Je vous ai bien eus. Blague à part je n'avais pas réécouté Jamiroquai depuis des plombes. Avec des oreilles aguerries, je veux dire. Quiconque a vécu la fin des années 90 (comme un calvaire) se souvient comment Virtual Insanity et tous les autres tubes de Jamiroquai passaient en boucle à la radio, à la téloche, partout et comment on les a encaissés en braves esclaves de notre condition. C'était une époque maudite. Les techniques de sampling du hip hop, les débuts de la circulation massive de l'information et tous ces trucs caractéristiques de la période 96-99 ont presque logiquement amené les musiciens d'alors à mélanger tout ce qu'ils avaient pu entendre auparavant. De toute façon la fin du Monde était pour bientôt, alors les exégètes pouvaient se brosser. On a du coup eu droit à de plutôt bonnes idées (le trip hop), d'autres plus stupides (la lounge pop à la St Etienne) et certaines carrément connes :
Le plus drôle avec Jamiroquai (au passage, c'est le nom du groupe, et pas du chanteur, lui c'est Jay Kay) reste les genres musicaux auxquels sa musique est associée. L'acid jazz, on l'entend dans le synthé syncopé dégueulasse au tout début. La nu-disco est résumée par la basse et la batterie. Le funk, c'est la guitare wah wah qui s'en charge. Et puis Jay assure le côté dance-pop avec son chant-soupe si facile à reproduire. Cette chanson, comme tout ce qu'a pu produire Jamiroquai, est une bouse. Elle a le mérite d'être la preuve historique que pendant un court instant, ce genre de mashup impensable a existé et a même été la norme. Tout plutôt qu'un revival.
Joe Gonzalez









