C'est entendu.
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vendredi 12 novembre 2010

[Vise un peu] The Black Angels - Phosphene Dream

Les Black Angels ne sortent pas du commun (*1), il faut bien l'admettre, mais leur nouvel album, sans la moindre surprise, ravira tous les rétrokidz (*2) parmi vous. Ne connaissant ni d'Eve ni d'Adam leurs deux premiers disques (je ne vais pas vous mentir, à quoi bon ?), mais sachant de source sûre puisqu'il s'agit de deux ou trois vagues copains que ces deux LPs étaient bien moins intéressants, plus sales, et plus brouillons, je suppose que "Phosphene Dream" est une entrée en matière de choix et ça n'est pas en chasseurs de têtes que vous devriez l'aborder, parce que vous n'en tirerez aucun trophée et aucun trésor ne se trouvera enfoui sous la pochette psychédélaide de cet album, et aucun "X" n'en marquera l'emplacement. Il s'agit ni plus ni moins que de garage rock psychédélique joué par un groupe dont l'influence la plus contemporaine doit être un groupe lui-même franchement rétro.



(River of Blood)

La formule bien connue (*3) ne se voit pas dotée d'une seule innovation mais elle fonctionne toujours aussi bien (lorsque les morceaux sont bons, ce qui est moins le cas sur la deuxième partie de l'album mais peu importe après tout) et quoi qu'en diront les mauvaises langues (*4), c'est une collection de chansons rétro psychédéliques qui valent le temps que vous passerez en leur compagnie.


Joe Gonzalez






(*1) : Jusqu'à leur sobriquet, probablement le 73ème à se parer de noir après (entre autres) les Black Lips, les Black Keys, le Black Rebel Motorcycle Club, les Black Kids, les Black Eyed Peas, The Black Heart procession, Black Moth Super Rainbow, Black Mountain, Black Sabbath et les Chaussettes Noires.

(*2) : les rétrokidz sont tous ces types (vous en connaissez forcément !) qui vivent dans une bulle increvable où le Temps n'aurait de sens qu'entre, disons, 1963 (le premier Beatles) et 1972 ("Transformer" et "Ziggy"). Ces gens-là (en recrudescence dans tous les lycées de France et de Navarre depuis environ 2001 et la sortie du premier Strokes - et le retour aux affaires de Rock&Folk) sont tout ce qu'il y a de plus sympathique, ont une connaissance inépuisable des genres "garage", "psyché" et "pop" du moment que vous ne les faites pas sortir de leur bulle car tout ce qui est postérieur à leur Age D'Or est nul et non avenu pour la bonne raison que ça n'a jamais existé. Je les adore ces mecs (et ces filles) là, parole ! Mais alors quelles cruches. Essayez d'avoir une conversation tenue avec l'un d'entre eux à propos de musique et, du moment que vous n'abonderez pas dans leur sens, ou que vous essaierez de leur causer de The Knife ou de Neon Indian, ils s'entêteront dans leur stupide conception a-mathématique de l'Histoire ("le temps s'arrête en 1972, je suis né en 1986, je fais de la musique en 2010, je suis une aberration et je risque l'équilibre du continuum Espace-Temps à chacune des notes jouées sur ma Rickenbacker - la même que Lennon ! - alors ne me parle pas de musique électronique vieux, je suis trop cool pour ça") et vous perdrez un pote. Sans ça, je les aime bien les rétrokidz.




(Bad Vibrations : notez l'accélération finale et le look du chanteur, "emprunté" à Joel Gion du Brian Jonestown Massacre)

(*3) : Vous savez bien, les orgues et la disto du garage rock de 1966, une pincée de Doors, une once de Stones, la réverb' du surf de 1964, et le psychédélisme de la pop sixties, avec le son de 1995 (Dandy Warhols...) pour sûr ! La spécificité des Angels étant leur origine texane, audible à dix pâtés de maison lorsque le chanteur s'exclame "Don't be worried / is all she said" en prononçant "said " comme un cowboy enfourche une selle.


(*4) : Il y a quelques semaines, Anton Newcombe animait une session de blogradio et alors qu'il passait une chanson issue de "Phosphene Dream", il commentait à peu près comme suit : "Oh les Black Angels sont OK, même si pour un type de chanson qu'ils produisent, nous (sous-entendu : le Brian Jonestown Massacre) en avons une dizaine." Un argument certes valable mais qui pèserait bien plus lourd si Newcombe se remettait à écrire de bonnes chansons.