C'est entendu.
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mardi 7 août 2018

Page blanche tachée # 1


auteurs : Elie "le grand" Bloop
art par (partie artistique du truc) : Joann Sfurs (Handsome Sfar)



"Variet'ouch, culture française dans le zouk, quid des beattlles ?" ou Pourquoi :-S



Causons variet'ouch, la frenche varietouch'



Gosse de star, mythe ou réalité ? Thomas Dutronc, Henri Laurent Voulzy, Jean Thomas Alain Souchon, ils sont tous des stars actuelles de la microsphère de la musique française, et ils portent le même nom que leur papa, Jacques Dutronc (curieux nom !!!), Laurent Voulzy et Alain Souchon, appelés les Soulgy, eux-mêmes parents de Thomas James Dutronc, sosie officiel de Michel Boujéna. Cet article a des chances de ne pas paraître. Il ne s'inscrit pas dans la "ligne éditoriale" de l'été. Or ce blog n'est pas un blog empirique bicéphale. Adamo Chouchon s'est tiré Laurent Tirard Voulgy. C'est le coeur de ce papier, le scoop du blog. Mes chansons préférées de Chouchon, on en a tous, au moins trois, c'est "Maman la chetron que tu m'as fait", "Parole, parole" et "9 Fabregras". Je suis sûr que Souch' a Barique Obama dans ses potes blackbook. En tout cas si Jack Black vous a enseigné l'histoire du rock dans un film de Klapisch (Chacun cherche son chat academy), je vais ici vous enseigner la variet. La variet c'est quoi ? C'est une QUESTION qu'on s'est tous putain de posé. Plutôt péjoratif d'emblée, ce terme apparu en l'an mil avant Jésus-Christ pour mieux désigner les saloperies que les troubadours et les oiseaux de mauvais augure déblatéraient sur le forum public. La Respublic : la chose publique, chose forcément variée puisque toute la population était amener à dégueuler ses tripes sur le forum dans un gloubi-boulga infâme. De nos jours, la variété désigne ce type de musique qui nous accompagnent pendant les courses. A ce propos : si vous pouviez choisir UNE denrée que vous pourriez avoir gratos et en quantité illimitée jusqu'à la fin de votre vie, ça serait quoi ? Moi le yop, l'autre PQ, l'autre les trous de balles des meufs.


Le gars a pas bougé de tronche depuis 50 ans. Pas une ride. A sa naissance par contre : 30 000 000 000 de rides au compteur.

En 1986, Alain Clébard explosait la baraque avec "Jenny boit du gin dans son chrysler / Oups là oups, oups holala oups là houps / Jenny s'envoie sa bouteille de gin dans sa bagnole / Oups choubadou da oups chouda boudi ! / Jenny s'envoie de la gnole derrière la cravate dans... sa bagnole / Oups ouhla oups là ou-lalala-la ! / Jenny se torche la tronche dans sa bagnole / advitam" : avec ces paroles en or, Alain Clébard réinventait un genre : la variétoche de merde, celle qui passe par une oreille, te grille la tronche à jamais, et ressort par l'autre. "C'est des paroles de malades que tu tiens là ! Un tube en or massif ! T'as un disque de platine dans ta besace de merde sans que tu le saches !" se serait écrié Lolo Voulzard à l'écoute de la petite chansonette poussée par son pote lezbdo. "Ok j'enchaîne !" aurait répondu Clébard. Puis Clébard a enchaîné avec "Bobo mal au bobo", qui a également fait un gros carton...


Denis Barthez-Bellivien dit "Denis Souchon". La main toujours dans le froc, control freak de sa queue. Bob Sinclar en est le père caché mais biologique.

Comme Voulzon, je suis un enfant du rock, sauf qu'aujourd'hui le genre a pris un essor nouveau. Je ne m'habille plus qu'en tweed, en jeff tweedy. C'est l'étape après la variété. La variété française on la brocarde souvent comme quoi c'est de la merde et que quand on écoutait Cloclo de l'autre côté du rhin ils avaient les Beatles. Mais les Beatles c'est ni plus ni moins qu'un clone des Zombies, eux même fans-reconnu, du môme, a.k.a Charlie Aznavore, parole de spécialiste de la musique, qui a lu toutes les critiques de Gangsta Bangs. (Ici je dis entre parenthèses que je fais partie de ceux qui n'iront pas voir Super 8 au cinéma, et j'en suis fier, tout comme je suis fier de n'avoir pas vu Titanic même si ça me fout dans la merde à certains repas).



Or, qui de plus représentatif de la France que Charlot, inventeur du cinéma, et aussi grand chanteur, auteur de tubes tels que la balade des gens heureux, Paris je t'aime, et "Nul doute que mon chat est un loup", resté dans l'oubli-la faute à la grande guerre. Oui, cette page blanche, maintenant bien depucelée, est ici pour vous dire que, la France est plus qu'une enfant du rock : La France est le parent (pauvre, certes) de LA musique actuelle.


Auriez-vous aimé les Beatles s'ils s'étaient appelés les Waikashul Chakouli's et s'ils avaient eu les mêmes tronches de cake ? De gauche à droite et de haut en bas : Shangri-las, Barbak, Jet Lee, Mack Gillen-Hall.

On a tous aimé les Beatles, sauf moi. Les Beatles c'est des couples au bol, des guitares blanches, des paroles de sous-sol, des mélodies qui sentent le trottoir, trois accords et des têtes de noeuds. Les mêmes Beatles avec, les mêmes ! J'y tiens, les mêmes trait pour trait, costume pour costard, chanson pour lyrics, mais juste avec un détail en plus, la courte moustache d'Hitler, celle qui s'arrête au niveau des arrêtes nasales, la stachmou d'Hitler sur les quatre beatles, et ma parole que ça marche moins bien leur affaire. Je doute que ça aurait aussi bien pris. A talent égal je suis pas sûr sûr qu'on en aurait parlé de la même façon. Méditons=là dessus. Alors qu'à contrario Jean Ferrat ou Georges Brasseurs sans leurs moustaches, c'est pas pareil, on n'écoute plus, parce que c'est dans la moustache que tient toute leur fraîcheur de ces vieillards morts en tant que tels.


(laisse pisser Lolo ----->)


Quand on me demande qui a marqué le zouk du dernier siècle (1901-2000), mon sang ne fait qu'un tour, je l'avoue, et je réponds, un peu honteux de moi, mais avec la certitude de dire la vérité : Das Beatles. Les Beattles. Ils sont influencé du monde...




La Dream Team des Hackers

vendredi 30 septembre 2011

[Quitte ou Double] La Grande Exhibition

La question vient de germer dans mon cerveau et avant que la digestion ne me la fasse passer, j'aimerais vous la poser, à vous, habitants de civilisation festive, auditeurs passionés, humains après tout et surtout après l'ère de la Fête, telle que la concevait Philippe Muray.

Comment envisagez-vous la festivisation publique de la musique, active depuis la fin des années 90, depuis donc presque quinze ans, et qui perdure envers et contre tout en un temps où elle s'est banalisée, ringardisée peut-être, un temps où elle il convient de se demander si elle a encore un sens autre que celui d'un défilé festif que l'on pourrait qualifier de décadent ?

(L'indépen'danse vaut-elle que l'on voue un culte aveugle à la boule unique à facettes uniformes ?)


Quelle fierté reste-t-il dans la célébration de la Fête de la Musique ? Est-elle encore à vos yeux cette occasion unique et indispensable de partage sonore, de découverte, de liberté ? Ou bien n'est-elle que le pire jour de l'année pour l'art musical, 24 heures durant lesquelles tout est permis et donc le pire, durant lesquelles la liberté est le plus bafouée puisque le droit au silence est piétiné ? Avez-vous participé à la Techno Parade le 17 septembre dernier ? Qu'y avez-vous éprouvé ? Est-ce un défilé dont les technophiles profitent parce qu'il existe, sans conviction, pour fêter leur musique ? Une occasion pour les adolescents de participer à une "manifestation" sans revendication autre que celle de la liberté de bloquer des rues ? Est-elle au contraire la manifestation tangible de l'électronisation de la musique, un poing levé face au classicisme des institutions ? Quid du Disquaire Day, censé célébrer le mercantilisme de la culture ? A-t-il valeur de sauveur du marché musical ? De la Musique elle-même ? Y'a-t-il encore une notion de fierté dans ces fêtes ? Elles ne portent pas forcément le terme "pride" en leur nom mais le mot "parade" inclut à la fois le sens de la parade militaire (et non pas militante, c'est à dire une marche au pas, aux ordres de, et non pas un défilé en son propre nom pour sa propre revendication) et celui de "se pavaner". Faut-il y voir une uniformisation banalisée de la pensée culturelle ou bien est-ce bel et bien une nécessité que ce rappel annuel des acquis sociaux-culturels d'il y a quinze ans ?

Je ne me pose pas ces questions, je vous les pose à vous. J'ai ma propre idée sur le sujet mais qu'en est-il de la vôtre ? Vous étiez-vous même posé ces questions ? Elles me semblent primordiales pour quiconque s'intéresse à la vie culturelle de sa société. Laisser reposer des idées sur une étagère sans jamais les remettre sur la table, sans jamais les confronter à un ré-examen, voilà qui me parait laxiste, bête et anti-progressiste. J'attends de vous que vous m'aidiez à ré-examiner le status quo entourant la Grande Exhibition musicale qui semble faire consensus chez nous. Un sondage vous attend sur votre gauche, la boite de commentaires ci-dessous est prête à recevoir vos opinions. Allez y de bon coeur, citoyens !


Joe Gonzalez

vendredi 24 juin 2011

[Alors quoi ?] Considérations du matin d'après le matin d'après le matin d'après

Le matin d'après le matin d'après le matin d'après car il aura bien fallu trois jours à ceux qui se sont risqué dans les rues de leurs villes Mardi soir, pour se remettre de la dernière édition de la Fête de la Mus... non, je plaisante. Je ne vais tout de même pas me lancer dans une nouvelle diatribe contre la Fête de la Musique ou du moins contre la façon dont elle est conçue par le plus grand nombre. (il n'y a qu'à voir l'affiche "officielle" de cette année). Je l'ai déjà fait et vous savez ce que j'en pense. J'espère simplement que vous avez pu consacrer quelques heures de votre temps à une pleine et extraordinaire expérience de la Musique, dans les meilleures conditions possible, comme j'ai (enfin) pu le faire moi-même cette année. Mon secret ? Ça n'est pas bien difficile, c'est toujours avec la même méthode que je suis sorti comblé de cette Fête Nat. : jouer sa propre musique.

FAITES DE LA MUSIQUE

Installé dans un appartement parisien, entouré d'une dizaine d'amis dont la plupart ne savaient pas jouer d'un seul instrument, ou alors vaguement, nous avions disposé autant d'objets musicaux (synthés, guitares, ukulele, baguettes, jouets musicaux, stylophone, violon, flute...) dans la pièce et chacun pouvait passer de l'un à l'autre au gré de son inspiration, le but étant que la composition improvisée que nous construisions ne connaisse aucun temps mort. Deux heures plus tard, de la no wave au kraut rock, de la pop glitchée au folk psychédélique en passant par la noise, nous arrêtions de construire, regrettions de n'avoir pas enregistré le résultat mais nous sentions heureux de l'avoir fait. NOTRE musique, celle de CE MOMENT précis, sans honte ni prise de tête, faite d'hésitations, de fulgurances symbiotiques, d'accélérations, de brouhaha, de chœurs et de cacophonies. Aucune déception, aucune haine, seulement de l'amour et de la cohésion, voilà ce que la Fête de la Musique devrait être et je vous encourage vivement à tenter l'expérience avec vos copains la prochaine fois que vous en aurez l'occasion. Croyez-moi, il est bien plus enrichissant de cogner les cordes d'une guitare acoustique avec le marteau en bois d'un toy-xylophone pendant qu'un ami (Thelonius H. en l'occurrence) s'évertue à produire les pires craquement électroniques possibles sur un Micron que d'entendre au loin un trentenaire à bidoche parachever sa très mauvaise imitation du Kurt Cobain de Smells like teen spirit (évidemment), lequel aura d'ailleurs droit en Septembre prochain à une édition SUPRA DELUXE de son album le plus connu, "Nevermind".

NEGATIONNISME VIGUIEN

Un coffret réunissant 4 CDs et 1 DVD (lequel proposera la vidéo d'un concert encore jamais diffusée), c'est certes pas mal pour célébrer les 20 ans de l'un des albums les plus célèbres de toute l'histoire du rock, mais c'est tout de même décevant, même avant de connaitre le détail du contenu. D'abord parce que DVD mis à part, on se doute bien qu'une bonne partie des bonus proposés auront déjà fait surface sur d'autres anthologies (et notamment l'anthologie "With the lights out"), ensuite parce que seuls des CDs sont proposés et ce malgré la tendance actuelle du retour au microsillon de plus en plus prisé par les amateurs de musique, lesquels sont pour la plupart des trentenaires et doivent donc être pile dans la tranche d'âge des premiers fanatiques de cet album. C'est un coffret réservé à la propagation encore plus large du mythe Nirvana et à la récupération, toujours d'actualité, des dollars posthumes gagnés par Cobain. Les vieilles habitudes subsistent et la récupération financière de Nirvana n'a pas fini de me déprimer et de m'éloigner coûte que coûte de tout achat de disques du groupe. En parlant de mauvaises habitudes, il en est une autre qui m'exaspère un peu et c'est celle qui consiste, chez beaucoup de fans, à critiquer la production de Butch Vig, l'ingénieur du son de "Nevermind".

(Je l'ai toujours imaginé gros et chauve et j'aurai toujours du mal à me faire à sa véritable trogne. Rien à faire, quand je pense Butch Vig je vois Franck Black. Ça doit être le prénom. Butch. Ça sonne gras.)

Pour rappel, mandaté par Geffen (la division d'Universal qui avait signé Nirvana ET Sonic Youth - Vig a d'ailleurs produit le "Dirty" de ces derniers l'année suivante), Butch Vig fut l'un des ingés sons les plus emblématiques du grunge et son travail sur des albums mythiques de cette époque (le "Gish" des Smashing Pumpkins par exemple) lui valut une réputation peu enviable, surtout lorsque Nirvana révéla que le son de "Nevermind" n'était pas celui qu'ils voulaient vraiment.


(En même temps, le son live de Nirvana se rapproche davantage de celui créé par Vig que du son Albini)

En général, il est de bon ton de penser que Steve Albini aurait fait un bien meilleur boulot que Vig puisque toujours d'après Nirvana, Albini les a aidés à produire EXACTEMENT le son qu'ils souhaitaient sur leur album suivant (le bien meilleur "In Utero", moins rentre-dedans, plus profond et très vite rejeté en bloc par la maison de disques qui n'y trouva aucun potentiel commercial, mais qui dut se plier aux exigences du groupe vu qu'ils étaient alors la vache aux mamelles d'or). Seulement moi je n'y crois pas. Je n'ai pas du tout envie d'entendre ce à quoi "Nevermind" aurait ressemblé si Albini s'en était chargé. Il aurait certainement été plus subtil, moins criard et il n'y aurait SANS AUCUN DOUTE jamais eu de chorus sur la guitare de Come as you are. Mais il n'aurait pas été "Nevermind", cet album que je connais par cœur (et vous aussi), de la première à la dernière note, qui m'a amené au rock, mais aussi au punk, au noise rock, au heavy metal, voire au post hardcore et au blues (à travers le "MTV Unplugged", les Meat Puppets et My Girl). Il n'aurait peut-être (sûrement) pas eu le même impact commercial et générationnel si Vig n'avait pas créé ce son gras et si la guitare de Smells like teen spirit n'avait pas été digne de l'hymne que le morceau allait devenir. Nier Butch Vig revient à nier le mythe Cobain et par extension cela revient aussi à nier 1991, l'année où le punk est devenu bankable. Maudire Butch Vig est un gâchis d'énergie presque aussi ridicule que le dernier album des Strokes.

ANTICIPATION DU COURRIER DES LECTEURS

On en est à ce point de l'article où j'en profite pour me décharger de quelques considérations sans les justifier : Gang of Four, c'est fini de chez fini, tout comme Orchestral Manœuvres in the Dark. Suuns n'est qu'une copie mollassonne de Clinic. Bon Iver ne m'intéressera jamais suffisamment pour que je lui consacre le moindre article : ça n'est pas nul mais ça ne présente aucune sorte d'intérêt. WU LYF ont l'air d'avoir deux trois idées, dont celle de mêler deux tendances qui marchent (shoegaze et indie rock) en se prétendant politisés ou punks ou je ne sais quoi, mais ça reste du Arcade Fire au son vrombissant qui ne va pas chercher bien loin. Cults ça n'est vraiment pas bien et Cass McCombs m'a fait pioncer à chaque fois que j'ai essayé son nouvel album. J'abandonne aussi le dossier Toro Y Moi, que j'ai longtemps essayé de traiter de diverses façons, avec optimisme avant de finir par penser "à quoi bon écouter une fois de plus cet easy listening disco demeuré ?" et si avec tout ça vous vous posez encore des questions sur les "gros noms" de la première moitié de 2011... eh bien, demandez toujours ! Je conclus ici en vous posant la question : avez-vous récemment réussi à fixer pendant plusieurs secondes d'affilée la pochette de "Nevermind" ? Vous l'aimez ou bien vous la trouvez très laide ? Je la connais tellement bien que je n'arrive plus à être objectif...


Joe Gonzalez

mercredi 24 juin 2009

Page Blanche # -2

par Joe Gonzalez
art par Jarvis Glasses


La Fête de la Musique, les filles et la laideur de l'Internet


C'est la dèche. Sérieusement, je n'ai plus deux balles devant moi pour m'acheter des disques. J'aurais pu aller faire un tour en ville, l'autre soir, c'était la Fête de la Musique, c'était gratuit. Je ne suis pas sorti. Vous êtes sortis, vous ? Cette fête, j'y croyais au début. J'ai même passé de très bons moments grâce à elle, mais plus les années passent, plus je la considère avec dédain.

Je méprise les villes (enfin, celles dans lesquelles j'ai élu résidence depuis que je suis en âge de) pour leur non communication sur l'évènement - les places sont pourtant réservées à l'avance par les groupes, et il ne serait sans doute pas infernal que d'envisager un programme et de le publier, mais non, c'est toujours extrêmement vague, et quand le plan est publié sur Internet, il fait tièp. Et puis ce n'est quand même pas si compliqué d'inviter une ou deux "célébrités," un ou deux groupes un peu connus, histoire de fédérer Roger le citoyen lambda - ceci évidemment ne tient pas debout pour les parisiens, mais est tellement vrai pour nous autres provinciaux.

Je méprise aussi les groupes, pour la plupart, parce que ce que l'on trouve à coup sûr ce soir-là, ce sont des stands (je dis bien "stand," comme on parlerait d'un stand de forain) de hardtek, des groupes de métal, néo métal ou autre avatar foireux de Lofofora et Aqme (j'avoue, je n'ai pas de chance sur ce coup-là, Toulouse étant littéralement envahie par ce genre de mauvaise herbe). Et puis les groupes de reprise, évidemment. Il y a deux catégories de groupes de reprises. Il arrive que ce soient de vieux types qui ne jouent plus que pour ce genre d'évènements et qui sont tous heureux de ressortir leurs instruments pour jouer les tubes de leur jeunesse (Pink Floyd, Sabbath, Zep, ce genre-là), et dans ces cas-là, je pardonne de tout mon cœur. J'applaudis même volontiers si c'est bien fait, et je suis content pour eux. Par contre, les groupes de reprises constitués de membres jeunes, et qui ne jouent QUE ça (aucun original), je ne peux plus les supporter. D'abord parce que leurs sets ne comportent jamais aucune surprise (Bloc Party, White Stripes, et à chaque fois les singles, souvent jouées à l'identique et ratés), et surtout parce que ça n'est quand même pas compliqué, si l'on a pour ambition de faire de la musique, que de composer un minimum ! On a toujours l'impression que les types n'ont répété qu'une ou deux fois, se foutent de leur public et de leurs chansons, et qu'on aurait gagné à passer un disque sur la sono. Et ça c'est triste. Bougez-vous les jeunes ! Faites la musique de demain ici, en France, et jouez-là nous. Rien à foutre d'entendre de mauvaises reprises foirées. N'importe quel(le) idiot(e) peut faire de la musique ! Regardez cette gourde de Kria Brekkan (ex Mùm, nouvelle petite amie d'Avey Tare, d'Animal Collective), qui a décidé de sortir une série de 45 tours en 2009, et dont la première face A vient de paraître... Est-ce qu'elle vous semble meilleure que vous ? Ne me dites pas que vous ne pouvez pas en faire autant ! Écoutez ça :



Les seules fois où j'ai pris mon pied lors de ce soir-là, c'était devant de jeunes groupes originaux, qui, s'ils glissaient des reprises dans leurs setlists, les jouaient avec ferveur et à leur sauce. J'ai trop de respect pour la musique pour sortir le soir de la Fête de la Musique, qui devrait être le jour le plus cool de l'année, et qui est souvent le plus déprimant.

D'un autre côté, peut-être que je n'ai tout simplement pas de chance, et que vous avez eu droit à une soirée d'enfer du côté de chez vous. Ça c'est à vous de me le dire. Détrompez-moi. Dites moi qu'il y encore de l'espoir pour cet évènement. Faites moi plaise !

Toujours est-il que c'est la dèche pour moi. J'ai mes créanciers sur le dos, mon banquier, même mon reufré me réclame les DVDs qu'il m'a prêtés, de peur que je ne les revende pour m'acheter un pain au chocolat. J'ai été obligé de prendre le premier job qui se présentait : je suis doomed. Ça me laisse moins de temps pour mes passe-temps favoris que sont la lecture des lyrics d'Africa (de Toto) plusieurs fois par jour, la confection d'un boxer fait main (la mienne) et la rédaction d'articles visant à vous distraire. Il faut se montrer pragmatique une fois l'an, et le fait est que mon job va payer mon loyer, et d'ici trois mois j'aurai peut-être même un peu d'argent de poche pour me payer un disque ou deux, ce qui tombe plutôt bien, vu que le premier album de Girls sortira aux alentours du 21 Septembre ! Vous vous souvenez, je vous avais dit beaucoup de bien de ces californiens, il faudra écouter ce disque ! D'ailleurs, le clip de leur troisième single, Hellhole Ratrace, vient de sortir, et le voici :



Il y a des disques comme cela, que l'on attend avec une impatience non dissimulée, et ces disques-là sont rares par les temps qui courent. Les temps a-changin' de la chute de Christine Albanel et de son hadopi, les temps de Spotify, Grooveshark, LastFM, Deezer, et tous ces trucs qui rendent le digital si facile d'accès. Un disque, un vrai, avec sa pochette en plastique ou carton, ses notes de pochette, un BIEN MATÉRIEL, a bien du mal à concourir face à tous ces trucs. Mais pas face à Myspace, en tout cas pas pour moi. Depuis des mois je me dis régulièrement "mais QUI utilise encore Myspace pour autre chose que se faire une idée sur le look ou le son d'un groupe peu connu ?!" Pas vous ? Sérieusement, a-t-on meilleure exemple d'un site aussi "célèbre" ou célébré qui soit moins bien bâti que celui-ci ? Moins souvent mis à jour ? Aussi ringard ? Depuis l'arrivée de Facebook, il est devenu quarante fois plus évident que Myspace n'avait aucun intérêt en ce qui concerne le développement d'un réseau social. J'ai notamment trouvé très intéressant cet article paru sur le chouette webzine Goûte mes Disques. Allez-vous encore régulièrement sur Myspace ? Ça fait bien deux ou trois ans que je n'y ai pas foutu un orteil. J'aimerais beaucoup avoir votre avis là-dessus, n'hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires.

Je vous laisse méditer sur tout ça, et m'en retourne à mon boxer en lin.