(Benny Goodman & his orchestra - Sing, sing, sing)
samedi 28 janvier 2012
Swing Spleen #1
(Benny Goodman & his orchestra - Sing, sing, sing)
samedi 3 décembre 2011
Swing Spleen #0
Cette rubrique consacrée au jazz sous toutes ses formes démarre aujourd'hui avec un premier numéro officiel mais elle n'est en réalité que la concrétisation du travail de son auteur, Bertrand Bruche, qui depuis bientôt un an, vous a servi, à raison d'un samedi par mois (environ) ses vues sur un genre musical qu'il serait dommage de laisser choir par la faute de préjugés. Le jazz n'est pas une musique "de vieux", ça n'est pas non plus une musique réservée aux élites, tout comme ça n'est pas un genre réservé aux noirs américains. A travers les numéros négatifs de Swing Spleen, Bertrand a mentionné des classiques, des nouveautés, des constats, des serbes, des héros, et un peu de théorie, sans jamais s’appesantir sur une approche unique et en essayant, toujours, de vous amener par un moyen différent à mieux comprendre et aimer le swing, le bop et leurs attenants. A partir d'aujourd'hui, sa rubrique a un nom et un visage, et j'espère que si ça n'est pas déjà fait, elle vous amènera à vous ouvrir des perspectives inattendues.
Joe Gonzalez

art par Jarvis Glasses
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| Basin Street (Storyville) - New-Orleans |
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| (Buddy Bolden & his band) |
Ces enregistrements poussiéreux peuvent sembler désuets. Cependant, c'est dans cette musique et ces groupes mythiques que le jazz puise ses racines depuis plus d’un siècle, leur conférant ipso facto une dimension presque spirituelle.
Bertrand Bruche
P.S. : Conseil du chef : à servir au réveil, accompagné d'une tasse de café chaud, un jour brumeux.
mercredi 5 octobre 2011
Swing Spleen #-1
La première des deux trouvailles du jour est l'album "Keep On Running" de Robben Ford, une petite merveille. Je vous le présenterai d'ailleurs peut-être d'ici peu mais c'est aujourd'hui du deuxième achat dont je vais vous entretenir : "Women Of Jazz". Il s'agit d'une compilation de différents morceaux interprétés par les nouvelles voix du pop-jazz. La pochette annonce : Melody Gardot, Madeleine Peyroux, Kate Paradise ou encore Stacey Kent. Il est probable que certains éprouvent une poussée de haine à la lecture de ces quatre noms. Rangez vos couteaux, amis lecteurs, vous aurez tout loisir avec les prochains paragraphes d'assouvir votre soif de sang. Je ne tenais pas là le meilleur album de tous les temps, mais j'espérais y découvrir quelques nouveautés intéressantes et quelques noms inattendus. Écoute et déception. Certains reprocheront à ces nouvelles nanas du jazz de transformer des standards en mauvaise chansonnettes d'amour. Libre à chacun de se faire sa propre idée sur la question. Je voudrais malgré tout mettre en lumière le conformisme sans limite dont font preuve ces nanas-là. C'est en effet ce qui saute aux yeux lorsqu'on écoute l'entièreté de cette compilation. La popote interne est presque toujours la même. Un pop-jazz sautillant, mêlant balais, contrebasse, piano et chant. Une voix chaude qui interprète avec une justesse exemplaire le répertoire "Divas-du-jazz-du-siècle-dernier" (Billie Holliday, Ella Fitzgerald, Dinah Washington,... ). Le temps d'une reprise pourquoi pas. Le temps d'un album, c'est barbant de répétition. Plusieurs albums c'est infaisable, et une compile, c'est indigeste.(Madeleine Peyroux - Dance me to the end of Love)



samedi 6 août 2011
Swing Spleen #-2
art par Jarvis Glasses
Bon nombre de musiciens ont rendu hommage à Cole Porter au cours de leurs carrières. Je me complais à penser que cette fois-ci, c'est différent. D'abord parce que Philip Catherine est pour moi l'un des musiciens les plus passionants de notre époque. Ensuite, car cet album m'a donné envie de me plonger dans l’œuvre de Cole Porter, qui me paraissait quelque peu poussiéreuse. J'y ai découvert de véritables petits bijoux et ai pris conscience de l'immense influence de ce musicien de début de siècle sur le monde du jazz et de la comédie musicale. Et enfin parce que dès la première écoute, cet album m'a retourné les tripes. La rencontre entre les mélodies de Porter et la sensibilité de Catherine aboutit à quelque chose d'absolument incroyable. 

samedi 16 juillet 2011
Swing Spleen #-3
art par Jarvis Glasses
Toujours le cul entre deux chaises musicales, Mike Stern se trimballe le phrasé de Miles Davis, la guitare d'Andy Summer et la gueule de Mick Jagger. Sa sonorité, par contre, est unique et travaillée, juste résultat d'une technique irréprochable et d'un imbroglio électronique dont lui seul détient le secret. Unifiant ainsi jazz et rock, l’œuvre de Stern balance entre ballades et grooves endiablés.

Après avoir sué sang et eau au Berklee College of Music, âgé d'à peine 22 ans, Stern intègre le groupe américain Blood Sweat and Tears. Il y fera ses armes et y gagnera en notoriété. Très vite recruté par Miles Davis, il se met au service du patron pendant près de trois ans. A grands coups de disto, il apporte alors beaucoup au sextet de Miles lors de l'enregistrement live de "We Want Miles", en 1981. Ainsi, sur Jean Pierre, par exemple, il n'hésite pas à entamer son improvisation avec un son qui n'a rien à envier à la disto de Jimmy Page. Ainsi parvient-il à donner du relief à un standard souvent lent et répétitif.
(Miles Davis - Jean Pierre)
Stern accompagnera ensuite le quintet de Michael et Randy Brecker, joue dans Word of Mouth, le Big Band de Jaco Pastorius et monte bon nombre de projets personnels à côté. Là encore, il s'entoure des plus grands. Son œuvre est plutôt cohérente et bien que certains albums soient plutôt axés ballades ("Voices" par exemple) ou rock (son petit dernier: "Big Neighbourhood"), la recette est toujours plus ou moins la même. Qu'importe ! Elle fonctionne, donne des frissons et Dieu qu'elle est efficace ! La structure des morceaux est généralement classique : un thème, une longue séquence d'improvisations et la reprise du thème. Sans jamais hésiter à enclencher la disto, à prolonger des bends pendant un ou deux temps, sans pour autant se passer des gammes et des accords abracadabrants marqués au fer rouge par le sceau du jazz.
(Play)
Le meilleur exemple du jeu de Mike Stern apparait pour moi dans la prestation live de Original Rays, aux côtés de Michael Brecker, au Newport jazz festival. Outre l'introduction que Brecker joue sur un EWI (un instrument à vent électronique contrôlé par un synthétiseur), l'improvisation de Stern est impressionnante. Le relief qu'il apporte au morceau est particulièrement criant. Ses premières notes sont calmes et délicates, avant que toute son improvisation ne gagne en volume et en intensité. A se demander quand et comment il pourra s'arrêter : sans crier gare et magistralement, voilà comment.
(Original Rays)
samedi 18 juin 2011
Swing Spleen #-4
art par Jarvis Glasses
Si Dave Brubeck s'était un temps adonné à la composition de pièces classiques, c'est avec son quartet qu'il rencontra le succès et notamment grâce à Take Five. Certainement pas le morceau le plus riche et le plus original de l'histoire du jazz, cette composition, arrangée par Brubeck, pianiste de talent devant l'Eternel dont les compositions sobres se rapprochaient d'une sorte de jazz de chambre soigné, vaut sacrément le détour. Mais Take Five n'a pas été composée par Brubeck lui-même. Le mérite revient en effet au saxophoniste de la formation, Paul Desmond.

Sur la partition de Take Five, chacune des mesures est composée de 5 temps, ce qui donne de fait un balancement inhabituel au morceau. Le swing, habituellement joué à la cymbale ride et au charleston par le batteur, s'en trouve donc sensiblement modifié. La mélodie stable et répétitive jouée par le piano permet cependant à l'auditeur de ne pas être trop perturbé par cette rythmique étrange (on appelle ça du 5/4). Entre simplicité mélodique et complexité rythmique remarquablement camouflée, Take Five a pu voyager dans le temps. Ce morceau est une porte d'entrée intéressante dans le monde du jazz, souvent jugé obscur et complexe. Il fut en tout cas l'élément déclencheur du coming-out auditif d'un rocker aux cheveux mi-longs il y a quelques années.
samedi 28 mai 2011
Swing Spleen #-5
art par Jarvis Glasses
Que serait-il arrivé au jazz, si l'on avait donné à Jaco Pastorius plus de temps pour exprimer l'entièreté de son talent ? Sa carrière musicale est brève, mais révolutionne le jazz et le jazz rock en particulier. Comme souvent, la légende ne s'est pas créée toute seule. Le mythe Pastorius, c'est la magie parfois cruelle d'un son et d'une personnalité hors du commun. C'est le destin tragique d'un des plus grand musiciens de tous les temps.

(Jaco Pastorius Big Band - The Chicken)
samedi 23 avril 2011
Swing Spleen #-6
art par Jarvis Glasses
La musique de Bojan Zulfikarpasic, plus connu sous le nom Bojan Z, est à double facette. Tantôt complexe et perturbante, à l’image de son nom complet (imprononçable pour qui ne fait pas un effort), tantôt aussi simple que le diminutif qu’il choisira en s’installant en France, sans doute pour nous faciliter la vie. Arrivé dans l'Hexagone en 1988 après avoir parfait sa formation aux USA, ce pianiste d’origine Serbe est depuis devenu une icône incontournable du jazz français.

(The Joker)
(Ashes to Ashes, aux Victoires du Jazz))
Dans son album "Xénophonia" (2006), pour lequel il a reçu le prix de l’album de l’année aux victoires du jazz en 2007, Bojan réinterprète magistralement le titre Ashes to Ashes de David Bowie. À nouveau, si le thème reste relativement proche de la version originale, Zulfikarpasic s’en écarte nettement lorsqu’il commence à improviser. S’accompagnant lui-même à la main gauche avec un xénophone, il développe des phrases dont lui seul a le secret, faisant preuve d’une grande inventivité rythmique et mélodique.samedi 9 avril 2011
Swing Spleen #-7
art par Jarvis Glasses
Après avoir fait ses preuves dans les orchestres de Thelonious Monk et Miles Davis, le saxophoniste John Coltrane décide de créer son propre groupe. Au travers d'un quartet, il va ainsi pouvoir développer à fond le style qu’il s’est approprié lors de son long apprentissage aux côtés des maîtres.
samedi 2 avril 2011
Swing Spleen #-8
art par Jarvis Glasses
Que les choses soient bien claires ! Il ne sera ici aucunement question d’objectivité, d’arguments intrinsèques ou de preuves en béton visant à conforter ou démentir le statut de "Kind of Blue" en tant que meilleur album de jazz de tous les temps.(So what)















