C'est entendu.

vendredi 1 mai 2009

[C'est tout vu] Lâchez le frein, par pitié...

Les nouveautés visuelles intéressantes sont peu nombreuses ces dernières semaines, et ceux des artistes généralement considérés "bons" ou "intéressants", voire "reconnus", qui publient des clips ou se produisent en live, restent malgré tout plutôt décevants, en règle générale, et à mon sens. Prenons Sonic Youth, dont le nouvel album sort ces jours-ci et qui ont joué What we know chez Jools Holland, l'autre jour. Eh bien voilà une prestation sympathique, pour une chanson sympathique, probablement l'une des meilleures de l'album, mais qui reste, quoi qu'on en dise du niveau d'une face B qui daterait de la fin des années 90... Si même les dinosaures se mettent à piétiner...







On a moins l'occasion de se plaindre d'un Mark Everett, vu que tout le monde le sait, Eels joue la même chanson depuis son premier album (si, si!). Voici le clip de Fresh Blood :







Wilco, dont le prochain album s'intitulera "Wilco (The Album)" (choisissez entre consternant et amusant, je choisis le second) a enregistré une nouvelle reprise de Woody Guthrie (et en a joué une autre, accompagné de Feist - ce qui laisse présager un troisième volume de Mermaid Avenue, mais possiblement sans Billy Bragg, ce qui serait une erreur), vous pouvez la télécharger ici pour un prix variant selon votre situation financière ("gratos" est donc au menu).





Enfin, mentionnons Bill Callahan, qui commence à faire son âge, et qui nous joue Rococo Zephyr :





jeudi 30 avril 2009

[Vise un peu] Weave! - Weave!

Sur cette étrange pochette, l'œil d'un zèbre, la fourrure d'un lion, et des motifs africains. Pas de porc, pas de moustache, pas de sombrero, pas de panique, vous ne risquez aucun type de grippe en écoutant WEAVE! le premier (court) essai du groupe Californien du même nom.
Quatuor - deux garçons et surtout deux filles - inspirés, comme la pochette le laisse présager, par l'afrobeat, les B-52's mais aussi et surtout par les groupes de filles de la période post-punk, à savoir les Raincoats et surtout les Slits.
Pas forcément méga glamour la bassiste Ivory Lee, et la batteuse Nicole Turley sont les voix de Weave! (littéralement : "Tissez !"), un nom qui semble vouloir encourager l'auditeur à créer et à tisser des liens, une invective ma foi bien choisie, et suffisamment peu d'actualité pour mériter que l'on s'en réjouisse. Outre le rapprochement évident d'avec les Slits, c'est avec une autre personnalité Californienne que l'ont pourrait rapprocher le son et surtout les harmonies vocales (à moitié fausses, la moitié du temps) de WEAVE! : Jeremy Jay, lui aussi originaire de Los Angeles, lui aussi tourné vers le présent, avec un oeil sur le rétroviseur (dans son cas, on citera plutôt K Records que Rough Trade, cependant).

Avec six chansons, aucune ne dépassant les deux minutes et trente secondes, c'est seulement un CV Universitaire - pas forcément exempt de toute coquille - que nous laisse le groupe, mais leur cursus est suffisamment diversifié pour que l'examen final que sera l'enregistrement d'un album se pose comme une attente pour les amateurs de post-punkindie-beat. Tout ceci serait plus ou moins anodin, vous le devinez, s'il n'y avait cependant un énorme tube d'entrée de jeu avec ce Mouthpiece Hysteria à la ligne rythmique imparable, que vous pouvez écouter sur leur Myspace.

mardi 28 avril 2009

[Viteuf] Plein la vue pour pas un rond

Vous vous souvenez des Golden Silvers, dont je parlais la semaine dernière ? Eh bien l'intégralité de leur premier album, True Romance, est en écoute gratuite et illimitée sur le site du New Musical Express. Il suffit de cliquer sur le nom des pistes, sur la gauche.
Cela dit, vous pouvez aussi l'acheter, genre là, ça ne mange pas de pain (enfin ça mange dix balles, quoi...).


"Chouette !"

lundi 27 avril 2009

[Comptez pas sur moi] Gonzales et sa grosse mâchoire

Non, Gonzales ne joue pas dans le dernier Kad Merad, mais il fera néanmoins une apparition manuelle dans le biopic consacré à Serge Gainsbourg, par contre, le saviez-vous ? Si je voulais vous parler de Gonzales, le canadien le plus poilu depuis Sasquatch, c'est plutôt à cause de sa dernière lubie : battre le record du monde du temps passé à jouer du piano sans interruption.
D'aucuns trouveraient cette idée amusante, ou candide, mais pas moi. Tout cela serait en effet bien sympathique si ce n'était pas aussi représentatif de la carrière et de l'état d'esprit de Gonzo...
Vous qui ne connaissez que peu son champ d'action, sachez qu'il a notamment travaillé pour et avec Feist, Mocky, Peaches et tout récemment Katerine et Arielle Dombasle. Plus qu'un ovni musical, ce n'est pas un alien musical mais bien un prédator musical que ce génie (le mot est de lui) du piano expatrié à Berlin. Ce type-là est doué, certes, il peut passer de Brahms à Lizst et de Beethoven à Ray Charles dans une même pièce. Il connaît son affaire, il connaît la musique, et, mieux, il sait même amuser son public en faisant de ses interprétations des shows son et lumière, volontairement tournés vers l'amusement permanent (comme le titre de son deuxième album, The Entertainist, le laisse entendre) d'un auditoire trop facilement et rapidement ennuyé devant un répertoire bardé de classicisme.
Seulement voilà, à quoi bon ? C'est bien beau de brasser tout cet air, c'est bien beau d'être un "génie" mais si ça ne mène nulle part, je ne vois pas pourquoi je considèrerais ce type autrement que comme un autre chantre de la muzak, un poil (ou toute une pelouse de ces derniers) dans la main de la Musique en tant qu'Art, un cumulonimbus dans le ciel constellé de ces étoiles dont l'éclat est éclipsé par ce bedonnant monceau de vapeur d'eau, admirable depuis la terre ferme par un public consternant, mais méprisable pour ceux, érudits, qui attendent sa dissipation pour enfin reluquer le firmament promis.