Voici venue l'heure de l'Agenda des Sorties (une rubrique verra le jour dans un futur proche qui regroupera toutes ces dates et sera facilement accessible à tout moment, ce sera bien vous verrez) :
24 JanvierThe Durutti Column - A Paean To Wilson
Vinni Reilly nous proposera un disque instrumental en deux mouvements qui sortira pour l'anniversaire de la création de Factory Records, en hommage à feu Tony Wilson.
8 FévrierThe Silver Mount Zion Memorial Orchestra - Kollaps Tradixionales
Avec Efrim Menuck seul à la guitare, les canadiens sortiront un probable concurrent direct au titre d'album de l'année, comme d'hab'. voici la pochette :
9 FévrierUniform Motion - Life
Le duo toulousain très visuel sortira son second album et risque de tourner pas mal pour le promouvoir, ce qui est chouette. Voici la pochette :
15 FévrierShearwater - The Golden Archipelago
Le groupe de Jonathan Meiburg, après nous avoir beaucoup ennuyés, a eu la bonne idée l'année dernière de couper les ponts avec le demi-frère Okkervil River et s'en est sorti avec l'un des plus beaux albums de 2008. Ils reviennent et on espère ne pas être déçus ! Voici un teaser et la pochette :
23 FévrierQuasi - American Gong
Le trio de pop quasi noise, quasi sans guitare, quasi chouchou des pontes de la Rédaction de C'est Entendu, revient ! C'est pas trop tôt, et voici la pochette trop bien :
8 MarsBRMC - Beat the Devil's Tatoo
En espérant qu'ils ne referont pas l'erreur d'enregistrer un disque lisse comme l'était "Baby 81" ni une vaste blague du genre de "The Effects of 333," on attend de pied ferme le prochain disque du Black Rebel Motorcycle Club, qui ont entretemps viré leur batteur.
Et puis en ce qui concerne les rumeurs, on parle de plus en plus des prochains albums de Belle&Sebastian, Joanna Newsom (il serait temps), Fleet Foxes et Spiritualized, qui devraient tous voir le jour l'année prochaine.
Alors voilà, le type s'appelle Alex Ebert mais tout le monde l'appelle Ed Sharpe, et depuis que Devendra et sa clique se sont rangés des voitures, il n'y a pas eu Big (Indie) Band Hispanophile plus cool que celui d'Ed et ses Magnetic Zeroes. Cet état de fait n'a pas échappé à grand monde, et le groupe qui n'a sorti son premier album ("Up from Below") qu'il y a quelques semaines, est déjà fort bien entouré.
En effet, pour accompagner leur rock du désert à forte inspiration Morrico-Leonnienne, il est prévu qu'une vidéo accompagne chacune des chansons de l'album, dans le but de former une sorte de métrage morcelé, dont les deux premiers épisodes (Desert Song et Kisses Over Babylon) sont pour le moment disponibles.
Le premier épisode montrait Edward, paumé en trip hallucinogène au milieu du désert, qui finissait par dégommer son paternel au coutelas, je vous propose la seconde partie, que je trouve vraiment fameuse, pendant laquelle Ed mène la révolte dans le pénitencier où on l'a amené :
Detroit, au début des 70's, Phil Ranelin (trombone) et Wendell Harrison (sax) fondent un groupe, un collectif, un label de musique et l'appellent Tribe. Parmi ses membres clés se trouventDoug Hammond (batterie) et Marcus Belgrave (trompette) qui sortiront leurs albums les plus connus chez Tribe Records. Tombé aux oubliettes, le label sera réhabilité par les rééditions successives de ses disques par Soul Jazz, P Vine ou encore Ubiquity.
Detroit, printemps 2007, Carl Craig rassemble les membres originaux de Tribe, dispersés bien qu'actifs dans leurs communautés respectives. Dans son studio, les musiciens devisent de nouveaux arrangements tout en intégrant les compositions les plus mémorables de Tribe. En l'essence, leur son n'a pas changé, la production est certes contemporaine mais il y a toujours cette basse aguicheuse qui joue avec la batterie, ce clavier en suspens et la conversation passionnée des solistes. Sans parcourir un répertoire aussi grand que Tribe aura pu le faire à travers sa discographie, vous aurez déjà un aperçu de leur territoire à travers Rebirth : un jazz bâtard mais attachant, souvent orienté vers le funk, parfois modal et inspiré de Coltrane, occasionnellement bluesy.
Tout ceci n'est pas franchement éloigné de ce que faisaient aussi Herbie Hancock ou Freddie Hubbard dans les 70's, et n'a donc que peu de mérite quant à son originalité aujourd'hui. On admettra tout de même que quantité d'albums dans ce registre ont mal vieilli. Heureusement Rebirthfait honneur à ceux qui ont résisté, à ces quelques disques de l'époque encore classes aujourd'hui. Le fait d'y entendre des musiciens se réapproprier leur répertoire y est pour quelque chose, et les arrangements sobres ne détractent en rien.
Rien de révolutionnaire donc, juste de la bonne musique à tout égard. N'est-ce pas suffisant ?
Livin' in a New Day
Tribe - Rebirth [Planet E Communications / Community Projects], sortie le 30/11/2009.
Sur C'est Entendu, on a un espèce de joker quand on fait à l'arrachée un Réveille Matin. Ça nous apparait comme ça, alors qu'il faut faire un choix rapide pour vous réveiller, on en vient à cette conclusion toute simple : "bah, on a qu'à parler d'un tube pop de Wire sorti entre 1977 et 1979". On vous a déjà fait le coup. Mais on recommence, parce que, le saviez-vous, Wire a sorti en trois ans autant de chefs d'oeuvre de la musique rock moderne dont vous devez vous asperger les oreilles au moins une fois par trimestre sous peine d'oublier qu'ils sont à la base de pas mal de choses. On recommence, et laissez-nous vous dire qu'on a de quoi le faire plein de fois tant le nombre de tubes alignés en 3 ans est impressionnant. Mais d'ici là, penchons nous sur ce qui est surement le morceau pop le plus parfait du groupe, oui, encore mieux qu'Outdoor Miner (mais de peu), à savoir le visionnaire Map Ref. 41°N 93°W qu'on peut trouver dans leur grand album "154".
Ce qui est incroyable dans ce morceau, c'est à quel point il est ce que la pop des années 80 aurait pu, aurait dû être, mais n'a pas vraiment été, du moins jamais de manière aussi éclatante et surpuissante (il y a matière à débat, mais je veux pas débattre, je veux dire du bien de Wire, comprenez moi !). Les effets sur les guitares, la rythmique new wave, les petits synthétiseurs qui vibrent dans l'aigu, Wire offre ici un espèce de hit exigeant, mais pas trop, un ready-made de pop music que leur demandait leur label mais rempli de détails intello qui en font un des meilleurs morceaux possibles. Tout est là, des belles harmonies vocales qui sonnent de manière si particulière aux suites d'accords jouissives qui explosent sur un refrain qui devrait faire porter pale n'importe quel groupe de rock actuel qui croit écrire des tubes, rien de moins. Et même si ces groupes y arrivent, ils n'auront jamais l'ironie sublime de Colin Newman quand il lance de manière si arty, si détachée, si "regardez-moi-être-tellement-plus-classe-que-vous", si parfaite donc un petit "choooruus!" juste avant le début de celui-ci qu'on attendait depuis le début du morceau, pied de nez absolu qui n'a sûrement aucun autre sens que celui de démonter la musique dite populaire et la remonter de manière unique, ce que Wire a fait, clairement, ici encore. Parce que Map Ref. 41°N 93°W est tout simplement l'un des meilleurs morceaux du monde, voilà.
Ah, sinon, gros trivia, sur la carte du monde, les coordonnées 41°N 93°W représentent apparemment le centre approximatif du Middle-West américain. C'est le bassiste Graham Lewis qui a eu l'idée d'appeler le morceau comme ça après avoir vu depuis un avion les belles plaines américaines - lui qui aimait les cartes et la géographie. Il a pris la position de la ville de Centerville. C'est en Iowa. Il trouvait le nom joli. Ça ressemble à ça :
On a même des images. C'est Entendu, blog géographique d'investigation. La pop manque définitivement de longitude. Merci Wire. J'espère bien qu'avec ce post, on a lancé des passions. Mieux, des carrières.
J’aurais pu commencer en parlant de la première partie, mais quand on rencontre le messie, quel intérêt y a-t-il à s’attarder sur ce qui se passe en salle d’attente ? Pour information, les heureux élus furent les Neon Indian, leur album est chroniqué ici.
On ne sait si la mèche bleue dans les cheveux de Julian témoigne d’une nouvelle force céleste, mais notre vieux copain est en pleine forme ! Tout de cuir vêtu, J.C. n’ira pas en Enfer comme il le prétend dans Out of the Blue (« I’m going to hell in a leather jacket »). On le voit plutôt faire vrombir sa caisse jaune et noire en direction de la Cité des Anges, ceux qui avec courage ne cessent de suivre l’élan créatif qui les meut malgré la perverse notoriété qui en entraîna plus d’un dans son tourbillon maléfique de la répétition. Après un sevrage de l’alcool et trois excellents albums des Strokes, on ne peut qu’applaudir la capacité de leur leader à se renouveler, à oser surprendre son public et à ne se poser aucune limite formelle. Mais face aux piètres apparitions télévisuelles de l’Extraterrestre, on pouvait légitimement émettre des doutes quant à la qualité des concerts à venir. Heureusement, la Foi fait prendre le risque à certains illuminés d’acheter un billet.
Le live est riche, plein d’une force créatrice, la voix est charnue, jamais fausse, parfois mélancolique, jamais dramatique. Julian n’est plus autiste sur scène comme il avait pu l’être lors des derniers concerts des Strokes. Sa prestation est assurée et subtile, joyeuse et juste, il est à l’aise, les morceaux sortent parfaitement et sont auréolés d’une énergie qu’on n’escomptait pas vraiment à l’écoute de l’album. Sans se dandiner bizarrement comme à la télé, il est clair que Casablancas a repris du poil de la bête, il recouvre le charisme qui avait déserté la dernière tournée des Strokes.
J.C. nous parle (ouais !) français parfaitement, nous déclare qu’on est « twè fou» ici, qu’on lui manque déjà en annonçant le dernier morceau et on le croirait presque, hypnotisés par son sourire ravageur et son incroyable aura. Chaque morceau est joué avec tant d’épaisseur qu’il peut se permettre de zapper Tourist sans offusquer son public. A la place il offre un élégant clin d’œil aux Strokes, bientôt de retour aux affaires, en reprenant You only live once dans une version veloutée.
You only live once
Erratum : en réalité, la chanson n'était pas You only live once mais bien I'll try anything once, la B Side de Juicebox.
Les Strokes sont en cours d’enregistrement et programmés le 12 juin 2010 au festival anglais de l'île de Wight. Pour ceux qu’aucune révélation n’a encore convaincus du divin "Phrazes for the Young," je ne peux que vous encourager à réécouter l’album en commençant par le milieu et à lire les textes, qui sont somptueux.
D'OMD on ne connait souvent que le plus criard et regrettable (pour le cliché qu'il colporte) des singles typiques des années 80, à savoir Enola Gay. C'est l'une des tragédies de l'Histoire, tant cette chanson-ci n'est pas ce qu'il faudrait retenir de ce groupe-là. En effet, ces anglais pionniers du mouvement synth pop à l'aube des eighties ont sorti un paquet de disques très intéressants, et mon préféré, je vous l'affirme est "Dazzle Ships" (1983) dont le dernier morceau vous est proposé ce matin. Une sorte de lente et nostalgique balade que je considère ni plus ni moins comme l'un des meilleurs trucs issus de cette époque, notamment parce que le son de la guitare y est sans pareil.
Trivia : Meric Long, le chanteur des Dodos, cite cette chanson en exemple lorsqu'il mentionne ses influences.
Alors que Noël approche, il devient difficile de résister aux standards immanquablement liés à la période. Et puis, cette semaine on compte vous parler de lofi et un vieux morceau comme celui de ce matin, enregistré il y a plus de soixante ans, avec ce qui s'ensuit de grésillements et de son étouffé, c'est au lofi ce que les Chutes du Niagara sont au Bukkake : l'original.
A la limite, écoutez la chanson, c'est une belle Ode à Noël, mais moi j'arrête là-dessus, je me suis posé un lapin tout seul avec la phrase précédente, je démissionne pour la journée.
C'est de retour en centre ville et dans une salle du Liberté entièrement rénovée que débute la première grande soirée des Transmusicales 2009 et quel plaisir de retrouver ce lieu mythique du festival dont les toilettes n’ont jamais autant brillé et ne sentent plus la pisse millénaire. Arrivé à la bourre pour voir The Whitest Boy Alive, je les aperçois seulement mais n'ai pas envie de m'éterniser, préférant me rabattre à l'étage sur la Russe DJ Sandra qui parait–il a de très gros seins, tout le monde le dit et je ne peux que constater cette évidence, mais en plus de cet atout, je trouve aussi que la belle mixe super bien dans le registre électro lolita fashionista. La soirée continue ensuite avec 78 Rpm selector un groupe qui utilise de vieux disques et des gramophones pour produire une musique moderne et rétro-vangardiste. Le concept est bien mais au bout de 20 minutes je m'ennuie et vais faire un tour dans la grande salle du liberté bas, où je me choisis une bonne place aux premières loges en attendant la sensation VV Brown qui ne m'a pas déçu.
Une vraie diva accompagnée d’un trio rock guitare/basse/batterie qui nous a livré un show impeccable, très classe avec de beaux moments d'émotion sur les morceaux Back in time et Crying blood déchirants de justesse, ainsi qu'un inédit, Caroline, calibré pour être un hit tout comme Leave ou Shark in the water (en écoute dans le lecteur). Son album est vraiment sensationnel et sortira le 8 Janvier; je ne peux que chaudement vous le recommander, Les plus sceptiques autour de moi me disent que ça sonne trop commercial à la mode "Amy Winehouse." A vous de voir, quant à moi je poursuis avecle groupeBeastvenu de Montréal qui se compose de la chanteuse Betty Bonifassi accompagnée de l’arrangeur Jean Phi Goncalves. Betty est déjà venue aux Trans puisqu'elle accompagnait Champion en 2005 ou 2006 je ne sais plus, bref c'est un public conquis d'avance qui lui a réservé un accueil des plus chaleureux. La belle nous a offert une belle performance vocale sur une orchestration à la croisée du rock, du trip hop et du noise, un mélangé très particulier mais que j'ai bien apprécié dans l'ensemble. Après une petite bière pour me donner la force d'aller voir Abraham Inc. et ses musiciens prestigieux (c'est une belle réunion de virtuoses du jazz, le public semble apprécier, mais je m'ennuie : trop technique, trop intello), je retourne jeter un œil aux gros nichons de DJ Sandra en attendant le concert de Hook and the twins qui sera mon dernier ce soir.
La prestation est un peu courte avec seulement 6 titres dont leur tube imparable Bang bang Cherry mais les autres chansons, entre noise, électro et auto-sample semble annoncer un album à gros potentiel.
Mon Top 3 du Jeudi
1- VV brown 2- Hook and the Twins 3- Beast
Vendredi 4 Décembre 2009 :
J’arrive a la soirée de Vendredi (qui a lieu cette fois-ci au parc Expo) un peu à la bourre comme d’hab' et mon premier vrai concert de la soirée sera celui des écossais au look de bûcherons de The Phantom Band qui jouent un rock étiré et tendu aux emprunts de krautrock, des morceaux qui révèlent toute leur beauté et leur puissance en live. Leur belle prestation confirme les louanges de mes confrères pour cet album : c’est une révélation et un groupe comme celui-là ne peut que grandir et s’améliorer.
The Phantom Band - Crocodile
Le 2ème show se passe avec Terry Lynn, une jamaïcaine pleine d’énergie qui met le feu dans un Hall 9 survolté, c’est l’euphorie dans le public sur des rythmes ragga-dancehall hyper efficaces, j’en prend une dose de 15 minutes, assez pour moi, puis je file dans le Hall 4 pour surveiller la venue des Detroit Social Club. En attendant on a droit aux tribulations d’un DJ un peu zarbi qui fait du meublage pendant que la scène de derrière s’installe. Alors voici la question métaphysique du jour : que penser de DJ Mister Eleganz ? Je dirais que c’est un arriviste, un gros fumiste qui mixe sur une version mal calibrée d'i-tunes avec à sa décharge des morceaux électros dans l’air du temps et plutôt efficaces, mais le personnage est agaçant, oui je sais il joue un rôle de tête-à-claques, avec son costard, ses grosses lunettes ringardes, ses grimaces et ses poses de mannequin à deux balles, mais c’est suffisant pour amuser la galerie 5 minutes alors je me laisse prendre au jeu. Arrive ensuite sur scène une bande de jeunes garçons bien habillés, avec des instruments tellement beaux qu’on dirait qu’ils n’ont jamais servi. Les Detroit Social Club qui comme leur nom l’indique viennent d’Angleterre, et seraient soit disant les futurs remplaçants d’Oasis. Bof Bof, ils savent jouer du pop/rock, ils savent chanter mais ça ne m’électrise pas le poil du slip, alors je file prendre un boc de bière et ça tombe bien car il n'y a pas grand monde à la buvette. Après ce petit remontant direction la scène géante du Hall 9 et c’est enfin une révélation qui s’offre à moi. Oui ce soir j’ai vu la vierge, une vierge noire.
La grande prêtresse Fever Ray sur laquelle j’avais quelques à-priori négatifs à cause d’un album très obscur mais la belle m’a carrément épaté. J’ai eu l’impression d’assister à une messe satanique avec sur scène des ombres éclairées par des chandeliers électriques style rétro. L’ambiance est lourde, pesante, oppressante même, on ne distinguera quasiment pas les artistes pendant ce show mais ils sont là tels des spectres assurant le service. Visuellement c’est superbe, musicalement c’est quelque chose de puissant novateur et original (un rappel vous attend dans le lecteur), je suis resté sur le cul tant c’était prenant et incroyable. Tous ceux qui seraient passés a coté de cet album devraient donc lui donner une autre chance. Après cet électro choc mon corps commence a donner quelques signes de faiblesses, je ne dois pas trop gaspiller d’énergie, il y a encore une grosse soirée samedi, alors je décide de faire un saut vite fait dans le Hall 4 voir Major Lazer. La salle est déjà pleine à craquer, ça se bouscule au portillon et sur scène tout s’explique, c’est la folie furieuse, une ambiance de ouf, des danseuses et des MCs déchaînés sur un gros son électro-dancehall.
Le plaisir de jouer et de faire le show est communicatif, le public est emballé et moi aussi, quelques minutes en tout cas, avant de décider d’en rester là. Encore une très belle soirée.
Mon Top 3 du vendredi
1- Fever Ray 2- The Phantom Band 3- Major lazer + Terry Lynn ex-aequo
Samedi 5 Décembre 2009 :
Quelle soirée incroyable ! Je ne sais pas par quel bout commencer. Tout d’abord il y a eu le concert de Rodriguez, ce type de Détroit que tout le monde a ignoré pendant 40 ans et qui connaît désormais une carrière fulgurante avec un succès à sa juste mesure, des moments magiques comme celui-ci sont uniques dans une vie et c’est avec humilité et beaucoup d’émotions que ce grand monsieur nous a donné des frissons et des larmes de joie avec ses chansons, il faudra que je vous parle un jour de son immense album de folk psychédélique, "Cold Fact" (1970).
Rodriguez - Sugar Man
Il y a ensuite les jeunes Irlandais surexcités de Japanese Popstars qui donnent le ton au reste de la soirée dans le Hall 9, à savoir un excellent défouloir de gros sons électros bien puissants et ultra-efficaces. De la même manière Mr Oizo offrira un DJ set et une performance de cet acabit avec la touche d’humour française en plus, le public du Hall 9 est hystérique, il faut rentrer au forceps pour se faire une place au milieu de la foule pendant que Mr Oizo scande des boucles du genre « vous êtes des animaux, vous allez tous crever. » L’esprit est bon enfant, on se marre, mais pas le temps de s’éterniser car il faut filer au Hall 3 voir les BLK JKS et leur afro-rock intello peu conventionnel, un peu expérimental, un peu chiant mais parfois intéressant. Le groupe bénéficie d’une bonne côte et d’un capital sympathie auprès du public. D’une manière beaucoup plus réussie c’est ensuite au tour de The Carps de prendre cette même scène, ils ne sont que deux pour gérer une batterie, une guitare, et un clavier mais ils le font admirablement bien. C’est un rock minimaliste bruyant et envoûtant en parfaite osmose avec le public et ils ont une façon surprenante de théâtraliser certains morceaux qui m'a scotché, ce qui en fait ma première bonne surprise de la soirée. Après ça je ne me suis pas éternisé dans le Hall 4 et pourtant The Politics avaient tout pour plaire : une belle énergie, des mélodies imparables et un public au diapason, mais c’était trop pour moi, il est évident que ce groupe va cartonner dans les mois qui viennent, les journalistes et les caméras sont braqués sur eux, tout est arrangé et ça m’énerve alors je vais boire un coup.
Après mon petit remontant, c’est à reculons que je vais voir South Central dans un Hall 9 qui déborde et où je m’attends a un DJ set bien ordinaire comme l’an dernier. Quelle n'est pas la méchante claque que je me suis prise ?! J’ai rarement assisté a un show électro aussi génial. C’est clair : ils ont évolué, ils sont enfin mûrs, ils vont devenir énormes, ils sont déjà énormes ! C’est une déflagration sonore qui vous explose les tympans et vous atomise le corps ça y est c’est l’extase je suis en Trans !
South Central - Machine
Après ça ils faut tenir le coup jusqu'à 5 h du mat' pour voir la sensation The Very Best. Je ne suis pas très adepte de World Music et de rythmes africains mais j’avoue que l’énergie du groupe est communicative et ce sera sur cette note joyeuse, exotique et festive que se terminent pour moi les Trans 2009. Les plus belles filles du public sont invitées a danser sur scène et le groupe invite également les BLK JKS pour conclure le show, il est 6 h du matin je suis sur les rotules, il est temps pour moi d’aller me coucher.
Mon Top 3 du Samedi :
1- South central 2- Rodriguez 3- The very Best
J'en profite pour remercier Matthieu et Gabrielle mes acolytes et partenaires de Buvette, les boissons énergisantes, le café, la bière et les Ibuprofènes, tous les types à qui je n’ai pas pu fournir de la drogue, désolé, parce que je n’en avais pas sur moi (faut croire que je devais avoir le look de l’emploi), Benjamin de l’organisation pour sa proposition de carte accès presse et bien sûr « Pandemrix, » mon vaccin contre la grippe A, qui j’imagine a dû m’être utile. Pour conclure tout ceci je vous laisse avec mon top 5 des Trans 2009 :
1- Fever Ray 2- South Central 3- Rodriguez 4- VV Brown 5- The Very Best