C'est entendu.

samedi 16 mai 2009

[45 Tours] Romeo Void - Never Say Never (1982)

Parfois on entend une chanson et la voix du chanteur ou de la chanteuse possède ce petit quelque chose qui nous chope. Un je ne sais quoi de sexe, de groove et de cool. Alors, on en vient assez vite à s'imaginer le physique de cette personne, enfin c'est ce que je fais assez vite, pas vous ? Forcément, l'imagination rend la personne en question proche de ce que l'on aimerait qu'elle soit, c'est à dire aussi cool et attirante que sa voix le laisse entendre... Malheureusement, ou heureusement, lorsque l'on est confronté au vrai visage derrière la voix, la surprise est parfois totale. Pensez à Susan Boyd, la probable gagnante du British Got Talent (oui, enfin, dans son cas, c'était plutôt l'inverse : visage puis voix)...
Romeo Void était un groupe New Wave d'Austin (Texas) au début des années 80, dont le seul hit fut Never say never, et dont la chanteuse, Debora Iyall, n'avait absolument pas le visage auquel vous penseriez en écoutant sa voix. Je vous laisse écouter la chanson (dans le lecteur) avant de cliquer ici pour découvrir son physique, et je vous enjoins à regarder le clip en noir et blanc qui fut l'un des premiers à passer sur MTV :






P.S. : Est-il réellement "mal" de parler du physique, si on le fait pour mettre en avant un groupe obscur dont la musique est super ? Vous méditerez là-dessus.

vendredi 15 mai 2009

[Fallait que ça sorte] Lester Bangs, Rock Critic

Je ne connais rien à la musique.
Lester Bangs

Il y a fort longtemps que je souhaite vous parler de Lester Bangs. Cet homme-là fait partie de ces choses ou de ces gens que j'ai mis du temps à aimer. Il fait partie de ces choses ou de ces gens qui réclament de la patience, de l'attention, et un abandon total. Un peu comme Nine Inch Nails, qu'on exècre aux premières écoutes et qui finit par nous prendre à revers, à rebours. Au départ je haïssais réellement Lester Bangs et puis tout d'un coup, j'ai saisi l'homme et la noblesse de son humour vibrionnant, et j'ai amèrement regretté mes premiers jugements hâtifs. Désormais je porte un amour et une admiration sans limites à cet homme.
Avec Lenny Kaye (collaborateur de Patti Smith, rock critic et l'homme qui a eu l'idée de compiler les fameuses Nuggets), Lester est ma plus grande passion critique de la musique rock moderne. Il faut dire que Lester a eu les moyens de se surpasser, lui qui a été entouré d'une troupe solide et hilarante (Richard Meltzer, Nick Tosches, Greil Marcus ou encore Robert Christgau pour ne citer que les plus célèbres), ainsi que d'une équipe de rédaction fidèle et d'un magazine attitré : Creem.


Là où d'autres faisaient leur chemin en tant que professionnels et ne pouvaient que s'éloigner de la critique rock en devenant des salariés du business de la critique rock subventionnée et du potinat people, Lester Bangs semblait davantage impliqué dans le choix et la récurrence de thèmes suggérés par lui-même et toute sa bande de bras cassés (le rock à trois accords, le bruit, ainsi que des choses bien plus ambitieuses que le rock progressif...) au fil d'improvisations continues. Parce que Bangs travaillait avant tout pour l'équipe, il ne monopolisait pas les caméras et s'adressait à ses lecteurs à la première personne du pluriel. Une de ses grandes qualités c'est aussi son talent pour faire écrire les autres et pour les faire briller (comme ce fut le cas pour Cameron Crowe, auteur de Presque Célèbre, ou de Jim DeRogatis, auteur de la biographie posthume de Lester, Let it Blurt ("Mégatonnique Rock Critic" dans son édition française). Un mec en or, quoi.

Au point que d'année en année son travail se fit de plus en plus précis et efficace. Les temps morts des premières œuvres disparurent, l'humour se fit plus acéré et d'une liberté absolue. Bangs semblait toujours opter pour l'essentiel, l'évident, et poussait les artistes à donner leur maximum, avec comme méthode l'idée indélicate de commencer chaque interview par la question la plus impertinente ou offensante qui pouvait lui venir. Les mêmes thèmes revenaient sans radotage et son personnage de grand enfant fondamentalement bon et redoutablement grossier était fait de couleurs et de traits uniques.

En somme il y a un esprit Lester Bangs, commun à tous ses travaux. Un esprit très fin dans sa grossièreté (car il ne s'agit pas de vulgarité) apparente. Aucune bassesse dans ces écrits, ou alors involontaires, et regrettées puis expiées par la suite. Lester était un gosse de 2 mètres de haut et il avait la moustache de Magnum. Il était si ringard qu'il en devenait cool. Un peu comme l'un de ses sujets favoris Don Van Vliet, qui après une demi-vie de musicien d'avant-garde, s'est laissé aller à faire ce qu'il aime apparemment le mieux faire : peindre.

Je considère Lester Bangs comme un auteur, dont l'œuvre, cohérente à souhait, est à considérer dans son ensemble. C'est le plus grand auteur américain de tous les temps, même s'il n'a jamais pris le temps d'aller jusqu'au bout de l'un des romans qu'il avait commencés, trop occupé à écouter des disques et à disserter sur la culture populaire, et à en devenir l'un des acteurs. J'exagère peut-être (quoique...). Bangs, dans chacun de ses articles, dressait des portraits touffus, fouillés, entiers, très différents et à la fois toujours attachants des musiciens, qu'il respectait immensément, véhiculant toujours un message sincère et simple, évident, glorifiant l'amitié et l'enfance. Le souffle de vie de Lester et de ces personnages auxquels on s'identifie toujours, dont on a envie d'être l'ami intime, l'oppose à bien d'autres soi-disant critiques du moment. Je pense par exemple à Tania Bruna-Rosso. J'ai bien envie de terminer cet éloge de Lester Bangs par un pet rapide et fulgurant sur Tania Bruna-Rosso. Tania Bruna-Rosso est à Lester Bangs, ce que Daniel Moreira est à Didier Drogba. Il est à Bangs ce qu'un pigeon voyageur aveugle et amputé d'une aile est à MSN live messenger. Tania Bruna-Rosso est à Lester Bangs ce que mon relevé de banque est à mon relevé de notes, et si je suis bon élève, niveau finances je suis vraiment à payole !

Vous allez me dire, tout cela est bien charmant, mais où peut-on lire les écrits ancrés dans l'actualité d'un américain mort depuis bientôt trente ans ? Et surtout quel intérêt ?
Trois lectures essentielles sont disponibles dans la langue de Molière.


Premier recueil de textes, basé sur les deux Tables des Matières proposées successivement par Lester de son vivant à des maisons d'éditions, Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués est l'ouvrage qu'il vous faut lire avant le reste. Greil Marcus, le fameux critique et auteur, ami et mentor de Lester, l'a édité suivant une Table des Matières révisée pour raconter l'histoire de Lester. La majeure partie de ses écrits les plus importants y figurent, dans un ordre chronologique, mettant de façon passionnante en exergue l'évolution du personnage de Lester, de son écriture, et de ses idées, avec notamment des revirements d'opinions sur des disques, des artistes ou des attitudes, comme dans l'article du Village Voice, "Les suprématistes du bruit blanc," traitant avec fort à propos du racisme dans le milieu Punk. On y trouve aussi une épopée anglaise en compagnie des Clash, véritable aventure réaliste et remettant les choses à leur place quant à l'idéalisation des musiciens, tout comme l'entretien de Lester avec Richard Hell. La passion infinie de Lester pour le Velvet Underground, Patti Smith ou l'album de Van Morrison, Astral Weeks, vous laisseront babas, mais c'est sur les interviews et reviews de disques de Lou Reed que vous vous ruerez en priorité. Ce sont les écrits les plus célèbres de Lester, et ce n'est pas pour rien : deux junkies tétus, bavards, intellectuellement en conflit et agressifs dans la même pièce et le résultat est là.

Second recueil, assemblé par son ami John Morthland, Fêtes sanglantes et mauvais goût n'est pas seulement un bonus à Psychotic Reactions : c'est un complément.
En effet, dans son optique chronologique, Marcus a laissé de côté de nombreux pans de l'oeuvre de Lester, et dans ce recueil, d'avantage classé par thèmes que suivant la chronologie, on retrouve des artistes plus obscurs, mais aussi des compilations concernant des valeurs sûres telles les Rolling Stones, Lou Reed ou Miles Davis. Le passage le plus intéressant est le chapitre consacré aux voyages de Lester : Californie, Austin, France et surtout la semaine passée à Kingston, en Jamaïque, écho de l'épopée anglaise du premier volume.

Le troisième ouvrage, écrit et compilé par Jim DeRogatis (auteur et critique rock du Chicago Sun-Times, entre autres) est une biographie très documentée de Lester, retraçant son enfance à El Cajon, ses débuts en tant que rock critic, son déménagement à Detroit pendant l'ère Creem, puis la fin de sa vie à New York, à travers le mouvement Punk, ses conquètes, ses addictions et ses amis. Le seul reproche que je peux faire à cette bio est le passage consacré à la mort de Lester, beaucoup trop précis, médical, froid, et finalement inutile, pour le quidam ayant lu les deux cents cinquante pages précédentes, plus intéressé à priori par la vie de Lester que par sa mort, mais passons. Pour dire les choses clairement, une biographie est souvent rébarbative (chiante à mourir), celle-ci tient largement la route, et apprend plus qu'elle ne déshabille.

Maintenant, "pourquoi lire Lester Bangs ?"
Parce que c'était un grand auteur et que personne n'a jamais mieux écrit sur la musique rock.
Pourquoi lire Victor Hugo ? Tocards....



Fin de la première partie.
Lire la deuxième partie.

mercredi 13 mai 2009

[C'est tout vu] En écoute libre cette semaine

Faute de sorties très intéressantes ces deux dernières semaines, je vous propose de vous faire votre propre idée sur un certain nombre de disques récents que, personnellement, je n'apprécie pas suffisamment pour en dire du bien, ni non plus du mal.

En cliquant ici, vous pourrez écouter le nouvel album de Wilco, affublé de l'affreux nom "Wilco (The Album)" et de l'affreuse pochette ci-après:






Dans un style différent, Jarvis Cocker a autorisé The Gardian a diffuser des extraits de son nouvel album, Further Complications, que vous pourrez écouter ici. La pochette, pour rappel :







Ensuite, passons à Animal Collective qui a étrenné une nouvelle chanson, Bleed, en concert, récemment, chanson écoutable ci-dessous ou au sein du live dont elle est extraite, en streaming, ici :









Et enfin, voici le premier extrait du nouvel album d'Iggy, Préliminaires. Ca s'appelle King of the Dogs :




Promis, je vous propose bientôt des choses diablement plus intéressantes.

lundi 11 mai 2009

[Quitte ou double] St Vincent, Vendôme ou Fantome ?

J'avais pensé faire une critique du dernier album de St Vincent, j'avais même envisagé de consacrer un article à Annie Clark, le visage derrière le nom, mais je préfère vous demander vos avis sur cette femme, sa musique et son dernier clip, celui du single Actor out of Work, que voici :




Après cette introduction, je vous propose quelques photos d'Annie Clark, qui a notamment travaillé avec Sufjan Stevens et au sein de Polyphonic Spree :


Et voici la pochette d'Actor, second album de St Vincent, sorti la semaine dernière, dont vous pouvez écouter des extraits sur son myspace :



Exprimez-vous ! Que pensez-vous du clip, du single, du regard d'Annie Clark ? Pensez-vous que c'est efficace, intéressant, nuisible, "pourri" ? Je veux vous entendre sur ce sujet, alors lâchez vos commentaires à mort.