C'est entendu.
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vendredi 9 avril 2010

[Quitte ou Double] Ces hypes que l'on tait

Je me demandais : est-ce que, parfois, vous vous dites "c'est tout de même BIZARRE que C'est Entendu ne parle pas d'untel ou de machin, alors que TOUT le monde en cause de part et d'autre de la blogosphère, et jusque dans le quotidien gratuit que l'on me distribue tous les matins à la sortie du métro..." ? Est-ce que cela vous intrigue ou alors vous dites-vous "encore un groupe à côté duquel CE est totalement passé, peuchère, je les aime bien mais ils ne sont vraiment pas à la page..." ?

Si de telles questions vous bousillent les méninges à intervalle régulier, vous serez d'autant plus ravis d'apprendre enfin que non, nous ne sommes pas "à la traine" et que si nous n'en parlons pas, c'est probablement que nous n'en avons rien à fiche. Vous l'aurez pigé, tous les Get Well Soon, The Morning Benders, The Besnard Lakes, Portugal. The Man, Ted Leo, Delphic, jj et consorts qui firent les beaux jours des newsfeeds indés ces dernières semaines, nous n'en avons cure. N'allez pas croire que nous avons une dent contre tous ces valeureux musiciens ou leurs disques, il y en a même parmi eux à qui, non content de ne pas jeter de pierre, je pourrais aisément envoyer une invitation à boire un pot en ma compagnie. Je pense notamment à Teddy Leo et sa descente bien célèbre (à force de s'envoyer des bonbonnes d'alcool à 90° il a acquis le surnom de "pharmacien"). C'est plutôt une histoire de rendez-vous manqués. Certains ont choisi pour leur groupe un nom rivalisant de laideur avec la pochette des albums des autres. D'autres encore se sont une fois de plus "manqués" (on pense à Get Well Soon, éternels ratés de la musique teutonne à tendance anglophile).

Cependant, nous n'en restons pas moins curieux de votre avis, et c'est pourquoi nous soumettons à votre appréciation éclairée et, espérons-le, dénuée des préjugés qui ulcèrent notre jugement, trois des plus blogués et twittés des phénomènes pop du moment.



I - She&Him, rien que pour ses yeux :

Rien de mieux qu'un cimetière pour faire des photos promo

She&Him c'est Zooey Deschanel (vue à la télé et sœur de Bones) et M Ward (l'un des monstres autoproclamés de la "folk"). En 2008, tout le monde pensait que ce "superduo" formait un couple à la vie comme au studio, rumeur démentie depuis par Benjamin Gibbard himself, poing levé en direction de la nuque de Ward, et qui a depuis officialisé son union d'avec Zooey en lui passant la bague au doigt (ceux qui suivent la carrière du groupe de Gibbard - Death Cab For Cutie - auront alors compris que l'inspiration du songwriter se fut un brin épuisée ces dernières années : il avait de quoi s'occuper à la maison). Après un "Volume One" en demi-teinte qui déçut autant les fanas de M Ward (dont les auteurs de ces lignes, qui croient dur comme fer que le trublion folkeux serait bien avisé d'abandonner toute idée de projet non-solo) que les badauds espérant trouver là des clips olé olé (Zooey étant devenue une icône sexuelle alternative avec ses rôles pourtant bien prudes dans des feel good movies tels que H2G2 ou encore 500 Days of Summer), le duo revient en 2010 avec un "Volume 2" tous publics, manifeste d'un duo cherchant à tout prix à exceller dans la simplicité et dont le premier single, In the Sun, a déjà fait trois ou quatre fois le tour du Globe. Le voici, joué à la télévision l'autre soir :



Est-ce que comme moi vous avez regardé le clip sans le son ? Pensez-vous que Zooey fixe Benjamin Gibbard, assis dans le public ? Est-elle plus talentueuse que Scarlett Johansson ? Un tel "duo" est-il voué à foutre en l'air le mariage de B. Gibbard ? M Ward plait-il autant aux femmes que Zooey terrasse les hommes ? Une musique aussi simple n'est-elle pas un nivellement par le bas de la pop ?



II - Jónsi, ou quand le plus déprimé des Islandais essaie de briser la glace :

Le jour où Sigur Ros a pris le bus pour se rendre d'un point A (Reykjavik) à un point B (un volcan...) pour enchainer deux dates d'une tournée au lieu d'y aller "à pattes," Jónsi a cessé d'être le petit lutin triste qui faisait pleurer tout l'Occident pour enfin embrasser une joie de vivre qui n'allait avoir de cesse que de s'amplifier. C'était en 2005, et d'ailleurs, Sigur Ros ne se priva pas de remercier l'inventeur de l'autocar en appelant son quatrième album "Takk" (Merci).

Jónsi, sosie de Bénabar, ici grimé à la façon de Bjork habillée par Camille* et décoré avec le maquillage de Fever Ray

Après un dernier LP quasiment hédoniste avec Sigur Ros et une pause café chez Alex l'année dernière, Jónsi propose en 2010 son premier album solo, "Go," et surprend son monde en arrêtant de chanter en hopelandais (ce yaourt labellisé que d'aucuns appelaient "nawak") et troque son islandais natal pour susurrer en langue anglaise. Voici le clip de Boy Lilikoi :



Vous que Sigur Ros avait aidés à trouver le sommeil pendant des années, venez-vous de trouver votre classique "du matin" ? Préfériez-vous Jónsi quand il avait le cafard ? Vous en connaissez beaucoup vous des villes en Islande ?



III - Émigrés clandestins, la sympathique histoire des ibériques Delorean :

Ou quand une demi-douzaine de mp3s savamment balancés ouvrent les portes les mieux gardées à une bande de jeunes espagnols peu soucieux de leur origine géographique. Il leur aura pourtant fallu le temps de percer : formé en 2000, le quinté gagnant du Pays Basque aura sorti quatre albums sans faire frémir une seule seconde la pilosité des blogueurs les plus aventureux.

Delorean et des miroirs sur un caillou

Pourtant, forts d'un pseudonyme tout droit venu des heures dorées d'un certain cinéma Hollywoodien piloté par le duo infernal Spielberg/Zemeckis (qui aura bercé notre jeunesse avec une autre qualité que celle inhérente à ces Transformers et autres Pirates des Caraïbes qui polluent l'imaginaire de nos neveux et nièces), Delorean avait mis toutes les chances de son côté afin d'échapper au cloisonnement espagno-espagnol auquel leurs parents les avaient destinés. Ce n'est qu'avec l'EP "Ayrton Senna" (qui aura malheureusement connu chez moi le même sort que le regretté pilote du même nom) que le Monde découvrit le groupe, en 2009. Depuis, par la force des choses, Delorean a fait table rase de son passé, et sort donc ces jours-ci son "premier" album, "Subiza," electro-pop à vocation dansante sur laquelle, en 2009, Ekhi Lopetegui aimait à répéter à qui voulait l'entendre qu'il avait apprécié le temps passé avec une fille, dont le nom nous était tu (in Deli). Voici de quoi il retourne :



Dansez-vous sur Delorean ? Est-ce à vous que Lopetegui adresse sa supplique endiablée ? Y a-t-il une "scène" basque ? Pensez-vous que Delorean sera bientôt choisi par Denisot pour illustrer le "jingle" du Grand Journal ? Delphic/Delorean, même combat ?


Donnez-nous votre avis sur ces hypes qui nous dépassent. Votez au sondage (sur votre gauche) et commz'ez à mort.


Joe Gonzalez (avec la participation remarquée de Félix Félaga)




ERRATUM : Pour que les choses soient bien claires, il nous paraissait important de préciser que l'absence dans nos colonnes et dans les lignes, plus haut, du déjà-culte album de Doom Metal, "Eparistera Daimones," signé par les bleu-bites de Triptykon, n'est en aucun cas due à un oubli, ni à une auto-censure éhontée dictée par une pochette des plus sordides (qui invite l'auditeur à insérer quelque objet de son choix dans un orifice savamment creusé dans le carré inférieur gauche. Faites vous une opinion, possiblement un fond d'écran, et notez l'influence de H.R. Giger), mais bien à un total désintérêt de notre part pour ce genre mal famé qu'est le Thrash Metal.




* Camille, j'attends toujours que tu me prennes ma douleur, j'ai ULTRA mal.