C'est entendu.

vendredi 25 septembre 2009

[Réveille Matin] The Clean - Moon Jumper

The Clean est un groupe parmi les hauts gradés de la kiwi pop, celle des années 80, pendant le bouillonnement jangle en Océanie. Kiwi pop kézako ? De la pop néo zélandaise, tout simplement, et si vous avez loupé un wagon du train de la Grande Histoire de la Pop Moderne, vous ne devez pas non plus connaître Hoodoo Gurus, The Church ou autres Go-Betweens (que j'ai pourtant déjà loués) qui ont créé l'une des scènes les plus fascinantes, vastes et intéressantes des eighties sur leurs îles, avec leurs guitares, leurs chants naïfs et leurs mélodies calines.
Bref, après huit ans d'absence, The Clean revient.



Guitares acoustiques, chant d'oiseau, psychédélisme pépère, murs de sons épars et mélodies sucrées, c'est ça la recette du nouvel album et si l'on vous dit que c'est LE groupe qui a probablement le plus influencé Ira Kaplan (de Yo La Tengo), vous direz que vous le saviez et qu'en plus ça coule de source à l'écoute du chant et des arrangements cotonneux de "Mister Pop."
Et ceux d'entre vous qui cherchent un peu plus d'aventure se satisferont des incursions instrumentales dans l'univers de Neu! présentes sur Moon Jumper, que vous pouvez écouter dans le lecteur.


Joe

jeudi 24 septembre 2009

[Réveille Matin] The Pastels/Tenniscoats - Vivid Youth

D'un côté, le groupe d'indie pop le plus délicat et génial des années 80, devenu beaucoup plus discret dans les années 90, occupés à faire un label chez eux à Glasgow, à boire du thé et être des légendes vivantes. De l'autre, un des groupes japonais les plus attachants de la décennie, un couple de musiciens dont les albums sont des petites bijoux de mélancolie sucrée. Entre les deux, des milliers de kilomètres mais surtout un même sens de la pop timide et subtile. Rien ne prédestinait à ce qu'ils enregistrent ensemble, et c'est pourtant tout naturel de voir et surtout d'entendre The Pastels et les Tenniscoats ensembles. S'étant rencontrés à la fin des années 90 via l'excellent groupe de pop naïve japonaise Maher Shalal Hash Baz (qui était distribué par les premiers en Europe via Geographic Records et avec qui les seconds enregistraient des albums), les deux groupes sont devenus rapidement amis, amenant finalement à la réalisation d'un album, "Two Sunsets", sorti ce mois-ci et dont on vous reparlera sans doute bientôt sur C'est Entendu.

Morceau subtil et magnifique issu de cette collaboration et qui est sorti il y a quelques mois en single vinyle, Vivid Youth mêle l'univers des deux formations avec un naturel confondant. Il y a ce son étouffé des derniers albums des Pastels, mais aussi les instrumentations rêveuses des Tenniscoats, le tout donnant une sorte de dream pop idéale pour les journées paresseuses. Guitares lumineuses, accords majeurs qui caressent l'oreille, basse 60's légèrement groovy, petit clavier qui virevolte dans l'air, tout n'est que douceur luxuriante. Et en guise de guide dans ce léger brouillard, la voix d'Annabel Wright, batteuse-chanteuse adulée des Pastels, qui donnerait des frissons, accompagnée dans le fond par des chœurs délicats de Saya des Tenniscoats et l'élégant Stephen Pastel. Ajoutez à cela des petites trompettes (jouées par le formidable Bill Wells) et des hautbois, et c'est le paradis sur terre, tout simplement.


Emilien.

mercredi 23 septembre 2009

[Vise Un Peu] Times New Viking - Born Again Revisited

Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez peut-être que j'avais publié il y a quelques mois une diatribe plutôt négative sur ce nouveau mouvement Shoegaze, a.k.a. les groupes de rock d'école primaire qui s'enregistrent exprès avec un son sale. Il devait y avoir une deuxième partie à cet article, un article sur les groupes de ce mouvement, mais je ne l'ai jamais fait, pour la simple et bonne raison que ça me gonflait de parler de groupes qui sont pour la plupart inutiles et mauvais. En soi, cette absence de suite était une suite tacite et conceptuelle, ma manière à moi de dire "on en a vraiment rien à foutre de ces losers". Depuis, Wavves a fatigué tout le monde, les remasters des Beatles sont sortis et l'été est mort : le shitgaze est déjà has-been, et ce n'est sûrement pas le nouvel album des Times New Viking qui viendra changer la donne, tout le monde s'en fout, personne n'aime ce groupe de toute façon, c'était de la posture, même Pitchfork va trouver l'album bon mais pas aussi bon qu'avant si ça se trouve.


"No Time, No Hope"


Et pourtant, bizarrement quoiqu'au moment opportun, Times New Viking a enfin réussi ce dont on les croyait capables depuis "Present The Paisley Reich" (en 2007) et qui avait été confirmé l'année dernière avec le très réussi "Rip It Off ": faire un album de rock convainquant, honnête, efficace, dont l'écoute accroche l'oreille non pas à cause de la production, mais uniquement grâce à des morceaux. En soi, tout ce qu'il manquait à Times New Viking, car ils avaient déjà l'énergie, le talent et l'attitude nécessaire, c'était des morceaux vraiment excellents sur toute la longueur d'un album qui ne lassent pas au bout de 24 heures. Et c'est exactement ce que l'on a ici ; plus matures peut-être avec le temps, mais au meilleur de leur forme, le trio de Colombus fait de "Born Again Revisited" son chef d'œuvre. Certes, pour tous ceux qui avaient adoré Rip It Off (vous êtes peu nombreux) et tout ceux qui l'avaient haï aussi, cet album sonnera presque comme une redite. Mais c'est dans les détails que l'album se joue, et le groupe a tout simplement élargi ses morceaux : ils ont plus de puissance, plus d'ampleur, et vont même jusque dans des territoires que le groupe semblait ne jamais explorer. Pour preuve, l'excellent Martin Luther King Day surprend en ouverture d'album, et pas seulement à cause d'un son "25% plus propre" comme le proclamait le batteur à la presse (et c'est vrai d'ailleurs, pour cet album, ils ont pas donné le master au label Matador sur une cassette audio, mais sur une VHS), non, il surprend car le groupe ralentit le rythme, se calme par intermittence, et y est d'une assurance démentielle. Carré, angoissé, entêtant, avec une violence en sourdine, c'est un morceau d'un groupe qui sait parfaitement où il va et qui a su marquer sa musique d'une empreinte qui n'appartient qu'à lui.

Times New Viking est un groupe issu de plusieurs héritages, comme la plupart des groupes indépendants d'aujourd'hui qui n'inventent plus rien : Il y a l'héritage du rock primitif des 60's, le synthé omniprésent dans l'album évoquant les orgues électriques du garage rock, principalement sur des morceaux comme City On Drugs. On trouve aussi en vrac le punk rock, les groupes d'indie pop DIY des 80's (passez certains morceaux de The Clean avec de la distorsion, ça fait un peu du Times New Viking), le rock indépendant américain des années 90, un peu de noise rock, au bonheur du name-dropping. Certes, il y a tout ça, mais le groupe en est arrivé à un point où il n'évoque plus que lui-même. I Smell Bubblegum, c'est les guitares de Sonic Youth qui font du punk rock d'une certaine manière, mais c'est surtout une musique personnelle qui revisite une certaine manière de faire du rock. Si les territoires explorés ne sont pas totalement vierges, ils sont en tout cas présentés d'une manière tout à fait originale et personnelle, et c'est ça qui fait la différence. Aucun passéisme chez les Times New Viking, regardez la pochette, le mot Woodstock est barré, le signe de la paix est usé sur une vieille photo. Ils sont à la fois un résumé et un nouveau chapitre, à la fois largués par rapport à la production actuelle et complètement en adéquation avec leur époque, dans la musique et dans les thèmes.

On l'a vu, la jeunesse des 00's est (ou a été?) un peu larguée et molle, coincée entre un pessimisme pesant face à un avenir grisâtre et un certain je-m'en-foutisme juvénile pour avaler la pilule du temps qui passe plus facilement. L'album est l'écho de tout cela. D'une part, il y a ce côté pop, ce que Times New Viking est incontestablement. Derrière les attaques soniques il y a les mélodies branleuses qui accrochent, les riffs qui rentrent dans la tête. Que ce soit dans le syncopé du morceau-titre ou dans le refrain de l'hymne de notre époque No Time, No Hope, (réponse explicite au New Times, New Hopes issu d'un précédent album) tous les morceaux montrent une science de la composition simple et franche qui pourrait impressionner si elle n'était pas aussi modeste et naturelle, sans même avoir l'air de faire des efforts. Mais il y a parallèlement ce côté plus sombre, plus pessimiste et plutôt fascinant car il se mêle insidieusement à la pop pour créer des chansons hybrides et glauques comme le génial Little World, morceau qui impose à l'auditeur une ambiance inconfortable pendant 96 secondes impressionnantes. Sorte de monument de l'album puisqu'il trône avec ses 3m47, 2/11 Don't Forget, avec son orgue répétitif et son ambiance traînante réussit même à convaincre en jouant plus sur la longueur, la répétition, la tristesse que l'efficacité. Gueule de bois et énergie post-adolescente se mélangent.

Alors certes, il y a toujours cette production dure, rêche, sale, distordue qui rebutera la plupart des auditeurs. Moins appuyée qu'avant, mais toujours omniprésente. Mais c'est à la fois une partie intégrante de la musique (la distorsion générale renforce souvent l'énergie des compositions) et une sorte de barrière qu'il faut franchir. Car, une fois habitué au "son" Times New Viking, qui n'est pas qu'un gadget chez eux au moins (vous savez qui je vise), cet album s'écoute avec une facilité désarmante tant il se révèle pop. En soi, l'effort pour rentrer dans l'album à cause de sa production est tout aussi compliqué qu'avant pour le néophyte. Mais cette fois ci, il vaut vraiment le coup.


"Move To California"


Il faut écouter Move To California, qui achève presque l'album : c'est quasiment le meilleur morceau du groupe. Mettant le bruit en sourdine un instant, le morceau est empreint d'une certaine mélancolie totalement désarmante. Il y a une obscurité dans ce morceau, une fatigue, un côté Yo La Tengo, une rythmique appuyée géniale et des accords un peu tristes. Une nuit d'hiver, une voiture qui roule sur une route déserte, plein d'images. Soudain, Times New Viking n'est plus seulement ce groupe bruyant, mais un véritable groupe de rock, qui sait écrire des morceaux comme celui là, des morceaux qui font ressentir des choses, des morceaux qu'on a envie d'écouter en boucle pour des raisons pas vraiment précises, juste parce qu'ils sont différents. Et il n'y a plus de production sale ni d'esthétique shitgaze qui tienne, il n'y a plus que de la musique. Un refrain génial qui fait "Move to California/Move to California/I heard you'll have a better time/We'll start it up again". C'est peut être tout ce qu'il y avait à dire depuis le début : Times New Viking est un excellent groupe. "Born Again Revisited" est un excellent album.


Emilien.

[Réveille Matin] Micah P. Hinson - Suzanne

Tout le monde a repris Suzanne. A croire que Leonard Cohen n'a jamais rien écrit d'autre, alors que cette chouette chanson n'est pas la seule à retenir, loin de là. Pourquoi si peu reprennent The Stranger Song, ou Avalanche ? Enfin, toujours est-il qu'après Feu Bashung sur son dernier disque, l'année dernière, c'est au tour de Micah P. Hinson (ça ne se dit pas Mica Pinson, mais bien Mailleca Pi. Hinneson, je le dis parce que Mica Pinson, c'est moche ow) de sortir un album COMPLAISANT de reprises de vieux standards (Dylan, Sinatra, Beatles...) repris avec plus ou moins de réussite ou d'intérêt, dans la mesure où sa voix très limitée (mais très chouette) le permet.



C'est finalement Suzanne qui correspond le mieux à son timbre de voix, et c'est donc l'occasion de la réécouter. Une fois de plus.


Joe

mardi 22 septembre 2009

[Quitte ou Double] Italodiscomeback, on danse bébé ?

Les puristes diront que cet article a plus de dix ans de retard. Les casse-burnes diront que parler de disco c'est so 2007. Les autres se demanderont pourquoi, juste pourquoi. Mais comme vous le savez déjà, les Quitte ou Double sont l'occasion pour vous de vous exprimer, en bien ou en mal sur le sujet traité, et si les artistes présentés ici ne vous causent pas, vous aurez tout loisir de les brûler dans vos commentaires, nous fournissons le Sans Plomb.

Un come-back disco, donc. Italodiscoïde plutôt. Mais pas que. Avec le revival eighties qui rouleau-compresse la Pop depuis quelques mois, et les explosions en 2007 de Glass Candy et Chromatics, deux groupes du label Italians do it better, il était prévisible que nous vissions tôt ou tard apparaître quelques pousses nées de ces graines mêlant électronique, disco et ambiances rétro-futuristes. Je vous propose donc trois de ces "nouveaux venus," dans des styles pas forcément contigus, que je vous propose de mettre à l'essai.

I - Le coup de la savonnette, revu à la hausse : la rentrée selon Julian Casablancas :

Il est le dernier des quatre Strokes à se lancer en solo, et a décidé de marquer le coup en allant là où l'on ne l'attendait pas du tout. En interview circa 2003, il laissait entendre qu'il n'écoutait plus que du reggae, lui qui était La voix Rock New Yorkaise de sa génération, et l'on se demandait déjà "Pourquoi ?" avant d'écouter "Room on fire" et de piger que le meilleur album des Strokes intégrait bien le reggae en tant qu'influence assumée.
Ainsi est-on en droit de se poser mille et une questions quant à ce que sera "Phrazes for the young," son premier LP patronymé, à l'écoute du premier extrait, Eleventh Dimension.



Grand succès ou grand guignol ?

Une incursion de Casablancas sur le territoire dansant et outrancier de l'italo est-il scandaleux ? Pourquoi Lou Reed n'a-t-il jamais osé ça ? Tout cela n'est-il pas poseur ? A vous de me le dire.




II - La preuve par (deux mille) neuf, c'est facile avec Music Go Music :

Si vous ne connaissez pas Music Go Music, ça n'est pas grave, parce que vous connaissez forcément le groupe qui les a le plus influencé au moment de l'écriture (et surtout de l'enregistrement du clip) de Warm in the shadows, leur nouveau single, dont voici le fameux clip (filmé "comme si" le groupe jouait dans une émission de télé fictive des années 70 et appelée Face Time) :




Vous avez tout regardé ? Vous avez tenu pendant 9 minutes ? Ça n'est pas si difficile, avouez, même si de nos jours, les chansons de plus de 7 minutes sont en général réservées aux post rockers et - je le sais fort bien - même si la plupart d'entre nous a fini, par la force du Grand Internet, coincé avec une durée moyenne de concentration inférieure à 20 secondes. Si l'on sait comment s'y prendre, tenir 9 minutes n'est pas infaisable. Les garçons peuvent se concentrer sur la chanteuse ou les choristes, les filles n'ont qu'à se poser la question fondamentale "Est-ce que je pourrais entrer dans ce justaucorps American Apparel© un jour ?" Si vous tenez 9 minutes, je vous paie à boire. Si vous restez concentrés 9 minutes sur quoi que ce soit, je suis votre pote. Si après les 9 minutes de Warm in the shadows, vous n'avez pas le refrain en tête, et que vous ne remuez pas un peu dessus, flinguez-vous, z'êtes bons à rien.

La chanson est aussi téléchargeable très gratuitement sur le site de Secretly Canadian.




III - Le rétroviseur tourné vers le capot, Desire trace sa route :

Ici vous êtes au cœur même du label Italians do it better, ce projet (éphémère ?) est en effet mené par Johnny Jewel et Chromatics, auquel s'est greffé la chanteuse Montréalaise Megan Louise, qui donne dans les deux langues, sur une base dansante posée, étirant l'italo des influences vers l'électro-pop la plus pertinente. Vous pouvez streamer Miroir Miroir, ci-dessous :




L'album "II" sera d'ailleurs très bientôt chroniqué sur C'est Entendu, alors souvenez-vous de Desire.
Vous voilà briefés, vous connaissez la suite : un sondage, vous votez, une boîte de commentaires, vous débattez. J'attends vos avis sur ces trois chansons, et sur le revival italo en général. Et en guise de bonus, je vous propose dans le lecteur une piste extraite de la fameuse compilation "After dark" du label Italians do it better, sortie en 2007. Ça s'appelle La Grotta, et c'est prescrit par le Professor Genius.


Joe

[Réveille Matin] Elevated Ruffians - All wrong

Elevated Ruffians est un collectif sud Californien dont le premier LP, "The Magnificent Soul," se paie une pochette si classe que même s'il était à chier vous voudriez avoir dans votre collection.


Si comme moi vous aimez votre peura old school, jazzy, un peu sale, avec des influences soul et dub, et qui aime (forcément) parler de lui-même et de ses pairs, alors vous ne pouvez que prendre votre pied sur All wrong qui résume bien les 41 pistes du double LP homogène, dense et tellement cool d'Elevated Ruffiiiiaaaaans, un groupe qu'il faut écouter.


Joe

lundi 21 septembre 2009

Concours : Nouvel An Belge, le 26 Septembre à Montmartre

C'est Samedi prochain, le 26, qu'aura lieu dans tout le quartier de Montmartre le Nouvel An Belge, un festival étiré sur toute la journée, et réparti entre les rues, les bars, le Cinéma Studio 28 et les salles du concert du quartier pour des animations, des projections et bien sûr des concerts. A cette occasion se produiront de nombreux musiciens d'Outre-Quiévrain, dont feront partie Vive la Fete, Absynthe Minded, Lio et beaucoup d'autres.

Toute la programmation, et plus d'infos, c'est ici.

C'est Entendu vous propose de gagner cinq entrées pour deux personnes pour les concerts du Backstage By the Mill et du Divan du Monde.

Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de répondre par mail à la question suivante avant Vendredi à minuit :

Avec quel énergumène fluo français Lio a-t-elle collaboré en 2007 le temps d'un single ?

Les gagnants seront prévenus par mail. Pour les autres, les festivités commenceront à 16h. Les places sont disponibles en pré-vente ici. C'est Entendu sera là, évidemment.

[Fallait que ça sorte] L'été des oubliés : "Now it's your turn..." (The Desperate Bicycles, héros oubliés du D.I.Y.) - pt. 3

"Now it's your turn"
ou, The Desperate Bicycles, héros oubliés du D.I.Y.
(troisième et dernière partie)

Après la folle année 1978, avec la Peel Session, les concerts, l'e.p., le single, les choses deviennent un peu plus obscures pour les Desperate Bicycles, et on les perd un peu de vue. Le début de l'année 1979 est assez mystérieux à ce sujet. L'interview du NME en 1978 avec uniquement Danny et Nicky était un signe avant-coureur. Et, effectivement, sans trop qu'on sache pourquoi, durant 1979, le line-up du groupe change, avec l'arrivée de Dan Driscoll (alias Dan Electro) à la guitare et Geoffrey Titley à la batterie. Pour en savoir un peu plus sur ce qu'était devenu le groupe à cette époque, il faut se reporter à la seule interview disponible de 1979, réalisée par le fanzine Common Knowledge en octobre 1979, une interview assez révélatrice.

1979-1980 : It's not the sound of something clear.


On y apprend que le groupe aurait été approché par Virgin Records à un moment, et la question de signer ou pas revient sur le tapis. Mais là, on voit bien que le groupe est face à ses propres contradictions entre les différents membres. D'un coté on a Danny, plus pragmatique, disant au début de l'interview : "Je ne voudrais pas signer avec n'importe qui. Seulement si on était vraiment fauchés, ou endettés peut être... ce serait tentant", puis disant plus tard, quand on lui demande si il aimerait en vivre, "Quand je fais des boulots vraiment merdiques, c'est là que j'aimerais en vivre... parfois je voudrais, parfois je ne voudrais pas". De l'autre, on a Nicky qui se révèle être le plus strict au niveau de l'orthodoxie D.I.Y. : "Vous n'avez pas besoin d'une maison de disque", "Je ne voudrais sûrement pas signer, je préférerais travailler à coté, on peut travailler et économiser pendant quelques mois pour faire un disque, comme ça, on a pas le sentiment de devoir vendre ce qu'on a fait". De façon un peu détournée, on comprend mieux le changement de line-up. En effet, on demande à Nicky s'il pense que leur procédé d'enregistrement indépendant peut aller plus loin, s'il pourrait faire intervenir plus de personnes, sur plusieurs projets. Sa réponse est assez révélatrice : "C'est ce que mon frère Roger [qui jouait de la basse dans le groupe] pense. Il a essayé de récolter de l'argent pour faire un film qui parlerait de faire des albums, un genre de film informatif. On a fait un enregistrement d'ailleurs, c'était juste nous trois - on est allé en studio et on a enregistré des trucs. C'était juste son idée et ce n'était pas les Desperate Bicycles. Ça s'appelait "An Evening Out". J'aimais bien l'idée, mais je ne suis pas très bon pour organiser les choses comme ça, et je suis un peu récalcitrant à l'idée de faire une organisation". Et Danny d'ajouter "On a jamais pensé à signer d'autres groupes, parce qu'on deviendrait alors une maison de disque, on aurait des responsabilités, on emploierait des groupes qui travailleraient pour nous. C'est comme ça qu'on le verrait...".

Derrière tout ça, c'est toute la difficulté du D.I.Y. qui apparait. Comment continuer sur le long terme? Comment essayer d'agrandir ses ambitions sans perdre de cette liberté totale? Comment, tout simplement, réussir à trouver l'argent? Danny : "Nous avons dû emprunter de l'argent pour faire cet album, et nous n'avons pas aimé faire ça. Mais on avait attendu tellement longtemps... pressés d'enregistrer. Même si on n'en vend pas un seul, on peut travailler après et rembourser les gens qui nous ont avancé". Cet album dont Danny parle, il a été enregistré en octobre 1979 et sort en février 1980, et c'est le seul album des Desperate Bicycles : il s'appelle "Remorse Code."

Remorse Code

(I Am Nine)

Le groupe qu'on entend en 1979 a beaucoup changé en un an. Il est même assez méconnaissable. Oubliez les Desperate Bicycles aux influences 60's bizarres des premiers singles. Oubliez le groupe un peu punk de l'e.p. Prenant un peu le chemin du morceau Skill, le groupe est bien plus dans son époque et publie un album qu'on peut bien plus facilement qualifier de post-punk. Les messages en eux-même se font plus rares au sein des morceaux. Finis les slogans et autres injonctions à destination de l'auditeur, les paroles sont devenues plus descriptives, plus personnelles sans doute par moments. En ouverture, avec ses guitares électriques, son étonnant harmonica et sa mélodie pop, le morceau I am nine dépeint avec humour le passage "à l'âge adulte" d'un garçon de 9 ans à qui on annonce qu'il va bientôt avoir 10 ans, et qui se sent déjà nostalgique de l'époque où il avait seulement 9 ans, se rendant compte qu'il est déjà grand, déclarant tristement "No more toys for grown up boys". C'est à la fois ironique sur la nostalgie quasi-instantanée que certaines personnes ont de leur passé, mais il y a un fond de vérité qui obscurcit par touches le morceau. Et cette noirceur ironique est présente dans tout l'album, souvent de manière très réussie. A cet égard, l'un des meilleurs morceaux est clairement It's Somebody's Birthday Today, qui décrit la journée d'anniversaire d'un pauvre gars, solitaire, quasiment misanthrope, qui a dit à tout le monde de ne pas lui souhaiter son anniversaire, mais qui rêve au plus profond de lui qu'on le lui souhaitera quand même. La musique suit les paroles : une musique morose et molle, qui se lance soudain, sur un refrain un peu désespéré. Et puis soudain, le morceau passe en accords majeurs, comme dans un rêve de ce pauvre gars et Danny de lâcher un cruel "I can just see him sitting there with his birthday cake! (...) And he's happy, and he's happy". Puis le rêve se dissipe, et retour sur des couplets sombres.

(It's Somebody's Birthday Today)

En soi, musicalement, les Desperate Bicycles poursuivent ce qu'ils avaient fait sur "Occupied Territory," une musique qui suit les paroles et qui est très concrète, très proche des sentiments. C'est le mode d'opération qui a changé en fait. Les morceaux sont plus rapides, la production est plus clean, et le groupe s'autorise des choses inédites. Accords dissonants, sons bizarres, guitares crades, structures compliquées, le tout semble beaucoup plus travaillé, comme si après la spontanéité des premiers temps, le groupe cherchait à faire ses chansons avec plus de soin. A tel point qu'ils osent des morceaux concepts, comme l'impressionnant A Can of Lemonade qui raconte tout simplement l'histoire d'un type un peu timide qui demande de la limonade un jour où il fait chaud en 5 minutes. Mais le groupe fait de cette histoire simple une véritable aventure concrète et prenante, avec bruits de canette, de limonade versé dans un verre et même le son d'un rot, recréant la lourdeur de l'atmosphère, l'impression de crasse de l'ensemble, comme si tout était au ralenti. Et quand Danny lâche finalement "It didn't cure his thirst/It made it worse", le morceau atteint une sorte de climax inattendu mais absolument génial. A côté de morceaux comme celui-ci, d'autres sont plus proches du post-punk "classique", mais ont le mérite d'être énergiques et plutôt originaux, montrant que le groupe n'était pas totalement détaché de son époque, musicalement. Le groupe fait par exemple des essais de groove froid et typiquement londonien façon The Specials sur le brillant Blasting Radio qui clôture l'album, ou sonnent comme un Gang of Four de poche sur Sarcasm aux paroles irrésistibles et critiques ("One friend meets another and they try hard not to care about each other/They think that not caring is nicer than caring/An unspoken agreement")

Mais reste un problème, le problème le plus important de l'album : il est beaucoup trop long. Avec des morceaux dépassant presque systématiquement les 3 minutes alors que ce n'est pas vraiment nécessaire, le groupe semble vouloir trop bien faire et ennuie un peu par moment, surtout par des compositions plus faibles qui manquent un peu de vie et trainent en longueur comme Natural History qui aurait pu convaincre si seulement il ne durait pas presque 4 minutes. Le tout dure 37 minutes, et on en viendrait presque à se demander si le groupe n'était pas finalement plus à son aise sur des formats courts avec moins de morceaux (10 morceaux en tout ici). En remplaçant la fougue originale par une certaine froideur très travaillée, le groupe perd finalement un peu de son charme peut-être, sonne un peu plus commun. Mais cela ne fait pas de "Remorse Code" un mauvais album, bien au contraire, c'est un album très réussi qui contient quelques morceaux absolument indispensables qui montrent un groupe toujours très doué. Plus sérieux, il n'en est pas moins attachant et ne démérite pas du tout dans la discographie du groupe.

Cependant, ce n'est pas vraiment avec cet album que le groupe retrouvera la popularité incroyable de 1978. Certes, l'album se vend plutôt bien et il atteint même la dixième place du classement des meilleures ventes indépendantes en Angleterre à sa sortie. Mais aujourd'hui, c'est un album encore plus introuvable que tout les autres singles du groupe, et il est complètement oublié dans l'histoire du post-punk, injustement évidemment. De toute façon, on ne sait plus trop ce qu'il advient du groupe à ce moment là, et on ne sait pas vraiment pourquoi sort finalement à un moment en 1980, en tirage ultra limité, le single expérimental du groupe The Evening Outs sur Refill Records. Comme Nicky en avait parlé dans l'interview, c'est la musique de ce fameux film que voulait réaliser son frère sur le fait de faire des disques soi-même. Pourquoi le sortir après coup? On n'en sait rien, mais ce single a longtemps été un genre de Graal pour les amateurs et collectionneurs, le single qu'on cherchait partout. Et quand un anonyme a finalement réussi à s'en dégoter un exemplaire et a partagé les morceaux sur internet pour pouvoir savoir enfin ce qu'il y avait sur ce bout de cire, tout le monde a été déçu. En effet, les deux morceaux de ce single, Channel et Stammer, ne sont pas deux morceaux pop comme sur les premiers singles, mais deux improvisations expérimentales très curieuses. Le premier morceau est rempli de basse passée à l'envers, de sons bizarres, avec une voix qui parle en boucle et des cris qui interviennent aléatoirement passant du speaker gauche au speaker droit, le tout pendant 3 minutes très étranges et plutôt agressives. Le second morceau quand à lui est quasiment la même chose mais en plus calme, avec des bruits de percussions et de basse sur lesquels parle un homme. Le tout est incompréhensible, mais assez intéressant en tant qu'unique vestige d'un projet avorté, et unique tentative expérimentale des Desperate Bicycles. Et, d'une certaine manière, c'est presque de la No-Wave anglaise et ça, c'est assez rare pour être noté.

Après ça, on apprend que Nicky quitte le groupe, ce qui fait de Danny l'unique membre fondateur du groupe. Les raisons sont inconnues. Devenus un trio, les Desperate Bicycles sortent finalement au début du mois de Juillet 1980 un nouveau single 3 titres, qui sera leur dernier...

Grief Is Very Private

(Grief Is Very Private)

Ce dernier single est la chose la plus étrange faite par les Desperate Bicycles, et est l'une des formes de pop les plus déroutantes qu'on ait pu entendre dans le post-punk. Au niveau de l'orchestration, c'est méconnaissable. Il y a déjà le retour de l'orgue, omniprésent, qui remplace les guitares, assez absentes, sauf pour faire du bruit par moment. Et puis il y a la basse, l'une des basses les plus étranges au monde, qui joue des tas de riffs complexes et dissonants, elle semble être tout le temps en mouvement, avec un son tout mou, comme si les cordes étaient très détendues, usées. Derrière, une batterie métronomique, typique de l'époque, qui marque des tempos parfois variants avec une rigueur sans vie. A la première écoute, l'auditeur est totalement dérouté, se demande où le groupe veut en venir. Les morceaux sont bizarres, un peu vides, pas vraiment efficaces, plutôt mystérieux, ni tristes ni joyeux. Le morceau titre en est un bon exemple. Il y a ce refrain, bizarre, avec un piano tout joli qui joue des petites mélodies pendant que la basse divague pendant que Danny répète en boucle "La peine est très privée". Il y a les couplets, vides, avec des chœurs qui lâchent des phrases avec froideur. Et puis ce pont, tordu, bruyant, au rythme bizarre. Et le final, passé sous un flanger curieux qui rend le son comme brouillé et faux. Plus aucun thème. Plus aucun message. Le groupe est devenu abstrait. Arty. Tordu. Et un peu triste.


(Obstructive)

Obstructive
poursuit ce chemin en face-b, avec sa batterie post-punk qui se décale, ses chœurs étranges, ce pont soudain majeur avec une sorte de trompette et des claps, et puis toujours cette basse, cette basse incompréhensible toujours très en avant. Au niveau des paroles, on pourrait penser que l'on parle des relations avec les majors ("You offer a solution, it is tempting to accept it but it's not the sound of something clear" ou encore le "Tired of you making conditions") mais ça pourrait aussi être une histoire d'amour, mais ça pourrait aussi ne rien dire du tout, qui sait? Et puis pour conclure, Conundrum ("mystère", le terme est adéquat) dans un ternaire inattendu, avec des pianos un peu effrayants, et qui se termine non sans ironie sur un bel accord majeur joliment envoyé. On est vraiment ailleurs, dans des morceaux bizarres et fascinants, un peu repoussants mais hypnotisant. Et puis au milieu de tout ça, des tubes bancals apparaissent lentement, bizarrement accrocheurs de manière assez incompréhensible. Complètement oubliés, ces morceaux sont brillants et parmi les meilleurs du groupe. Peu à peu, ce single semble vraiment être une réussite totale dans son genre : un post-punk décalé, assez sombre, un peu psychédélique, et avec une tristesse un peu en retrait qui enterre pas mal d'autres groupes de la même époque sans en faire trop. Rien d'autre ne ressemble à ces morceaux. Chef d'œuvre mineur et déprimé, "Grief is Very Private" est un point d'orgue curieux et sombre d'une discographie bordélique.

Après ça? Silence radio. Le groupe se sépare peu de temps après, au début de 1981. Les membres ne reforment pas d'autres projets musicaux, sauf peut être ce projet étrange entre Danny et Geoffrey, nommé Lusty Ghosts (à moins que ce soit le nom de leur album?), qui auraient sorti une cassette sur Refill Records totalement introuvable, si encore elle a jamais existé. En tout cas, ils ne s'expriment plus, disparaissent totalement. Et le groupe de devenir peu à peu oublié, mis de côté par les manuels d'histoires. On sait peu de choses sur ce que Danny, Nicky et les autres sont devenus. Nicky serait parait-il devenu charpentier dans la banlieue de Londres. Tout ce que l'on sait, c'est qu'ils ont toujours refusés de rééditer leurs albums ou de faire des compilations. Pas totalement coupés du monde, ils sont intervenus quand des gens essayaient de vendre des CD-R avec la discographie du groupe sur eBay, mais ils ne peuvent rien faire quand leurs singles originaux se vendent à des prix comme 180$, bien loin de l'éthique du groupe. En soi, ils refusent tout commerce de leur musique. Quand, finalement, quelqu'un a mis sur internet leur discographie complète en téléchargement gratuit, ils n'ont pas bronché. Ils refusent les interviews, souhaitent rester discrets, ne se reformeront sans doute jamais.

Pourtant, les Desperate Bicycles restent parmi les groupes les plus influents de tout le post-punk. Et si ce n'est pas l'Histoire avec un grand H qui leur donnera raison à la fin, les reléguant dans un pur rôle de curiosité, ils sont clairement l'un des groupes les plus passionnants, attachants et géniaux de toute cette période. Leur musique est encore aujourd'hui une source d'inspiration incroyable et leur message n'a pas perdu de sa fougue ou de sa puissance avec le temps, bien au contraire. A leur échelle, les Desperate Bicycles sont donc des héros et des modèles. Ils l'ont été grâce à leur talent et leur volonté. Et maintenant? "Maintenant, c'est votre tour".


(Juillet - Septembre 2009)
Emilien.


Pour relire les épisodes précédents : Partie 1 et Partie 2


Annexe :

Quand Derek Erdman a mis gratuitement les morceaux du groupe en téléchargement sur son site en 2004, il a enfin permis à de nombreux curieux (dont moi) de pouvoir écouter toute la discographie de ce groupe si obscur. Des tas de débats ont suivi ensuite sur internet dont je vous fais grâce. Mais mon avis est le suivant : tant qu'aucune réédition du catalogue des Desperate Bicycles n'existera (si encore on part du principe qu'une réédition existera dans le futur, ce dont je doute), alors il me semble que la distribution gratuite de leur musique est valable et juste. Parce que devoir s'acheter des vinyles à plus de 100$ pour écouter leur musique, ce n'est ni "easy" ni "cheap". Ainsi donc, j'ai regroupé tout les mp3 mis en ligne par Derek Erdman (en y ajoutant le single des Evening Outs), les ai taggés correctement et les ai classés dans un seul et même fichier zip que je vous propose de télécharger ci-dessous, pour avoir beaucoup plus simplement sur votre ordinateur la discographie complète des Desperate Bicycles et les découvrir plus simplement :

[Réveille Matin] YACHT - Psychic City

Jona Bechtolt est un jeune garçon que j'aime bien. Il suffit d'écouter le très réussi dernier album du duo The Blow, "Paper Television" (2005) sur lequel il s'était occupé de la programmation et des instrumentations avec brio pour s'en rendre compte. Mais avec son projet solo YACHT, y'a toujours quelque chose qui cloche : le brave garçon s'évertue à vouloir faire danser les gens à tout prix alors qu'il est meilleur quand il se décide enfin à faire des tubes qui reposent sur autre chose que des gros beats. Il sait écrire des chansons mais n'en écrit pas vraiment. C'était comme ça sur "I Believe In You Your Magic Is Real" en 2007. C'est pareil avec son récent "See Mystery Lights," un album sorti sur le label Death From Above (co-fondé par James Murphy, le cerveau de LCD Soundsystem) et enregistré avec sa petite amie Claire L. Evans - ce qui est pas forcément le meilleur truc à faire, écoutez du Paul McCartney solo pour vous en rendre compte. Et l'auditeur de devoir encore une fois faire le tri dans ces albums pour en sortir les petites pépites pop des choses affreuses sous vocoder (le côté bien, c'est qu'avec encore un album, on aura assez de bons morceaux en tout dans sa discographie pour se faire une petite compile de 10 morceaux).


Ainsi donc, naufragé de ce mini-désastre, le petit tube tout mou Psychic City, qui apparaît comme le dernier rempart pour ceux qui refusent de croire que les vacances sont finies. Rythmique très (trop?) décontractée avec des bruits de gouttes d'eau, chant de gens fatigués de ne rien faire, le tout respire le farniente estival sous une chaleur pesante, et les "Ah-ya-ya-ya" du refrain sont suffisamment pop et relâchés pour rester inexorablement dans votre tête. Au milieu de tout ça, Claire chante, ou plutôt parle toute seule au sujet de villes psychiques et de gens qui lui disent qu'ils feront un gâteau pour elle, on pige pas très bien ou elle veut en venir mais on s'en fout complètement en fait parce que dans l'ambiance ronronnante de l'ensemble, ça convient parfaitement, surtout quand elle lance "I told you your dreams would come true" et que les synthétiseurs se lancent dans des petites mélodies mignonnes vers la fin. Alors que l'été 2009 vit ses dernières heures, je ne sais pas si on peut trouver meilleure bande son à cette agonie. C'est dans le player à gauche, as usual.


Emilien