island puis les avaient accompagnés en tournée. Et on se souvient aussi que RZA avait déjà manifesté son intérêt pour créer des beats avec de vrais musiciens comme support, comme on a pu l'entendre sur "Chamber Music," sorte de projet à part dans la discographie du Wu.

Refaire du funk à partir du hip hop, c'est un peu l'arroseur arrosé tant le genre a pillé le funk à coup de sampling intempestif dès le début des années 90. Mais c'est aussi un défi pour le moins difficile de par la nature répétitive des beats et le minimalisme de RZA, qui offrent un espace d'expression très limité. Heureusement El Michels Affair compte parmi ses rangs des musiciens expérimentés puisqu'on y retrouve notamment des membres du Menahan Street Band.

Bâti sur une sélection classiciste mais de bon goût qui réunit parmi les meilleures productions de RZA pour le Clan et les albums solo de ses MC's, l'album a forcement le mérite d'offrir un net contraste avec le caractère sombre et étouffé des morceaux originaux. Même si le groupe s'efforce de reproduire avec exactitude les boucles de RZA, il est aussi question d'y ajouter quelques arrangements, et là les résultats varient. Au menu des réussites, Protect Ya Neck qui gagne en dynamique, Glaciers of Ice dont la première partie remplace avec brio l'introduction originale ou encore Can It All Be So Simple qui perd son sample vocal ainsi que le caractère presque atonal de sa basse percussive pour devenir une ballade groovy. Par contre on s'ennuie ferme sur un Shimmy Shimmy Ya sans la folie d'ODB ou sur un Bring Da Ruckus toujours aussi spartiate.

Pour résumer, plus la chanson est construite à partir de petits riens et moins il est facile pour El Michels Affair d'en faire un morceau de soul. Souvent, quand il est question de beats, un détail sonore complètement abstrait fait la différence, ce qui n'est pas si étonnant quand ce détail est répété tout au long de la chanson. On peut difficilement reprocher à El Michels Affair de ne pas égaler la minutie de RZA, mais c'est pourtant ce qui limite l'album à être une collection d'instrumentaux sympathiques là où les originaux conservent leur caractère exceptionnel après bien des années.

Soyons clairs, cet album n'est pas là pour remplacer les originaux, c'est un hommage de qualité, rien de plus. Et à vrai dire je suis pas mécontent que cet album existe, d'une part histoire de boucler la boucle du sample, d'autre part parce que je prends du plaisir à l'écouter malgré les quelques fausses notes.




Protect Ya Neck

El Michels Affair - Enter the 37th Chamber [Fat Beats], sortie Avril 2009.




Thomas.

vendredi 15 janvier 2010

[C'est Ma Came] Dorian Concept - When Planets Explode

Ce morne début d'année coincé entre tops décennaux et un froid à vous donner envie de réchauffement climatique me donne l'occasion inespérée de vous parler d'un jeune prodige autrichien appelé à devenir un grand nom : Dorian Concept. Vœu pieu ou hype putassière, j'en suis pourtant convaincu à en mettre ma main à couper, et j'y tiens à ma poigne.

Dorian Concept, de son vrai nom Oliver Thomas Johnson, est un beatmaker qui évolue entre hip hop et electronica, dans un territoire où les mâles dominants sont Flying Lotus, Prefuse 73 ou Dabrye. S'il n'hésite pas à donner dans un registre plus club et à augmenter les BPM si nécessaire, il reste pianiste de formation et manie les synthés avec une certaine virtuosité, ce qui l'appelle à laisser une place à l'improvisation dans ses prestations scéniques (on peut y voir un lien fort avec le jazz, et forcement avec son nom d'artiste).

Car, entre les basses à la Jay Dee, les bleeps et les rythmes plus ou moins déstructurés de rigueur, c'est bien ce qu'il apporte avec ses claviers qui fait la différence. Outre une approche plus mélodique, c'est aussi un travail sur les textures qui n'est pas sans rappeler Boards of Canada en plus exubérant quand il donne dans le downtempo. Et quand ce qu'il produit est dansant, il fait dans le bruyant et l'efficace avec des lignes de synthétiseur distordues qu'il s'amuse à modifier au plaisir comme sur l'irrésistible Trilingual Dance Sexperience.

Auteur de quelques 2 titres vinyles destinés à une population de DJ depuis 2006, son premier album "When Planets Explode" est sorti en 2009 chez Kindred Spirits et invalide nombre de tops faits à la va-vite. Et quand on considère son EP "Seek When is Her," ses remixes et ses singles, c'est déjà une œuvre conséquente qui confirme tout le bien que l'on pense de ce garçon. Naturellement je vous enjoins à écouter cet album l'esprit ouvert pour vous prendre la même claque que celle que j'ai prise, malheureusement l'effet n'est jamais garanti.



Fort Teen

Dorian Concept - When Planets Explode [Fat Beats], sortie 2009.


Thomas.

mercredi 23 décembre 2009

[C'est Ma Came] Dâm-Funk - Toeachizown

Il est difficile pour moi de terminer 2009 sans vous parler de Stones Throw, label référence pour les fans de hip hop et plus particulièrement de Madlib et ses différents alias. Cette année marquera l'ouverture du label vers d'autres horizons, tout d'abord avec l'album de Mayer Hawthorne, une réussite indéniable pour ce petit gars qui nous prouve que la soul n'a pas de couleur et, qui au passage se permet de signer deux des meilleurs singles de l'année avec Maybe So, Maybe No et Green Eyed Love. Si vous ne l'avez pas écouté, foncez, car je ne m'étendrai pas plus sur cet album sorti début septembre avec moult hype.

En effet, parlons plutôt de l'autre nouveauté de Stones Throw, un mec qu'on dirait tout droit sorti du Los Angeles des années 80 : Dâm-Funk. Et ce n'est pas une illusion, ce DJ - au sens selector du terme - semble bel et bien être passionné par une époque où le hip hop et l'électro n'étaient pas encore des mouvements tout à fait distincts et se confondaient dans un déluge de sons synthétiques. Et quand on écoute Toeachizown, on entend effectivement les sons qu'utilisaient Egyptian Lover, le World Class Wreckin' Cru (les débuts d'un certain Dr. Dre) ou Prince au début de sa carrière, à la sauce Dâm-Funk.

Cinq EPs compilés en un double album, c'est une quantité de musique certes difficile à ingérer. Malgré cela, Dâm-Funk arrive à nous faire hocher de la tête tout du long avec son groove électronique. Pour être honnête, la répétitivité des sons fait que même s'il apporte de nombreuses variations, on a l'impression d'écouter dix fois la même chose, mais toujours avec un plaisir non dissimulé. Et le pire c'est qu'on en veut plus, plus de solos de vieux synthétiseurs qui se portent comme une guitare, plus de chant passé à la talkbox. Sans s'en rendre compte, on est pris dans la spirale de son funk mutant.

C'est là qu'avoir ces deux disques prends tout son sens : calez-vous dans votre fauteuil, laissez tourner Toeachizown et vous vous perdrez à coup sûr dans son boogie funk démoniaque.


Mirrors

Dâm-Funk - Toeachizown [Stones Throw], sortie le 20/10/2009.


Thomas.

mercredi 16 décembre 2009

[C'est Ma Came] VA - Daptone Gold

Si le nom Daptone ne vous dit rien, vous êtes peut-être passés à coté du funk de Sharon Jones, de la soul de Lee Fields et de l'afrobeat d'Antibalas. Heureusement pour vous, le label sort Daptone Gold, une bien nommée compilation qui rassemble les greatest hits et autres raretés de son catalogue.

Bâti sur les cendres de Desco, le label Daptone a fait le pari risqué de l'ancienne école à tous les niveaux : un label, un house band, un producteur et pas de numérique. Un modèle qui rappelle les grandes heures de la Motown et de Stax, mais qui, quand on y accorde un moment de réflexion, n'était pas étranger à leurs réussites. Si on peut douter que Daptone arrive un jour à ce niveau dans le paysage musical actuel, on peut toutefois parler de franche réussite pour ce jeune label.

La production comme le house band - les Dap-Kings - sont particulièrement excellents, au point d'être parfois indiscernables d'un vieux LP funk de l'époque. Authentiques aussi les choix de ce label, du gospel avec Naomi Shelton, une réédition de Na Teef Know De Road of Teef , un album oublié de l'afrobeat des seventies, ou plus récemment le Menahan Street Band, réunion des musiciens des Dap-Kings, Antibalas et Budos Band. On sent la flamme de la soul music vivre chez eux rien qu'en écoutant leurs disques, et ce n'est pas rien.

Mais ca ne fait pas automatiquement de bons disques pour autant. Autant dire que le besoin d'une compilation est justifié, du moins pour ceux qui n'ont pas suivi ce label de près. Une bonne idée sur le papier qui donne une compilation agréable, même si on a le sentiment qu'elle aurait pu être mieux, notamment si Antibalas - bien plus original que le formulaïque Budos Band - n'avait pas été omis . Ça n'en reste pas moins un aperçu efficace des discographies de Sharon Jones et Lee Fields qui poussera les amateurs de soul à les explorer au plus vite.

Faites vous donc une idée, écoutez le titre ci-dessous : si la meilleur ligne de basse produite par les Dap-Kings ne peut pas vous convaincre, rien ne le pourra.

Thomas.

jeudi 10 décembre 2009

[C'est Ma Came] Tribe - Rebirth

Detroit, au début des 70's, Phil Ranelin (trombone) et Wendell Harrison (sax) fondent un groupe, un collectif, un label de musique et l'appellent Tribe. Parmi ses membres clés se trouvent Doug Hammond (batterie) et Marcus Belgrave (trompette) qui sortiront leurs albums les plus connus chez Tribe Records. Tombé aux oubliettes, le label sera réhabilité par les rééditions successives de ses disques par Soul Jazz, P Vine ou encore Ubiquity.

Detroit, printemps 2007, Carl Craig rassemble les membres originaux de Tribe, dispersés bien qu'actifs dans leurs communautés respectives. Dans son studio, les musiciens devisent de nouveaux arrangements tout en intégrant les compositions les plus mémorables de Tribe. En l'essence, leur son n'a pas changé, la production est certes contemporaine mais il y a toujours cette basse aguicheuse qui joue avec la batterie, ce clavier en suspens et la conversation passionnée des solistes. Sans parcourir un répertoire aussi grand que Tribe aura pu le faire à travers sa discographie, vous aurez déjà un aperçu de leur territoire à travers Rebirth : un jazz bâtard mais attachant, souvent orienté vers le funk, parfois modal et inspiré de Coltrane, occasionnellement bluesy.

Tout ceci n'est pas franchement éloigné de ce que faisaient aussi Herbie Hancock ou Freddie Hubbard dans les 70's, et n'a donc que peu de mérite quant à son originalité aujourd'hui. On admettra tout de même que quantité d'albums dans ce registre ont mal vieilli. Heureusement Rebirth fait honneur à ceux qui ont résisté, à ces quelques disques de l'époque encore classes aujourd'hui. Le fait d'y entendre des musiciens se réapproprier leur répertoire y est pour quelque chose, et les arrangements sobres ne détractent en rien.

Rien de révolutionnaire donc, juste de la bonne musique à tout égard. N'est-ce pas suffisant ?


Livin' in a New Day

Tribe - Rebirth [Planet E Communications / Community Projects], sortie le 30/11/2009.

Thomas.

vendredi 4 décembre 2009

[C'est Ma Came] Damu the Fudgemunk - Same Beat

Bonjour à tous. Je m'appelle Thomas et chaque semaine, je vous présenterai dans "C'est ma came" une chanson qui m'a fait vibrer. Jusque là, rien de bien différent de ce que C'est Entendu propose, sauf que mon challenge est de vous parler ni de pop ni de rock. On explorera donc des contrées exotiques et inédites pour certains ou certaines d'entre vous.

Commençons tout de suite par du hip hop, oui vous savez ce genre qu'on dit mort à peu près aussi souvent qu'on le dit du rock. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, 2009 a réservé quelques délicieuses surprises pour les amateurs de boom bap, bien qu'elles ne soient pas légion. Parmi elles, Damu the Fudgemunk, un beatmaker qui depuis 2 ans nous gâte avec ses albums solo et Y Society, sa collaboration avec Insight (le MC de Boston).

Il a commencé par le graffiti et le MCing, mais c'est en s'amusant à reproduire ses beats préférés de Pete Rock que ce jeune homme de 22 ans issu d'une famille de musiciens a commencé à s'y mettre sérieusement. Il participe à la scène locale de Washington DC puis se fait repérer sur Youtube où il poste des vidéos lo-fi de ses maquettes. Aujourd'hui, il a monté son label avec son pote JNota et son futur c'est un nouvel album de Y Society, la production du prochain O.C. (un vieux de la vieille) et l'espoir de vivre de sa musique.

Si je vous parle de lui, c'est parce que Damu fait une musique authentique en utilisant une méthode bientôt vieille de 20 ans : un MPC, des vinyles et du talent pour choisir et assembler les samples. Pas de synthétiseurs, d'autotune ou de refrains accrocheurs pour les masses. D'ailleurs quand on lui demande quelles sont ses influences, il ne parle pas de rap mais plutôt de son amour pour James Brown, Frank Zappa, le jazz ou encore Yes et Genesis. Le bonhomme a une oreille pour les sons qui font mouche, et donne à son hip hop une musicalité essentielle, celle-là même qui est absente des chansons des rappeurs qui passent sur les radios FM généralistes. Mais j'en ai assez dit sur Damu, il est temps de laisser parler sa musique...




Thomas.