C'est entendu.
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vendredi 9 octobre 2009

[Vise un peu] Desire - II

Accrochez-vous à vos slibards parce que je vais vous recauser de l'un des trois sujets au centre du Grand Débat sur le Revival de l'Italo Disco qu'on a eu l'autre jour. A vrai dire, des trois, Desire est même le projet qui a suscité le moins de réaction de votre part, qu'elles soient positives ou négatives. Je suppose que cela fait de moi une tête brûlée ou un débile profond, mais je maintiens que cet album vaut le détour.

Pourquoi ? Parce que contrairement à un trop grand nombre de LPs de musique dite dansante, "II" n'est pas un rembourrage transparent autour d'un ou deux singles tubesques. Et ce parce que Johnny Jewel (la tête pensante, aussi à l'origine de Chromatics) a eu la bonne idée de diversifier son propos sans s'étaler. Huit chansons seulement, dont une ouverture et une fermeture sous forme de captations live présentées par Megan Louise, chanteuse canadienne bilingue et deuxième membre d'un trio complété par Nat Walker, de Chromatics. Desire a forcément des allures de projet parallèle avant tout, une sorte de "Chromatics avec une autre chanteuse et quelques mots en français" mais si les synthés et le craquement vinylesque en fond sonore sont toujours omniprésents, les beats semblent un peu plus en retrait, le rythme plus posé, et quelques arrangements (le piano sur Montre moi ton visage, le glockenspiel peu évident sur Colorless Sky...) suggèrent un pas en arrière de Jewel sur le dancefloor.





















Johnny et Megan

Si l'on oublie le très laid "For ever ? For ever ever ? For ever ?" surjoué par Megan dans Under your spell, "II" tient la route parce qu'il est court, qu'il n'est pas une redite de Chromatics, mais aussi et surtout parce qu'il contient de fameuses chansons comme Miroir Miroir et Don't call, dans le plus pur style de Johnny Jewel : une pop synthé-discoïde qui couche avec le kitsch mais ne reste pas pour le petit déj'.


Joe

mardi 22 septembre 2009

[Quitte ou Double] Italodiscomeback, on danse bébé ?

Les puristes diront que cet article a plus de dix ans de retard. Les casse-burnes diront que parler de disco c'est so 2007. Les autres se demanderont pourquoi, juste pourquoi. Mais comme vous le savez déjà, les Quitte ou Double sont l'occasion pour vous de vous exprimer, en bien ou en mal sur le sujet traité, et si les artistes présentés ici ne vous causent pas, vous aurez tout loisir de les brûler dans vos commentaires, nous fournissons le Sans Plomb.

Un come-back disco, donc. Italodiscoïde plutôt. Mais pas que. Avec le revival eighties qui rouleau-compresse la Pop depuis quelques mois, et les explosions en 2007 de Glass Candy et Chromatics, deux groupes du label Italians do it better, il était prévisible que nous vissions tôt ou tard apparaître quelques pousses nées de ces graines mêlant électronique, disco et ambiances rétro-futuristes. Je vous propose donc trois de ces "nouveaux venus," dans des styles pas forcément contigus, que je vous propose de mettre à l'essai.

I - Le coup de la savonnette, revu à la hausse : la rentrée selon Julian Casablancas :

Il est le dernier des quatre Strokes à se lancer en solo, et a décidé de marquer le coup en allant là où l'on ne l'attendait pas du tout. En interview circa 2003, il laissait entendre qu'il n'écoutait plus que du reggae, lui qui était La voix Rock New Yorkaise de sa génération, et l'on se demandait déjà "Pourquoi ?" avant d'écouter "Room on fire" et de piger que le meilleur album des Strokes intégrait bien le reggae en tant qu'influence assumée.
Ainsi est-on en droit de se poser mille et une questions quant à ce que sera "Phrazes for the young," son premier LP patronymé, à l'écoute du premier extrait, Eleventh Dimension.



Grand succès ou grand guignol ?

Une incursion de Casablancas sur le territoire dansant et outrancier de l'italo est-il scandaleux ? Pourquoi Lou Reed n'a-t-il jamais osé ça ? Tout cela n'est-il pas poseur ? A vous de me le dire.




II - La preuve par (deux mille) neuf, c'est facile avec Music Go Music :

Si vous ne connaissez pas Music Go Music, ça n'est pas grave, parce que vous connaissez forcément le groupe qui les a le plus influencé au moment de l'écriture (et surtout de l'enregistrement du clip) de Warm in the shadows, leur nouveau single, dont voici le fameux clip (filmé "comme si" le groupe jouait dans une émission de télé fictive des années 70 et appelée Face Time) :




Vous avez tout regardé ? Vous avez tenu pendant 9 minutes ? Ça n'est pas si difficile, avouez, même si de nos jours, les chansons de plus de 7 minutes sont en général réservées aux post rockers et - je le sais fort bien - même si la plupart d'entre nous a fini, par la force du Grand Internet, coincé avec une durée moyenne de concentration inférieure à 20 secondes. Si l'on sait comment s'y prendre, tenir 9 minutes n'est pas infaisable. Les garçons peuvent se concentrer sur la chanteuse ou les choristes, les filles n'ont qu'à se poser la question fondamentale "Est-ce que je pourrais entrer dans ce justaucorps American Apparel© un jour ?" Si vous tenez 9 minutes, je vous paie à boire. Si vous restez concentrés 9 minutes sur quoi que ce soit, je suis votre pote. Si après les 9 minutes de Warm in the shadows, vous n'avez pas le refrain en tête, et que vous ne remuez pas un peu dessus, flinguez-vous, z'êtes bons à rien.

La chanson est aussi téléchargeable très gratuitement sur le site de Secretly Canadian.




III - Le rétroviseur tourné vers le capot, Desire trace sa route :

Ici vous êtes au cœur même du label Italians do it better, ce projet (éphémère ?) est en effet mené par Johnny Jewel et Chromatics, auquel s'est greffé la chanteuse Montréalaise Megan Louise, qui donne dans les deux langues, sur une base dansante posée, étirant l'italo des influences vers l'électro-pop la plus pertinente. Vous pouvez streamer Miroir Miroir, ci-dessous :




L'album "II" sera d'ailleurs très bientôt chroniqué sur C'est Entendu, alors souvenez-vous de Desire.
Vous voilà briefés, vous connaissez la suite : un sondage, vous votez, une boîte de commentaires, vous débattez. J'attends vos avis sur ces trois chansons, et sur le revival italo en général. Et en guise de bonus, je vous propose dans le lecteur une piste extraite de la fameuse compilation "After dark" du label Italians do it better, sortie en 2007. Ça s'appelle La Grotta, et c'est prescrit par le Professor Genius.


Joe