Bon, on vous l'avoue, même si ça nous arrive d'en parler de temps en temps, le punk c'est pas vraiment notre truc. C'est vrai, quand on met de côté le vernis dont certains ont enduit l'année 1977 en la considérant comme un nouvel an zéro, on se demande franchement si derrière le coup de pied au cul annoncé, il y a de vraies idées ou seulement une musique un brin passéiste qui cherche à se faire passer pour ce qu'elle n'est pas. Parlons franchement, "Nevermind the Bollocks," qu'on ne présente plus, c'est sympathique et il y a quelques bons morceaux gueulards à la production un peu lisse, mais c'est quand même difficile à s'enfiler en entier sans aspirine non ? Heureusement, pour tous ceux qui pensent que la voix baveuse et geignarde de Johnny Rotten méritait mieux que ça, ce dernier a eu la bonne idée de se rendre compte que le punk sentait déjà mauvais et de saborder son propre groupe tout en envoyant balader leur manager Malcolm McLaren. Entouré de deux amis animés par une passion commune pour le reggae et par le projet un peu cinglé d'un groupe en forme de SARL et dont il se faisait déjà une idée bien précise du son, Rotten redevenu John Lydon fonde alors Public Image Ltd.(Public Image Ltd. - Public Image)
Même si on met d'ordinaire plus en avant le second album du groupe, "Metal Box," qui correspond davantage au projet initial de Lydon (ce qui le rend du même coup très difficile d'accès), le premier album éponyme qui sort en 1978 est une tentative réussie d'emmener plus loin le punk. En réalité, l'album sonne parfois comme le punk aurait toujours dû sonner, et c'est flagrant sur le morceau Public Image, moment de bravoure rageur mais lumineux porté par un riff de basse minimaliste joué sur des cordes distendues. La guitare brillante de Keith Levene, loin des textures tranchantes et dissonantes qui feront plus tard le style du groupe, semble occuper tout l'espace sonore et s'élève peu à peu en mélodies pures et euphorisantes, alors même que Lydon hurle sa paranoïa comme un possédé ("The public image belongs to me/It's my entrance, my own creation, my grand finale, my goodbye") avant d'envoyer tout balancer d'un coup sec une dernière fois dans ce qui sonne comme un adieu à son personnage incontrôlable de Johnny Rotten.Thelonius.








