C'est entendu.
Affichage des articles dont le libellé est gastr del sol. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est gastr del sol. Afficher tous les articles

mercredi 17 février 2010

[Réveille Matin] Gastr Del Sol – Each Dream Is An Example

Bonjour à tous! Hormis peut-être une originalité dans la dénomination, il est probable que Gastr Del Sol ne vous évoque pas grand chose. Groupe américain fondé en 1991 par David Grubbs à Chicago, sa composition fut extrêmement variable, et ses partenariats avec d'autres musiciens multiples.

Après un premier album, 1994 fut cependant témoin d'une adjonction majeure : celle de Jim O'Rourke, jeune musicien expérimental qui apporta son goût pour la free-folk de John Fahey, le violon minimaliste de Tony Conrad ou les arrangements à cordes de Van Dyke Parks. Le groupe devait d'ailleurs devenir avec les années un duo à part entière entre Grubbs et O'Rourke. En 1998, ils révélèrent "Camoufleur", sans doute leur album le mieux accueilli par le public, mais qui sera le dernier, et sur ce chant du cygne figure Each dream is an exemple, au titre onirique et enchanteur.


Les deux compositeurs livrent un travail profond, témoin d'une infinie tristesse en sous-pente, et joliment mené par un piano humble et omniprésent. C'est d'ailleurs en toute humilité que se développe le morceau, rien n'est ostentatoire, rien ne tape à l'œil, tout est simple, voire même éteint, sans éclat, mais au sens mélioratif du terme. L'accablement se répand progressivement, via les accords au piano, la transition expérimentale (chère à O'Rourke), et également au travers de la voix d'un David Grubbs comme limité à la contemplation du mal-être décrit, voix armée de la même lassitude avec laquelle il semble marteler son piano. Impuissant, il prend le parti d'une triste neutralité, et il parle. Des prix du marché, du dollar, mais aussi d'une bougie, ou encore de corps, à perte de vue, à n'en plus finir. Cependant, si la chanson possède de longs aspects méditatifs, le final vient sublimer la tristesse, la rendant vibrante et éblouissante. Les chœurs féminins, éthérés et mouvants, qui viennent se poser sur le «as corpse» de fin répété ad lib, apportent du recul à la composition, et l'agrémentent d'une subtile dose de sagesse. Ce final achève d'englober l'auditeur, et l'effet est proprement puissant, en plus d'être saisissant. Le morceau idéal pour un réveil durant une matinée de grisaille pouvant laisser supposer un après-midi d'apparence plus clémente...


Hugo