C'est entendu.

vendredi 2 octobre 2009

[C'est tout vu] Du nouveau et des nouveaux venus

La nouvelle de la semaine, vous vous en doutiez certainement, concerne Girls. J'ouvre ici une parenthèse pour m'adresser à ceux qui en auraient assez de ce groupe : allez vous faire voir. Nos chouchous s'apprètent à sortir un single de plus, le 9 Novembre, à savoir Laura :

Le plus intéressant, outre cette fameuse pochette, est que la face B sera Oh Boy, une inédite, ce qui équivaut quasiment à vous annoncer un Réveille Matin à venir le mois prochain. That's a date.

Bon et puis point de suspense mes chéris, nous nous joignons à la (plus) gigantesque hype de la rentrée : celle autour de The XX, le tout nouveau groupe de tous jeunes anglais qui font de la cold wave sans aucun danger (ni pour eux ni pour vous) mais qui groove froidement (et lentement). Un premier aperçu de leurs talents, avant une chronique en règle, se fera avec le live d'Islands (chez Jools Holland), visible ci-dessous :



Ensuite quelque chose d'assez inhabituel : Bradford Cox (le chanteur malade et diablement cool de Deerhunter) sur un tabouret, une guitare acoustique en mains, jouant Criminals, extraite du second album d'Atlas Sound (son projet solo) :



Nous aimons les gadgets, nous aimons les dessins avec des couleurs, nous aimons les jeux vidéos, nous aimons Daniel Johnston, alors nous aimerions (j'ai pas d'iPhone, en fait) follement jouer à ce petit jeu sur l'application iPhone Daniel Johnston :




Et puis, comme d'hab, il faut savoir en vrac que Devo aimerait refaire un album et collaborer avec Justice et LCD Soundsystem, pendant que Thom Yorke, dont le nouveau single a déjà fait sept fois le tour d'Internet, s'est trouvé un nouveau (super) groupe comprenant Flea (Red Hot chili Peppers), Nigel Godrich (les producteurs intégrant les super groupes, c'est la mode, dirait-on, entre lui et Mike Mogis dans Monsters of folk), et d'autres types qu'on connait moins mais qui ont le prestige d'avoir bossé avec des gens cools (genre Beck). Et enfin, le morceau que Grizzly Bear va lâcher pour la bande originale de Twilight 2 aura pour invitée Vicoria Legrand, de Beach House.

[Réveille Matin] Joe Dassin - Les Champs Elysées

Lorsque j'avais neuf ou dix ans, c'était vers la fin de l'année scolaire et l'Instituteur avait décidé d'organiser une sorte de petit concours pas bien méchant autour de la musique, histoire de sortir de train-train des mathématiques et des dictées. Le principe était simple : chaque élève de Cours Moyen souhaitant participer devait choisir une chanson et amener le disque à l'école pour le présenter à la classe l'après-midi.

Je me souviens m'être senti désemparé alors. Je n'écoutais pas autant de musique que certains de mes camarades, j'étais plutôt du genre à privilégier les jeux de l'enfance, ceux de l'imagination ou de l'évasion aux plaisirs posés de la musique. Je n'avais pas encore compris. Cela dit, il y avait ce best-of de Joe Dassin que mon frère et moi aimions chanter à l'unisson et qui nous mettait en joie. La ballade des Dalton, Les petits pains au chocolat, tous ces classiques qui sonnaient déjà un peu ringards il y a quinze ans. J'optai donc pour Les Champs Élysées et lorsque mon tour vint, j'étais nerveux. Un CM1 venait de passer Bad, de Michael Jackson, et la classe avait adoré. Je n'étais alors pas du tout initié à toutes ces choses anglophones, et ce Roi de la Pop devenu blanc me faisait un peu peur. Tout le monde avait aimé Bad, et je m'apprêtais à expliquer à mes camarades que j'avais choisi une chanson radicalement différente "parce que je l'aim(ais) bien."

Toujours est-il que la chanson a énormément plu à la classe, aidée en cela par le petit coup de pouce de l'Instituteur qui ajouta quelques remarques intéressantes, et que je gagnai le concours avec cette chanson de Joe Dassin.

Feu MJ : 0 / Feu Joe D : 1

A ce petit jeu, je n'ai rien gagné. Ni récompense physique ni réelle estime supplémentaire de la part de mes camarades (qui oublièrent probablement très vite ce concours, excepté peut-être le garçon qui avait proposé Bad) ou de mon Instituteur. Pourtant, j'ai rarement été aussi fier depuis. AAaaaahh l'enfance...

Bon et vous ne trouvez pas que Les Champs Elysées ressemble vachement à Life in San Francisco (le Réveille Matin d'hier) ? Non ? Raison de plus pour écouter et aimer Girls, si vous voulez mon avis.

jeudi 1 octobre 2009

[Réveille Matin] Girls - Life in San Francisco

Quoi, encore Girls, encore ce groupe émo et surnoté? Et bien oui mes amis, on persiste et signe, parce que c'est notre chouchou du moment et qu'il mérite bien ça, maintenant que le 9.1/10 de Pitchfork a lancé un retour de baton ultra violent envers ce groupe chez les gens pas cool (mais le pas cool est le nouveau cool). Et surtout parce que chaque nouveau morceau est aussi enthousiasmant que les précédents, et confirme tout le bien qu'il faut penser de ce fameux duo. Autant que vous écoutiez ça pour opiner du chef avec nous. Alors, ce matin, nous vous proposons d'écouter la face-b de la nouvelle version du single Lust For Life (qui vient de sortir), la douce Life in San Francisco.



Girls est un groupe à influences, un groupe qui prend des idées dans toutes les époques pour en faire son propre matériau pour chanter les joies et les peines (surtout les peines). Ce que le groupe fait revivre dans ce morceau? C'est tout simplement une certaine idée de la musique pop baba cool des années 60. Vous savez, ces morceaux doux mais assez entraînants où plein de gens qu'on imagine hippies et avec des fleurs dans les cheveux chantent des "la la la la" sur des belles suites d'accords forcément majeurs. C'est exactement ce que l'on a ici, dans un exercice de pastiche tellement bien foutu et naïf qu'il se révèle très touchant. Une belle descente harmonique façon coucher de soleil accompagnée par une guitare surf dans le fond, c'est le support d'une mélodie légère, avec plein de gens qui chantent un peu faux sur le refrain, et l'impression que le morceau pourrait durer toute la vie. Le tout à San Francisco, comme un rêve lointain et brumeux pour nous autres européens. Là dessus, la voix de JR White semble épuisée, encore plus que d'habitude, et il chante négligament "I always feel like I'm ready to fall back into bed or into your arms" (effectivement...). 

(Alors les ados, on a envie de monter un groupe de rock aussi maintenant hein?)

A la question "est-ce qu'on aurait pas déjà entendu ce morceau déjà 500 fois sous des formes différentes?", la réponse est assurément oui, et on y reviendra dans le réveille-matin de demain. Mais à la question "est-ce que c'est aussi agréable que les 500 dernières fois?", la réponse est oui, encore plus même peut être.

Emilien.

mercredi 30 septembre 2009

[Réveille Matin] The Beatles - Twist and Shout

Bonjour à tous ! Ça n'est un secret pour personne, la rentrée a été l'occasion pour les albums des Beatles d'être re-masterisés et donc re-commercialisés avec l'étiquette "les même en mieux !" ou "nouveau son qui est plus cool !" afin de fidéliser une nouvelle génération de gogos du marketing et autres vieux de la vieille en mal de packagings maxi modèles (d'où la sortie simultanée d'un coffret MONO et d'un coffret STEREO). Bref, nous autres à C'est Entendu, nous aimons les Beatles, mais nous n'allons tout de même pas vous nifler avec une critique pointue sur le SON des Beatles. Nous nous contentons donc, de vous rappeler que a) ce coup marketing est tout-de-même l'occasion pour vous d'acquérir une anthologie de premier ordre, dans le cas où vous ne l'auriez pas dans votre étagère Billy de chez Ikea et que b) il est important que vous (re)voyiez Ferris Bueller's Day Off, de feu John Hughes, dans lequel est donnée une version de Twist and Shout à réveiller les morts (John et George si vous suivez bien).


Le remaster, c'est dans le lecteur.


Joe

mardi 29 septembre 2009

[Réveille Matin] Jamie T - 368

Bonjour à tous ! Causons un peu de Jamie T, vous voulez bien ? Ce jeune mec de 23 ans est anglais, et s'il a du succès Outre-Manche depuis trois ans, on n'a jamais entendu son blaze chez nous... Peut-être parce que le Monde Du Hip Hop Français est trop imposant (et imposé) pour qu'un angliche (blanc de surcroit) n'ait la place d'imposer un flow flirtant parfois avec la (brit) pop, des arrangements groovy et un brin rentre-dedans et un background folk.

Si vous cherchez un phare dans le noir, pensez Buck 65, otez-y le sable américain, transposez-le en banlieue londonienne, et ajoutez-y quinze références à la Pop Culture par seconde. C'est ça, Jamie T. Et ça swingue comme il faut.

Jamie sera au Divan du Monde le 3 Novembre, les malins parmi vous y seront aussi.


Joe

lundi 28 septembre 2009

[Vise un peu] Girls - Album

A Thomas Z.

Girls, on avait parié sur eux très tôt, dès leurs deux premiers singles, Hellhole Ratrace et Lust For Life sortis l'année dernière dans l'indifférence générale du Grand Public. A l'écoute des cinq morceaux de ces singles (tous présents sur l'album d'ailleurs, ce qui est un peu facile direz-vous, mais cela aurait été dommage si de si bons morceaux étaient restés dans l'ombre), on savait qu'on tenait quelque chose.

A la première écoute, comme un sentiment de déception nous a pris, forcément. Ce n'est pas l'album dont nous avions rêvé. Ce n'était pas cet album total que chacun parmi nous portait en soi, cet album que l'on aurait voulu entendre ou, plus secrètement sans doute, que nous aurions voulu faire, c'était juste un bon album pop de notre époque avec des chouettes morceaux, mais où nos préférés étaient les singles que nous avions déjà entendus. Tout ça pour ça, mais c'était déjà pas mal. Et puis, peu à peu, sans vraiment faire d'effort, cet album se révèle : à la première écoute, on l'a oublié, mais pourtant, on a envie d'y revenir. Subtilement, le cool ultime de cet album vous rentre en tête et vous amène à l'écouter, le réécouter, et finalement l'aimer pour ce qu'il est, et c'est déjà beaucoup.

Si le premier LP de Girls s'appelle "Album" c'est parce que Girls est l'un de ces groupes issus de notre ère du multimédia tsoin tsoin à outrance, l'ère de l'Internet et de la proximité culturelle permanente. En enregistrant un premier essai, ces deux mecs tombés dans le bain des tournées — LEURS tournées ! — par hasard on fait cet "Album", LEUR album, ils ont été au bout de quelque chose, ils ont "fait un album" et c'est de cela dont parle "Album." Sur Hellhole Ratrace, Chris Owens chante "And I don't wanna die without shaking up a thing or two," c'est de cela qu'il s'agit.

Derrière cet accomplissement adolescent — les adultes ne font pas d'albums, ils font des enfants, ils ont des promotions, ils achètent des maisons, ce genre de choses... — le mur de la chambre de Christopher Owens (chant, guitare) est tapissé des posters de ses prédécesseurs : Beach Boys, Felt, Elvis Costello, Suede, Simon & Garfunkel, Pet Shop Boys (la pochette du LP rappelle celle de "Behaviour" et le nom "Album" semble tenir sa parenté du "Release" des Pet Shop Boys) pour les plus évidents, qu'ils soient imprimés sur le t-shirt d'Owens en tournée ou entendus dans les inflexions de sa voix de garnement. On entrevoit aussi un poster de My Bloody Valentine dans un coin de la pièce, certainement offert par Chet Jr. White (basse, production, la seconde moitié du duo originel, depuis agrémenté de Garrett Godard à la batterie et John Anderson à la guitare), lui aussi tombé dans le bain un peu par hasard (tout a commencé en 2008 avec une invitation impromptue du MIDI festival de Hyères, qui devait être le tout premier concert du groupe, et sa réelle naissance), et dont les talents de producteur permettent aux mélodies de son ami Owens de véritablement décoller, que ce soit sous la forme d'une bravade (Lust for Life), d'un cours de shoegazing à domicile (Morning Light), d'un slow easy listening (Headache) ou d'un revival express 50's (Big bad mean motherfucker). Avec ce bagage sonore, les tics vocaux d'Owens et son amour du gimmick qui claque (comme le "Awright" précédant le boucan sur Summertime) sont juste comme on aime.


Summertime

La musique de Girls témoigne en partie de l'enfance et de l'adolescence pour le moins extraordinaires de Chris Owens : sa famille affiliée à une secte, son errance bohème à travers l'Europe, ses désordres amoureux — Lust for Life et Curls évoquent le projet avorté monté quelques mois avant la naissance de Girls par Owens et sa copine d'alors — et sa rencontre avec Ariel Pink, une sorte de mentor pour Owens et qui fit de lui un membre de son Holy Shit, groupe de branleurs dont la musique ensoleillée (Californienne) et bancale est une autre grande influence de Girls. C'est la somme de ces influences pop et de l'histoire adolescente d'Owens qui fait toute la fraicheur du disque.

Et ce sentiment pop adolescent, il est encore plus manifeste dans la relation du groupe avec la musique en elle même. Le premier single de l'album s'appelle Lust For Life, tout comme le tube ultime d'Iggy Pop, ce n'est pas un hasard : "Album" est un album sur la musique. Girls est avant tout un groupe qui croit en la musique, et cela avec une innocence juvénile incroyable. Vous savez, ce sentiment que la musique est indispensable à votre vie, qu'elle la justifie presque. Ce moment dans votre adolescence où les chansons que vous écoutez expriment vos sentiments mieux que vous ne pourriez le faire. Girls, c'est la mise en application de cet état d'esprit là, c'est une croyance positiviste et naïve en la musique. Écrire une chanson, c'est donner un bout de soi, c'est pouvoir s'exprimer enfin, c'est le support sur lequel on peut tout avouer. Quand le groupe chante Laura, sorte de longue lettre d'excuse à une amie avec laquelle le narrateur est brouillé dont le refrain fait "I really wanna be your friend forever/Friends until the end of it all", c'est déchirant de simplicité et que cette Laura existe ou pas, on y croit, on se dit que le morceau a été écrit pour elle, et que c'est via la musique qu'Owens a trouvé l'unique moyen de s'exprimer.



Laura, jouée sur un toit (via Pitchfork)

Et c'est via ces chansons pop que tout s'exprime, tous les drames futiles mais désespérés de l'adolescence, tous les plaisirs et désirs qui obsèdent la nuit. Tout est prétexte à une chanson : pour dire qu'on est trop cool et trop rockeur, qu'on a peur de ne jamais être aimé, qu'on aime une fille et qu'elle non. Sur le dernier point, Lauren Marie est incroyable ; il faut entendre Owens chanter "Oh Lauren Marie/I might never get my arms around you but that doesn't mean I won't try" avec sa plus belle voix grave de collégien qui semble ne pas avoir totalement mué pour se rendre compte que ce dernier a résumé l'adolescence dans un seul album, avec ses joies, sa mélancolie et ses peines. Et, oui, forcément, c'est un peu niais, c'est rempli de "from my heart", de "baby", de "I want you", c'est d'un romantisme maladroit qui peut prêter à rire.

Et fait, c'est le dernier morceau, Darling, qui résume parfaitement tout ça, tout simplement, sur quelques accords majeurs ensoleillés, et au travers de paroles qui sont sans doute les plus touchantes, les plus positives et les plus belles que l'on puisse entendre cette année : "I was feeling so sad and alone/Then I found a friend in the songs that I'm singing/I was feeling like a nothing inside/Then I found it all in the songs/(...)/Man, I felt like I was going nowhere/Then I found my way in the songs that i'm singing/Man, I felt like I could lay down and die/Then I found my life in the songs/And yeah yeah yeah, it's coming straight from my heart". Album est un album qui fait aimer la musique qui fait aimer la vie qui permet d'écouter des albums qui font aimer la musique qui font aimer la vie qui permet d'écouter des albums qui font aimer la musique, etc, etc, ad lib, sans fin jusqu'à ce qu'il y en ait une.


Emilien & Joe








P.S. : En guise de bonus, vous pouvez élargir votre opinion en allant voir le groupe le 5 Octobre chez Bernard Lenoir ou au Truskel pour une Sans Piles Session organisée par le magazine MagicRPM (inscription ici) et le 6 Octobre au Point Éphémère. Profitez aussi de l'intégralité du Don't Look Down consacré au groupe par Pitchfork.TV (vous y trouverez d'ailleurs une inédite, Substance), et enfin, voici un autre live de Laura, parce qu'on n'en a jamais trop :


[Réveille Matin] Frànçois & The Atlas Mountains - Be Water (Je suis de l'eau)

Alors, bon, c'est lundi matin, la semaine commence et autant que ce soit avec un morceau qui vous emporte et vous entraîne et avance sans fin et vous ne pouvez pas vous arrêter quand vous l'écoutez et vous vous levez du bon pied avec une mélodie légère encastrée dans votre crâne qui viendra siffloter dans votre oreille toute la journée. Ce morceau pour aujourd'hui ce sera "Be Water (je suis de l'eau)" de l'un des artistes français les plus passionnants et talentueux de notre époque, je veux bien entendu parler de Frànçois accompagné par des amis à lui résumés sous le nom de The Atlas Mountains, extrait de son nouvel album "Plaine Inondable" qui est sorti il y a quelques jours, un album qui semble avoir un peu les faveurs des médias, ce qui n'est pas un mal après trop d'années dans l'ombre. Je n'en dirais pas plus pour l'instant, car cet album sera chroniqué bientôt dans ces colonnes, pour l'instant, concentrons-nous sur ce véritable petit tube que vous pouvez écouter ci-dessous.



"Je suis de l'eau, je suis de l'eau, je suis de l'eau", oh, qu'elle est belle, naturelle et ample cette mélodie que chante nonchalamment Frànçois accompagné par un formidable quintet vocal feminin dont les "pa-da" et autres "ah!" sont une sorte de bénédiction musicale entre deux harmonies pures. Oh, comme elle s'étale avec grâce sur un seul accord aussi majeur qu'ensoleillé, avec des petits claps-clapotis dans le fond. Ça peut paraître absolument niais de faire des comparaisons du genre "ce morceau rappelle vraiment de l'eau, il coule, il jaillit dans vos oreilles, et son petit côté syncopé qui sautille sur une guitare acoustique régulière fait penser à un ruisseau qui coule et coule et coule et coule", mais, bon sang, on y pense. C'est d'une légèreté déconcertante qui met un sourire sur le visage en 10 secondes. C'est plus qu'un morceau en fait. C'est un petit miracle.

Emilien.