C'est entendu.

vendredi 12 juin 2009

[Vise un peu] Passion Pit - Manners

Avis à tous les possesseurs de GameBoy et autres consoles portables obsolètes du millénaire dernier : ne les fourguez pas ! Ne les jetez pas ! Branchez plutôt votre vieux dictaphone analogique du millénaire dernier et pillez les bandes sons de vos cartouches de jeux préférés ! Vous pourrez ensuite allègrement tapisser vos compositions banales de ces mélopées, complètement sur-saturées par le son devenu méchamment affreux après passage de la console de jeu vers votre dictaphone vers le micro voix de votre ordinateur jusqu'à la console de votre ingé son. Si ça ne suffit pas, ajoutez un brin de saturation supplémentaire et vous serez parés pour surfer sur la même vague que Passion Pit.

J'ai du manquer une marche dans l'escalier qui menait à la pop indépendante américaine de ces jours-ci, celle sur laquelle se trouvait la NeoGeo et la Lynx. En même temps, je ne suis pas mécontent d'avoir raté cette marche-là, parce que je me serais certainement viandé en bas de l'escalier si j'avais posé pied sur une NES. Je suis arrivé à bon port sans me rendre compte que ce genre de choses pouvait fonctionner, que des gens pouvaient se retrouver là-dedans. Pourtant, j'en avais entendu causer de tout ce bazar ! J'ai entendu des trucs de Crystal Castles - un autre groupe qui marche à mort, d'ailleurs - et je connais des gens qui trouvaient fun l'idée d'utiliser des sons de jeux Commodore 64 ou d'Atari pour habiller des chansons, mais je pensais que ce serait plus souterrain. N'en jetez plus ! Le genre a même un nom, maintenant : "bitpop" (habile jeu de mot, je le reconnais, et considéré comme un sous-genre du "chiptune...").

Ce qui me frappe surtout, c'est que cet album (comme d'autres) soit autant mis en avant. J'ai lu un paquet de chroniques dans un paquet de webzines, magazines, journaux, blogs, et chacun encensait plus ou moins Manners. Je me pose alors la question : suis-je le seul à ne pas comprendre à quel moment le quidam lambda peut avoir envie de passer un tel disque ? Une chanson, à la limite, pourquoi pas ? Et puis, ça peut être considéré comme amusant, mais tout un LP ? Outre les sons kitsch, les chansons majoritairement passables et le son horrible (première cause de mortalité chez les nourissons !), le chanteur a le mauvais goût de suivre la voie pavée du chant sans coffre, aigu et criard que chérissent tous les amoureux d'Animal Collective (le même genre de chant que l'on retrouve chez Phoenix, par exemple). Sur ce point, chacun est libre d'avoir son opinion, mais vous aurez compris que c'est loin d'être ma marque favorite de pâte à tartiner. Je vous laisse cependant l'opportunité de vous faire une idée, avec le clip de Sleepyhead, ci-après, et I've got your number, en écoute dans le lecteur (qui ne figure pas sur cet album, mais sur un précédent EP, c'est important). N'hésitez pas à donner votre avis.







P.S. : Ne croyez pas que la chasse à la hype est devenu mon hobby, je trouve juste que les médias musicaux ne se distinguent pas vraiment par leur singularité d'opinions ou par les alternatives qu'ils proposent, en ce moment, ce qui résulte souvent en l'exaltation massive de produits ou artistes consensuels, pauvres, ou juste hors de propos. Évidemment, ceci reste un avis personnel, et une fois de plus je ne prétends pas détenir le goût infus, mais ça ne fait jamais de mal de proposer une vision différente lorsqu'un artiste est encensé. Merci de votre attention.

jeudi 11 juin 2009

[45 Tours] Papercuts - Future Primitive (2009)

Une fois n'est pas coutume, je vous propose un single ne surgissant pas des profondeurs des tops 50 des temps jadis. J'ai envie aujourd'hui de vous faire écouter ce chouette single d'indie pop, issu de l'album You can have what you want, sorti cette année, afin de vous prouver que je ne suis pas devenu le vilain méchant anti-mou que vous imaginez depuis la chronique choc de l'album de Sébastien Schuller. Voilà donc ce que je considère comme une chanson molle qui remue. Oubliez Schuller et ne vous sentez pas obligés d'écouter le reste de l'album de Papercuts, bien plus terne et critiquable, et envoyez vous le clip de Future Primitive (disponible dans le lecteur, comme d'hab') :


mercredi 10 juin 2009

[Vise un peu] Peaches - I feel cream

Bite nichon chatte fion, et tout est dit ? Non.
Au moins ceux qui s'attendent (forcément) à du vulgos et du crado en lisant un article consacré à Peaches ne pourront pas se considérer déçus. Peaches est désormais précédée par sa réputation de provocatrice poilue, et c'est bien dommage pour ceux que cela pourrait repousser, mais cela reste à mon avis tout à son honneur. Avoir partagé une chambre avec Feist, copiné avec Gonzales (un type moins punk que France Gall, tout de même) et faire sa réputation en quelques phrases crues et quelques poils drus, ce n'est pas rien.
Cependant, on ne peut pas reproduire album après album une même recette, au risque de s'autocaricaturer et de tourner en rond, et puis les gens (biens) changent, ils évoluent, ils n'ont pas indéfiniment envie de la même chose, et Peaches est de cette trempe-là.
Pour son quatrième album, Peaches semble en avoir assez de son image ("Serpentine, Serpentine, never a straight line, Serpentine"), et cela se ressent dès l'emballage : la pochette est certes moche et un brin kitsch, elle propose néanmoins une représentation assez "conventionnelle" de la femme Peaches, ce qui est déjà beaucoup vis à vis de ce qui a été fait par le passé. Le titre même, "I feel cream" est plutôt soft après les rentre-dedans "Fatherfucker" et "Impeach my bush" (littéralement "Accuse ma touffe").

Ne vous leurrez pas : nous parlons d'un album de Peaches. Merril Nisker n'a pas repris son patronyme et cet album est tout de même dans la continuité des précédents. Les paroles tournent autour des thèmes de la relation humaine et gravitent toujours très près de la sphère du sexe (Trick or Treat ou Mommy Complex pour les plus évidentes), cependant on trouve quelques allusions un brin moins primaires avec les deux singles, le tube un brin facile mais diablement et agressivement efficace Talk to me (dont le clip est visible ici) et l'électro-slow Lose You (visible ici).



Sur ce disque, pas de guitares, mais Peaches a récupéré le matériel analogique berlinois de Jamie Lidell quand ce dernier déménagea et l'électronique de l'album en tire la chaleur et l'énergie que l'on retrouve aussi chez Fever Ray, et cela donne les meilleures chansons (Mud, More, Take you on ou Serpentine). Quelques facilités au passage (Billionnaire et son rap un peu léger) n'empêchent pas l'ensemble d'atteindre bien plus que ce que l'on aurait pu attendre de la part d'une artiste qui aurait pu s'embourber dans une surenchère de vulgarité et qui s'en sort finalement mieux que beaucoup et beaucoup mieux que peu.

Faites un tour sur son Myspace où trois chansons de l'album vous attendent et tendez l'oreille en direction du lecteur où une quatrième débarquera dès demain.

lundi 8 juin 2009

[C'est tout vu] Living la Vidz loca !

En guise d'apéritif avant de reprendre sur un rythme régulier la série de chroniques entamée, voici une série de clips dans des styles assez variés, qui vous tiendront informés de l'actualité de quelques artistes qui la font (l'actu). On commence avec le Lose you de Peaches, issu de son nouvel album, qui se verra probablement chroniqué assez vite par ici :





Place au trio français anglophile de Revolver, très demandés par la presse musicale en ces temps de sortie d'album, avec leur tout premier single, Get around town :





Pour les gens rendus affables par les nouveautés et préférant largement le revival 90's, ou tout simplement pour ceux qui y étaient (au Primavera Festival il y a quelques jours), les Vaselines jouent à la radio la fameuse Jesus wants me for a sunbeam, plus connue par la reprise qu'en avait fait Kurt :





Voilà tout pour aujourd'hui. On se retrouve très vite pour du bon et du moins bon.