A une époque j'ai été une sorte de fanatique de la vague shoegaze. Je ne pensais qu'à ça, j'écoutais tous les disques qui me passaient sous la main, mon pseudo sur le net était à cette image, et je portais des chaussettes de toutes les couleurs pour pas m'ennuyer en "matant mes pompes." Cette attitude m'a très vite passé, et j'en suis presque venu à dégommer toute tentative morbide de résurgence d'un genre que j'ai fini par trouver limité et auto-caricatural.Cependant, croyez-le ou pas, j'ai gardé une nostalgie un brin neuneu et très critiquable vis à vis des groupes indie pop de la fin de la période 87-93 qui avaient intégré à leur musique des éléments shoegaze sans jamais sauter à pieds joints la tête la première dans le puits sans fond que représentait le cloisonnement de ces groupes-là (ne parle-t-on pas de "mur" de son ?). Entre autres exemple je peux ainsi citer le premier album de Blur ("Leisure") ou bien les premiers disques de Luna et le premier album de Radiohead, "Pablo Honey," qui, je vous l'accorde, n'est pas très bon, mais me fait vachement plus d'effet que l'affreux fourre-tout "Hail to The Thief." Question de remindal, je suppose.
Toujours est-il que c'est aussi le cas des anglais de The Field Mice, qui en 1989 sortaient l'un de leurs premiers singles (en écoute dans le lecteur sur votre gauche) sur le légendaire label Sarah Records (là où est née la Twee Pop). Ces jeunes gens n'étaient pas des rockeurs, ils étaient gentils, mais ils n'étaient pas non plus là pour balancer de grandes vagues de boucan sans se soucier du public. En vérité leur musique ne présente pas de grande différence avec celle des Pains of Being Pure At Heart (si ce n'est qu'ils ont vingt ans d'avance) : ils poussent les guitares mais pas au point de couvrir la voix et les mélodies. Je trouve tout simplement qu'ils le font mieux. Ils ne donnent pas seulement l'impression d'être là pour proposer leurs chansons : leur romantisme adolescent sonne juste. Est-ce que cela fait de moi un "vieux" con ?
Joe









