C'est entendu.

samedi 11 avril 2009

[Viteuf] On a Saturday

C'est le Samedi 11 Avril 2009, un jour tout à fait quelconque dans vos vies, il est 15 heures, vous vous réveillez et là vous tombez sur le clip d'On a Saturday, d'Herman Düne, et pendant trois minutes, à vos yeux, je suis Dieu.


[Alors quoi ?] Notes d'intention

Il y a quelques temps, je vous ai demandé si vous souhaitiez que les albums chroniqués soient notés et la majorité d'entre vous s'est exprimé en faveur du "oui". Depuis, rien... Si vous pensiez que avoir été floués, détrompez-vous. Ce n'est pas demain la veille qu'on déposera une plaque commémorative lisant "Ici reposent les promesses de Joe G."

C'est à mon cher Reuno (auteur du visuel de ce blog) que je dois les dessins qui feront office de système de notation pour les catégories "Vise un peu" et "Comptez pas sur moi." Je vous invite d'ailleurs à relire les articles déjà parus sous ces deux étendards, qui ont tous été édités afin d'y intégrer la note correspondante. Voici l'intégralité des notes, suivant un système classique, de 0 à 5 en passant par les demis, parce que c'est quand même très cool, comme système.




J'espère que tout cela sera à votre goût, et que le fait de noter les disques vous éclairera mieux.
N'hésitez pas à me donner votre avis.

vendredi 10 avril 2009

[45 Tours] Prince - Kiss (1986)

C'est dans un état d'esprit vengeur (cf l'article précédent) que je veux rétablir une certaine vérité: en 1986, tout le monde voulait coucher avec Prince.

Je sais que je m'adresse à un public jeune. Je n'étais moi-même pas bien vieux en 86, mais imaginez-vous téléportés vingt trois ans dans le passé, et demandez-vous, dans la mesure où vous n'êtes je l'espère ni homophobe ni raciste, à quel point vous pourriez résister à Prince. La Pop Star Des Années 80 Par Excellence, vous en conviendrez - à égalité avec Michael Jackson, OK, je l'admets...

Lui-même ne fait qu'encourager chaque être humain doué d'un désir sexuel à vouloir de lui en faisant Kiss, peut-être la chanson plus hot et la plus sexe au monde, pour laquelle il écrit:
You don't have to be beautiful
to turn me on
I just need your body baby
From dusk till dawn
(...)
Ain't no particular sign I'm more compatible with
I just want your extra time and your
Kiss
Ce qui peut se traduire (en essayant de faire un peu rimer la chose):
Tu n'as pas besoin d'être beau/belle
Pour m'exciter
J'ai juste besoin de ton corps, bébé
Du soir au matin
(...)
Y a pas de bord particulier avec l'quel je préfère aller
Je veux juste tes heures sup' et ton
Baiser
Cette chanson est un manifeste, une Internationale, un manuel de la (bi)sexualité. Le meilleur dans tout cela, c'est que ça n'a pas pris une ride, surtout avec ce revival 80's que nous prenons de plein fouet cette année. Je vous laisse avec le clip, mais n'oubliez pas que la chanson est dans le lecteur, sur votre gauche, en cas d'un besoin urgent de gonflage de libido.


mercredi 8 avril 2009

[Comptez pas sur moi] Sliimy - Paint Your Face (et l'ensemble de son œuvre)

Il y a une semaine, Sliimy n'existait pas. Certes il avait été invité au Grand Journal en Février mais est-ce que ça change réellement quelque chose ? D'ailleurs, je parie que la moitié d'entre vous ne sait pas du tout qui est ce type. Je vous le donne en mille. ENCORE UN. Encore un "artiste internet", un de ces jeunes nés avec une connexion ADSL et un myspace et qui, suite au succès de ce dernier auprès des autres jeunes nés avec une connexion ADSL et un myspace a été sélectionné par un "découvreur de talents (sic)" mandaté par un quelconque label avec un manque à gagner auprès du public jeune né avec une connexion ADSL et un myspace.

Là-dessus naît un cercle salement vicieux parce que les journalistes (télé, surtout, les pires), se sentant très vite en danger face à l'Internet et la vitesse à laquelle les choses se passent de nos jours, ont pris la triste habitude de suivre la hype, si idiote soit-elle, en lèchant abondamment le fion de quiconque en fait partie, sans jamais se poser la question de l'intérêt de la chose ou du bien-fondé du concept de hype-internet.


C'est de cette façon que l'on se retrouve avec ce jeune type de 19 ans, gay à mort - ses dires, pas (que) les miens, maniéré, pauvre dabe pétant plus haut que son train arrière, paradant sur les plateaux télé depuis Samedi dernier (chez Ruquier, puis un peu partout, et ce n'est pas près de s'arrêter), la pub pour son album étant régulièrement programmée, etc etc...

Le problème n'est pas qu'un type tout à fait quelconque, beaucoup trop jeune, et extrêmement irritant "réussisse" parce qu'il a repris un tube pré-existant de façon pas trop ridicule (Womanizer de Britney). Non, le problème, c'est tout le concept exposé ci-dessus de surexposition médiatique liée à une hype risible et ringarde à souhait. Le problème se révèle lorsque l'on entend ces idiots de journalistes comparer Sliimy (qui a eu le bon sens d'ajouter un "i" à un pseudo qui eût été franchement dégoulinant) à Prince. Vous pensez ce que vous voulez de Prince, mais l'Artiste, c'est autre chose que Sliimy et le jour où Sliimy enregistrera une chanson couillue, groovy, ou simplement aussi efficace qu'une chanson de Prince, je vous prierai de m'envoyer un fax !
Le problème c'est aussi de porter aux nues un garçon dont le premier single est "Wake up," à savoir le pire titre imaginable pour un single mou, sans envergure, sans couilles, il faut le dire, et qui n'a qu'un but (inconscient, je veux bien le croire): endormir les médias, le public et ramasser la thune. C'est guimauve, c'est plat et les paroles semblent évoquer un parent absent à l'anniversaire de Sliimy, ce qui, je le lui accorde, est personnel et louable, mais fait peine à entendre. "Wake up," c'est le cri de ralliement que j'aimerais en effet entendre poussé par les musiciens, et même les artistes actuels, en général, afin de sortir tout le monde de la torpeur dans laquelle les médias et leurs produits nous plongent depuis des années.

Vous l'aurez compris, je ne vous propose pas d'écouter Sliimy dans le lecteur, il ne faut pas déconner, mais, parce qu'il ne faut pas non plus que vous ignoriez tout à fait ce dont je parle, voici le clip de Wake up:


[45 Tours] Gang of Four - To Hell with Poverty (1981)

Cette chanson est tout simplement l'exacte somme de tout ce que j'attends du rock des mois à venir. Le challenge va être de taille, et je m'attends déjà à être déçu, mais on ne sait jamais...
Reprenons... Gang of Four, tête de liste post-punk de Leeds, en est à son second album, après l'acclamé Entertainment! deux ans plus tôt, l'un des piliers du genre punk-funk, et cet album-ci conserve les même atouts: puissance et groove.

Si la chanson me parle autant c'est qu'elle est à la fois extrêmement chargée de violence (le larsen d'Andy Gill, possiblement le bruit le plus beau du monde), et qu'elle vous dit: "Dansez ! Vous êtes pauvres, nous aussi, alors dansons !" et lorsque la basse de Dave Allen entre en jeu, vous ne pouvez rien faire de plus que ça: commencer par vous dandiner, puis remuer votre graisse jusqu'à ce que Jon King chante:
To hell with poverty we’ll get drunk on cheap wine
Et là, tout est dit. Humour, violence, réalisme, groove, le cocktail vainqueur que j'attendrai toute l'année, sachez-le. La chanson est dans le lecteur de gauche, mais ne passer surtout pas à côté de la vidéo live, en dessous, qui est à chialer tant ils étaient bons.




mardi 7 avril 2009

[Vise un peu] Animal Collective - Merriweather Post Pavillion

Qu'y a-t-il encore à dire sur Animal Collective et leur dernier album que les fanatiques de toujours n'ont pas déjà dit, sinon que tout le monde ne voit pas ce groupe comme le Messie, non, certainement pas. Ni Messie ni Caca, je ne décernerais aucun Ballon d'Or à aucun album d'Animal Collective ni à aucun groupe éclot dans leur sillage, mais je ne peux pas non plus rejeter en bloc un disque dont les défauts et l'embêtante hype ne me feront pas oublier les qualités.

Pour ceux d'entre vous qui seraient passés à travers le tsunami Animal Collective, depuis une dizaine d'années, sachez qu'il s'agit de l'un des groupes indépendants américains les plus quotés, en passe de devenir aussi populaires qu'Arcade Fire dans les milieux indés, et formé par quatre jeunes musiciens de Baltimore, rebaptisés Avey Tare, Panda Bear, Geoglogist et Deakin (guitariste absent sur cet album), se partageant chant(s), électronique, et boites à rythme...

Les précédents enregistrements du groupe, tous plus ou moins emprunts de néo-psychédélisme semi-hippie expérimental, ne m'ont jamais chopé. Je ne suis pas quelqu'un qui chavire pour des sons en premier lieu. Il me faut des chansons, il me faut de la violence, et je trouve d'avantage de violence dans un album de Belle & Sebastian que chez Animal Collective, c'est dire. Cependant, il y a bien une chose qui m'a toujours fait penser que mon avis sur ce groupe pourrait prendre un U-turn: les harmonies vocales, rappelant la pop des Beach Boys, parfois, mais malgré tout toujours très originales et entêtantes, comme sur Peacebone ou Leaf House, probablement les deux seules chansons que j'ai pu réécouter sans m'ennuyer.

Pour ce nouvel album, sans guitariste, et donc beaucoup plus électronique que Sung Tongs, par exemple, il me semble que le groupe s'est retrouvé dans une position les obligeant à mettre encore plus d'énergie dans le chant et les harmonies vocales, ce qui en fait le meilleur album d'Animal Collective à ce jour, parce que des harmonies comme celles de My Girls, le single (cf. le clip), ou des mélodies comme celle de Lion in a coma, sont de gros atouts pop et occupent très rapidement le subconscient et l'on se met à fredonner ces mélodies comme si elles étaient des tubes entendus à la radio.



Je reconnais au groupe ces deux qualités indéniables: le sens de la mélodie et l'expérimentation.
Malgré tout cela, je ne peux m'empêcher de m'ennuyer sur la majorité des titres de l'album, pétri de longueurs (l'intro de My Girls, l'intro de Summertime Clothes...) gâchant inlassablement le plaisir des mélodies, et n'allant parfois nulle part (Brothersport, c'était bien essayé, les mecs, mais ça reste la chanson la plus goofy du mois, comme si un clown sous acide était raccompagné en ambulance après avoir ouvert son impair devant des kids). Comme certains l'ont dit avant moi, j'ai parfois l'impression que lorsqu'Animal Collective réussit une chanson, ils font quasiment du Akron/Family (et inversement, on dit parfois qu'Akron/Family est un Animal Collective qui saurait écrire des chansons, libre à vous de maudire cet avis), et sur Lion in a coma, la meilleure chanson du lot, j'ai clairement cette impression. Si le groupe parvenait d'avantage à libérer la folie qui l'habite, comme sur ce morceau, il en serait bien meilleur. Comme le disent les paroles:
This wilderness up in my head,
This wilderness up in my head,
This wilderness needs to get right out of my clothes and get into my bedroom.
Qu'ajouter à cela ? C'est un besoin applicable à une énorme majorité de musiciens actuels, d'ailleurs. Arrêtez de porter des t-shirts "Punk's not dead" et agissez en tant que tels, dans votre musique comme dans votre chambre à coucher.
Animal Collective est sur la bonne route, mais ses membres ont encore un long chemin devant eux avant de me convaincre qu'ils sont autre chose qu'un groupe indé à peine au-dessus de la moyenne.

[Viteuf] Feel a cookie comin' on

Mangez vos cookies du matin écoutant le nouveau single de Bob Dylan, Feel a change comin' on:


[Vise un peu] Death - ... for the whole world to see

Le plus improbable retour de l'année n'est ni celui de Prince (qui a sorti trois albums il y a quelques jours), ni celui de Michael Jackson (et sa tournée d'adieux que personne n'attendait plus), mais bien celui de trois autres afro-américains: Death.

En 1974, ces trois types, originaires de Detroit, enregistrent leur premier (et unique) album, celui-là même dont je vous cause aujourd'hui, et qui ne parut jamais après qu'ils aient lâché leur maison de disques à cause d'un quelconque désaccord, avant de se délocaliser et de chanter du gospel.
Heureusement, Drag City, le label Chicagoan, nous fait grâce d'une clairvoyante réédition et l'album sort cette année avec seulement 35 ans de retard.

Inspirés par Funkadelic et autres groupes funk du milieu des seventies, leur musique vous rappellera pourtant d'avantage le MC5, les Stooges, ainsi qu'un paquet de groupes de heavy rock américains (Alice Cooper, Black Sabbath...).
J'ai tendance à penser qu'il est bon d'avoir à disposition une musique pour chaque état d'esprit, et celle de Death est clairement mise à profit lorsque j'ai envie de me dandiner en beuglant comme un clown. Cette musique me fait penser à ces radios rock américaines des années 80, sur lesquelles passaient essentiellement des groupes de heavy rock, hard rock, heavy metal et autres sous genres. Eh bien, Death étaient là dès 1974, avec la pèche, de bonnes chansons, et une bonne dose d'humour (et surtout ils étaient tous les trois noirs, ce qui ne rentre pas vraiment dans le stéréotype du groupe de heavy rock des 80's).


Encore mieux: ils savaient quoi écouter. Au lieu d'être une soupe heavy glam ou un pastiche du Sabbath, de Free ou du Zeppelin, ils écoutaient le meilleur proto-punk de l'époque (vivre à Detroit était alors un avantage), et leur musique gagne de leurs influences punk une énergie que le heavy rock de l'époque n'avait pas toujours, et qui en faisait parfois quelque chose de plus "heavy" que "rock" (j'ai un point de vue assez mitigé sur Black Sabbath, certes) et si vous ne me croyez pas, écoutez Keep on Knockin', sur leur myspace, qui vous donnera une idée de ce dont je parle.


P.S. : La pochette est way cool.