C'est entendu.

vendredi 15 janvier 2010

[C'est Ma Came] Dorian Concept - When Planets Explode

Ce morne début d'année coincé entre tops décennaux et un froid à vous donner envie de réchauffement climatique me donne l'occasion inespérée de vous parler d'un jeune prodige autrichien appelé à devenir un grand nom : Dorian Concept. Vœu pieu ou hype putassière, j'en suis pourtant convaincu à en mettre ma main à couper, et j'y tiens à ma poigne.

Dorian Concept, de son vrai nom Oliver Thomas Johnson, est un beatmaker qui évolue entre hip hop et electronica, dans un territoire où les mâles dominants sont Flying Lotus, Prefuse 73 ou Dabrye. S'il n'hésite pas à donner dans un registre plus club et à augmenter les BPM si nécessaire, il reste pianiste de formation et manie les synthés avec une certaine virtuosité, ce qui l'appelle à laisser une place à l'improvisation dans ses prestations scéniques (on peut y voir un lien fort avec le jazz, et forcement avec son nom d'artiste).

Car, entre les basses à la Jay Dee, les bleeps et les rythmes plus ou moins déstructurés de rigueur, c'est bien ce qu'il apporte avec ses claviers qui fait la différence. Outre une approche plus mélodique, c'est aussi un travail sur les textures qui n'est pas sans rappeler Boards of Canada en plus exubérant quand il donne dans le downtempo. Et quand ce qu'il produit est dansant, il fait dans le bruyant et l'efficace avec des lignes de synthétiseur distordues qu'il s'amuse à modifier au plaisir comme sur l'irrésistible Trilingual Dance Sexperience.

Auteur de quelques 2 titres vinyles destinés à une population de DJ depuis 2006, son premier album "When Planets Explode" est sorti en 2009 chez Kindred Spirits et invalide nombre de tops faits à la va-vite. Et quand on considère son EP "Seek When is Her," ses remixes et ses singles, c'est déjà une œuvre conséquente qui confirme tout le bien que l'on pense de ce garçon. Naturellement je vous enjoins à écouter cet album l'esprit ouvert pour vous prendre la même claque que celle que j'ai prise, malheureusement l'effet n'est jamais garanti.



Fort Teen

Dorian Concept - When Planets Explode [Fat Beats], sortie 2009.


Thomas.

jeudi 14 janvier 2010

[Tip Top] Grand Cru Classé, notre cuvée d'albums en 2009

Amis lecteurs, vous avez eu votre tribune, voici la nôtre. Il est temps de compter les points et de dresser le tableau de ce à quoi 2009 a pu ressembler pour la Rédaction de C'est Entendu. Voici 20 albums qui ont marqué une très bonne année :



1. The Snobs - Albatross

Forcément. Il va en falloir du temps pour faire le tour de cet album si particulier, si puissant. Il va en falloir des écoutes pour que s'érode le pouvoir hypnotisant de ce voyage sonique venu de nulle part, si jamais cela arrive. Il va en falloir des efforts pour qu'un autre groupe arrive à un tel niveau de maitrise et sorte un album de cette trempe. Chef d'œuvre, "Albatross" l'est totalement, on ne le dira jamais assez.








2. Grizzly Bear - Veckatimest

Vous l'avez encensé et nous approuvons. Mais en même temps, que pouvait-on faire d'autre devant un album qui s'ouvrait sur un morceau aussi puissant et contrôlé que l'imparable Southern Point et qui, en cinquante-deux très denses minutes, tout en nuances et en ménageant ses effets, prenait d'emblée de beaux airs de monolithe, d'objet fini irréprochable ? "Veckatimest" ne cesse jamais de dévoiler sa richesse écoute après écoute, et ressemble bien à un classique instantané, ni plus ni moins.







3. St. Vincent - Actor

Annie Clark, héroïne absolue de 2009. Avec "Actor," elle a créé un monstre, un album étrange et addictif aux influences concassées, où les guitares (très) distordues croisent des claviers doux sans vergogne dans un grand bazar au charme qui ne s'explique pas, et ne se comprend pas très bien non plus. Non contente d'offrir une musique totalement unique, elle est aussi responsable de quelques uns des meilleurs tubes de l'année, Actor Out Of Work en tête. La plus belle surprise de l'année.









4. DM Stith - Heavy Ghost

Au lieu de se satisfaire de tous les clichés les plus affreux liés à la folk indie des années 2000, c'est à dire des accords mineurs, un rythme ultra lent, des paroles émo (pensez Cat Power sur "You are Free" mais en nul : des dizaines, des centaines de disques comme ça sont sortis pendant dix ans), David Michael Stith a écrit de bonnes chansons, c'est un fait, mais il ne s'est pas contenté de les enregistrer en guitare/voix en espérant que ça passe et que l'on oublie les 200 autres enregistrements identiques sortis depuis dix ans, non, il les a arrangées avec classe, les hantant de bruits étranges, de cordes somptueuses. Il les a inter-connectées, leur donnant VIE, et par cette approche a réalisé l'un des disques les plus fourmillant de détails (à découvrir à chaque écoute) que l'on pouvait espérer voir surgir des méandres de la "folk tristoune".


5. SunJ - Bash Hurricane!

Il ne suffit pas d'apprendre des meilleurs (John Fahey, Jim O'Rourke, Blur...) pour faire un grand disque. Il faut aussi savoir écrire des chansons (Bash Hurricane), savoir surprendre l'auditeur (A Harsh Teatime), glisser un single évident (Blind Jack Attack), bien s'entourer (Le Aids), savoir doser humour et talent (Jim & Mary Cheers) et sortir le disque au bon moment (juste avant l'Été). En somme, "Bash Hurricane" est l'un des meilleurs disques de l'année, celui qui aura marqué l'Été 2009, et la révélation d'un artiste (français) à ne pas manquer !









6. Girls - Album

Est-ce que cet "Album" passera l'hiver? L'écouterons-nous encore dans quelques mois? La question reste entière, mais nous ne regrettons rien de l'enthousiasme avec lequel nous avons pu parler de Girls cette année, quoiqu'en disent les détracteurs face auxquels nous serions d'ailleurs bien incapables de nous défendre. Il y a un sentiment adolescent si particulier dans cet album qui fait qu'on y est bien, très bien. Un genre de "Comment la musique sauve des vies, en 12 morceaux pop."








7. Fever Ray - Fever Ray

Déjà la meilleure dans sa catégorie avec The Knife, le premier essai solo de Karin Dreijer Andersson est une nouvelle réussite. Sorte de pop sombre et intimiste, portée par des claviers entre Vangelis et Kate Bush et des beats malins et discrets, sa musique est une bien meilleure "folk" que Bon Iver n'en jouera jamais. Bienvenue dans le 21ème siècle, les enfants.









8. Jim O'Rourke - The Visitor

A l'issue de la semaine Jim O'Rourke que nous avions organisée il y a quelques mois, nous aurions voulu publier une review de "The Visitor." Mais les mots nous ont manqué. Comment décrire ce long morceau (46 minutes !) passionnant, dense, mystérieux dans lequel Jim s'est résumé tout en offrant des pistes musicales passionnantes pour l'avenir ? Nous avons jeté l'éponge face à l'ouvrage. Reste cette Americana déconstruite dans laquelle on cherche toujours avec joie un sens, chose que l'on ne trouve jamais vraiment.








9. Ray Rumours - Le Pont Suspendu

Aimer cet album, c'est pas juste l'apprécier vaguement comme un essai folk sympathique, non, c'est en tomber littéralement amoureux, ni plus ni moins, il n'y a pas d'autre choix possible. Sincérité désarmante et chansons d'une douceur infinie, la musique de Ray Rumours vous touche directement au cœur. Et l'album de devenir quelque chose comme un refuge musical où l'on est bercé par la voix timide de Ros Murray.








10. Handsome Furs - Face Control

Dan Boeckner est l'un des deux songwriters de Wolf Parade, mais ce duo (avec sa femme) est en quelque sorte la rencontre entre les beats dansants de New Order, le gros son de U2, mais ROCK. Vous ne comprenez pas ? Vous ne pouvez pas comprendre la pochette non plus ? C'est dommage parce que personne n'a aussi bien rocké en 2009 que ces deux-là, leur guitare et leurs machines.








11. Golden Silvers - True Romance

Si l'on devait définir les bases communes à tous les rédacteurs ici présents, on serait bien embêté, tant nos goûts et nos couleurs, pourtant issus de la même souche pop (disons les Beatles pour résumer), divergent considérablement passé un certain point. Cependant, il y a des groupes qui rassemblent une majorité d'entre nous, et parmi eux Blur.
Partant de là, un disque de pop britannique aussi bon que celui-là, un accent anglais aussi (impeccablement) prononcé que celui de Gwylim Gold ne peuvent que nous convaincre.









12. Times New Viking - Born Again Revisited

Dans le livret de "Born Again Revisited," il est écrit "Fuck Your Blog". Et pourtant, on ne peut pas s'empêcher d'aimer ce trio. Donnant enfin au shitgaze ses lettres de noblesse, Times New Viking a réussi avec cet album a offrir un album insidieusement pop rempli de bruit blanc et de fureur mélancolique et molle. Avec de surcroit Move To California en grand hymne défaitiste de l'année.








13. Le Aids - Cum To Get Her

Le Aids est l'un des nôtres, certes, cela n'empêchera pas l'ensemble (Rédacteurs - Le Aids) de discuter de sa musique, laquelle, toujours influencée par Blur, mais récemment éprise de rock des 90 et de shitgaze, crache sur ce second LP une giga dose de décibels sous forme de mélodies mémorables, de refrains sing-alongs, de guitares porteuses-du-grand-Boucan et d'arrangements minutieux. On en redemande.









14. The Fiery Furnaces - I'm Going Away

Après avoir fait un prog-rock post-moderne incompréhensible avec claviers, les Fiery Furnaces - groupe malade - se sont lancés avec "I'm Going Away" dans une formidable perversion du classic rock 70's pour un résultat aussi addictif que jouissif. Et au milieu de morceaux toujours aussi tordus, la voix impériale d'Eleanor qui éructe des kilomètres de mots avec une classe ultime qui laisse pantois.








15. The Dirty Projectors - Bitte Orcca

Cet album divise autant que les prestations live du groupe (j'ai vu de mes yeux vu la moitié d'un auditoire littéralement s'enfuir après trois chansons jouées par le groupe) alors qu'il justifie le R&B commercial par la réutilisation expérimentalement POPPY qu'ils en font. D'abord, Dave Longstreth est l'un des grands guitaristes de la décennie écoulée (son aisance, et ses influences africaines), et ses notes éparses de guitare claire, sa voix (toujours quasi fausse), ses meufs (et leurs vocalises incroyables) et son batteur (sous-estimé mais très très bon) en font la découverte de 2009 dans la catégorie "incroyablement NOUVEAU".







16. Frànçois & The Atlas Moutains - Plaine Inondable

Peu de gens le savent mais le meilleur album chanté (à moitié) en Français sorti en 2009, on ne le doit ni à Dominique A, ni à Coeur de Pirate, mais bien à Frànçois Marry et ses Atlas Mountains. En faisant appel à une chorale polyphonique basque, Frànçois a élargi son univers pop timide et sympathique (la présence que dégage le groupe sur scène lorsqu'il interprète de tels morceaux est proprement surprenante).









17. Bibio - Ambivalence Avenue

Moins aventureux peut-être que son collègue Hudson Mohawke, moins classique que Clark, Bibio a mené sa barque plus loin que l'on aurait pu l'espérer. De "post-Boards of Canada" sa musique est devenue plus personnelle et à la fois plus éclatée, empruntant autant au hip-hop qu'à l'Idm, au DJing et à la pop.
Un disque qui regarde le futur dans le blanc des yeux, sans sourciller.








18. Animal Collective - Merriweather Post Pavilion

Vous vous doutez bien que c'est un miracle de trouver cet album dans notre top tant il divise ici. Et pourtant, ceux qui ont vu la lumière à travers cet incroyable maelström sonore organique y ont découvert des sommets de pureté psychédélique qui alterne contemplations rêveuses, transes païennes et pop mélancolique, voire même les trois ensemble.








19. The Drums - Summertime ! EP

Une bouffée d'air chaud a soufflé sur l'Automne 2009. Les Drums, de Brooklyn, ont déboulé pour emmener tout le monde surfer, tout un programme. Ils sont jeunes, ils ont écouté Morrissey et les Hoodoo Gurus, ils ont de l'humour et des refrains, et leur pop est d'une fraîcheur pas possible : résultat, on attend leur premier album comme Léo Messi.








20. Morning Star - A Sign For The Stranger

L'air de rien et les mains dans les poches, Morning Star a sorti l'album le plus sympathique de l'année, rempli de ritournelles pop aussi simples que chaleureuses qui bercent n'importe quelles saisons. Et s'il semble malheureusement que Jesse D. Vernon ne deviendra pas maître de la musique moderne avec cet album, il reste pour nous un favori, un chouchou, qu'on ne se lasse pas d'écouter et de soutenir.






N'hésitez pas à commenter nos choix, et à nous demander pourquoi diable tel ou tel album ne figure pas dans cette liste. On vous donnera des raisons absurdes et des arguments indéfendables, et après on ira manger une glace, tous ensemble.


La Rédaction

[Gueule de Bois] Jay Reatard - An Ugly Death

En ce qui concerne la Musique, 2010 commence plutôt bien. On a compté trois ou quatre grands disques, dont on va forcément vous parler très vite. Par contre, en ce qui concerne les artistes, c'est une autre histoire. Le jour de Noël, Vic Chesnutt se donnait la mort. Entre-temps, Lhasa et Mano Solo étaient emportés. Et puis l'autre jour, Eric Rohmer (qui était encore le meilleur cinéaste français pour ceux qui l'ignoreraient) nous laissait orphelins (la couronne reviendra alors à Godard, ou peut-être à Resnais, qui doit sentir ses jours comptés) en s'éteignant à 89 ans.
Jusque là ça n'était pas bien glorieux, mais hier matin, on a appris le trépas imprévisible et surprenant de Jay Reatard (29 ans...) pendant la nuit. Pourquoi et comment, on s'en fiche bien, mais ça nous a mis un coup au moral.

Au fond, l'ex batteur de Jay, dont il est fait mention à la fin du présent article.

Il n'était pas seulement l'un des plus chouettes punks américains, il était aussi un jeune gars dont on attendait impatiemment de voir ce qu'il allait faire après des débuts fracassants. Souvenez-vous de ses "Matador Singles 08" il y a deux ans, parmi lesquels on trouvait ses meilleures chansons, comme la reprise du Fluorescent Grey de Deerhunter, ou les singles pop bruyants See/Saw, You Mean Nothing to Me et cette Ugly Death très rock que nous vous proposons ce matin, avec une intro impeccable et un solo rock'n roll de tous les diables vers 2:15.

La pochette de "Watch Me Fall" (2009)

C'est à se tirer une balle cet article, je sais, alors mettez la chanson (dans le lecteur) et souvenez-vous que Jay était avant tout un type qui savait mettre un peu de vie dans un genre un peu mort, et puis procurez-vous son album de 2006, "Blood Visions" et celui de l'année dernière "Watch me fall" qui, sans faire souffler la Colère de Dieu en Haïti, sont de bons disques qui méritent votre attention.

L'autre jour, j'étais allé voir Wavves en concert, et, le saviez-vous, Nathan Williams était accompagné des musiciens de Jay Reatard, que ce dernier avait virés peu de temps auparavant. Deux types plutôt marrants. En les présentant, Williams a naturellement précisé ce détail, et pendant qu'il disait quelque chose comme "ce type là vous a foutus dehors, non ?" le batteur hurla dans le micro "The guy's a RAPIST !" C'est comme ça que je me souviendrai de Jay Reatard.


Joe

mercredi 13 janvier 2010

[Comptez pas sur moi] Non, ce pays n'est pas pour le Jeune Homme

Si vous aimez les faggots-finement-geeks amoureux d'indie pop jusqu'au bout des ongles, vouant un culte à Animal Collective jusqu'à "naître" musicalement via le forum dédié au groupe (comme d'autres ont pu naitre sur feu nepasavaler il y a quelques années), vous allez adorer Young Man, un jeune mec (sic) qui s'est fait connaitre en reprenant habilement des chansons de Beach House, Grizzly Bear ou bien entendu Animal collective et qui commence à proposer des compositions originales vu qu'une part de la blogosphère s'est emparée de lui et de son futur premier album, "Boy" (re sic) pour en faire (déjà) un espoir de 2010.

"Boy" est le premier album de Young Man. Il n'est pas encore sorti.
Le Myspace de Young Man.
Voici la chaîne Youtube de Young Man.

Quant à moi, je lui voue d'ores et déjà un désintérêt empreint de mépris pour la seule et unique raison que tout ça commence sérieusement à me fatiguer. Tout comme il y a quelques mois les gens descendant directement de la mode indie américano-canadienne (The Arcade Fire, The Decemberists, Sufjan Stevens, vous voyez de qui je parle) et indirectement du collectif Elephant 6 avaient terminé de me lasser, j'en ai aujourd'hui ma claque de toute la clique des types qui se prennent pour Panda Bear ou Daniel Rossen.


Je crois que je suis d'autant plus grognon parce que je ne retrouve ce ras-le-bol nulle part ailleurs sur le net. Pire encore, double rasade de bile, je lis de nombreuses piques vis à vis de la chillwave. Que l'on se plaigne (car les plaintes affluent au bureau du Grand Procureur Quid, du Tribunal de la Future Exégèse) du shitgaze, de la chillwave ou d'un autre courant musical à peine né, tout en s'émerveillant chaque semaine sur un nouveau petit clone et sa guitare acoustique, je ne peux pas le comprendre. Soyons sérieux, la chillwave a moins de six mois et doit rassembler tout au plus une demi douzaine d'artistes, et PERSONNE n'a eu le temps d'en avoir marre, personne. Si vous n'aimez pas ces trucs-là, c'est que vous ne les avez jamais aimés, voilà tout.

Par contre, je ne me pose pas en Grand Haineux de l'Indie Pop Acoustico-Élégante pour cheveux propres, non et non. J'ai beaucoup aimé tout cela (voyez les noms cités plus haut, et pensez à Midlake, aussi), et la sortie de "Veckatimest" (de Grizzly Bear) en 2009 était une bonne chose parce que le groupe amenait tout ce genre (vieillissant) un peu plus loin. Mais si Internet nous permet de décider qui peut et qui doit aller plus loin que l'étape du Myspace, je vous en SUPPLIE, évitez de distribuer les passe-droits à qui mieux mieux, ô lecteurs et confrères blogueurs, tout cela parce que le type a une bonne bouille et qu'il a les mêmes stats' Last.Fm que vous. C'est agaçant.


Joe

[Réveille Matin] Glissandro 70 - Bolan Muppets

Salut les copains ! Dès la deuxième phrase je dois vous faire un mea culpa : Joe et Émilien, je peux pas les suivre là. J'ai commencé à écouter des albums de 2010 hein, promis, cette fois j'arriverai pas après la bataille avec des mois de retard, mais comptez pas sur moi pour me la donner cette semaine en parlant d'albums qui sortiront à l'automne prochain, c'est pas mon business. Bon, j'ai tout de même une éthique alors je vous ai ménagé une petite transition en évoquant un sujet encore d'actualité, mais honteusement mis au placard par le blog (et si vous espérez vraiment que le top de la rédaction — car il arrive très bientôt — changera la donne, vous espérez mal), à savoir le parcours exemplaire du label montréalais Constellation cette année. Certes pas de Silver Mt. Zion, qui reste en gros la seule formation du label étoilé à réussir encore à faire un peu parler d'elle (si vous suivez un peu, c'est pour le mois prochain), mais six albums qui nous rappellent qu'il faudrait penser à revoir l'étiquette réductrice "post-rock" qui leur colle à la peau depuis la reconnaissance du vaisseau-mère Godspeed You! Black Emperor. Parmi eux on pouvait trouver des hymnes indie-rock foutraques (Clues et son album éponyme), des bricolages folk en forme de vignettes à la puissance sourde ("Ringing For the Battle Again" du trio Elfin Saddle), les murmures et les hurlements d'une écorchée vive (l'immense "Prince of Truth" d'Evangelista, j'insiste) et de superbes errances psychédéliques arabisantes ("Against the Day" de Land of Kush) en plus de disques moins essentiels mais louables (les opus du regretté Vic Chesnutt et de Do Make Say Think). Depuis quelques années Constellation élargit donc son champ d'action (par exemple en distribuant les Tindersticks en Amérique ou en signant des artistes qui ne sont pas issus des rangs de GY!BE) et accélère son calendrier sans tourner le dos à ses principes et sans baisse de qualité. Pas mal non ? Si.

Et donc ce matin, je vous cause Glissandro 70. "Mais pa-pa, c'est quoi Glissandro 70 ? Oui papa c'est quoi ?", me demanderez-vous. Groupe totalement mineur du label, la discographie de Glissandro 70 se résume à un seul et unique album du même nom sorti il y a bientôt quatre ans, même si la moitié de ce duo, Sandro Perri, avait déjà officié chez les montréalais sous le nom de Polmo Polpo. Et pourtant, cet album et ses cinq grooves minimalistes timides ne ressemblent à rien d'autre qu'à eux-mêmes et font preuve à la fois d'une grande maîtrise et d'une économie de moyens stupéfiante. A y réfléchir, ces petites mises en boucles sont comme un alter-ego solaire du Fly Pan Am, autre formation de génie du label : alors que chez ces derniers la répétition chétive perturbée de bruits parasites génère une tension étouffée, impalpable, Glissandro 70 obtient à partir d'un principe similaire de petits tableaux délicats qui rayonnent d'une lumière fragile et paisible.



Et le mieux dans tout ça c'est qu'on se retrouve vraiment pris à parti par le groupe dans la création de leurs morceaux, et j'insiste sur le terme car la force de l'album, c'est son écriture d'apparence modeste qui petit à petit se dévoile au point que les compositions nous apparaissent absolument évidentes, jusque dans leur surgissement imprévisible à partir des éléments les plus infimes. A ce titre, le sommet de l'album est atteint avec ce "Bolan Muppets" baignant dans une mélancolie qui émerge sans prévenir de frottements de cordes, du flottement de quelques notes de guitare stellaire, de voix malingres, pour nous engloutir doucement, nous emporter et finir par nous bercer chaudement dans un va-et-vient qu'on voudrait sans fin.


Thelonius.

mardi 12 janvier 2010

[Vise Un Peu] Owen Pallett - Heartland

Quand Owen Pallett a annoncé en 2006 qu'il commençait à réfléchir à la composition d'un album conceptuel intitulé "Heartland" après sa prouesse orchestrale "He Poos Clouds", il y avait quelque chose dans l'idée même de cet album qui impliquait une impatience irrépressible. Peut-être était-ce le titre, ou bien l'assurance d'avoir affaire à un type doué, mais il en restait simplement l'attente d'un chef d'œuvre, sans conditions ni compromis, tout ou rien. Owen s'est laissé le temps pour murir le projet, égrenant des indices sur ce magnum opus en puissance au fil des mois. Des interviews où il annonçait que l'album se déroulerait dans un monde imaginaire. De nouveaux morceaux incroyables en live. Et puis un excellent e.p. avec les musiciens de Beirut, "Spectrum, 14th Century" en 2008, imaginé comme des enregistrements venus de ce monde nommé Spectrum (sorte de Canada qui n'aurait pas été colonisé dans la violence), un monde dans lequel Owen Pallett est la divinité principale, ces chants de personnages imaginaires étant dirigés vers lui. Projet immense, concept incompréhensible, attente insupportable. Et finalement ce choix il y a quelques semaines, envisagé depuis des années mais que les événements ont forcé : changer son nom d'artiste, passer de Final Fantasy à son simple nom Owen Pallett. Choix pratique avant tout (pour éviter les confusions, l'album sortant un peu partout dans le monde), mais à la symbolique pas innocente.


(Midnight Directives)

Et soudain "Heartland", existant vraiment, en 12 morceaux qu'on n'imaginait pas entendre concrètement un jour. Et soudain "Heartland", et une écoute suffit à briser les spéculations : non, ce n'est pas le chef d'œuvre que l'on pouvait attendre. Et soudain "Heartland", qui prend l'auditeur par surprise, le laissant dans l'attente d'un terrain connu qui ne vient pas, ne viendra jamais. Et soudain "Heartland", et plusieurs écoutes suffisent à finalement comprendre : c'est le chef d'œuvre que l'on ne pouvait pas attendre, parce qu'on ne pouvait pas imaginer une oeuvre pareille, et c'est encore meilleur qu'on ne pouvait le penser. "Heartland" vient vers vous comme un grand tout qui fait mystérieusement sens en dehors même de son concept et qui ne peut être vu que comme une grande odyssée musicale de 46 minutes où le souffle d'un orchestre épique joue de toutes les variations dont il dispose, piano puis fortissimo, parfois en l'espace de quelques mesures. C'est l'un de ces albums avec lesquels chaque détail semble avoir fait l'objet d'une mure réflexion mais où tout est à sa place, aussi bancale soit elle.


Ce que propose Owen Pallett ici, c'est un savant mélange entre le classique et le populaire, la dissonance et la mélodie pop, l'acoustique et l'électronique. Certes, brillant arrangeur qu'il est, tout l'album est construit autour des ambiances déjà envisagées dans ses précédents essais, avec moult instruments à cordes et autres trompettes qui s'entrecroisent pour former un tissu orchestral dense, dense jusqu'à l'excès, des raffuts de marche militaire sur Flare Gun jusqu'à une véritable tempête musicale sur Mount Alpentine. Il l'a dit lui même, pour composer, il avait l'image d'une partition qui aurait été entièrement noircie par la masse de notes écrites - le résultat cependant n'est jamais lourd, bien au contraire, c'est là sa force. Mais inspiré par des amis à lui comme Simon Bookish ou Nico Muhly (qui a participé d'ailleurs à l'album et beaucoup conseillé Owen), il a aussi ajouté des touches électroniques qui parsèment l'album pour des mariages déroutants au premier abord mais qui se révèlent être pertinents, en particulier sur un morceau comme The Great Elsewhere. Et le plus passionnant dans tout cela, c'est que l'album ne semble jamais manquer d'originalité, au contraire, tout semble légèrement différent dans Heartland, décalé, déphasé, déconstruit, même les choses les plus simples.

Défigurer sa musique, Owen Pallett n'hésite pas à le faire, la frappant de dissonances auto-destructrices sur la fin de Lewis Takes Action par exemple, jouant sur des quarts de tons qui offrent à la musique un flou étrange, une insécurité tonale qui font passer même les morceaux les plus efficaces pour de mystérieuses étrangetés. Sur le début de Tryst With Mephistopheles, c'est comme si des éclats atonaux bourgeonnaient sur la rythmique métronomique. Détruire, souiller, ce sont des thèmes qu'Owen va jusqu'à développer au niveau des paroles. Véritable "cycle" allégorique, l'histoire à proprement dit de "Heartland" reste obscure dans les détails, mais narre l'histoire de Lewis, "fermier ultra-violent", et des relations qu'il a avec le Dieu qui l'a crée, à savoir Owen. Lewis, conscient de n'être qu'un personnage dans un album appelé Heartland décide un jour de quitter ses terres de Spectrum, se sentant enfermé avec ce Dieu qu'il a adoré et décide d'aller jusqu'au mont Alpentine pour tuer Owen, ce qu'il semble faire finalement à la fin de l'album (oh symbole !) mais peut être pas, qui sait vraiment ? Métaphore globale de la relation entre le créateur et sa création et à la fois texte cryptique aux multiples connotations (ayant trait autant à la notion de croyance qu'à l'idée de supprimer tout maître), avec des touches d'ironie et de haine de soi, "Heartland" contient tout ce qui rend un album unique, étrange, à jamais inexplicable.


(Lewis Takes Action)

Parce que le fait est là, pour autant que vous écoutiez cet album et posiez vos marques en lui, il semble qu'il vous surprendra toujours, par ses détails méticuleux un peu partout, par ses multiples nuances qui rendent les morceaux riches et puissants. Le mot semble galvaudé de nos jours, mais quel autre mot qu'épique peut-on employer à propos de Midnight Directives, qui ouvre l'album, ou bien l'impressionnant Lewis Takes Off His Shirt qui emporte tout sur son passage avec les "I'm never gonna give to you" que profère la voix d'Owen, toujours aussi douce et sensible mais encore plus assurée qu'avant. Et quand l'album s'aventure sur des terrains plus paisibles, cela donne E Is for Estranged, morceau d'une beauté incroyable, avec ses violons dissonants sur lesquels se pose un piano triste. Et finalement, l'album vous transporte dans cet ailleurs par la puissance des images qu'il a en lui, par la force de sa narration et son flot naturel qui passe d'un morceau à un autre pour ne former qu'un grand tout dans lequel on doit se plonger entièrement et l'ouïe affutée ; c'est bien ce que mérite un album aussi exigeant et chaleureux.

Car Heartland est un grand album, assurément le premier chef d'œuvre de la décennie naissante, il porte en lui de quoi nourrir des écoutes répétées, continues, maniaques. Et Owen Pallett, l'air de rien mais avec un talent surhumain, d'avoir condensé ce que la musique peut offrir de plus beau : une œuvre complexe mais dans laquelle il est facile et jouissif d'être emporté, noyé, broyé, encore et encore et encore.





Emilien.



[Réveille Matin] Harry Nilsson - Gotta Get Up

On nous a demandé plusieurs fois si on se levait à 5 heures pour poster nos réveille matin. Parfois, c'était pour rire, mais parfois, pas du tout, les gens croyaient vraiment qu'on mettait une alarme chez nous pour aller publier des articles sur Internet. On va peut-être ruiner vos espérances chers lecteurs, mais en fait, pas du tout, à ces horaires là, on est tous au pieu, on a programmé Blogger pour que ça publie automatiquement et c'est tout. Désolé. Mais en ce qui me concerne, je me lève pas non plus beaucoup plus tard que ça en semaine, et chaque matin, la petite routine de la journée se met en place, et dans ces moments, je repense parfois à cette chanson du petit génie pop de l'ombre Harry Nilsson, Gotta Get Up. En deux minutes et des brouettes, l'ami Nilsson résume la routine ordinaire qui a avalé les rêves d'adolescents, et liste implacablement les choses à faire, encore et encore : il faut se lever, il faut aller travailler, il faut se dépêcher, il ne faut pas être en retard, il faut courir, vite, allez, hop, zou, vite, mince, zut, oh, et parfois, on s'arrête, et on repense au passé, les jours plus heureux - forcément, on ne penserait pas que l'avenir est comme ça, de brefs instants de répit, et puis, fichtre, le temps reprend le dessus, il faut travailler, rentrer chez soi, plus vite, ad lib.


En fait, en quelques phrases qui ont l'air rigolotes, et sur une musique pop absolument fabuleuse aux arrangements qui ont laissé des séquelles (les trombones du pont, vous les retrouvez un quart de siècle plus tard chez Blur par exemple), Harry Nilsson balance un morceau absolument déprimant et sombre, mais, hé, dieu merci, les accords majeurs et les mélodies entêtantes font avaler la pilule avec douceur et offrent au tout une ironie délicieuse. A part ça, le morceau est sur l'album "Nilsson Schmilsson" (1971), un vrai best-seller, le plus gros succès de son auteur. C'est surtout un album inégal où les chouettes morceaux côtoient des moments assez affligeants comme le pleurnichard Without You qui pollue encore les stations radio. Mais que voulez-vous, c'est ça qui est pratique avec le réveille matin : C'est Entendu ne vous garde que l'essentiel face à une opinion générale à la ramasse. A la place, on ne peut que vous conseiller d'aller écouter "Aerial Ballet" qui, lui, est un véritable chef d'oeuvre de pop 60's. Et puis allez bosser sinon vous allez être en retard, vite, VITE, VITE!


Emilien.


N.B. : on nous indique qu'il a des petits soucis avec le lecteur sur le côté. Pas chez tout le monde, mais tout de même, c'est un problème. Donc, boum, une vidéo youtube en dessous pour que vous l'écoutiez quand même, hé!

lundi 11 janvier 2010

[Fallait que ça sorte] Stephen Malkmus & the Jicks - Real Emotional Trash

Ce matin, un type m'arrête dans la rue, il m'attrape le bras, et ses yeux fixés sur un point fixe à une cinquantaine de mètres derrière moi, il m'affirme d'un ton péremptoire "Je suis pas né d'hier et je sais qui tu es !"

L'histoire est banale, il y a tout un tas de paumés fondus du cigare qui arpentent les rues des Grands Villes. Cependant cette banale phrase m'a fait penser à Stephen Malkmus, et je vais vous dire pourquoi. Selon moi il y a trois catégories de personnes : ceux qui sont cools, ceux qui ne le sont pas et ceux qui ont l'air de l'être. Cette dernière catégorie a mes faveurs. Pas seulement parce que je pense en faire partie, mais parce que beaucoup de mes musiciens favoris en sont issus. Kim Deal, Patti Smith, par exemple, et évidemment Stephen Malkmus. Le genre de personnes qui n'expriment ni le besoin ni l'envie de faire l'effort d'avoir l'air cool. Ils n'en ont pas besoin, ça leur est naturel. Mais chez eux, ça n'est qu'un air. Passée la barrière de l'apparence, croyez-le ou pas, ce sont des losers (si vous avez eu l'occasion de regarder le documentaire "Pixies Sell Out", ou bien "Patti Smith : Dream of Life" vous vous en êtes déjà rendus compte). Rien à voir donc avec ceux unanimement considérés comme parangons du cool (pensez à Beck ou Thurston Moore, par exemple, ou encore plus fastoche, disons Bob Dylan) ni non plus avec les véritables losers, ceux qui ne parviennent pas à cacher leur absolu manque de classe (Pete Doherty me parait être l'exemple type).

Mike Clark, Janet Weiss, St. Malkmus, Joanna Bolme

Stephen Malkmus, je n'en doute pas une seconde, n'est pas le mec le plus charismatique, le plus prompt à délivrer en privé de grands discours idéologiques ou à avoir une répartie tueuse. Pourtant il se dégage de son attitude sur scène, de ses paroles et de sa musique une notion de cool si forte, qu'à l'écoute des disques de Pavement ou de cet album, il m'est arrivé de voir apparaitre le mot "c o o l," flottant au dessus de la platine, une sorte de synesthésie implacable et formidablement à propos.

Néanmoins, Malkmus a sorti trois albums solo consécutifs à la séparation de Pavement et antérieurs à "Real Emotional Trash" et l'effet n'était alors plus le même. Qu'il aille vers un format chanson trop fastoche ("Stephen Malkmus," 2001), expérimente son jeu de guitare vers plus de liberté, avec plus ou moins de succès ("Pig Lib," 2003) ou déborde vers un prog à synthé très inégal ("Face the Truth," 2005), il ne m'avait jamais réellement convaincu depuis la fin de Pavement... jusqu'à ce "Real Emotional Trash," sorti en 2008.

"Classic Rock" est le terme le plus adéquat : des chansonsà rallonge, étirées par des solos de guitare, font que l'on pense plus à Neil Young qu'à The Fall, Blur ou Television. Et ce parti pris d'aller vers un rock énergique, même s'il prend son temps, évite les temps morts. Les épopées (Hopscotch Willie, Real Emotional Trash, Elmo Delmo) sont entrecoupées de morceaux plus courts, format chanson, plus directs et accessibles (We can't help you, Out of Reaches) qui restent malgré tout vigoureux, peut-être du fait de l'apport à la batterie de Janet Weiss (dont je vous parlais l'autre fois), qui n'est pas connue pour son jeu tout en finesse... La guitare de Malkmus, elle aussi gagne en puissance et en efficacité ce qu'elle perd peut-être en liberté de mouvement. Comme sur "Pig Lib" le jeu de Malkmus se rapproche de ce qu'il était entre 1994 et 1995 chez Pavement, en gardant cette identité très prononcée qui fait son charme. Quelques mélodies rappellent l'époque de "Wowee Zowee" (1995) comme le "Shake me off the knife because I want to go home" de Dragonfly pie, ou le "Find a place to..." de We can't help you qui ressemble à la mélodie du refrain de Ann, don't cry, sur "Terror Twilight" (1999).

La direction prise n'est pourtant pas celle du retour en arrière : le son est nettement plus gras et massif que chez Pavement, et si les claviers très laids de "Face the Truth" sont passés à la trappe, tout l'album nage dans une sorte de tambouille hésitant entre l'envie de retour au dépouillement passé et l'impossibilité d'empêcher la guitare de se munir d'effets en tout genre, qui pourront effrayer les plus cagueux parmi vous, mais n'empêcheront pas les autres d'apprécier le songwriting sans égal de Malkmus. Et si j'en trouve un parmi vous prêt à critiquer son écriture, tout ça parce qu'il se permet une ou deux facilités (We can't help you est peut-être simpliste, mais qui a dit que la simplicité était interdite aux derniers hérauts de la guitare ?), il y a de grandes chances que je vous rappelle avec force pied au cul la facilité avec laquelle des morceaux comme We Dance (sur "Wowee Zowee") étaient construits.

Le sommet de l'album est la chanson-titre, qui permet à St. Malkmus (42 ans au moment des faits) de démontrer qu'il peut encore nous faire le coup de la montagne russe "à la" Speak, See, Remember (sur "Terror Twilight") en produisant au centre de ce rock décontracté une accélération lente et explosive, enchainée sur l'un des meilleurs rocks de la décennie.


Joe


P.S. : Ce week-end, Malkmus a laissé entendre sur son Facebook que lui et les Jicks étaient partis "dans le Sud" pour enregistrer le successeur de "Real Emotional Trash" qui, avec un peu de chance, sortirait donc en 2010.

[Réveille Matin] Eels - Gone Man

Bonjour à tous ! Cette semaine on s'attaque à 2010, promis, même s'il nous reste de quoi vous occuper encore un peu avec les restes, et pour commencer je vous propose de vous réveiller avec un chouette boogie issu de l'énième album de Eels, "End Times."


Il y a peu de chance que nous chroniquions cet album, sachez-le d'emblée, tant il est vrai que si la musique de Mark Everett a toujours été assez prévisible, elle stagne sévèrement depuis le double album MASTERPIECE "Blinking Lights and Other Revelations. "
Cependant, ce Gone Man, s'il ne se hisse pas au niveau des morceaux rythmés de "Souljacker" et "Shootenanny," parvient à donner le change. Il faut dire que je suis une chienne pour un bon boogie avec de la réverb' sur la voix comme on savait les faire dans le Sud à la fin des années 50.

Le morceau est dans le lecteur, et au passage permettez-moi de signaler à ceux qui ne l'auraient pas remarquée qu'une section "Sorties de Disques" a vu le jour, dans la barre latérale, ou ici. Cette rubrique est mise à jour régulièrement, elle l'a d'ailleurs été hier soir. A bon entendeur !


Joe