C'est entendu.
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jeudi 1 décembre 2011

[Réveille-Matin] Kavinsky & Lovefoxxx - Night Call

A phénomène, phénomène et demi. Il y a eu beaucoup de bruit autour de "Drive" et le film de Nicolas Winding Refn, s'il n'a pas eu que des oui-da, a dirait-on acquis un instastatut de film "culte" (certains n'ont pas hésité à en faire le meilleur film des dix dernières années). Je ne l'ai pas vu, ce film, mais j'en ai écouté la bande originale, composée par Cliff Martinez. On y trouve majoritairement des thèmes minimalistes d'electro-disco qui à ce que l'on m'a dit collent plutôt bien au personnage joué par Ryan Gosling, dont le blouson doré et les beaux yeux participent de l'effort hipster international. On y trouve aussi une poignée de chansons, dont la plus significative est signée Kavinsky, un DJ français qui avait enregistré le morceau en question en 2010 pour un EP et qui se fait accompagner pour le reprendre par la chanteuse de Cansei de Ser Sexy.





Cette chanson, pas mauvaise d'ailleurs, est l'occasion de réaliser que la french touch n'a pas franchement progressé depuis les débuts de Air dans les années 90. Kavinsky a en effet enregistré ce qui pourrait être un single du duo versaillais tel qu'il était au moment de "10000 Hz Legend". Ça n'est pas forcément une critique (il s'agit d'une bande originale de film "d'action"), mais c'est assez significatif de cet attachement de la majorité des producteurs et DJ's français qui suivent ce qu'il reste de la touche française et qui s'accrochent à une façon de sonner, laquelle a fait son temps. Heureusement, toute l'armada des DJ's parisiens n'est pas aussi prévisible et certains ont de beaux jours devant eux (je pense notamment à Krikor). En attendant, que pensez-vous du film ? Et de sa bande originale ?


Joe Gonzalez

lundi 31 octobre 2011

[Tip Top] Pop corn, frissons et gourmandises

Si Halloween n'est encore dans nos contrées qu'une fête commerciale, ça n'en est pas moins une soirée qu'on aime bien, c'est vrai quoi, qu'on nous lâche les baskets avec le mercantilisme des ricains. Quand ils ont de bonnes idées, il faut le reconnaitre et je n'ai personnellement rien du tout contre l'idée de m'empiffrer de bonbecs (ce soir ce seront des marshmallows si vous voulez tout savoir) devant un film d'horreur (j'ai prévu d'enchainer Hellraiser et Critters 2, vous savez tout). Je n'ai plus l'âge de me balader pour quémander des sucreries habillé en Roi Mage ou en Poupée Ken ni n'ai encore atteint celui où l'on prépare des paniers garnis pour les gamins de passage, alors je vais passer la soirée peinard devant un bon mauvais film de genre, et vous ferez peut-être pareil. Si tel est le cas, je vous conseille de passer chez Il a osé, le blog cinéma de nos cousins spirituels, et d'y glaner quelques idées tant que leur gigantesque article compilant un top des lecteurs pour la catégorie films d'horreur, des rétrospectives Carpenter et Polanski et 7 critiques de films d'horreur est encore chaud. Mais avant d'y aller, puisque vous êtes ici, je vous propose un top 3 halloweenesque qui sonne plus que ne frissonne.


3) Glass Candy - Halloween

Les grandes occasions sont toujours les meilleures pour faire parler de soi et concrétiser une occupation renouvelée du terrain médiatique. Johnny Jewel, à peine de retour avec son groupe Chromatics (vous l'avez vu hier dans le Vidéodimanche #53) avec en prévision un album qui on l'espère sera plus intéressant que le single qui l'annonce, Johnny Jewel donc ravive aussi son entité schizophrénique, Glass Candy, où c'est Ida No qui pousse la chansonnette. On a ainsi droit à un single de circonstance, avec quelques images idoines.




Et mine de rien, c'est rassurant. Pas que ça soit non plus du Grand Art, on est loin de retrouver le niveau de 2007 et ça n'est qu'une chanson "de saison", jetable, sucrée mais sans aucun arrière-goût, comme du pop-corn avalé sans réfléchir, mais il faut bien avouer qu'à côté de la cagade officialisée par Chromatics hier, il y a de quoi reprendre espoir. On pourrait se poser la question du pourquoi d'une ballade électro-disco aussi molle pour célébrer Halloween quand on s'appelle Johnny Jewel et qu'on descend plus ou moins de Moroder et donc quelque part de Goblin et tous ces gars-là, et on pourrait se demander pourquoi on n'a pas droit à quelque chose de vraiment effrayant, mais on ne le fera pas, pas vrai ? Parce qu'on a mieux à faire que de se nouer l'estomac pour rien.



2) Chelsea Wolfe - Pale on Pale

Les gens aimeraient appeler ça de l'ethereal-wave mais le mot est tellement chiant à prononcer et écrire qu'il ne faudra pas compter sur moi. En fait, Chelsea, américaine signée chez Pendu Sound, un label où les bricoleurs dégénérés sont les bienvenus (on y trouve le groupe aTelecine dont l'une des membres n'est autre que Sasha Grey, ex-porn star de son état), joue une sorte de slowcore lo-fi embrumé et gothique à souhait, que sa voix accompagne tel un fantôme passionné. OK, ethereal-wave, c'est peut-être plus rapide à dire.



En attendant de vous parler de "Ἀποκάλυψις" (lisez "Apocalypsis", la nana aime son décorum), son deuxième album, je conseille l'écoute de cet extrait à ceux parmi vous qui chercheraient une musique toute fraiche dont les atours pourraient être comparés à un métrage d'horreur pure, ou bien dont la teneur pourrait à la limite en habiller un (de métrage) pour l'hiver. On fait difficilement mieux que Chelsea Wolfe pour faire trembler de peur les gamins pas sages. Disons en tout cas que sa musique s'apparenterait à la conception que l'on se fait du (bon) film d'horreur depuis une vingtaine d'années (pensez Ring, par exemple). Si vous cherchez la peur là où elle se planquait à la Grande Epoque, vous trouverez aisément des armées de fanatiques de Carpenter qui se baladeront avec une boite à rythme et deux synthés minimalistes, rien de plus banal ces dernières années.



1) The Flaming Lips - 7 skies H3

Marre des sucreries sans saveur ? Marre de l'horreur ? La meilleure solution est de transformer votre soirée en crise de foie réussie ! Il y a une solution, équivalente à l'ingestion de votre poids en réglisse et dragibus, qui consiste à passer des heures et des heures et des heures à écouter la chanson de 24 heures que les Flaming Lips ont déposé sur leur site occasionnel : flaminglipstwentyfourhoursong.com. La chanson, 7 skies H3, est une sorte de gigantesque montagne russe psychédélique qui ne vous décevra probablement pas (on en reparlera bientôt) et qui vous laissera un souvenir impérissable, surtout si vous l'écoutez des heures durant (chapeau à ceux qui ont attendu impatiemment l'ouverture du site hier soir et qui y sont encore à l'heure qu'il est, j'attendrai pour ma part d'avoir une semaine de vacances et plein de red bull devant moi pour me l'envoyer d'une traite).

Le risque, outre celui d'une régurgitation mentale et/ou stomacale prononcée suite à trop de gourmandise, le risque c'est de finir ces 24 heures avec la cabeza llena de mierda, autrement dit d'avoir des "petits soucis" et de terminer votre nuit par le meurtre violent d'une baby-sitter, d'un vieux croûlant ou de jumeaux qui vous auraient regardé de travers. A vos risques et périls ! Vous pouvez aussi acheter la chanson, vendue à l'intérieur d'un crâne humain pour 5000 dollars (il n'y en a que 13 exemplaires, je parie qu'ils sont tous vendus à l'heure qu'il est) ou bien attendre de pouvoir réécouter la chanson d'une traite.


Faites votre choix et passez une bonne soirée d'Halloween !


Joe Gonzalez