C'est entendu.

vendredi 24 avril 2009

[45 Tours] Elvis Costello - Pump it up (1978)

Bien avant Susan Boyle et ses sourcils amazoniens, longtemps avant Thom Yorke et son œil bionique, il y avait Elvis Costello. Version anglaise du rocker disgracieux planqué derrière une gigantesque paire de lunette, comme Buddy Holly ou Roy Orbison en leur temps, Elvis est l'homme qui, en pleine explosion punk, assume pleinement l'influence du rock'n roll originel des années cinquante : américain, blanc, binaire, sexuel. Alors que les piliers du phénomène punk (les Pistols en tête) s'obstinent à vouloir faire table rase du passé, tout en jouant, très paradoxalement, un rock'n roll survitaminé, et rien de plus, Costello revendique ce passé, et en profite pour en faire, lui, quelque chose de neuf, devenant ainsi l'un des pionniers de la New Wave.
Sur la pochette de son second album, This Year's Model, Costello pose en photographe de mode, prenant un cliché de l'acheteur du disque (c'est vous, ça), et son physique ne l'empêchera pas, avec le succès de ce disque, de devenir une des plus grandes pop stars anglaises des années 80.
Le voici donc dans le clip de Pump it Up (double sens notoire donnant à peu près : "montez le volume / branlez-vous"), son single le plus sexy, avec une ligne de basse/batterie propice au pogo, vous ne trouvez-pas ?


jeudi 23 avril 2009

[Quitte ou double] Golden Silvers, nouvelle sensation ou fraude éhontée ?

Vous connaissez le principe : je lance un gladiateur dans l'arène, et vous, Empereurs du Goût, vous contentez de hausser ou baisser le pouce selon votre clémence, agrémentant le-dit choix d'une once d'explications, de préférence.
Aujourd'hui je soumets à votre jugement le jeune trio anglais Golden Silvers, dont le premier album, True Romance, sortira dans quatre jours seulement.
Je vous propose donc de faire passer le test de l'applaudimètre deux des trois premiers singles du groupe, Magic Touch et True Romance (True N°9 Blues), dont voici les clips:








Notez qu'en guise de bonus, vous pouvez entendre le troisième single dans le lecteur.
A vous de jouer !

mercredi 22 avril 2009

[C'est tout vu] Préliminaires, Méliès et Mauvaise Hype

Iggy Pop sortira le 18 Mai son nouvel album, Préliminaires, dont le visuel a été réalisé par Marjane Satrapi , et que l'on dit déjà plutôt jazzy et inspiré par Michel Houellebecq (sur la chanson Kings of the Dogs). Surprenant... Vous pouvez dores et déjà le commander ici.



Considérez-cela comme un bonus à l'article de Lundi, voici le clip du nouveau single de Metric, Help I'm Alive:






Pour ceux d'entre vous qui considèrent Deerhunter comme l'un des groupes importants de cette fin de décennie (ce n'est pas mon cas), sachez que le groupe publiera un nouvel EP de cinq chansons, Rainwater Cassette Exchange, le 8 Juin. Voici de quoi écouter la chanson titre (merci Pitchfork):


[45 Tours] The Proclaimers - (I'm gonna be) 500 Miles (1988)

Vous savez quoi ? Je trouve que cette semaine débute avec beaucoup trop de glamour. Ces photos à la pelle d'Emily Haines, la voix sexy de Kim Gordon, non, je ne veux pas qu'on pense que C'est Entendu est un blog prosélyte du showbiz à belle gueule.
C'est pourquoi la fin de semaine sera essentiellement dédiée aux musiciens et personnalités que la Nature n'a pas gâtés, tous ceux, qui, la notoriété venant, n'ont pas su se séparer de leurs boutons, de leurs lunettes à double vitrage, de leurs fringues ringardes, ou de leur gaucherie maladive. Ces hommes et ces femmes hideux qui ont réussi.

La fratrie Reid, écossais homonymes des autres frères Reid, ceux de Jesus & Mary Chain, autres freaks humains notoires, n'auraient jamais pu atteindre le haut des charts sur leurs seuls physiques de jumeaux à égalité parfaite dans le mauvais goût vestimentaire, n'arrangeant en rien leurs visages de geeks attardés planqués derrières d'identiques paires de lunettes en cul de bouteille, sous des coiffures vraiment affreuses.
Seulement, il vous faudra passer outre l'apparence pour mieux apprécier la pop de ces deux gars, à travers leur tube le plus connu, remis récemment au goût du jour pour certains après un fameux épisode de How I Met Your Mother. Sans plus attendre, voici donc le clip atroce de 500 Miles :





P.S. : Pour les guerriers parmi vous, capables de supporter un son atroce, voici un live qui vaut son pesant de cacahuètes !

lundi 20 avril 2009

[Viteuf] Sacré farceur

Un premier extrait du prochain album de Sonic Youth est enfin révélé ! Sacred Trickster:



(via Matador)

[Vise un peu] Metric - Fantasies

Peter Case se remet lentement mais sûrement d'une opération à cœur ouvert impromptue qui l'a clairement mis dans un sale pétrin. En effet, il est souvent préférable, aux États Unis, de crever comme un chien plutôt que de se faire opérer sans assurance: tout le monde gagne du temps. Mais ne vous en faites pas, une organisation à but non lucratif a été très vite créée pour lever des fonds afin de l'aider à rembourser le coût de son opération. Sacré Peter.

Et là, vous devriez commencer à vous demander de QUOI je vous parle. "Qui est ce Peter Case ?" se demanderont les plus jeunes, et "Quel rapport avec Metric ?". Ces deux bonnes questions ont une simple réponse: Peter Case est l'un des trois types qui ont en quelque sorte démocratisé la Power Pop, avec Jack Lee et Paul Collins, au sein de The Nerves, au milieu des années 70, puis avec son groupe, The Plimsouls, au début des années 80, après avoir transmis le flambeau à toute une pallanquée de chouettes groupes dont le parangon fut bien entendu Blondie (dont le tube Hangin' on the Telephone était une reprise de The Nerves, le saviez-vous ?). Or à l'écoute des trois premiers albums de Metric, l'influence de Blondie n'était pas dissimulée, vous en conviendrez, ne serait ce que dans le line-up mettant très en avant la chanteuse Emily Haines - blonde (et sexy)... je n'invente rien - et un savant mélange de guitares punk rock et de synthés new wave, sans pour autant avoir l'air emprunté.

Pourtant, comme disait mon oncle :
Ecouter un disque de Power Pop, c'est comme se créer un Twitter. Ca défoule, c'est cool, on y revient une ou deux fois, et puis on l'oublie vite.
Seulement, entre Live it Out (2005) et Fantasies, le groupe a fait un break, chacun allant dans sa propre direction pendant que ressortait leur premier album (Grow up and blow away), injustement ignoré à sa sortie. Jimmy Shaw, le guitariste, repartit en tournée avec Broken Social Scene, le fameux collectif canadien. Joshua Winstead (basse) et Joules Scott-Key (batterie) formèrent Bang Lime, un duo indie de punk/dance. Emily Haines enregistra un album solo, atteignant un certain succès, avec son groupe The Soft Skeleton. Plus apaisées, d'avantage centrées sur le piano d'Emily, les chansons de Knives don't have your back avaient de quoi surprendre les fans de Metric.

Le résultat sur la musique du groupe enfin réuni est brillant. Tout d'abord, la guitare de Shaw s'impose désormais comme l'instrument au centre de Metric, prenant ainsi la place des synthétiseurs de Haines, qui, elle, chante en moyenne mieux que sur n'importe quel enregistrement précédent du groupe, et semble d'avantage se concentrer sur les chansons (dont un certain nombre de "balades", la meilleure étant Collect Call) que sur son clavier.


Là où Live it out était une évolution quasiment "progressive" (dans le sens prog) des brulôts power pop de Old world Underground, Where are you now ? (le premier album, sorti en 2003, qui, en réalité était le second vu que Grow up and blow away était sorti deux ans plus tôt dans l'anonymat le plus complet, vous suivez ?), Fantasies est en quelque sorte un retour aux sources de l'efficacité et de l'énergie des débuts. Gold Guns Girls, probablement la plus remuante des chanson de l'album, est une parfaite illustration de la simplicité avec laquelle le groupe applique les règles du genre: uptempo, guitares saturées sur le pré-refrain et le refrain, lequel se doit d'être répétitif et catchy. En régle générale, la Face A, presqu'entièrement composée de tubes en devenir, est une réussite de premier ordre, reprenant tous les ingrédients utilisés pour les trois premiers opus mais en changeant habilement les dosages. Moins brouillonne, moins rentre-dedans, la musique obtenue n'en reste pas moins incroyablement énergisante sans que cela n'empêche le groupe d'innover un minimum leurs structures (comme sur Help I'm alive).



Sur la seconde face, le propos oscille entre balades déguisées, comme Gimme Sympathy, dont la version acoustique, présente sur un EP promotionnel (comprenant aussi une très bonne face B, Waves, ainsi qu'une reprise acoustique chantée par Jimmy Shaw du Nobody Home, de Pink Floyd), est révélatrice de l'impact sur l'écriture de Haines de son travail solo, et qui aurait peut-être gagné à ne pas être vitaminée s'il n'y avait pas ce clip (juste au-dessus), faisant drôlement écho à celui du Zero des Yeah Yeah Yeahs, en plus drôle, moins poseur, et avec surtout une chanteuse bien plus sexy. Des deux autres balades Collect Call est la plus réussie et Blindness semble elle aussi avoir été boostée lorsqu'elle aurait probablement gagné à se voir dépouillée, aux dépens cependant du rythme effréné que semble vouloir absolument conserver le groupe et qui transparait dans Stadium Love, explosion sonore en bout de course.

C'est un pas de géant que le groupe a fait, depuis le très moyen Live it out, pour en arriver à enregistrer son meilleur album, raffraichissant, inattendu et qu'on aurait presqu'aimé voir sortir accompagné d'un second CD/LP présentant l'album dans une version entièrement acoustique, tant la voix d'Emily Haines a gagné en subtilité, et aussi parce que les chansons ne sont pas couvertes de cache-misères et résistent à la fouille au corps acoustique.

Je vous laisse apprécier par vous-même la version acoustique de Help I'm Alive, ci-après:




Vous pouvez écouter Gold Guns Girls dans le lecteur, et, parce que l'Internet c'est beau, je vous propose d'écouter l'intégralité de l'album avec ce petit lecteur:










Vous pouvez l'acheter ici sous différents packagings - la version ultra collector ultra bien est déjà épuisée, cependant.

P.S. : En bonus, voici un petit docu/interview d'Emily Haines.

dimanche 19 avril 2009

[45 Tours] The B-52's - Planet Claire (1979)

Si les B-52's s'étaient formés dix ans plus tôt, ils auraient été l'un de ces groupes de Garage Rock qui auraient figuré sur les Nuggets de Lenny Kaye. Pop Art fait groupe, leur musique à l'aube des années 80 s'inspirait autant du rock'n roll que de la new wave balbutiant de l'autre côté de l'Atlantique. En effet, les B-52's étaient américains, originaires d'Athens (en Géorgie, la ville de REM ou encore Vic Chesnutt).
La voix caverneuse du chanteur Fred Schneider, et l'urgence post-rockabilly de leur musique influencera probablement des groupes punk aussi virils que Dead Kennedys, alors que la mise en avant des deux femmes du groupe participera, aux côtés des Slits, ou de Tina Weymouth de Talking Heads, à l'émancipation de la femme en tant qu'entité valable dans le milieu des groupes pop.
Planet Claire, premier morceau du premier album du groupe, c'est un peu tout ça à la fois. Du rock (le riff de guitare rappelle notamment de nombreux blues'n roll des années 60), des synthés, et un chant en adéquation avec l'esprit punk. N'oubliez pas d'écouter le morceau dans sa version studio, dans le lecteur. Le voici joué sur scène, en 1983: