C'est entendu.

vendredi 18 septembre 2009

[Réveille Matin] Can - Vitamin C (et dialogue ouvert)

Hé vous ! Vous avez l'air d'avoir besoin de Vitamine C. Non mais vraiment, je sais que vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire, et pourtant le nombre de vos commentaires ne décolle pas. Montrez-nous l'amour ! Vous savez vous avez le droit de nous proposer des challenges, aussi, du style "vous voulez bien me parler de telle chanson, j'aimerais avoir votre avis là-dessus" ou bien "dites m'en plus sur tel groupe, s'il vous plait Messieurs et Dames de C'est Entendu, parce que vous en parlez souvent et ça m'intrigue" ou encore "pas cap' de chroniquer tel truc, bande de cornichons !"
Rien ne dit que nous le ferons (nous avons tous les droits), rien ne dit que nous répondrons à tout, surtout si vous sortez trop de nos frontières, mais rien ne vous empêche d'essayer.

Et puis si des choses vous gênent dans le rythme de publication actuel, vous êtes conviés à l'exprimer, histoire que l'on soit à même de vous proposer en temps réel le meilleur service possible. Oui, c'est gratis, et en plus on prend vos doléances, c'est beau, c'est frais, c'est entendu.

Ah j'oubliais ! Can est le meilleur groupe allemand de tous les temps. A votre droite, Damo Suzuki, le chanteur (le plus connu) du groupe, et qui est le meilleur chanteur asiatico-anglo-allemand de tous les temps.
Par ailleurs, constatez comme la basse de ce morceau est méga bien. Comme diraient les Inrocks "nous l'avons écoutée mille et une fois, nous l'avons aimée." C'est fastoche la critique rock.


Joe

jeudi 17 septembre 2009

[C'est tout vu] Tout s'écoute, tout s'entend gratis

Cette semaine, les albums sont mis en écoute intégrale gratuite aux quatre coins du net, et comme nous aimons vous remplir les poches de bon son, nous ne nous privons pas de vous fournir quelques adresses à la cool.

Commençons par Girls, dont le premier LP, "Album," qui sera chroniqué ici dès sa sortie, mardi prochain, est en écoute ici :



Passons à "Embryonic," l'album des Flaming Lips prévu pour le mois prochain, et que vous pourrez écouter en entier sur le site du Colbert Report, jusqu'à Lundi prochain.

Et enfin, nous vous en avons déjà parlé, le super-groupe Monsters of Folk (M Ward, Jim James, Mike Mogis, Conor Oberst) propose sur son Myspace l'intégralité de son premier album.

Mais ce n'est pas tout, car qui dit rentrée excitante (oui oui, et vous verrez que nombreux sont les nouveautés à nous emballer dès la semaine prochaine), dit gros paquet de news, dont la première concerne le second album de Vampire Weekend, qui sortira en Janvier 2010 (c'est si loin !) mais ce qui nous intéresse pour l'instant est sa pochette qui doit largement plaire à Ralph Lauren et à sa clique de fabricants de pulls :


Et puis parce que nous aimons les groupes de filles et que The Konki Duet est un BON groupe de filles, voici une reprise du My Girls d'Animal Collective par Zoé, de The Konki Duet :



Et puis, remercions Grandcrew de mettre à la disposition des internautes tant de chouettes vidéos live, dont la dernière en date présente un concert entier de la folkeuse Alela Diane. Regardez-ça ici, dans votre fauteuil, pas besoin de remuer vos vieux os :



En vrac, il est EXTRÊMEMENT important de savoir que Lily Allen raccroche son micro pour faire l'actrice, que Phil Selway, le batteur de Radiohead, prépare un premier album solo avec entre autres Glenn Kotche (Wilco) et Lisa Germano, et qu'une version collector pas indispensable de l'album culte de Spiritualized, "Ladies and gentlemen we are floating in space"sortira le 16 Novembre.

[Réveille Matin] Paul Simon - One Trick Pony

Bonjour à tous ! Ce matin, laissez-moi vous conseiller un film via la chanson-titre de sa bande originale. En 1980, Paul Simon se lance dans la réalisation, et tourne un film en partie autobiographique mettant en scène un songwriter de soft rock (du rock posé avec des influences jazz et easy listening) entre deux âges, à une période charnière de sa vie, tiraillé entre les tournées, qui le confrontent à des groupes plus jeunes et moins ringards (les B-52's jouent parfaitement ce rôle), un après-divorce difficile, et l'enregistrement d'un nouvel album, soumis à l'approbation d'un costume-cravate de maison de disques (Rip Torn) et dirigé par un producteur grandiloquent (en la personne de Lou Reed). Un fameux film pour les amateurs de musique, donc, plus travaillé et rigolo que l'eût été un documentaire. Voyez-le, donc !

La bande originale a donc été l'occasion pour Paul Simon de sortir un album original supplémentaire, dans le style mouligasse cher aux anciens folkeux des années 60 reconvertis au rock, et qu'il avait déjà développé tout au long des années 70 avec plus ou moins de réussite, notamment sur le très bon "Still crazy after all these years" (1975).
Concernant le morceau lui-même, je vous propose de l'écouter dans le lecteur, ou bien sur la vidéo ci-dessous (un extrait du film, d'ailleurs), et de juger de la qualité du groove du bassiste inconnu au bataillon et de celui de tout le groupe d'ailleurs, Simon (et son chant) compris, qui parviennent à jouer une sorte de soft groove, tout en précision et en douceur, que je trouve mollement dansant et follement bon.




Joe

mercredi 16 septembre 2009

[Réveille Matin] ESG - Dance

Une basse, des percussions, des voix. Le tout sur un seul accord et avec des mélodies ultra simples. Parfois, vous avez pas besoin de grand chose d'autre. Less is more. Et personne d'autre qu'ESG n'a su démontrer ça avec autant de brio. Ce groupe ovni est une bizarrerie musicale folle mésestimée qui mérite totalement un coup de chapeau, que ce soit dans le cadre de l'été des oubliés ou dans celui de notre cycle sur la basse.

Imaginez : Les soeurs Scroggins vivent dans le sud du Bronx dans les années 70, et écoutent James Brown. Leur maman, ne voulant pas qu'elles tournent mal, leur achète des instruments de musique. Principalement des percussions parce que ça coûtait moins cher. Pour les occuper. Ça donne quoi quelques années plus tard? ESG, un groupe culte, fondé en 1978, injustement méconnu et pourtant beaucoup samplé, des Beastie Boys aux Liars (réponse hilarante du groupe face à ça dans le nom d'un e.p. : "Sample credits don't pay our bills") , qui a tout simplement créé un sens du groove minimaliste visionnaire et jouissif. Un groove qu'on a énormément entendu depuis, surtout dans les années 2000, pour le meilleur (que serait LCD Soundsystem sans ce groupe ?) comme pour le moins bon (vous vous souvenez de Dance To The Underground de Radio 4 way back en 2002 ? Le riff de basse était pompé sur Moody d'ESG). Il faut dire que ESG ne ressemblait à rien de connu ni à l'époque, ni aujourd'hui, et sonne pourtant comme un groupe familier, un groupe qui parle à tout le monde. Entre des percussions répétitives complètement frénétiques dont les polyrythmies feraient danser un mort, des basses funky parfaitement en adéquation avec l'état d'esprit post-punk qui était partout en Angleterre (je parle des basses à la Public Image Limited ou A Certain Ratio, deux groupes dont elles ont fait les premières parties), quelques guitares sombres toutes droit sorties de la no-wave new-yorkaise la plus crasseuse (leur tube UFO a un "riff" basé sur des bruits dissonants de guitare terrifiants), et un côté limite Motown dans les mélodies et les chœurs, il y a une espèce de recette ESG, invariable et impeccable, à la fois lugubre et joyeuse, mais toujours d'une efficacité redoutable.


Une preuve concrète, ce qui est peut être l'un de leurs meilleurs morceaux, extrait de leur premier album Come Away With ESG, sorti en 1983 (un album indispensable à toute bonne discothèque, et qui n'a pas pris une ride) : Dance (que vous trouverez dans le player à gauche). Tout est dit dans les 30 premières secondes de ce monolithe de 4 minutes et demi. Tout est là, la batterie qui appuie un rythme binaire implacable, le tambourin et les claps qui tuent, la voix entêtante et soul qui vous lance "Well, I went to a party/And I wanted to dance all night (...) I want to DANCE!", puis surtout la basse, invariable, groovy en diable qui monte et qui descend tout en restant sur un même accord sans fin, une basse sombre, même pas mise en avant dans le mix, mais qui soutient le morceau à elle toute seule. Le morceau n'évoluera jamais, tout juste un genre de refrain, et puis des passages sans basse où la batterie balance des breaks à pleurer. Le but, c'est de créer une transe par la répétition non stop. Que le morceau dure 1 minutes ou 15, peu importe, il n'y a qu'une rythmique sans fin qui ne devrait de toute façon jamais s'arrêter et qui fonctionne miraculeusement. Les paroles sont réduites à un minimum vers la fin, où il n'y a plus que des "Dance!" des "Well well well", et puis des "Yii Yii Woo Woo Woo!" aigus. Reste ce beat, ininterrompu, invariable, métronomique et, putain, tellement dansant.

Précurseur? Pas qu'un peu, ESG est une pierre angulaire d'une grosse partie de la musique qu'on peut écouter aujourd'hui, un groupe qui mérite sa réputation et qui a marqué autant la dance music et le rock que l'électro ou le hip-hop, un groupe que je n'hésiterais pas à qualifier d'important, et ayant sa place dans l'histoire de la musique rock moderne. Laissez moi vous dire que ça, c'est pas donné à tout le monde. A une soirée parfaite, tout le monde danserait sur ESG. Mais tout comme il n'y a pas de bonne musique dans les soirées, il n'y a pas de justice dans ce monde, et ESG reste un groupe méconnu. Alors aidez-nous à propager la bonne parole et à faire découvrir ESG à tout le monde. Pour qu'enfin, en entendant la plupart de la musique arty dansante qui sort actuellement, vous puissiez dire vous aussi, d'un ton snob quoique tout à fait honnête : "ouais, bof, ESG faisait déjà pareil mais en mieux y'a plus de 25 ans".


Emilien.

mardi 15 septembre 2009

[Extinction] Patrick Swayze

Il est tombé, lui qui avait été l'un des acteurs cultes d'une génération, en jouant dans trois films cultes de la même génération (Dirty dancing, Ghost, Point Break), laissant aujourd'hui pour compte cette génération vieillissante, laquelle commence à avoir perdu pas mal de ses repères de jeunesse (souvenez-vous que John Hugues est mort il n'y a pas longtemps). Mais nous ne sommes pas là pour parler cinéma, et si l'on vous bassine avec la mort de Pat' Swayze, c'est surtout pour ça :



Hommage


Joe

[Réveille Matin] Iggy Pop - Five Foot One

Bonjour à tous ! Le saviez-vous, Iggy Pop a écrit (et parfois composé) de fameux albums après les Stooges et après les deux albums produits par David Bowie pour son come-back en 1977 ("The Idiot" et "Lust for life"). Non mais je vous le dis parce que j'ai l'impression que trop peu de gens le savent, s'en souviennent ou s'en soucient, alors que c'est important ! Pourquoi laisser de côté tout un pan (le plus vaste) de la carrière d'un artiste aussi cool, novateur, débile et attachant que ce bon vieil Iggy ?

En 1979, soit deux ans après une folle série (pas moins de trois LPs et plusieurs lives apparurent tout au long de 1977), Iggy enregistrait "New Values," un disque qu'il voulait plus personnel, composé par lui (et co-produit par son ancien acolyte des Stooges, James Williamson, qui tient aussi la guitare), moins ambitieux que les deux essais produits par Bowie, mais sensé prouver au monde qu'Iggy n'avait besoin de personne pour enregistrer un bon album. Dont acte.

Si "New Values," parfois inégal, n'est pas le plus réussi de tous les albums sortis par Iggy lors de sa longue carrière solo, il est tout de même l'accomplissement du but fixé par son auteur, et la synthèse de cette réussite est le single 5''1, dont il est question ici.

La basse, ici, démarre le morceau et en est le moteur ad lib (le morceau finit sur un fade out). C'est l'une de ces basses "sous bassement" dont nous vous parlions l'autre jour et qui insuffle suffisamment d'énergie au morceau pour que les autres instruments n'aient plus qu'à booster l'ensemble, que cela soit la guitare, la batterie ou bien ces cuivres arrangés par Scott Thurston.

Je vous laisse avec Iggy qui vous racontera mieux que moi son histoire de type trop petit (5''1 représente environ 1m55) pour faire tout ce qu'il veut, et qui souhaiterait que la vie soit un magazine Ikea :




Assez tristement, l'intro est coupée pour ce clip...


Joe

lundi 14 septembre 2009

[C'est tout vu] Plein air, EPs et signatures

Ouvrons cette page de news sur une nouvelle qui fera plaisir à tous ceux qui voient en David Michael Stith l'une des révélations de cette année : deux nouveaux EPs sont programmés pour cet Automne. "Thanksgiving Moon" sortira le 3 Novembre et "Braid of Voices" le 8 Décembre. Chacun comprendra une demi douzaine de titres et aura droit à une pochette (encore une fois) très classe :



Plus d'infos sur le site d'Asthmatic Kitty.

Voici maintenant de quoi régaler les amis du plein air : une session acoustique de Marissa Nadler, la jeune fille définitivement révélée depuis son "Songs III : Bird on the water" de 2007, directement suivie par le même genre de session, cette fois dédiée à Andrew Bird. Les deux captations ayant eu lieu ) lors du festival de La Route du Rock 2009 :





Merci à grandcrew.com


Enfin, sachez aussi que Beach house vient de signer sur le label Sub Pop pour lequel le duo vient de terminer l'enregistrement de son troisième album, qui paraitra début 2010.

[Réveille Matin] Wire - I am the fly

Bonjour à tous ! Nous vous avons déjà parlé de Wire il y a quelques temps de cela, car ce groupe (et particulièrement leur second album, "Chairs Missing") nous tient à cœur, et dans le cadre de nos petits entretiens matinaux sur la guitare basse, il était naturel que je vous présente l'une des compositions les plus franchement originales de l'album en question.


I am the fly est étrange. C'est une chanson qu'il me semble naturel d'entonner tel un hymne, beuglant sans répit les infâmes paroles du refrain "I am the fly / Fly in the ointment" (que l'on pourrait traduire par "je suis le cheveu sur la soupe" plutôt que par "je suis la mouche dans la crème" même si cette traduction-ci est plus FACILE), et remuant frénétiquement au rythme saccadé du chant de Colin Newman, qui s'évertue à répéter quatre fois qu'il est la mouche, qu'il est la mouche, qu'il est la mouche, qu'il est la mouche, mouche dans la, mouche dans la, mouche dans la crème. Tout cela pendant que Graham Lewis maintient le morceau à flot en insufflant un groove ingénieux, très caractéristique du post-punk, une ligne pas vraiment métronomique, jouée à l'instinct, pas vraiment démonstrative, allant simplement à l'essentiel.

Certains (beaucoup ?) d'entre vous trouveront le morceau laid : les claps du refrain, l'accent de Newman, les paroles, la répétition, peut-être même la guitare (inconscient !), et vous aurez bien peu de chance de n'avoir pas été chopés par l'insecte fait pop, le groove rentre dedans qui ne se laisse pas apprivoiser facilement de cette chanson étant pour l'auteur de ces lignes l'une des plus grandes réussites de la musique anglaise depuis, disons, toujours.

Joe

dimanche 13 septembre 2009

[45 Tours] New Order - Age of Consent

J'y connais rien en basse et je suis un guitariste frustré qui joue à "Guitar Hero", mais je ne suis pas inculte non plus alors quand on me demande un riff de basse trop bien j'y vais pas par quatre morceaux, le bassiste ce sera Peter Hook, la basse une "Yamaha BB1200s Fretless" et pour le groupe j'ai l'embarra du choix entre Joy division, New Order, Revenge ou Monaco et même si ma chanson préféré restera à jamais Love will tear us apart de Joy Division, le morceau le plus significatif du style Hook est sans conteste Age of consent de New Order sur l'album "Power, corruption & lies" (1983).

Le gaillard à l'égo sur-dimensionné avoue s'inspirer des lignes de basse de la Motown et de celles de Jean-Jacques Burnell des Stranglers, mais en écoutant Hook on ne distingue aucune de ses deux influences, son style est unique et vraiment caractéristique : toute la mélodie du morceau est contenue sur ses 4 cordes. Parmi les belles réussites de Hook en peut aussi citer She's Lost Control et Twenty-Four Hours chez Joy division, mais sur Age of consent le riff est carrément dément, Hooky joue de la basse comme un dieu et l'emmène au delà du beat synthétique et métronomique. Sa basse parait légère et telle une cavalcade épique elle virevolte en diffusant une mélodie divine.

La noirceur de Joy Division encore très présente sur leur premier album ,"Movement," semble être évacuée. Ce morceau est le manifeste d'un nouveau groupe qui s'affirme et qui veux s'affranchir de son passé, désormais New Order s'adonne à l'hédonisme allant même jusqu'à ouvrir leur propre club avec Factory Records et Tony Wilson : La Hacienda à Manchester qui devient rapidement Le lieu incontournable de débauche des années 80. Mais sous son apparente légèreté, Age of consent, qui sonne comme une libération n'est encore que le bout du tunnel vers la lumière, et ce n'est pas anodin s'il est question d'une séparation dans cette chanson, une rupture amoureuse consentie mais dure à accepter. En regardant de près les paroles sont quand même très ambigües, on peut y déceler beaucoup d'amertume, un sentiment de trahison et notamment lorsque Sumner chante "And I’m not the kind that likes to tell you / Just what I want to do," par extrapolation on peut aisément supposer qu'il fait référence au suicide. Le fantôme de Ian Curtis rôde encore sur ce titre, d'ailleurs si on écoute ce morceau en 33t avec un tempo lent et la voix grave on dirai un morceau de Joy Division. Age of consent est une chanson pleines de contrastes entre des paroles sombres et une musique festive et c'est comme bien souvent ce que la pop peut offrir de meilleur.

Bref ce morceau est un classique et ça n'est un secret pour personne à part peut-être pour les deux autres membres du groupe, Bernard Sumner et Stephen Morris qui n'ont jamais vraiment laissé le bassiste exprimer son talent autant que sur ce titre, si bien qu'au final et au bout de 28 ans de bons et loyaux services chez New Order, Hooky en a eu marre et a enfin décidé de se barrer et de se la jouer Leave me alone loin de ses deux ex-compères, mais peut-être l'entendra-t-on nous rejouer Regret dans quelques temps ...




Djeepthejedi