C'est entendu.
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vendredi 26 février 2010

[45 Tours] The Field Mice - Sensitive

A une époque j'ai été une sorte de fanatique de la vague shoegaze. Je ne pensais qu'à ça, j'écoutais tous les disques qui me passaient sous la main, mon pseudo sur le net était à cette image, et je portais des chaussettes de toutes les couleurs pour pas m'ennuyer en "matant mes pompes." Cette attitude m'a très vite passé, et j'en suis presque venu à dégommer toute tentative morbide de résurgence d'un genre que j'ai fini par trouver limité et auto-caricatural.

Cependant, croyez-le ou pas, j'ai gardé une nostalgie un brin neuneu et très critiquable vis à vis des groupes indie pop de la fin de la période 87-93 qui avaient intégré à leur musique des éléments shoegaze sans jamais sauter à pieds joints la tête la première dans le puits sans fond que représentait le cloisonnement de ces groupes-là (ne parle-t-on pas de "mur" de son ?). Entre autres exemple je peux ainsi citer le premier album de Blur ("Leisure") ou bien les premiers disques de Luna et le premier album de Radiohead, "Pablo Honey," qui, je vous l'accorde, n'est pas très bon, mais me fait vachement plus d'effet que l'affreux fourre-tout "Hail to The Thief." Question de remindal, je suppose.

Toujours est-il que c'est aussi le cas des anglais de The Field Mice, qui en 1989 sortaient l'un de leurs premiers singles (en écoute dans le lecteur sur votre gauche) sur le légendaire label Sarah Records (là où est née la Twee Pop). Ces jeunes gens n'étaient pas des rockeurs, ils étaient gentils, mais ils n'étaient pas non plus là pour balancer de grandes vagues de boucan sans se soucier du public. En vérité leur musique ne présente pas de grande différence avec celle des Pains of Being Pure At Heart (si ce n'est qu'ils ont vingt ans d'avance) : ils poussent les guitares mais pas au point de couvrir la voix et les mélodies. Je trouve tout simplement qu'ils le font mieux. Ils ne donnent pas seulement l'impression d'être là pour proposer leurs chansons : leur romantisme adolescent sonne juste. Est-ce que cela fait de moi un "vieux" con ?


Joe

mercredi 2 septembre 2009

[Réveille Matin] Elf Power - Jane

Bonjour à tous ! Vous savez probablement tous ce qu'est un revival (prononcer "rivaillevol"), et c'est très bien, mais parfois l'on est confronté à quelque chose de plus insidieux, un truc qu'on pourrait appeler remindal (prononcez "rimaïndol" ou traduisez ça "rappelal" si vous y tenez vraiment), et qui tient moins du retour en mode d'un genre disparu que de la réminiscence personnelle, à l'écoute d'un groupe ou d'un ensemble d'artistes, du son ou de l'esprit d'une époque révolue. Vous me suivez toujours ?

En tout cas, Elf Power est pour moi un groupe dont le créneau est un remindal du rock du début des années 70. Évidemment, ça n'évoque rien de précis lancé comme ça, mais je pense à deux choses en particulier. D'abord, et surtout, au soft-rock américain (ou anglais) dans le genre de Neil Young, Elton John, ou Dire Straits. Un rock poooosé, se différenciant du rock bruyant de son époque (le hard rock des années soixante dix ou le grunge du milieu des années 90) et ne se prenant pas la tête. C'est d'ailleurs quelque chose (ce remindal) que j'associe à toute cette vague de groupes associés à ce bon vieux Davy Fridmann. Cet esprit bon enfant, cette détente style "Entre ! Fais comme chez toi, mets toi à l'aise, mets toi à poil !" à mille lieues de se préoccuper de politique ou de choses sérieuses, ou alors avec humour et légèreté. Pour éclairer mon propos, je vous propose d'écouter Jane, tirée de "Dream in Sound" (1999), le troisième album d'Elf Power, produit par Sir David Fridmann, bien sûr.

Et puis la musique plus récente enregistrée par Elf Power m'a aussi remindé (rimaïndé) un autre courant du début des seventies, à savoir le Glam-Rock, et en particulier celui de Marc Bolan et de son T-Rex. Sur l'album sorti par le groupe en 2008 ("In a cave"), il y avait une chanson en particulier, New Lord, qui reprenait le boogie tremblotant de Bolan pour l'adapter à une époque et un lieu différents. Et je ne peux pas m'empêcher de vous faire écouter ça, alors en plus de l'habituel Réveille Matin présent dans le lecteur, je vous propose d'écouter le boogie flaneur de New Lord ici-même :


New Lord, 2008

Hé si vous trouvez que je débloque avec mes histoires de remindal et de soft-rock ou si vous trouvez la chanson nulle, n'hésitez pas à m'insulter dans les commentaires. Je préfèrerais quand même si vous ajoutiez un avis derrière les insultes, histoire qu'on se parle un peu. Parlez moi, parlons nous, habla inglès ?


Joe



P.S. : Je vous conseille vivement d'écouter l'album sorti l'année dernière par Elf Power en collaboration avec le vieux Vic Chesnutt : "Dark Developments," qui est très très bon.