C'est entendu.
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jeudi 9 juin 2011

[Réveille-Matin] The Replacements - Here comes a regular

Bonjour bonjour bienvenue dans un Monde où le mot "sellout" (*1) n'est pas forcément une insulte. On a dit que Nirvana et Sonic Youth avaient vendu leur cojones à Geffen, que Green Day et Metallica avaient paumé leur âme pour s'acheter des spas et les exemples sont nombreux et en général c'est dans le courant des années 90 que ces trahisons d'idéaux pour l'argent ont eu lieu (*2). Les Replacements sont parmi les premiers social-traitres de l'histoire de l'indie rock américain et leur départ du tout petit label Twin/Tone en 85 pour signer avec la Warner et Seymour Stein s'est traduit par un album assez éloigné du punk rock originel : "Tim".



La dernière chanson de ce quatrième album est non-seulement une ballade, mais elle est longue et jouée sur une guitare acoustique : un comble pour d'anciens punks. CEPENDANT, je maintiens que critiquer cette chanson (et à travers elle l'excursion hors-territoire du groupe) revient à nier qu'en dehors du premier album des Replacements ("Sorry Ma, I forgot to take out the trash", 1981), embourbé dans un contexte (à l'époque, ne pas jouer de punk rock revenait à voter Reagan) et déjà pas si rapide que ça, Paul Westerberg et les autres n'étaient qu'un des premiers véritables groupes de l'indie rock naissant (dont Yo la Tengo serait un autre grand représentant à la fin des années 80), plus inspirés par Big Star que par les Beatles ou les Pistols. Westerberg y chante de façon très lucide la mort clinique du punk, qui en 1985 n'était plus qu'un souvenir (tout comme Malkmus chanterait celle de l'indie rock en 1994, sauf que contrairement au punk, l'indie rock refuse de clamser pour de bon) et ne nie pas ses choix, au contraire ("He says opportunity knocks once then the door slams shut"). Nier la vérité, à quoi ça mène ? The National ? Mieux vaut s'acheter un spa et assumer.


Joe Gonzalez

(*1) : vendu
(*2) : Pourquoi spécifiquement à ce moment-là ? Tout simplement parce que pour être considéré comme un vendu, il faut provenir de la sphère indépendante (laquelle n'a été véritablement développée qu'au début des années 80) et être signé par une major avec un gros contrat à la clé et des ventes gigantesques de prévues. Aujourd'hui, les ventes n'étant plus ce qu'elles ont pu être il y a vingt ans, il est plus rare qu'un groupe indé signe sur une major et devienne "gros". Un groupe indé qui réussit signe sur un "gros" label indé et ça lui convient très bien (il ne peut pas espérer beaucoup mieux de toute façon).