Bonjour, connaissez-vous Judee Sill ? Cette bonne femme morte en 79 a sorti deux albums de folk superbement arrangés au début des années soixante dix. Je vous les conseille, mais la question n'est pas là, elle est qu'American Dust s'apprête à sortir une compilation en son hommage, sous forme de reprises de ses chansons par des artistes tels Marissa Nadler, Final Fantasy ou encore Daniel Rossen (de Grizzly Bear) et bien d'autres. Voici la pochette de ce chouette projet qui verra le jour à l'Automne :
jeudi 21 mai 2009
mercredi 20 mai 2009
[Fallait que ça sorte] Lester Bangs, Rock Singer
Vous a-t-on a déjà couillonnés avec ce triste jeu consistant à poser la question suivante :
On m'a déjà fait le coup, perso, et je n'avais pas trop su quoi répondre, étant alors un ado sans idole, mentor ou personne proche récemment décédée. Ce qui est certain, c'est que si on me posait la question aujourd'hui, je répondrais probablement Lester Bangs, vu que je n'en ai carrément rien à braire de Kurt Cobain, que je ne vois pas ce que j'aurais à raconter à Alexandre le Grand, que les anecdotes pourries de Jean Moulin me laisseraient de marbre, que Mel Gibson serait indisponible (car choisi, en réponse à la même question, par mon frangin, et donc à table avec lui), et que Basile Boli me déçoit chaque jour un peu plus.

Lester était, pendant la période de sa vie la plus intéressante du moins, un poivrot et un junkie. Certes. Mais il était aussi amoureux de rock music, curieux, passionné, et un foutrement bon auteur. Soit.
Vous savez ce que l'on dit des critiques : ils jugent les créateurs à défaut de savoir ou de pouvoir créer. Évidemment, vous savez aussi que cette idée est monceau de bouse. Il suffit de penser à Baudelaire, et elle s'écroule. Lester avait toujours eu derrière la tête de monter sur scène, et l'avait fait à quelques reprises, pour jouer de l'harmonica ou brailler lors de concerts d'amis. Une fois, il lui fut même offert de se produire pendant un concert du J. Geils Band, muni de sa machine à écrire, mimant l'exercice d'écriture pendant que le groupe jouait, avant de démolir son instrument dans un exercice de style Townshendien.
Cependant, en 1979, lui et Robert Quine (prononcer kwaïn') devinrent amis, et ce dernier, membre des Voidoids de Richard Hell, et guitariste inventif et extrêmement talentueux, fut certainement l'élément déclencheur de l'envie de Lester de mettre en musique certains de ses poèmes et textes. Les deux hommes mirent sur pied un groupe et arrangèrent une douzaine de chansons, avant d'en sélectionner deux, qui furent finalement enregistrées.
Sur la face A, Let it Blurt ("Laisse pisser"). Quine y fait une démonstration du son (léché et ciselé) et du jeu (répétitif, comme une machine qui s'enraye lentement jusqu'à imploser) qui sont sa marque de fabrique, alors que Lester, encore très peu versé dans l'art du chant rock (il prendra par la suite des cours de chant), beugle une sorte de Billy Jean sordide ponctué d'invectives à sa contrepartie (dans la chanson c'est sa copine, mais on peut y voir une certaine marque de misogynie en rapport avec sa mère) et empreinte d'un paquet de références
culturelles (au Velvet Underground, aux drogues, aux Stooges).
Live, sur la face B, est un appel à l'éveil des masses (sans aucune notion de politique, ice ne sera d'ailleurs jamais un sujet de prédilection pour Lester). Le très bon texte et les guitares noisy de Quine sont cependant plutôt desservies par le chant de Lester, que certains compareront à un "phoque qui serait en train d'aboyer". Malgré tout, ce single mérite une écoute approfondie, ne serait ce que pour apprécier à sa juste valeur le jeu de Robert Quine, (photo) qui restera l'ami de Lester jusqu'à sa mort trois ans plus tard, mais refusera pourtant chaque nouvelle solliciation de ce dernier de collaborer à nouveau. En ce qui vous concerne, pas la peine de vous casser la tête à imaginer à quoi pouvaient bien ressembler ces deux chansons, ou de vous décarcasser pour le trouver dans le commerce (bon courage !), puisque vous pouvez l'écouter en intégralité dans le lecteur portable consacré à cet article, que vous trouverez ci après.
Quelques semaines plus tard, toujours en 1979, Lester se rapprocha de Mickey Leigh, guitariste et petit frère de Joey Ramone, et après avoir enrôlé un bassiste et un batteur, se lancèrent dans des séances de répétitions pendant lesquelles le groupe arrangea plusieurs textes de Lester, avant de donner une série de concerts et d'enregistrer un album, Birdland with Lester Bangs (qui ne sortira officiellement qu'en 1986, soit quatre ans après la mort de Lester). Il ne m'a malheureusement encore pas été donné d'écouter cet album, plutôt difficile à se procurer, mais vous pourrez néanmoins vous faire une idée avec Let all come down, présente dans le lecteur dédié.
En proie à des tensions internes (les musiciens ayant des commentaires à faire sur les textes de Lester, lequel était alors peu clair et un brin dictateur) et peu apprécié lors de leurs concerts par un public (pourtant averti) trouvant en Lester un piètre songwriter vis à vis de ses talents d'auteur, Birdland se sépara de Lester, lequel resta très déçu par cette expérience de groupe, et n'envisagea plus la scène pendant un moment.
Ce n'est qu'en 1980, lors d'un voyage à Austin, Texas, où il avait été invité par Billy Gibbons (de ZZ Top), qu'il se remit à auditionner pour un groupe qui serait "son" groupe, et qui mettrait en musique ses textes sans vouloir les modifier. Il finit par tomber sur les Delinquents, groupe local de new wave, qui avaient déjà un (plus que fameux, je vous en reparlerai) 45 tours à leur actif, et qui, entre deux séances d'enregistrement pour leur propre premier album, se laissèrent enroler pour enregistrer tout un album avec Lester.
A mon sens, le plus cohérent et réussi des projets de Lester, l'album en question, Jook Savages on the Brazos (littéralement "Les fondus de la piquouse sur le Brazos" - le Brazos étant un fleuve Texan), reçut un accueil chaleureux de la critique à sa sortie, en 1981, et se révéla bien plus intéressant que l'album des Delinquents, mêlant new wave et country (Lester joue de l'harmonica sur l'album, et notamment sur Legless Bird) en ce que certains considèreront comme l'un des disques fondateurs de la country alternative (genre par la suite largement dominé par Uncle Tupelo puis Wilco).
Les connexions de Lester permirent au groupe d'officier en première partie de Talking Heads (alors au sommet de leur carrière) lors de leur passage à Austin.
Sur l'album figurent de nombreux morceaux datant de l'époque Birdland (comme Day of the dead, Give up the ghost, Accidents of God et I'm in love with my walls), ainsi qu'une adaptation du Grandma's House de Dale Hawkins (auteur entre autres du fameux tube repris mille fois, Susie Q) dont Lester modifia les paroles pour en faire une histoire de serial killer ("I wish I brought along my rifle on my way to Grandma's house"). Legless Bird est quant à elle un hommage coquace au Surfin Bird des Trashmen, tube repris par les Ramones quelques années plus tôt, sur leur second album.
Les Delinquents, menés par leur bassiste Brian Curley montrent ici beaucoup plus de choses que sur leur album, et si sur Legless Bird, Grandma's House ou Life is not worth living and Suicide is a waste of time (chanson hilarante critiquant la philosophie punk tronquée de Richard Hell avec des paroles comme " You call yourself a nihilist just 'cause you read Celine, put cigarettes out on your wrist you still won't be James Dean") les références country sont légion (respectivement le chant , l'harmonica et le banjo), ce qui sous-tend la musique du groupe est une sorte de punk rappelant Richard Hell and the Voidoids (sur Give up the Ghost ou Nuclear War) et le Velvet Underground (sur Day of the Dead et encore plus Kill him again, le jeu de guitare est clairement influencé par le second album du Velvet).
Ce qui fait la qualité de ces chansons, en dehors du talent des Delinquents ou des textes de Lester, est l'implication plus importante de ce dernier, notamment sur I just want to be a movie star, pour laquelle il alla jusqu'à jouer lui-même la partie lancinante de slide guitar accompagnant les élucubrations beuglées du personnage de la chanson, poivrot notoire hurlant depuis le bar sur lequel il est affalé qu'il sait qu'il n'est pas Brigitte Bardot, ni Marlon Brando, mais qu'il aimerait bien être un star de cinéma.
Le chant de Lester est lui aussi bien meilleur que sur Let it blurt/Live. Mieux maîtrisé, plus diversifé, et la qualité de l'interprétation de ses textes s'en ressent forcément. Le jeu de guitare d'Andy Fuertsch (très proche de celui de Robert Quine) sur Life is not worth... est un autre atout de ce disque et c'est pourquoi je vous propose d'écouter quatre des onze morceaux dans le lecteur ci-dessous, à commencer par cette chanson, qui a été pour moi la révélation d'un grand groupe éphémère, dernière incarnation de la musique selon Lester Bangs, qui se sépara après quelques concerts donnés entre 1980 et 1981, lorsque Lester rentra à New York.
Si tu pouvais passer une soirée - ou journée, ou semaine, remplacez-ça par ce que vous voudrez - avec la personne de ton choix, DEAD or ALIVE, tu choisirais qui ?

Lester était, pendant la période de sa vie la plus intéressante du moins, un poivrot et un junkie. Certes. Mais il était aussi amoureux de rock music, curieux, passionné, et un foutrement bon auteur. Soit.
Vous savez ce que l'on dit des critiques : ils jugent les créateurs à défaut de savoir ou de pouvoir créer. Évidemment, vous savez aussi que cette idée est monceau de bouse. Il suffit de penser à Baudelaire, et elle s'écroule. Lester avait toujours eu derrière la tête de monter sur scène, et l'avait fait à quelques reprises, pour jouer de l'harmonica ou brailler lors de concerts d'amis. Une fois, il lui fut même offert de se produire pendant un concert du J. Geils Band, muni de sa machine à écrire, mimant l'exercice d'écriture pendant que le groupe jouait, avant de démolir son instrument dans un exercice de style Townshendien.
Cependant, en 1979, lui et Robert Quine (prononcer kwaïn') devinrent amis, et ce dernier, membre des Voidoids de Richard Hell, et guitariste inventif et extrêmement talentueux, fut certainement l'élément déclencheur de l'envie de Lester de mettre en musique certains de ses poèmes et textes. Les deux hommes mirent sur pied un groupe et arrangèrent une douzaine de chansons, avant d'en sélectionner deux, qui furent finalement enregistrées.Sur la face A, Let it Blurt ("Laisse pisser"). Quine y fait une démonstration du son (léché et ciselé) et du jeu (répétitif, comme une machine qui s'enraye lentement jusqu'à imploser) qui sont sa marque de fabrique, alors que Lester, encore très peu versé dans l'art du chant rock (il prendra par la suite des cours de chant), beugle une sorte de Billy Jean sordide ponctué d'invectives à sa contrepartie (dans la chanson c'est sa copine, mais on peut y voir une certaine marque de misogynie en rapport avec sa mère) et empreinte d'un paquet de références
culturelles (au Velvet Underground, aux drogues, aux Stooges).Live, sur la face B, est un appel à l'éveil des masses (sans aucune notion de politique, ice ne sera d'ailleurs jamais un sujet de prédilection pour Lester). Le très bon texte et les guitares noisy de Quine sont cependant plutôt desservies par le chant de Lester, que certains compareront à un "phoque qui serait en train d'aboyer". Malgré tout, ce single mérite une écoute approfondie, ne serait ce que pour apprécier à sa juste valeur le jeu de Robert Quine, (photo) qui restera l'ami de Lester jusqu'à sa mort trois ans plus tard, mais refusera pourtant chaque nouvelle solliciation de ce dernier de collaborer à nouveau. En ce qui vous concerne, pas la peine de vous casser la tête à imaginer à quoi pouvaient bien ressembler ces deux chansons, ou de vous décarcasser pour le trouver dans le commerce (bon courage !), puisque vous pouvez l'écouter en intégralité dans le lecteur portable consacré à cet article, que vous trouverez ci après.
Quelques semaines plus tard, toujours en 1979, Lester se rapprocha de Mickey Leigh, guitariste et petit frère de Joey Ramone, et après avoir enrôlé un bassiste et un batteur, se lancèrent dans des séances de répétitions pendant lesquelles le groupe arrangea plusieurs textes de Lester, avant de donner une série de concerts et d'enregistrer un album, Birdland with Lester Bangs (qui ne sortira officiellement qu'en 1986, soit quatre ans après la mort de Lester). Il ne m'a malheureusement encore pas été donné d'écouter cet album, plutôt difficile à se procurer, mais vous pourrez néanmoins vous faire une idée avec Let all come down, présente dans le lecteur dédié.En proie à des tensions internes (les musiciens ayant des commentaires à faire sur les textes de Lester, lequel était alors peu clair et un brin dictateur) et peu apprécié lors de leurs concerts par un public (pourtant averti) trouvant en Lester un piètre songwriter vis à vis de ses talents d'auteur, Birdland se sépara de Lester, lequel resta très déçu par cette expérience de groupe, et n'envisagea plus la scène pendant un moment.
Ce n'est qu'en 1980, lors d'un voyage à Austin, Texas, où il avait été invité par Billy Gibbons (de ZZ Top), qu'il se remit à auditionner pour un groupe qui serait "son" groupe, et qui mettrait en musique ses textes sans vouloir les modifier. Il finit par tomber sur les Delinquents, groupe local de new wave, qui avaient déjà un (plus que fameux, je vous en reparlerai) 45 tours à leur actif, et qui, entre deux séances d'enregistrement pour leur propre premier album, se laissèrent enroler pour enregistrer tout un album avec Lester.A mon sens, le plus cohérent et réussi des projets de Lester, l'album en question, Jook Savages on the Brazos (littéralement "Les fondus de la piquouse sur le Brazos" - le Brazos étant un fleuve Texan), reçut un accueil chaleureux de la critique à sa sortie, en 1981, et se révéla bien plus intéressant que l'album des Delinquents, mêlant new wave et country (Lester joue de l'harmonica sur l'album, et notamment sur Legless Bird) en ce que certains considèreront comme l'un des disques fondateurs de la country alternative (genre par la suite largement dominé par Uncle Tupelo puis Wilco).
Les connexions de Lester permirent au groupe d'officier en première partie de Talking Heads (alors au sommet de leur carrière) lors de leur passage à Austin.Sur l'album figurent de nombreux morceaux datant de l'époque Birdland (comme Day of the dead, Give up the ghost, Accidents of God et I'm in love with my walls), ainsi qu'une adaptation du Grandma's House de Dale Hawkins (auteur entre autres du fameux tube repris mille fois, Susie Q) dont Lester modifia les paroles pour en faire une histoire de serial killer ("I wish I brought along my rifle on my way to Grandma's house"). Legless Bird est quant à elle un hommage coquace au Surfin Bird des Trashmen, tube repris par les Ramones quelques années plus tôt, sur leur second album.
Les Delinquents, menés par leur bassiste Brian Curley montrent ici beaucoup plus de choses que sur leur album, et si sur Legless Bird, Grandma's House ou Life is not worth living and Suicide is a waste of time (chanson hilarante critiquant la philosophie punk tronquée de Richard Hell avec des paroles comme " You call yourself a nihilist just 'cause you read Celine, put cigarettes out on your wrist you still won't be James Dean") les références country sont légion (respectivement le chant , l'harmonica et le banjo), ce qui sous-tend la musique du groupe est une sorte de punk rappelant Richard Hell and the Voidoids (sur Give up the Ghost ou Nuclear War) et le Velvet Underground (sur Day of the Dead et encore plus Kill him again, le jeu de guitare est clairement influencé par le second album du Velvet).

Ce qui fait la qualité de ces chansons, en dehors du talent des Delinquents ou des textes de Lester, est l'implication plus importante de ce dernier, notamment sur I just want to be a movie star, pour laquelle il alla jusqu'à jouer lui-même la partie lancinante de slide guitar accompagnant les élucubrations beuglées du personnage de la chanson, poivrot notoire hurlant depuis le bar sur lequel il est affalé qu'il sait qu'il n'est pas Brigitte Bardot, ni Marlon Brando, mais qu'il aimerait bien être un star de cinéma.
Le chant de Lester est lui aussi bien meilleur que sur Let it blurt/Live. Mieux maîtrisé, plus diversifé, et la qualité de l'interprétation de ses textes s'en ressent forcément. Le jeu de guitare d'Andy Fuertsch (très proche de celui de Robert Quine) sur Life is not worth... est un autre atout de ce disque et c'est pourquoi je vous propose d'écouter quatre des onze morceaux dans le lecteur ci-dessous, à commencer par cette chanson, qui a été pour moi la révélation d'un grand groupe éphémère, dernière incarnation de la musique selon Lester Bangs, qui se sépara après quelques concerts donnés entre 1980 et 1981, lorsque Lester rentra à New York.
mardi 19 mai 2009
[Viteuf] Cass est la voie
Bonjour, après un calembour aussi minable, voici le clip de Dreams come true girl, le premier single extrait de Catacombs, le nouvel album de Cass McCombs :
[45 Tours] Talking Heads - The Great Curve (1980)
En 1980, Talking Heads étaient au sommet de leur créativité à travers la collaboration entre leur chanteur, David Byrne, et Brian Eno (ex Roxy Music, collaborateur de David Bowie, compileur de la No Wave New Yorkaise, futur collaborateur de U2, Coldplay, etc... Ce type a été partout et a bossé avec tout le monde depuis le début des années 70, de toutes façons).Le concept de Remain in light, afrobeat post-punky, new wave funkisante, et probablement l'un des albums portant le mieux le qualificatif "mutant," c'est d'avoir été assemblé.
Des lignes de basses, des riffs de guitares, et autres mélodies, prises séparément et assemblées artificiellement par les savants fous Byrne et Eno pour composer une mosaïque musicale semblant couler de source, une musique ni noire, ni blanche : une musique mulatre, une musique métisse, une musique café au lait, oui, voilà, c'est ça. Talking Heads, c'est du café au lait : certains pensent "digestion difficile" quand d'autres n'y voient que la meilleure façon de démarrer la journée.
Voici une version live vraiment super, en accompagnement de l'enregistrement studio présent dans le lecteur, sur votre gauche :
lundi 18 mai 2009
[Alors quoi ?] En un éclair, j'ai digéré plusieurs années
Oh mon dieu je viens d'avoir un flash. J'ai vu passer devant mes yeux les mots "Benny" et "Benassi". J'avais totalement oublié ce truc. Ça ne vous le fait jamais ? C'est bizarre comme sensation. On est tranquillement assis dans un sofa maxi modèle, on lit un magazine ou on regarde la téloche, et puis tout d'un coup c'est la vision. Un mot, une idée, un visage vous auront rappelé quelqu'un ou quelque chose que vous aviez totalement occulté. Vous voyez le nom d'André Manoukian et pof vous vous souvenez tout à coup de Peter André, le gossbo sclému des années 90. Vous zappez sur LCP et ça vous rappelle la mort d'Ayrton Senna. Vous visionnez un reportage sur les baleines et vous vous rappelez Carlos.
C'est un drôle de sentiment que l'on éprouve alors. Mélange de plaisir (celui de n'avoir pas une mémoire entièrement ravagée), de nostalgie (celle de l'époque à laquelle la-dite personne ou chose officiait encore, époque bénie des Dieux à laquelle vous n'étiez pas forcément plus heureux qu'aujourd'hui, mais les problèmes d'alors font partie du passé, alors ça passe) et de pitié (pitié pour le sujet de votre épiphanie, qui se révèle en général être de l'ordre du freak humain, du kitsch ou du pathétique).
Eh bien, en surfant sur le net, je suis tombé sur le mot Benassi, et j'ai repensé au clip affreux de Satisfaction, qui embuait les ondes hertziennes il y a encore quelques années, et j'ai éprouvé ce triple sentiment mitigé. Cela dit, ce qui a prévalu dans tout ça était tout de même le plaisir. Celui de la victoire, car je me sens presque victorieux en envisageant Benny Benassi comme Le Passé. Ce type (?) était à son apogée ma nemesis. Je faisais feu de tout bois pour casser du sucre sur le dos de Benny Benassi. Je haïssais ce truc. Le fait que l'on n'en entende plus jamais parler, c'est ma petite victoire. Certains se contentent de voir gagner leurs favoris à la Nouvelle Star, moi c'est la disparition de la surface de la Terre de Benny Benassi.
Vous voyez, le plus rigolo c'est que l'idée à l'origine de tout ce que je vous raconte là, l'idée du flash-de-déjà-vu-plein-de-pitié, tout un tas de types en auraient fait un bouquin. Un bouquin je vous dis ! Un livre, quoi. Édité chez Plon à coup sûr. Et ils seraient passés chez Ruquier pour causer de leur livre, et pour rencontrer Zemmour. Ben, perso, j'en ai fait un article, sur mon blog.
P.S. : J'ai l'affreuse impression d'avoir réveillé les morts, d'avoir tendu la main à Charles Manson, d'avoir tendu les fesses à Guy George, d'avoir retiré le coutelas à l'arrière du crâne de Sylar. Cet article je le regrette un peu.
C'est un drôle de sentiment que l'on éprouve alors. Mélange de plaisir (celui de n'avoir pas une mémoire entièrement ravagée), de nostalgie (celle de l'époque à laquelle la-dite personne ou chose officiait encore, époque bénie des Dieux à laquelle vous n'étiez pas forcément plus heureux qu'aujourd'hui, mais les problèmes d'alors font partie du passé, alors ça passe) et de pitié (pitié pour le sujet de votre épiphanie, qui se révèle en général être de l'ordre du freak humain, du kitsch ou du pathétique).
Eh bien, en surfant sur le net, je suis tombé sur le mot Benassi, et j'ai repensé au clip affreux de Satisfaction, qui embuait les ondes hertziennes il y a encore quelques années, et j'ai éprouvé ce triple sentiment mitigé. Cela dit, ce qui a prévalu dans tout ça était tout de même le plaisir. Celui de la victoire, car je me sens presque victorieux en envisageant Benny Benassi comme Le Passé. Ce type (?) était à son apogée ma nemesis. Je faisais feu de tout bois pour casser du sucre sur le dos de Benny Benassi. Je haïssais ce truc. Le fait que l'on n'en entende plus jamais parler, c'est ma petite victoire. Certains se contentent de voir gagner leurs favoris à la Nouvelle Star, moi c'est la disparition de la surface de la Terre de Benny Benassi.
Vous voyez, le plus rigolo c'est que l'idée à l'origine de tout ce que je vous raconte là, l'idée du flash-de-déjà-vu-plein-de-pitié, tout un tas de types en auraient fait un bouquin. Un bouquin je vous dis ! Un livre, quoi. Édité chez Plon à coup sûr. Et ils seraient passés chez Ruquier pour causer de leur livre, et pour rencontrer Zemmour. Ben, perso, j'en ai fait un article, sur mon blog.
P.S. : J'ai l'affreuse impression d'avoir réveillé les morts, d'avoir tendu la main à Charles Manson, d'avoir tendu les fesses à Guy George, d'avoir retiré le coutelas à l'arrière du crâne de Sylar. Cet article je le regrette un peu.
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