C'est entendu.
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mardi 6 décembre 2011

[Réveille-Matin] The Men - ()

Il y a des labels comme ça dont on n'entend jamais parler jusqu'à ce qu'ils explosent tout en une année. Sacred Bones est de ceux-là. Créé en 2007 à Brooklyn, cette maison indépendante a remporté la mise en 2011 en publiant coup sur coup... plein de tueries. Je vous propose de découvrir cette semaine dans vos Réveille-Matin les meilleurs exemples (et quelques pistes supplémentaires) de bonnes idées mises en avant par Sacred Bones, à commencer par un groupe qui non seulement envoie du gros rock'n roll bien sale, non seulement a eu le culot (et la connerie) de se donner pour sobriquet The Men, mais a en plus le bon goût de passer près de chez vous dès cette semaine. Ils seront en effet à l'Espace B, dans le 19ème arrondissement parisien, dès demain soir Mercredi 7 décembre 2011 à 20h et pour un prix dérisoire bien entendu.





Du punk rock psychédélique très sale et très bruyant par paquets de douze, voilà le programme. Avec un album ("Leave home") plutôt consistant pour ce genre de pétards premier prix, où l'on trouve une chanson nommée d'après le nom de Georges Bataille (qui écrivait, si vous n'étiez pas au courant, des bouquins vraiment peu communs, entre sociologie barrée et érotisme), où l'on n'entend jamais vraiment de quoi cause le chanteur, et où chaque chanson est une occasion supplémentaire de se prendre une giclée de guitares en pleine face. Une sorte d'équivalent outre-Atlantique des bas-fonds au rock psychédélique vraiment bonnard de nos Feeling of Love nationaux. Sur (), le chanteur se laisse même aller au bon goût de chanter un brin du Take me to the other side des Spacemen 3 pour convaincre ceux qui ne l'étaient pas encore que ces américains valent le saignement de vos tympans. Ce matin, demain soir à l'Espace B, et les jours suivants lorsque vous aurez acheté leur disque dans une saillie passionnelle post-coïtale.


Et demain, un autre groupe de chez Sacred Bones !

Joe Gonzalez

mercredi 11 août 2010

[Réveille Matin] Fugazi - Waiting Room

Il y a deux mois je suis tombé sur cette vidéo et depuis j'ai cherché inlassablement un prétexte pour en parler. Un truc, une accroche, n'importe quoi qui permette d'étaler Fugazi tout en haut de la home-page de C'est Entendu, qui justifierait un article forcément élogieux, forcément malhonnête, sans doute irrémédiablement pathétique. Et pour être franc les raisons objectives de mettre un lien vers l'adresse Youtube de Waiting Room en Août 2010 sont nulles ; pas d'actualité, pas de descendance en vue, pas même une banale réédition numérique de l'ensemble de leur discographie avec panneaux publicitaires géants dans les allées de la Fnac et 5% de réduction sur les t-shirts, rien. Tant pis.



Il y a parfois des morceaux qui s’imposent à vous plus que vous ne les choisissez. Quelles étaient les probabilités pour que celui-ci bénéficie d’une rotation en boucle sur Winamp ? A l’examen de mon patrimoine génétique, un certain passif de punk en sortie de lycée mais pas davantage. Surtout la conviction naïve qu’on entre en rock comme en religion, qu’on ne peut aimer la musique uniquement parce qu’on trouve jolie une chanson lorsqu'un do enchaine sur un la mineur (sans doute la combinaison la plus banale en pop music) et passer ensuite aussi sec à un épisode de Gossip Girl. L’intégrité punk, politique de Fugazi explose tout ça, renforce leurs morceaux d’une aura mystique. Rappelle que si on ne peut pas toujours changer le cours des choses on peut au moins essayer, ou se mettre tous autour d'une scène et hurler nos frustrations.


Arthur Graffard