Ce qui faisait tout l'intérêt des Kills, c'était leur sex appeal. Si vous êtes familiers de la grammaire française et en particulier de l'imparfait vous avez déjà compris que le duo n'a plus grand chose de sexuel à proposer.La formule était pourtant simple : le minimalisme. Sur "Midnight Boom" (2008), il y avait tous les éléments pour vous donner envie de niquer. Une boite à rythme dépouillée et répétitive, quelques rugissements torrides de guitare et surtout la voix féline teintée de sueur coïtale d'Alison Mosshart, parfois rejointe pour le meilleur par les chœurs susurrés de Jamie Hince. Que les chansons ne soient que des blues rapides et abâtardis importait peu : les Kills avaient un son et un propos : le passage à l'acte.
Malheureusement, le succès public de The Dead Weather, le projet heavy blues bien gras de Mosshart en compagnie de Jack White, a peut-être été le détonateur d'un explosif depuis longtemps assemblé dans l'esprit de VV et ce dynamitage attendu a eu un effet dévastateur sur le nouvel album des Kills, qui se trouve ne présenter aucune sorte d'intérêt. A moins bien sûr que vous n'ayez besoin de blues surchargé d'arrangements, sans aucune originalité ni tension, pour charger vos batteries.A titre d'exemple, le single Satellite reprend presque trait pour trait la mélodie et la rythmique d'une chanson des Congos (Fisherman) et plus loin sur l'album, Jamie Hince décide de chanter sur une sorte de best-of de John Lennon tout-en-un (Wild charm), dont la mélodie ressemble à s'y méprendre à celle de Jealous guy.
(Wild charm, lorsque Hotel paume ses roustons)
Le trophée du crash en plein vol revient cependant à The last goodbye, qui démontre de façon définitive l'invalidité de la nouvelle thèse des Kills, tant il est vrai que VV n'est ni une chanteuse suffisamment talentueuse ni un personnage suffisamment décalé pour interpréter une ballade au piano sans se décrédibiliser entièrement (et sans produire bâillements et ennui chez l'auditeur).
(The last goodbye, ou la débandade façon VV)
Ça n'est certes pas si éloigné de ce à quoi tout le monde s'attendait mais c'est sans relief, sans inspiration, et surtout, surtout, sans testostérone, sans œstrogènes et sans intérêt. Dommage.

Joe Gonzalez









