On vous avait prévenus : cette semaine, point de réveil en douceur. Et ce matin, on va encore s'exploser les oreilles avec une bande de chevelus bien has-been, certes, mais aussi jouer sur la corde nostalgique d'un paquet de lecteurs vingtenaires et trentenaires, avec une bonne vieille histoire de la France des années 90 (je suis en quelque sorte un Bénabar indie).Début des nineties, ou des nonantes si vous trouvez que nineties ça fait trop prétentieux s'agissant de la France des nineties. Des nonantes. Bref. Jacques Chirac est maire de Paris, et le dessin animé japonais envahit sournoisement la France qui suinte, avec son cortège de VHS douteuses, que s'échangent à l'heure du goûter (*) nos amis boutonneux dans la cour du lycée. Mangas à l'eau de rose, pornographiques ou post-apocalyptiques, et souvent les trois à la fois (putain de Japonais), tous sont distribués par la même société française, Manga Vidéo, qui choisit de marquer les jeunes esprits dès l'introduction de la VHS dans le lecteur par une séquence d'introduction du genre aguicheuse.
La-dite séquence était appuyée par les gros bras des métalleux brésiliens de Sepultura, un nom qui a fait le bonheur de tous les détaillants en blanc correcteur d'alors ; car les trousses et cartables (oui, cartables) des mauvais garçons arboraient jadis fièrement ce nom, aux cotés des Slayer, Nirvana et autres AC/DC. Et la sauce a pris : comment pouvait-il en être autrement ? Si la chanson dans son intégralité est discutable, le riff principal est une tuerie, et la petite section de percussions brésiliennes ajoute une touche de mystère à l'ensemble, plongeant l'adolescent aux jeans soigneusement déchirés dans un univers d'INTERDITS grisant, qui tombe à pic vu que cette salope de Christelle ne veut même pas sortir avec moi.
Joseph Karloff
(*) Des Raiders.








