C'est entendu.

samedi 18 avril 2009

[Tip Top] Les années 90 en 20 albums

Nous arriverons très bientôt au terme d'une décennie, et je ne manquerai pas de revenir sur les faits marquants qui en ont marqué la musique, ne vous en faites pas, mais du coup, j'ai envie de me lancer dans une série de tops 20 albums présentant ma vision d'une rétrospective des décennies passées, et je commence avec les années 90, possiblement celles que je connais le mieux, en dehors de la décennie actuelle, puisque je les ai vécues entièrement, en tant que teenager.




1 Radiohead - OK Computer (1997)

L'évidence même. La pop britannique tient une place importante au centre des années 90 dans mon inconscient personnel, et Radiohead domine tous les débats avec ce chef d'œuvre rempli de singles parfaits.


2 Tool - Ænima (1996)

Tout le monde ne comprendra pas, mais Tool est l'exception qui confirme la règle selon laquelle allier métal et rock progressif ne peut rien donner de bon. Maynard James Keenan est peut-être un sale con, mais sa voix fait la différence. Parce que les trois autres sont peut-être des virtuoses dans leurs domaines, si le chanteur hurlait comme un gorret, je n'écouterais pas Tool.
Cet album, entre autres choses un hommage à feu Bill Hicks, a été l'un des premiers disques que j'ai explorés sans relache jusqu'à en comprendre chaque coup de cymbale, et qui m'a appris l'amour du rythme.


3 Pavement - Brighten the Corners (1997)

Le concurrent direct d'Ok Computer au titre de meilleur album pop de 97 , mais dans une catégorie différente, celle du rock bancal adolescent. Ou comment réussir un chef d'oeuvre sans en faire des caisses, en laissant des blancs, en chantant faux.


4 Nine Inch Nails - The Downward Spiral (1994)

Le meilleur disque défouloir du monde, du meilleur groupe défouloir du monde. Le jour où le métal industriel a été créé, personne ne savait qu'un homme, un seul, en ferait quelque chose de bon et de POUISSANT.


5 Elliott Smith - Elliott Smith (1995)

L'album qui m'a fait aimer la musique folk. Encore le disque d'un seul individu, et de l'un de mes héros.


6 Neutral Milk Hotel - In the Aeroplane Over the Sea (1998)

Celui-là, c'était un peu facile, mais il ne faut jamais cracher dans la soupe, et ça reste l'un des rares disques de folk lo-fi à pouvoir se targuer d'être aussi populaire et de mériter sa hype.


7 Slint - Spiderland (1991)

Quand Chicago hurlait (Jesus Lizard, Shellac et consorts), il y avait ces types-là qui murmuraient. Presqu'inaudible au milieu du bazar ambiant, ce disque a finalement plus compté que tous les autres réunis. Un "disque de guitares" dans ce qu'il y a de moins conventionnel.


8 Blur - Parklife (1994)

30 ans de pop britannique résumés en un seul album, le meilleur de toute la période britpop par son propos résolument Anglo-Anglais, sa musique Britanno-Britannique et l'accent Royaume Uno - Royaume Unien de Damon Albarn.


9 Sonic Youth - Goo (1990)

Certes, les meilleures années de Sonic Youth étaient certainement passées... Certes les années 90 sont peut-être leur plus mauvaise passe... Mais nier que le groupe noisy et expérimental d'hier s'est reconverti en monstre de rock grunge en deux temps, trois mouvements, c'est nier les camps. Et nier les camps, c'est mal, pigé ?


10 Pulp - Different Class (1995)

L'autre grand album de britpop. Moins travailliste, plus emprunté, pas la même classe, certes, mais uniquement des tubes.


11 House of Pain - House of Pain (1992)

Le meilleur album de hip hop du monde, si vous me demandez. Pas parce qu'il est particulièrement original, mais au contraire parce qu'il est le parfait résumé de ce qui est bon dans le rap: des flows d'enfer, des samples qui font bouncer, des textes posés, marrants et cools, et la tête qui dodeline.


12 Jeff Buckley - Live at Sin-é (1993)

Il avait mauvais goût (les arrangements et le son de Grace le prouveront) mais il avait bon goût, ce salopard. Reprendre Van Morrison, Dylan, Nina Simone et Leonard Cohen (même s'il nous a infligé la pire vague d'imitateurs hideux) dans le texte en reformulant entièrement sans perdre le fil, c'est couillu, et ce live est l'un des meilleurs du monde.


13 The Brian Jonestown Massacre - Thank God for Mental Illness (1996)

Un disque de chevet, dans lequel il y a tout ce qu'il faut: rock'n roll, blues, country, folk, shoegaze, santiags et stetson.


14 Pavement - Wowee Zowee (1995)

Le disque de rock venu d'une autre planète. Il faut parler la langue pour piger ce groupe. C'est un Alien Musical, mais si vous avez la clé, vous n'en sortez plus.


15 Low - Secret Name (1999)

Etre mormon, un peu déprimé, et se les geler sévère dans le Minnesota, ça suffirait à n'importe qui pour faire de la musique molle, morne et chiante... Mais pas Low. Au lieu de se planquer derrière leur tristesse pour produire du vent, ils se servent de leur handicap (trio, batterie minimale) comme contrainte productrice de créativité et font de la pop (Starfire), bâtissent des chansons sur deux notes (I remember), et renvoient au bac à sable le reste de la caste slowcore.
qui nous les brise encore.


16 Cat Power - Moon Pix (1998)

Le "bon vieux temps" pour les ex-fans de Chan Marshall, c'est celui où elle était renfermée, timide, triste, et qu'elle copinait avec le batteur de Sonic Youth en Australie. Pas faux. Ca reste probablement l'un des deux ou trois meilleurs disques jamais enregistré là bas.


17 Sparklehorse - Vivadixiesubmarinetransmissionplot (1995)

Si Daniel Johnston n'avait infulencé qu'une personne, cela aurait été Mark Linkous. D'aucuns diront que c'est loin d'être le meilleur album de Sparklehorse... D'aucuns ont tort.


18 PJ Harvey - Dry (1992)

Patti Smith réssucitée, qui donnerait dans la power pop, très très power, et pas très pop. Probablement l'un des meilleurs disques de gonzesse de tous les temps.


19 Galaxie 500 - This Is Our Music (1990)

Peut-être l'album le moins sexy du lot, mais c'est ce qui s'est fait de mieux comme successeurs officiels du Velvet Underground (période "The Velvet Underground"), avec une pop très New Yorkaise, un immigré venu du grand Empire Britannique, et l'amour des mélodies.


20 Nirvana - Nevermind (1991)

Injustement comparés aux Pixies, pourtant quasiment sans rapport, le trio qui a plus influencé la jeunesse rock Française, depuis bientôt 20 ans, que n'importe quel autre groupe, excepté peut-être Noir désir. Ca reste un bon album de rock, malgré la surévaluation générale.




Ces disques ne sont pas sensés être les vingt meilleurs, les vingt plus importants, les vingt plus connus, ou quoi que ce soit. Non, ce sont les 20 disques qui évoquent le mieux cette période pour moi, que ce soit autobiographique (Nirvana, Radiohead), historique (Jeff Buckley, Blur), classique (Neutral Milk Hotel), ou simplement lié à un son spécifique (Tool, Slint, Elliott Smith).
Libre à vous de proposer vos propres visions des années 90 !

[Viteuf] Réveillé par Steve Albini

Ce matin, mangez vos croissants au son du premier extrait du second album (produit par Steve Albini, rappelons-le) de Jarvis Cocker, Angela :


vendredi 17 avril 2009

[C'est tout vu] C'est très très mince...

Avant une fin de semaine à tombeau ouvert, voici une petite lampée de clips tous chauds, à commencer par le nouveau single de Peaches, Talk To Me, histoire que vous lâchiez vos comms, pour en dire bien du mal:




J'intercale ici une nouvelle chanson des Streets, Trust Me, en écoute gratos, pour vous, les fans (personnellement je ne cautionne pas ce type et son flow immonde):




Et pour finir en force, voici le nouveau clip de Jay Reatard, DOA:




Tout cela est bien mince, je le conçois, mais vous ferez avec jusqu'à demain. Demain je vous fourgue un top qui vous occupera un moment.

jeudi 16 avril 2009

[Vise un peu] Ce qu'il faut retenir de la Tradition Américaine au quart l'an (suite et fin).

Clem Snide - Hungry Bird

Clem Snide est un groupe originaire du New Jersey, dont la majorité d'entre vous n'aura certainement jamais entendu causer, vu qu'ils n'ont jamais eu de single marquant, d'album encensé ou de trivia dégueulasse.
Cependant, il m'a été donné de connaître ce groupe par leur album de 2001, The Ghost of Fashion, un agréable bien que non-sans-défaut mélange d'indie pop, de folk et d'une mince touche de country.
La curiosité aidant, je me suis intéressé à leur tout nouvel album, et j'ai été tout de suite raccolé par la très sexy ouvreuse, Me no, l'archétype de ce que peut réussir le groupe: l'accent nasillard d'Eef Barzelay survolant des guitares lorgnant vers la "montée" tant attendue.
Comme je m'y attendais, ce genre de saillies n'est pas monnaie courante, et l'ensemble de l'album tend vers une sorte de pop mêlée d'easy listening très américain, comme sur Born a Man.
Cependant, ce choix de poser à plat le débat, et de très rarement élever le rythme, la voix, au dessus de la moyenne, aboutissent aussi à ériger des monuments de (pseudo) calmes, sur Burn the light, notamment, qui ne mettent que mieux en exergue les quelques "explosions" qui les parsèment.
Malgré tout, lorsque la simplicité prime (Beard of Bees), le résultat est d'autant plus appréciable.
C'est un album plutôt réussi mais pas indispensable que je vous propose ici, qui ne vous parlera peut-être pas, mais qui mérite tout-de-même qu'on lui donne une chance.
Dans le lecteur de gauche, vous trouverez Beard of Bees, mais je n'ai pas pu m'empêcher de vous faire écouter Me no, d'une façon ou d'une autre:




















Alela Diane - To be Still

Le succès est arrivé il y a deux ans pour Alela, si je ne me trompe pas. Avec la réédition de son second album, The Pirate's Gospel, et grâce notamment à des blogs indés et surtout La Blogothèque, qui s'en sont vite fait le relais.
Eh bien je l'affirme haut et fort: c'était une hype non méritée. J'ai écouté TPG, comme tout le monde. J'en ai même fait cadeau à ma génitrice pour son anniversaire, tellement je suis indé, tellement la folk c'est facile à offrir, tellement Alela Diané, comme j'aime à l'appeller, en insistant sur la dernière syllabe, Dianhê, était à la mode.
Eh bien le verdict de ma maman fut sans appel, lui aussi: "c'est pas mal ce disque que tu m'as acheté, Alela Dianou. Elle a une belle voix. Par contre ses paroles sont un brin répétitives, j'ai l'impression qu'elle dit toujours pareil..."
Qu'ajouter à cela ? Comme je dis souvent, une bonne voix ne suffit pas à faire un bon artiste, et TPG était endeuillé par des textes et des chansons assez moyens.
Hourrah cependant, puisque ce défaut a été réparé (il s'est passé cinq ans entre les deux albums, cela dit, ce qui laisse le temps de bosser) sur To Be Still.
Du coup, entre la magnifique voix d'Alela et de très belles folksongs comme Dry grass and shadows, The Alder Trees, ou encore la somptueuse My Brambles, dont je vous avais proposé une très belle interprétation il y a quelques temps, c'est un album frais et très réussi auquel nous avons droit cette fois. Alors si comme moi vous avez été déçus par la hype d'il y a deux ans, haut les coeurs !




Voici Dry grass and shadows, pour vous:











mercredi 15 avril 2009

[Vise un peu] Ce qu'il faut retenir de la Tradition Américaine au quart l'an.

Malgré ce que je peux souvent laisser transparaître dans mon discours enflammé, il n'existe pas d'axiome personnel du genre "toute musique créée en 2009 doit être neuve, vivante, et en perpétuel mouvement," qui se baladerait librement dans mon cerveau au gré des chroniques.
Non, mes origines, mes racines, en ce qui concerne la musique, prennent au Pays des Cowboys et des Indiens. Cela ne s'est peut-être pas beaucoup ressenti ces dernières semaines, mais les musiques country et folk, traditionnelles aux Etats Unis, restent un certain port d'attache auquel j'aime à revenir m'amarrer par temps humide.
Ces genres musicaux sont sans aucun doute désuets pour certains d'entre vous, mais ils sont pour moi comme le Latin ou le Grec: des langues mortes nobles, qu'il est bon de reconnaître chez d'autres initiés, et qui font naître dans l'imaginaire une mythologie et autres rêves de grandeur passée.
C'est pourquoi, sans en faire de grandes chroniques idéologiques (ce qui serait pratiquement hors-sujet), je me fais le plaisir de rappeler aux avertis quelles pépites anachroniques ne pas éviter en ce début d'année.

Vetiver - Tight Knit

Si vous avez un jour considéré Vetiver comme le backing band de Devendra Banhart, il serait temps de vous y faire: le groupe d'Andy Cabic est bien plus intéressant que ne le sera jamais l'autre chantre du néo-hippie-folk, chiant comme la mort. Après deux premiers albums de folk assez différents l'un de l'autre, le groupe a entamé l'année dernière une période prospère les voyant produire un album et un EP de reprises très réussies, et dès ce début d'année un album de compositions originales constituant probablement leur meilleur disque à ce jour - en tout cas, le mieux arrangé.
Cette synthèse de ce que la musique folk peut contenir de douceur, de balades bucoliques et d'ambiances "feu de camp", portée par la voix de ce cabot de Cabic, est ce qui se fait de mieux en matière de réactualisation de la tradition américaine. L'autre fois, je vous avais proposé le clip d'Everyday, eh bien cette fois-ci c'est un live de ce même exquis single que je vous propose:


















Ben Kweller - Changing Horses

D'aucuns connaissaient Ben Kweller pour une musique pop inspirée par les Beatles, mais sur ce quatrième album, le bonhomme a eu la bonne idée de se rendre compte qu'il avait une voix de cowboy, et, changeant de cheval, il a troqué son piano contre une guitare sèche, bien décidé à suivre les pas du père de la country arrangée avec douceur, à savoir Gram Parsons, en s'accompagnant de lap steel guitars, comme sur la très "sing-along-y" Fight ou Things I Like to do.
Plus bluesy sur la très inspirée Gypsy Rose, ou revenant à des allures pop moins envahissantes et à son piano MacCartnien sur Sawdust Man, il livre finalement son meilleur album jusqu'à présent, moins tourné vers l'Angleterre que vers sa Mère Patrie, et l'un des rares disques de country qui auront une chance d'atteindre les podiums de fin d'année.
Il faudra par contre vous contenter de Deezer car Grooveshark n'a pas en sa bibliothèque trace de cet album. Cela dit voici le clip de Fight et un live de Things I like to do, pour me rattraper:










Suite et fin: demain matin !

[Viteuf] Tendresse légale

Bonjour amis lecteurs, vous l'avez peut-être remarqué, cette semaine commence difficilement pour C'est Entendu. Laissez-moi quelques jours et le rythme reprendra, surtout si des disques cools se décident à sortir, parce que je commence à stagner sur une dizaine d'albums (dont certains vont très vite être chroniqués). A propos de stagner, et pour me faire pardonner de vous avoir rendormis l'autre matin avec le clip d'Herman Düne, voici un live de Handsome Furs, qui reste le meilleur groupe de l'année jusqu'ici, et qui devrait vous réveiller un minimum. Legal Tender: