C'est entendu.
Affichage des articles dont le libellé est clock dva. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est clock dva. Afficher tous les articles

mercredi 22 juin 2011

[Réveille Matin] Clock DVA — The Hacker

Sony, Gmail, CitiGroup, Nintendo, la CIA, le FMI, Bethesda, Sega, RSA Security… je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a eu une belle quantité de cyber-attaques ces derniers temps. Bien sûr, entre les catastrophes nucléaires, les révolutions, scandales, crises et autres bactéries tueuses, tout ça est passé un peu à l'arrière-plan, et je doute fort que les hackers soient votre première préoccupation aujourd'hui (à moins de travailler dans le milieu). Mais on commence à en parler. Ou plutôt, on commence à s'en inquiéter plus sérieusement.

La figure du hacker dans la culture populaire a souvent bénéficié d'un certain charisme, entre la figure-archétype du petit génie qui fait tomber des organisations énormes grâce à son seul ordinateur et quelques véritables pirates emblématiques (Kevin Mitnick, vous vous rappelez ?), on en viendrait presque à les considérer comme des Arsène Lupin de l'ère numérique (le charme du gentleman en moins). Le cyberpunk, les romans de William Gibson (notamment la trilogie Neuromancer/Count Zero/Mona Lisa Overdrive) et autres Ghost in the Shell de Masamune Shirow ont dû aider aussi ; dès qu'on se met à imaginer un futur souvent hyperdigitalisé et où le mot "réalité virtuelle" prend une toute autre dimension, le hacker devient une figure quasi-incontournable, soit celui qui prend le pouvoir, soit celui qui se bat contre.


(Attention à la migraine ou à la crise d'épilepsie.)

C'est un peu cet univers-là que le groupe de post-punk/EBM britannique Clock DVA évoque avec The Hacker, piste finale de l'album "Buried Dreams", sorti en 1989. L'esthétique a en partie vieilli aujourd'hui, et le groupe en a même peut-être toujours fait un peu trop (avec cette voix menaçante et ces arrangements grandiloquents), mais l'idée de la menace du piratage dans un monde informatisé à l'extrême est toujours pertinente et présente aujourd'hui dans l'imaginaire collectif — et surtout, la chanson est toujours aussi réussie, avec ses sons à la fois électroniques, agressifs mais aussi très cinématographiques (tout l'album "Buried Dreams" pourrait faire office de bande son pour un film qui se passerait dans un futur dystopique), culmination d'un album à ambiance unique, évocatrice d'un univers noir et artificiel ; un disque peut-être un peu surchargé par moments, mais qui mérite largement le détour.


— lamuya-zimina