C'est entendu.

samedi 17 octobre 2009

[C'est tout vu] Petits plaisirs à emporter ou à commander

Chers amis, j'ouvre cette loooongue page de news par un "retour" inattendu et pas dégueu, à savoir celui de Gang of Four, qui étaient sur le plateau de Jools Holland, l'autre jour, pour jouer quelques vieux trucs. Ne me demandez pas pour quelle occasion, je m'en fiche, je n'attends pas de nouvel album, je suis juste content qu'ils ne soient pas ridicules en jouant trente ans plus tard des brûlots comme Damaged Goods, qui suit :



Enchainons avec une curiosité made in Brooklyn : le remix par Violens (des potes de Chairlift, qui seront près de chez vous pendant le festoche des Inrocks, le mois prochain) de la chanson de The Very Best dont je vous parlais l'autre matin, et ça donne un truc pas mal :




Un mot maintenant sur le label Warp, qui fête ses 20 ans en fanfare avec les sorties de deux (puis trois) compilations, disponibles séparément ou bien dans un classieux boxset que seuls les plus fortunés d'entre vous pourront se payer. De quoi (re)découvrir l'étendue des sonorités et des artistes signés sur ce fameux label.


N'oubliez pas aussi de jeter une oreille aux dernières sorties albums du label, que cela soit Tyondai Braxton (allez donc lire la chronique de notre ami François), Bibio ou Hudson Mohawke, et le mieux pour cela serait que vous alliez voir ce que devient Warp par vous-même lors de l'une des soirées organisées un peu partout en France : Nantes, Nice, Lille, Marseille et Bordeaux, le 22 Octobre (où C'est Entendu enfilera son thermomètre géant).

Au passage, prenons le temps de nous arrêter sur l'une des signatures du label, Born Ruffians, dont le premier Lp, en 2008, était prometteur et qui s'apprête à en sortir un autre. Mais pour l'instant ce que je vous propose, c'est la reprise du Milkman d'Aphex Twin que le groupe a joué l'autre jour et qui est disponible sur la compile "Warp20 : Recreated".



Du côté de New York, James Murphy, qui passe pas mal de temps sur son Facebook ces temps-ci, nous promet un troisième album de LCD Soundsystem pour Mars 2010, et en attendant, voici une reprise du Bye Bye Bayou d'Alan Vega (la moitié de Suicide), qui est du coup le nouveau single de Murphy :




Un petit plaisir coupable et aussi un clin d'oeil aux malins qui ont pigé Music Go Music l'autre fois, voici un autre clip, celui de Light of Love, issue du premier album elle aussi :



Et pour ceux d'entre vous qui avaient vu Vetiver et Beach House à nos côtés au Nouveau Casino, la générosité de Grandcrew est sans limite puisqu'ils vous permettent d'assister aux deux concerts dans leur intégralité :





Enfin en vrac, évidemment, plein de choses mais pour l'année prochaine, avec notamment un nouvel album de Radiohead, que l'on espère plus intéressant que les singles sortis cette année. Un album du Brian Jonestown Massacre aussi, ce qui est potentiellement une bonne nouvelle, à condition qu'Anton Newcombe ne nous refasse pas le coup de l'an dernier. Eels aussi sortira un album (solo) le 19 Janvier, qui s'appellera "End Times."
Plus près de nous, les fans de Bradford Cox seront heureux d'apprendre qu'à sa sortie, le prochain album d'Atlas Sound comprendra un EP six titres (trois inédits + trois nouvelles versions d'anciens morceaux) supplémentaire. Et pour finir, et ceux qui n'en ont cure n'ont qu'à sauter jusqu'à la signature et se préparer un bon pain bagnat, voici de quoi ravir les fanas des groupes à buzz du moment, comme Girls, avec des tonnes de nouvelles chansons et une fameuse reprise de Daniel Johnston issues de la session acoustique au Truskel de l'autre fois (Merci à MagicRPM pour l'occasion). Le même genre de petit plaisir vaut aussi pour St Vincent, qui est décidément très photogéniquement populaire, si elle ne fait pas toujours l'unanimité (en tout cas parmi les lecteurs de C'est Entendu). Et en guise de dernier pour la route, encore une séance de videodropping pour faire plaisir aux amateurs de Grizzly Bear (une autre signature Warp, au passage) qui ressortira (déjà) son dernier album, Veckatimest, le 2 Novembre prochain en l'agrémentant d'un livret et d'un EP live.


Joe

vendredi 16 octobre 2009

[Réveille Matin] Oui Oui - Les Cailloux

Bonjour à tous ! Vos Réveille-Matin ont oublié d'être remontés cette semaine et c'est la débandade, alors me voilà à la rescousse de vos matinées molles et grises d'ennui avec de la pop enfantine et absurde pour passer un petit coup de baume sur vos zygomatiques trop peu sollicités.

Laissez moi donc vous causer de Oui Oui, groupe français fondé en 1983 par deux amis de lycée autour de la personne d'Étienne Charry, et dont le principal défaut est d'être in-foutu de sortir un album sur un label qui ne va pas mettre la clef sous la porte deux semaines plus tard, ce qui rend "Chacun tout le monde" (1989) et "Formidable" (1991) particulièrement introuvables. Peu importe, l'écoute d'un morceau choisi au hasard dans leur discographie réduite convaincra quiconque que le groupe est passé maître dans l'art de la popsong frenchie naïve, sucrée, bourrée d'idées et de mélodies remuantes, en un mot : parfaite.


(Les Cailloux)

Du chant euphorique et tremblotant tout juste ce qu'il faut de Charry sur des paroles qui semblent avoir été écrites par un CE2 dont la limonade aurait été parfumée au LSD ("Les cailloux/coulent sans crier/dans les trous/où ils n'ont pas pied", gare à toi Syd Barrett) à la montée harmonique épique des chœurs durant le final qui vient sublimer cette grille d'accords forcément majeurs en passant par les sursauts imprévisibles des claviers et des trompettes, Les Cailloux est une perle pop urgente et sautillante dont la production légère mais jamais plate semble intemporelle.


Ah, et n'oublions pas que l'on doit en grande partie l'identité visuelle du groupe ainsi que sa timide réputation culte au succès de son batteur qui n'est autre que le réalisateur Michel Gondry, qui imagina bon nombre de clips pour Bjork, Beck, les White Stripes et plein d'autres avant de se lancer dans le cinéma. Et quels étaient les premiers morceaux dont Gondry a fait les clips, hmm ? Je vous le donne en mille, ceux de Oui Oui, et celui de Les Cailloux est justement un petit bijou de stop-motion absurde mettant en scène les alter ego plasticinés des membres du groupe.



Et si avec tout ça vous êtes in-foutus de vous tirer de votre torpeur quotidienne, singez donc les étirements matinaux d'Étienne, Nicolas, Michel et Gilles. Ça y est, vous pouvez sourire.


Thelonius

jeudi 15 octobre 2009

[Réveille Matin] Pavement - Debris Slide

"We're Only in it for the Money". Ils l'ont pas dit comme ça, mais on voit bien que c'est pas par pure bonté de coeur que Pavement a décidé de se reformer pour une longue série de concerts à travers le monde qu'on imagine forcément sold out en 2010. C'est en tout cas ce que semble dire implicitement Bob Nastanovich (vous savez, le mec qui joue de plein d'instruments et qui gueule dans le fond) quand il sort des phrases en interview du genre "C'est une reformation unique", "On ne se voit jamais, je pense pas qu'il y aura de problèmes" ou "Ce n'est pas moi qui déciderai des morceaux qu'on jouera". Un peu comme si les 00's n'avaient jamais existé, revoilà nos ex-branleurs sur scène, par le bon vouloir de Malkmus qui avait du temps libre, et annonçant haut et fort que ça ne sera suivi d'aucun autre album (et c'est tant mieux).


En attendant ces grandes messes musicales qui vous rappelleront que le temps passe et que, foutre, ils ont plus de 40 ans, on peut se souvenir de l'année 1991, juste avant l'explosion du groupe, quand Pavement n'était qu'un petit groupe de post-ados qui sortaient des e.p. en dilettantes sur Drag City, qui était alors un minuscule label dont Pavement était la première signature, l'époque où Gary Young était leur turbulent batteur et que leurs concerts étaient un peu bordéliques, l'époque où l'on entendait encore pas mal qu'ils aimaient bien The Fall. L'époque où sortait leur 3ème e.p., l'excellent Perfect Sound Forever.


(Debris Slide)

Brut mais plus précis que sur leurs précédents essais, Pavement apparait dans les 7 morceaux de cette petite déflagration de 12 minutes comme un groupe à la fois en devenir et ayant déjà trouvé son style. Ces morceaux sont du pur Pavement, guitares cool mais molles qui font des solos, rythmiques qui groovent, Malkmus qui déblatère des textes flous, tout est là et pourtant tout est à venir. Et si le groupe ne peut s'empêcher de mettre deux petits interludes noise pas très convaincants pour rire, il sort aussi ses premiers classiques : Heckler Spray est un instrumental absolument génial, From Now On est parfaite et braillarde, Home a les meilleures guitares. Et puis il y a Debris Slide, le tube, avec ses guitares sur-mixées et sa batterie ultime qui mènent inexorablement vers un refrain dont les "pa, pa, padapa (debris slide!)" sont nés pour être entêtants. C'est bruyant, c'est bancal, c'est un peu n'importe quoi, mais c'est d'une efficacité redoutable. C'est Pavement quoi. Le meilleur groupe de rock des 90's. Venez vite en France les mecs. Je sais que vous jouerez pas ce morceau et que ce sera sûrement au foutu Zenith, mais je suis prêt à faire avec.


Emilien.

mercredi 14 octobre 2009

[Réveille Matin] The Very Best - Warm Heart of Africa ET Vampire Weekend - Horchata

Où comment recoller à l'actualité après trois jours de silence radio. Chers lecteurs, certains parmi vous ont pris la peine de réclamer à corps et à cris les Réveille Matin, aux abonnés absents hier et avant-hier pour des raisons que la raison ignore, et pour ceux-là, et pour vous autres, nous vous proposons un double Réveille Matin centré sur le jeune type Ezra Koenig, chanteur et leader de Vampire Weekend, le groupe de campus-pop East Coast le plus influencé par la calypso et l'afrobeat de l'année dernière. Vous me suivez toujours ?


Bon, parce que Vampire Weekend sortira son second album début 2010 et l'autre jour, un premier extrait a leaké. Or donc, Horchata tire à elle la grosse couette à motifs vifs de l'influence africaine présente sur le premier LP du groupe, et laisse de côté la campus-pop un peu facile qui faisait de l'album l'objet d'un amour troublé. Du xylophone, du balafon et le chant du Harry Belafonte Kid qui swingue sur les hauteurs, et la chanson devient une sorte de miroir reflétant la participation de Koenig au premier album de The Very Best, trio composé d'Esau Mwamwaya, chanteur originaire du Malawi, et du duo de producteurs anglais connus par ailleurs sous le pseudo Radioclit. Le combo vient de sortir son premier album et Koenig prête sa voix sur Warm Heart of Africa, belle âme qu'il est - son Live Aid à lui, il est là. Forcément la chanson sonne comme un écho de Horchata ou comme sa cousine d'Outre Océan, et c'est pas plus mal parce que la rentrée manquait d'une touche africaine.

On vous reparlera peut-être du disque de The Very Best avant la fin de l'année, parce qu'il est chouette, mais en attendant envoyez-vous les Fantasmes Africains d'un Jeune Homme en Chemisette, c'est dans le lecteur de gauche, et dites-nous un peu ce que vous en pensez.


Joe

mardi 13 octobre 2009

[They Live] Un demi show de Sporto Kantes pour un maximum de sensations

Vous parler de Sporto Kantes, c'est évoquer ce white label dont la pochette est usée jusqu'à la moelle mais dont le disque continue à tourner en joke sur mes (nos) platines. Sporto Kantes, c'est se fendre d'un sourire hilare en écoutant cette femme qui nous rappelle nos faiblesses masculines, et se trémousser dans un élan de danse chaloupé.

Souvent résonnent à mes oreilles ces doux mots de Lee : Approche approche, tu sens mon talon aiguille ? Je n'ai qu'un petit coup à donner, ça te fait de l'effet hein ? Lèche maintenant, lèche c'est un ordre !" La formation créée depuis bien des années (ils sont actifs depuis la fin des années 80 et ont formé Sporto Kantes en 1998) pratique cet humour au fil des trois albums sortis depuis 2001, et à l'écoute desquels nous retrouvons cette même volonté de ne pas se prendre au sérieux, de jouer avec des mélodies entêtantes et kitchs.

En cette fin de Semaine bien remplie, je me retrouve avec Pierric, mon compagnon de route pour voir ce que ça balance sur scène. Je pas suis pas inquiet, je sais que cela va me faire sautiller, groover mon body. Je me demande juste si le Phare accueillera plus de 100 personnes : quand la nouvelle génération élevée à la boulimie musicale se déplacera-t-elle donc pour les concerts d'artistes qu'elle pille tant? Il n'y a pas que Birdy Nam Nam qui a droit à sa salle comble !

Arrivé bien tard, j'ai loupé Dr Flake et la moitié de la prestation de Sporto Kantes... Fuck ! Pas grave, je me délecte tout de même, dans une salle au tiers vide, de ces envolées lyriques/latino /reggae alliées à une maîtrise parfaite de l'énergie rock...
Se prendre un cachet de Impressed, Lee, Heart ou Funky (ouf je les ai placés ces fameux 4) a des vertus. C'est une injection de bonne humeur pour la journée, voire la semaine. C'est assurément la garantie de regarder son (sa) voisin(e) et remuer de plus belle en faisant des grimaces, ce que nous avons tous fait. Le concert est une succession de tubes, de déconnade partagée et de bras levés. Voir les Sporto Kantes en live est la meilleure façon de finir la semaine : rarement je n'ai vu une énergie si grande et partagée. Malgré le peu de monde, les artistes n'ont pas hésité à faire le show et à envoyer la sauce.


Trois rappels et l'on s'en va. Ce fut court mais intense, à l'image du nombre de photos prises (environ 260 en une heure), le public et moi, les bras en l'air, applaudisspns pendant que l'un des musiciens fait le pitre avec un instrument. Au revoir musique, bonjour les flyers, mais... des accords se font entendre... Fuck, ce n'est pas fini ! Une voix de femme chante : "Yo Leroy", le violon s'enflamme. Gosh!! This is Lee.
Photo, danse, danse, photo, les doigts au septième ciel, je ne pouvais pas espérer meilleure fin qu'avec Lee, elle qui a tant achevé nos DJ-sets, à Pierric et moi. Haaa cela fait du bien de se décrasser les rotules. Merci Sporto Kantes pour cet aller-retour rapide. La prochaine fois, je serai présent de bout en bout.


Le lendemain Pierric et moi avons évidemment joué Lee en fin de set..


Bastien Rabois