
Le rendez-vous était donc pris au Social club pour voir de nos yeux si le bordel que la bande aurait mis chez nos honnis voisins insulaires survivrait à l'Eurostar. Malgré le "Sold out", l'affluence est toute relative et le public composé d'au moins 50% des hipsters que Tyler raille à longueur de texte s'installe tranquillement devant une scène à l'éclairage tout droit sorti de Tron. L'attente sera longue et la soupe électro-Clayderman envoyée à grand renfort de subwoofer n'est pas là pour atténuer ce sentiment pénible. La DJ officiant derrière les trois MCs du jour (Left Brain, Hodgy Beats et le Créateur) se fendra d'une longue intro rappelant dans un premier temps qu'on est bien dans un club et dans un deuxième qu'on aurait foutrement aimé voir des musiciens à sa place, comme lorsque OFWGKTA étaient passés chez Fallon avec The Roots en backing band.
Tout est oublié cependant quand l'intro de Sandwitches démarre, et le public frissonne, l'instru suit son cours, la scène toujours vide. La DJ rembobine avec un bruit d'avant-guerre et lorsqu'elle relance le son, c'est l'apparition quasi-christique. Vêtu de son habituelle cagoule verte mais aussi de la marinière floquée "Goblin" (le titre de son album à paraitre) de l'équipe de France, Tyler scande avec violence les paroles tandis que ses deux compères prennent bien vite la mesure du public en s'y frottant d'on ne peut plus près. Cette introduction semble éternelle tant les jeunes rappeurs sont hyperactifs, sautant dans la foule, se chahutant l'un l'autre, toujours au plus près d'un public comme agité de spasme, à bout de souffle qui s’époumone sur ces "Wolf ! Gang !" qui ressemblent énormément à des "Wu ! Tang !"
(Sandwitches, le son poussé dans ses extrêmes)
(Sandwitches, le son poussé dans ses extrêmes)
Quand il lâche un "Sorry but something we don't do is a setlist" on comprend que Tyler est bien le maître de cérémonie ce soir et qu'il prend son rôle très à cœur. C'est ainsi qu'il demandera aux spectateurs de s'écarter et de le laisser descendre parmi eux pour vivre la folie du titre "French !" au corps à corps. Même happés par les fans, les fringuants "Golf wangers" trouvent toujours le chemin du micro et dégagent leur énergie à grand coups de sauts et de cris. Hodgy beats n'est pas en reste et arrache une partie du plafond en s'accrochant aux spots à quelques centimètres seulement au-dessus du public. Le show se déroule à beats battants, entrecoupé de courtes discussions avec la DJ (car la blague de la setlist n'en est clairement pas une). Les trois jeunes types savent bien que les intermèdes ne sont pas nécessaires tant ils interagissent pendant les morceaux. Tyler qualifie l'audience de "wild" et on veut bien le croire.
(Radicals, où l'on voit la marinière en action)
(Radicals, où l'on voit la marinière en action)
Si on attend avec impatience la preuve par la musique que ce collectif a l'étoffe de la révolution hip-hop qu'on leur met un peu hâtivement sur le dos, il est certain que l'occasion de les voir en concert ne doit pas se manquer et que l’énergie adolescente de leurs premières productions n'est pas feinte. On a là une bande de gosses qui viennent partager leur musique et surtout se marrer un bon coup, accompagnés d'un leader charismatique et c'est pour l'instant bien assez.
Nephtalie
P.S. : Merci à BigAdrius75 pour les vidéos.





















