C'est entendu.

vendredi 20 novembre 2009

[Réveille Matin] Charles Mingus - Slop

Avouez qu'en bon fans d'indie rock, on se ressemble tous un peu quand on tente timidement de causer jazz non ? C'est toujours assez gênant de se retrouver devant une musique qu'on ne comprend pas trop, dont les codes nous échappent, on se sent un peu simplet à vouloir à tout prix avoir un point de vue sur quelque chose qui de toute manière ne s'apprécie pas sur les mêmes critères que notre came habituelle. Bon alors on a tous plus ou moins trouvé des amis ou des bouquins ou des sites pour nous conseiller ce qui est proche de nos goûts, pour pouvoir aborder le labyrinthe par la bonne porte d'entrée, mais on se sent de toute manière un peu étranger pendant un petit moment, on n'y est pas vraiment chez soi. Avec cette impression terrifiante d'être un ignare dont tout le monde se moque, et on croit entendre sur son passage, enfoui sous des apparences de concierge ou de caissier d'épicerie, un spécialiste condescendant qui vous traîne dans la boue d'un simple regard.


"- Non mais tu te rends compte Sylviane ? Ne pas savoir distinguer be bop et hard bop..."
"- Oh ben te plains pas mon pauvre Daniel, lot' jour que j'écoutais du Roland Kirk,
mon môme a pris ça pour du Chet Baker...
"


On fait son chemin lentement sans trop se presser jusqu'au jour où l'on tombe sur le truc qui marche, on a trouvé un type chez qui l'on se sent bien et le courant passe tout naturellement. Moi ça a été Charles Mingus, et c'est avant tout parce que quand ce contrebassiste bedonnant a débarqué dans mon salon à l'improviste avec sa bande de joyeux drilles, c'était pour me jouer ce Slop qui ouvre l'album "Mingus Dynasty" (croyez sur parole les notes de pochette au dos du disque : Mingus Dynasty Rules), un vrai tube sautillant et accrocheur, plein de soli urgents prêts à rebondir, où les cuivres jouent à cache-cache avec le piano et se lancent dans des petites montées délicieuses, accompagnées de claps et de petits cris presque hors-micro qui rendent le tout tellement excitant.



Thelonius.

jeudi 19 novembre 2009

[Alors Quoi ?] Référendum : Quid de 2009 ?

Chers lecteurs, nous sommes le 19 Novembre 2009 et d'aucuns seront d'accord avec moi pour dire que le Temps est venu. On n'a pas abusé, vous en conviendrez. On ne vous a pas fait le coup des tops de fin d'année en Septembre comme d'autres, suivez mon regard, et on ne vous fera pas non plus attendre la mi Janvier pour revenir sur l'année ou sur la décennie et puis soyons honnêtes : combien de GRANDS albums vont encore sortir d'ici à la fin de l'année ? Peu, c'est certain, et soyez assurés que ceux-là seront traités avec le plus grand des respects s'ils échappent à vos tops comme aux nôtres. Je ne vous dis pas qu'on irait jusqu'à rejouer le match, mais nous saurions leur accorder tout le respect mérité si malgré leur niveau ils ne se qualifient pas pour les phases finales.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas encore temps de vous révéler NOS tops (il faudra encore patienter quelques semaines pour cela) mais plutôt de vous demander de faire vos choix. Nous vous demandons donc de remplir le bulletin ci-dessous et de nous le renvoyer à l'adresse suivante : centendu@gmail.com

  1. Le meilleur album sorti en 2009 :
  2. La meilleure chanson de l'année :
  3. Le meilleur groupe ou artiste cette année :
  4. Le meilleur concert vu en 2009 :
  5. La révélation de l'année :
  6. Le pire truc de l'année :
  7. Le plus chouette article paru sur C'est Entendu en 2009 :

Nous attendons vos réponses jusqu'au 15 Décembre, date à laquelle nous ferons les comptes. Tout le monde peut participer, et n'hésitez pas à en parler à vos copains et copines si vous voulez faire grimper la côte de votre groupe favori ou de votre single de l'année.

Par ailleurs, les deux premiers participants seront récompensés comme il se doit : ces deux-là pourront proposer un album ou une chanson à la Rédaction, qui se fera un plaisir d'en faire un chronique-cadeau.


Joe

[Gueule de Bois] Nine Inch Nails - Demon Seed

Nine Inch Nails is Trent Reznor
C'est ce qu'on peut lire sur tout bon disque de NIN qui se respecte. On peut voir ça comme du narcissisme ou de la mégalomanie, moi je vois ça comme une lapalissade ou une tautologie. Mon amour, mon désir même, mon adoration quasi impudique pour cet homme va au-delà du concept même de fanatisme populaire, c'est une sorte de culte que je lui voue. Et maintenant que MJ est claqué, son titre de King of Pop n'a pas à rester paumé dans les limbes journalistico-geek parce que le Roi, c'est Trent. Je vous le dis comme je le pense, personne n'est meilleur que lui. Et ne me dites pas qu'il ne fait pas de pop et que donc "King of Pop" est un peu inapproprié, parce que vous avez tort. Limiter la musique sortie par Nine Inch Nails en vingt ans à de l'indus (voire à du "métal" pour les plus ignares parmi vous) serait une grossière erreur et j'attends beaucoup plus de mes poulains préférés qu'un tel amas de non-sens ! Trent a tout fait ou presque, du rock à l'électronique en passant par l'ambient, l'émo voire le bruit pur, et le type sait aussi écrire des chansons (je n'ai pas dit qu'il était un grand parolier, mais pour écrire des chansons pop universelles, pas besoin de s'appeler Rimbaud, les Beatles l'ont suffisamment démontré, et entre Drive my car et Wish, la seule différence est l'intensité du morceau : Trent gagne d'ailleurs haut la main).

Personne, de facto, n'est aussi bouillonnant, aussi vivant, aussi survivant sur scène comme en studio, que Reznor, qui depuis son come-back de 2005 a troqué la facture de son dealer contre un abonnement chez Euphorie, puis s'est marié, optant pour une quarantaine au goût de jouvence, collaborant avec Saul Williams et Gary Numan, sortant des tas de disques, battant Radiohead à plate couture au jeu de celui qui innovera le plus en matière de marketing du futur (allant jusqu'à offrir au Monde "The Slip," son dernier album, dont je vous causerai dans un paragraphe environ).


Ce vieux type de quarante balais, qui aurait pu se foutre en l'air en 1994 et dont la carrière, selon toute probabilité, aurait du s'évanouir en 2003, eh bien j'en prends onze et je les mets à tous les postes si je suis Domenech. Reznor dans les cages, Reznor au milieu, Reznor en attaque, là on n'aura pas besoin de la "Main de (Di... Henry)" pour se qualifier. Maintenant, je vous propose un extrait de son dernier album (est-ce que ça n'est pas le meilleur beat, sérieusement ?) qui ne convaincra probablement pas les plus réticents, mais eh je ne suis pas Prédicateur Joe from Texas, je sais que vous ne prenez pas toujours ma Parole pour Évangile. Vous avez tort.


Joe

mercredi 18 novembre 2009

[Réveille Matin] Pulp - Help the Aged

Le saviez-vous ? Jarvis Cocker, ex-leader du deuxième meilleur groupe de britpop, vit à Paris depuis 2003.
Le saviez-vous ? L'auteur de cet article aussi, depuis 2007.
Bon forcément, dit comme ça, après que le type ait gagné une barbe et perdu son talent, ça ne fait pas grand chose : mais l'année dernière, croyez-moi que croiser le plus beau dandy british depuis Oscar Wilde dans un couloir crasseux du métro parisien, ça vous retournait les tripes. On se sentait forcément tout petit devant cette arrogance anglo-anglaise, cette élégance qui vous engloutit d'un regard, c'était un peu croiser le mètre-étalon de la classe désinvolte, comme ça, comme si de rien n'était, en ayant l'impression d'être le seul à remarquer sa présence. Mine de rien, on en sortait grandi.


(Help the Aged)

De sa carrière au sein de Pulp, on a souvent tendance à retenir "Different Class", mais j'ai personnellement un penchant immodéré pour "This is Hardcore", l'album suivant, qui contient au moins deux gros chef d'oeuvres, les deux singles This is Hardcore et Help the Aged. Il faudra vous parler du premier un de ces quatre, de ces arrangements qui semblent arrêter le temps dans un soap opera vicié à la Lynch, de ces paroles terrifiantes sur le sexe, de cette ambiance mortifère dégoulinante. Mais là je vous cause du second, qui au moins ne vous donnera pas envie de vous jeter par la fenêtre dès le réveil. Franchement, qui à part Jarvis pouvait oser un tube en forme d'appel à l'aide en faveur de nos vieux, mais qui pourrait filer à un nourisson l'angoisse du temps qui passe à renforts de "And if you look very hard / behing those lines upon their faces / you can see where you are headed / and it's such a lonely place..." ? Quand en plus de ça il nous offre une composition enivrante jusqu'à ses sommets épiques, des nuances et des arrangements équilibristes et un clip outré comme rarement, on ne peut que regretter l'époque où il n'avait pas encore jeté ses rasoirs, non ?


Thelonius.

mardi 17 novembre 2009

[Réveille Matin] Andromeda Mega Express Orchestra - Gamma Pluto Delta

Ce matin sur C'est Entendu, on n'a qu'à aller ailleurs, ça suffit le rock & roll et toutes ces bêtises là, non non, hop là, en route, embarquons-nous tous dans la joie vers l'espace et l'infini avec l'Andromeda Mega Express Orchestra. Oui, carrément, je vous emmène directement vers des contrées lointaines avec cet ensemble de 20 musiciens divers assez jeunes venus d'un peu partout (La Suède ! La France ! La Corée du Sud ! La République Tchèque !) et dirigés par Daniel Glatzel, un compositeur de 25 ans vivant à Berlin. Vous les avez peut être entendus avec The Notwist puisqu'ils ont enregistré avec eux sur leur dernier album et font même des concerts ensemble à l'occasion. Si ce n'est pas le cas, il est encore temps de les découvrir. Ils ont de la fougue et des trompettes, de l'imagination et un vibraphone, du talent et des violons, de l'humour et de la harpe, bref ils vous emportent, et principalement sur ce Gamma Pluto Delta que je vous propose d'écouter tout de suite dans le player à gauche, le premier morceau extrait de leur tout premier album, le très bien nommé "Take Off!", sorti cette année.


Écoutez-moi ces instruments qui s'envolent ensemble en une musique rétro-futuriste étrange, un peu comme si les beaux orchestres hollywoodiens et easy listening de Frank Sinatra avaient décidé de partir vers d'autres planètes après avoir écouté un peu de Frank Zappa, de Raymond Scott et de jazz posé. C'est un peu bordélique par moment mais ce ramdam est certainement voulu et écrit, et c'est joué avec une énergie très agréable à entendre tant elle mélange plusieurs styles dans une seule et même musique assez familière malgré le fait qu'elle soit pleine de surprises. Bien sûr, ce n'est peut-être pas vraiment très digeste d'écouter tout l'album qui dure 58 minutes - j'ai moi-même beaucoup de mal - mais cet ensemble reste une belle surprise, et "Take Off!" un album qu'on a envie d'aimer malgré tout, parce qu'il montre qu'il y a toujours des gens qui s'amusent beaucoup à faire de la musique. Et ça s'entend. Un morceau comme Gamma Pluto Delta, c'est tout de même une enthousiasmante façon de débuter la journée pas vrai?


Emilien.

lundi 16 novembre 2009

[Réveille Matin] Alton Ellis - La La Means I Love You

Les plus fatigués seront vite déçus parce qu'à aucun moment il ne s'agit d'une quelconque reprise du La La Loves You chanté par David Lovering sur le meilleur album des Pixies (le second, au cas où vous auriez des doutes), non, faux, nul, zéro. Il est question de l'un des PAPAS du Rock Steady, et cela devrait suffire à enchanter le quidam fatigué que vous êtes, déjà en proie à un cafard singulier en vue de la journée de boulot peu édifiante qui vous attend (je sais que c'est mon cas).


Certes la chanson n'est pas d'Alton, c'est bel et bien un tube des Delfonics (que vous avez aperçus dans le Jackie Brown de Quentin Tarantino) sorti en 1968 et immédiatement repris ici et là par les amateurs de bonnes mélodies, mais le vieux gars se l'était si bien appropriée qu'on aurait pu croire que les Delfonics l'avaient seulement époussetée pour la rendre mielleuse.

La version d'Alton a un goût de terre, elle sent moins le sexe qu'elle ne sonne comme une ritournelle. C'est alors l'occasion pour moi de vous conseiller, que vous fassiez ou non partie de ces gens qui regardent le reggae comme la musique du Diable, de sérieusement envisager l'acquisition d'une anthologie (au minimum) ou d'une gigapilation retraçant la carrière d'Alton Ellis, le plus pop des Jamaïcains, qui nous a quittés l'année dernière, mais qui nous laisse des tonnes de tubes en guise de testament.


Joe

dimanche 15 novembre 2009

[C'est tout vu] Sortez vos biftons, vos mirettes et votre trithérapie, y'en aura pour tout le monde !

Chers lecteurs, avant de vous proposer quelques nouvelles du front, je tiens à informer ceux qui ne seraient pas encore au courant que le second LP de Le Aids est sorti il y a un peu plus d'une semaine, toujours sur le label (What Was it Anyway?) et comme d'habitude avec les sorties de ce charmant label ultra-indépendant, underground et trop cool, le disque est téléchargeable gratuitement dans son intégralité. Je vous propose donc d'acquérir, si ce n'est déjà fait, l'un des meilleurs disques de rock-noise-pop de l'année (dont nous reparlerons forcément).





Passons au reste du Monde, avec tout d'abord les nouveaux rois de la Britpop Maline, que d'après moi vous n'avez pas encore (assez) écoutés, à savoir Golden Silvers, qui étaient en showcase au CMJ l'autre jour pour jouer Arrows of Eros :


Merci à Stereogum

Je vous propose aussi de télécharger gratuitement une mixtape d'environ une heure mise en ligne par Violens, le quatuor de Brooklyn, potes de Chairlift, qui étaient au Festival des Inrocks cette semaine, et qui ressuscitent un peu les Smiths. La mixtape dont la pochette suit, et qui contient beaucoup de bon goût, est à prendre comme un avant-goût du premier album de Violens, qui devrait sortir l'année prochaine.

Ça se télécharge ici, et c'est gratuit !


On enchaîne avec des remixes dans tous les sens, à commencer par le Live Alone de Franz Ferdinand, revu par Delorean, que vous pouvez écouter sur leur Myspace, et pour ceux qui auraient flashé sur Music Go Music l'autre fois, voici un remix de Warm in the Shadows par Fred Falke :



Je vous avais parlé du prochain album de Beach House, en voici la pochette et un premier extrait :






Et à tous les gens de goût, je recommande d'aller mirer les vidéos relatives à Etienne Jaumet proposées par Domino. Etienne Jaumet, c'est la moitié de Zombie Zombie, duo formé avec Neman Herman Düne (le batteur) l'année dernière pour un chouette premier album. Etienne Jaumet qui vient de sortir un premier album solo d'électro, "Night Music," et qui était aussi présent lors du festival des Siestes Électroniques à Toulouse, cet été. Etienne Jaumet, un type qu'il faut apprendre à connaître, mes amis.



Et puis, comme d'habitude, un flash news express pour vous dire que 2010 nous réserve encore de nombreuses alléchantes sorties, avec Liars, Shearwater (le 9 Février) et Hot Chip. D'autre part, les amateurs de (bons) comic books seront heureux d'apprendre qu'Alan Moore a été invité par Gorillaz à écrire le livret de leur prochain Opéra en échange d'une participation de leur part à la revue du Papa du Comic Book de Qualité. Et puis si vous n'avez rien à faire demain, Lundi, entre 17h et 18h30 et que vous n'êtes pas loin de chez Colette, à Paris, vous devriez aller faire la bise à Lou Reed, qui dédicacera et lira des extraits de "The Velvet Underground."

Et enfin, j'aimerais vous proposer de sortir un peu, parce que contrairement à ce que la météo pourrait vous faire penser, la saison des concerts n'est pas finie du tout, et c'est pourquoi j'ai sélectionné quelques idées de sorties pour vous.

Pour ceux d'entre vous qui habitent la Capitale, le choix est plus large. Dès Jeudi prochain, vous pourrez aller découvrir Aufgang, un trio expérimental alliant le classique à la musique électronique autour de deux pianistes et un batteur, dont le premier album est sorti cette année.

Si l'on en croit le concert rapporté par Grandcrew, le mélange a l'air plus que passionnant et foutrement prenant. C'est Entendu risque d'y faire un tour, d'ailleurs. C'est le 19 Novembre au Café de la Danse que ça se passera et vous êtes clairement encouragés à y aller !



Réservez vos places ici.





Une autre bonne idée serait d'(aussi) aller voir les Dodos lors de la soirée de poche organisée par la Blogothèque Lundi prochain, soit demain.

Une bonne idée parce que les Dodos (à ne surtout pas confondre avec les affreux Dodoz, qui font du mauvais Superbus) ont encore sorti un album super cette année, mais aussi parce que la Blogothèque prend de plus en plus de bonnes initiatives en cette fin de décennie, comme par exemple ouvrir une salle de concert dédiée (le Scopitone) et y faire passer tout un tas de groupes émergents qui envoient.


Pour plus d'informations, rendez-vous ici.





Pensons maintenant aux provinciaux sudistes parmi vous, lesquels sont encouragés à visiter le musée de l'Indie Pop, section Dinosaures. Ce sera au Mandala, à Toulouse, Dimanche 20 Novembre, et en entrant dans la salle vous pourrez admirer les ossements grandeur nature d'un Brontosaure maxi modèle en la personne de Television Personalities, l'une des plus anciennes espèces de la famille des "Do It Yourself avec une touche de Twee."


Un évènement à ne pas rater donc, si vous êtes amoureux d'Histoire. Quant à savoir si la musique sera bonne, c'est aux généticiens du Jurassic Park de bien faire leur boulot.

Pour plus d'informations, cliquez ici.




Et enfin, il ne faut surtout pas que vous oubliez les Transmusicales de Rennes, qui auront lieu du 2 au 6 Décembre et qui seront bien sûr couvertes par C'est Entendu.

Nous y consacrerons d'ailleurs un article en fin de semaine prochaine afin de vous aiguiller vers les groupes à ne surtout pas rater lors de cette édition. En attendant, réservez vos places ici.


Joe