C'est entendu.

vendredi 27 mars 2009

[Alors quoi ?] Plébiscitez nos camarades !

En attendant de vous reparler du résultat de notre second sondage, qui laisse entrevoir l'apparition d'un système de notation sur C'est Entendu, je voulais ouvrir une parenthèse pour vous parler des personnes gravitant autour de ce blog, et de leurs univers. Il y a en effet une cohérence et un état d'esprit sensiblement palpables qui relient les différents satellites d'un arbre idéologique dont C'est Entendu n'est qu'une des branches.
Laissez-moi vous présenter plusieurs autres branches auxquelles vous devriez vite vous suspendre, tels les paresseux que vous êtes:


Il a osé est un blog dont les trois membres passent la plus grande partie de leur temps devant des longs et autres courts métrages, et qui se laissent ensuite aller à les commenter, avec verve lorsqu'ils sont convaincus (de rares moments de bonheurs), et avec force vannes lorsqu'ils tombent sur un mauvais cru (de très réguliers moments de rigolade). Ils ne sont pas "sérieux", ils ne sont pas "politiquement corrects", ils sont un peu "cons", et c'est pour ça que leur blog est si bon.



Reuno.net est le principal site de Reuno, dessinateur est webdesigner français, mais avant tout un pote en or. Reuno est en quelque sorte le parrain de C'est Entendu, puisqu'il en a réalisé l'aspect, et a largement contribué à sa génèse. Sur son site, vous trouverez ses dessins, des choses plus intéractives et mignonnes, des t shirts, des wallpapers, des affiches, des jeux, et tout plein de choses chouettes.



Count Me Out (CMO pour les intimes) est un forum communautaire rassemblant des membres venus des quatre coins de la France (et de Belgique, du Canada, parfois même d'Angleterre, Suisse ou du Brésil) et aux goûts, opinions et attitudes assez variées. On y parle beaucoup de musique (le forum compte même un certain nombre de musiciens parmi ses membres, comme The Snobs, Le Aids, No Opera, Haunted Candy Shop, et d'autres...) mais aussi de politique, de football, de jeux vidéos, de cinéma, d'art, de littérature, philosophie ou de bouffe. Le forum dispose aussi d'une page d'accueil dotée d'une plateforme de publication permettant à tous les membres de publier des billets de blog. Vous êtes tous conviés à vous inscrire !



Dans Mon Mange Disques est un blog cousin de C'est Entendu, avec lequel il partage un de ses membres (Emilien), et dont le but est similaire: faire partager la passion de ses auteurs pour les nouveautés musicales, à grand renfort de chroniques, d'extraits, de vidéos, et de notes.








The Needle Drop est un blog américain, tenu par Anthony Fantano, jeune homme issu d'une banlieue au fin fond du Connecticut, et qui a la particularité, en sus de son goût pour la découverte et le partage de musiques actuelles, de publier régulièrement des chroniques vidéo, courtes, drôles et donnant à chaque fois une folle envie d'écouter le disque en question.
Vous pouvez retrouver l'intégralité de ses chroniques vidéo sur Youtube.



Voilà les quelques indispensables que je voulais partager avec vous. Bien sûr, C'est Entendu débute, et est amené à élargir son cercle d'amis, et lorsque l'occasion se présentera, je n'hésiterai pas à réitérer ce genre de coup publicitaire.

jeudi 26 mars 2009

[C'est tout vu] Le Printemps 2009

Encore quelques sorties attendues et autres clips, c'est le Printemps et les disques promettent d'affluer comme autant de bourgeons éclos, si vous me passez l'expression.
Tout d'abord, la nouvelle du jour, c'est la sortie du nouvel album de The Snobs, le duo noise/pop/kraut/rock le plus underground issu de la banlieue parisienne. Intitulé Albatross, il est présenté comme un recueil prog/calypso et il est en téléchargement gratuit et libre sur l'un de ces trois liens, au choix:




Sébastien Schuller, dont je vous parlais brièvement il y a deux jours, a révélé la pochette de son second LP, Evenfall - sortir au Printemps un disque automnal, c'est quand même vachard:



De leur côté les chamber-popeux de Department of Eagles, malgré l'actualité bouillonnante de leur groupe parallèle, Grizzly Bear, dont le nouvel album sera bien vite chroniqué ici, ont trouvé le temps de réaliser un clip pour l'une des meilleures chansons de leur second album, In Ear Park, sorti en 2008 (qui lui aussi, aura droit à sa chronique). No one does it like you:





Enfin, je parlais de dinosaures l'autre jour, et quand on parle du loup, Dinosaur Jr. sort un disque. Farm sortira le 23 Juin et a le mérite d'avoir une pochette méga cool, qui pour une fois, me donnera envie d'écouter un album récent du groupe:


mercredi 25 mars 2009

[45 Tours] Bill Withers - Use Me (1972)

Vous ne vous êtes jamais réveillés de mauvais poil ? Vous ouvrez les yeux et l'image de votre pire cauchemar reste imprimée pendant une poignée de secondes supplémentaires sur votre rétine irritée, vous poussant à quitter le lit d'un bond furieux en quête de lumière, et d'une image différente pour oublier celle, affreuse, qui vous a hantés pendant l'instant précédant le réveil, et qui, pour vous, a semblé durer une éternité. Vous retrouvez vos esprits, et les temps étant ce qu'ils sont, vous réalisez que vous êtes toujours au chômage, et vous grognez en vous habillant, avant de quitter votre appartement précipitamment, avec la ferme idée d'aller chercher un emploi, mais en sortant de l'ascenseur, votre œil est attiré par un ruban adhésif barrant l'entrée de l'appartement, au fond du couloir, et sur lequel vous lisez "OLICE NATIONA". Alors, vous décidez de remettre les responsabilités à plus tard et vous reprenez l'ascenseur, direction le sous-sol, et votre voiture, parce que la seule chose qui pourrait calmer vos nerfs, ce serait de glisser un CD de rock'n roll dans votre poste et de rouler à toute berzingue au mépris des radars et des amendes. Mais en approchant de votre voiture, vous vous rendez compte qu'elle a été forcée, là, dans le parking souterrain de votre résidence fermée. C'est la goutte d'eau qui ferait déborder n'importe quel vase, non ? Ca ne vous est jamais arrivé ? Si ça vous arrive un jour, et qu'en rentrant d'une longue journée passée entre le poste de police (pour signaler l'infraction), le garage (où vous avez déposé votre voiture pour réparations) et le bus (le garage lié à votre assurance étant situé à 20 bornes à vol d'oiseau de chez vous), vous ne voyez plus le bout du tunnel, alors vous saurez quoi faire. Je vais vous dire quoi faire. Servez-vous une menthe à l'eau (et ne soyez pas radins sur le sirop), installez-vous sur votre canap' favori, attrappez la télécommande de la stereo, boostez les basses, et envoyez vous Use me, de Bill Withers.
Faites moi confiance.




P.S. : Vous pouvez l'écouter dans le lecteur, à gauche.

mardi 24 mars 2009

[Vise Un Peu] Big Blood - Space Gallery Jan. 27, 2007

Est-ce parce que c'est mon premier message sur le blog d'un mec avec une guitare sèche dans le cœur, d'un aficionados de Hank Williams, d'un type qui pourrait se faire un tatouage "Johnny Cash" sur le bras gauche (je connais quelqu'un qui a fait ça pour de vrai), bref d'un vrai cowboy? En tout cas, je vais vous parler de Country aujourd'hui, et je vous demande de ne pas partir tout de suite, s'il vous plait, parce que le groupe Big Blood demande toute votre attention.

Certes, j'exagère un peu (beaucoup), ce n'est pas vraiment dans le style country-western pur et dur qu'œuvre ce "quatuor fantomatique" (manière classe de dire que c'est un duo parfois rejoint par d'autres personnes sur scène), même si on y retrouve tout des éléments types du genre : du banjo, de l'harmonica, de la guitare toute sèche, de l'harmonium/accordéon et une chanteuse haut perchée à la voix qui couine. De plus, même la plus distraite écoute de leur album Space Gallery Jan. 27, 2007 permet de voir qu'on a affaire à quel chose de typiquement contemporain, même si les musiciens semblent parfois coincés dans un espace temps musical parallèle au notre. Cependant, ce qui charmera d'emblée l'auditeur de Big Blood, c'est bien ce décalage, l'incongruité de sortir en 2007 un album aussi proche des racines de la musique folklorique amércaine, aussi suranné mais pas vieillot, n'étant jamais dans l'hommage stérile, mais plutôt dans la descendance digne de ce nom. Les gens à genre placeront vite ce groupe dans la New Weird America. Vous savez, oui, la New Weird America, ce mouvement absolument naze rempli de groupes qui sortent 9 CD-R par an de folk mou et de drones amateurs sur lesquels, entre deux improvisations vides, ils psalmodient niaisement, pataugant sans vergogne dans la reverbération et la platitude, vous savez, les gens comme les MV&EE, les No-Neck Blues Band, les Fursaxa, j'en passe et des pires. Je serais d'accord pour les mettre la dedans. Mais ce serait alors le seul groupe indispensable et génial de cet ensemble nébuleux, le seul qui réusisse réellement à créer une ambiance incroyable dès la première note, mais sans oublier d'écrire des chansons incroyables.

"Papa et maman, ils sont un peu bizarres, ils me font des habits sur lesquels y'a écrit Gros Sang"

A l'origine de Big Blood, y'a une histoire d'amour entre deux musiciens, Colleen Kinsella et Caleb Mulkerin, tout deux membres du défunt collectif Cerberus Shoal, ayant débuté dans les 90's, qu'on classera de "post-rock" avec des pincettes. Avec la fin de ce groupe, ils se sont mariés, ont eu un bébé, et ont crée Big Blood, trois bonnes idées, surtout la dernière. Le principe de ce groupe est assez simple : ils font des concerts avec uniquement des morceaux inédits, puis ensuite, ils rentrent chez eux et enregistrent à nouveau ces morceaux pour les sortir en cd-r au prochain concert, etc. Autant dire qu'ils sortent pas mal d'albums (5 en 2007 par exemple) et qu'ils restent perpétuellement productifs depuis leur création, en 2006. Mais là où c'est très fort, c'est que ce groupe ne semble jamais manquer d'inspiration, faisant des reprises inventives (comme Vitamin C de Can, si si), et que chacun de leurs albums, quelles que soient leurs qualités respectives, ne sentent jamais le remplissage ou la composition à la va-vite. Pour quoi faire? Ils font ça chez eux et ont créé leur propre mini label pour sortir des cd-r, il n'y a aucun enjeu à part celui tout simple de faire de la musique. Et c'est là que Big Blood gagne, parce que c'est un groupe qui a tout compris et joue sans pression, qui ose se lancer dans des morceaux de folie remplis de banjos anachroniques au milieu desquels Colleen chante comme une Joanna Newsom moins maniérée (même si, chronologiquement, c'est Joanna qui chante comme Colleen, enfin bref). C'est une musique remplie de mélodies, d'émotions simples, et qui est toujours belle.

Prenons par exemple ce Space Gallery Jan. 27, 2007. Dès les 7 premières minutes du morceau d'ouverture Glory Haze, on est emporté dans un tourbillon épique, trop étrange pour être taxé de country, et pourtant si "traditionnel", si "vrai". Tout l'album se joue là, dans cette musique d'une Amérique campagnarde, accueillante, aimable et pourtant incompréhensible et bizarre, surtout pour nous pauvres Européens qui n'écoutons du banjo que depuis que des groupes indie en utilisent. Et quand le groupe s'aventure dans des ambiances plus sombres et expérimentales, n'hésitant pas à mettre des effets de delay ou des voix psychédéliques passées à l'envers comme sur l'excellent Don't Trust The Ruins, c'est à couper le souffle. Les morceaux s'allongent parfois dans des durées longues pour le genre (7 minutes, c'est parfois beaucoup quand on tient sur 2 accords), et pourtant, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Big Blood est une étrangeté absolument géniale qu'il faut absolument écouter, pour peu qu'on aime la musique folk, au premier sens du terme. Si c'est votre cas, alors vous trouverez peut-être dans la discographie pléthorique du groupe des albums sur lesquels l'étiquette "chef d'œuvre oublié des 00's" irait très bien. C'est celle que je mets sans hésiter sur Space Gallery Jan. 27, 2007.

Une vidéo live chez WFMU, mais notons que l'album que je vous propose d'écouter est un peu plus énergique que ça (pas beaucoup plus cependant) :



Vous pouvez télécharger Space Gallery Jan. 27, 2007 en cliquant sur la pochette en haut de l'article, le groupe encourage le partage de ses albums.

[C'est tout vu] Les chroniques ne s'écrivent pas toutes seules...

Une pluie de news parce que je suis de sortie ce soir, et que les chroniques, ça ne s'écrit pas tout seul. Tout d'abord, sachez que le 5 Mai sortira Outer South, nouvel album de Conor Oberst (Bright Eyes), dont voici la pochette:
En guise d'introduction, voici Nicorette, que le groupe avait jouée en 2008, chez Conan O'Brien:



L'album sortira chez Merge Records, qui a eu la bonne idée d'inviter ses groupes à se réunir à l'occasion d'une compilation dont le principe est de reprendre à leur façon les chansons qui ont marqué l'histoire du label (plus d'informations ici). Ça s'appellera Score!, et sortira le 7 Avril. En outre, Okkervil River, Ryan Adams, Quasi, The Shins, Bright Eyes, ou encore Bill Callahan participent, et voici la pochette:


Je vous en parlais la semaine dernière, Jeffrey Lewis et sa bande sortent un nouvel album, eh bien on a enfin la pochette, que voici:
Elle est méga cool, et il reste à espérer que la musique suivra...


Dans un registre un peu plus groovy, Buck 65 s'allie à Greetings from Tuskan sous le nom Bike for Three!, en vue de sortir le 19 Mai sur Anticon, l'album More Heart Than Brains, qui sera peut-être le grand retour de Buck depuis le semi échec de Situation, il y a deux ans. Voici la pochette:




En vrac, on vous signale que Sébastien Schuller fera son grand retour le 25 Mai avec un second album, Evenfall, dont The Border est extraite. Dans un tout autre genre, Nine Inch Nails publie un EP promo en collaboration avec Jane's Addiction, sous le titre "NIN|JA" (malin), que vous pouvez télécharger ici. Rien à voir, mais Elvis Costello sortira le 2 Juin un nouvel album, Secret, Profane and sugarcane.

lundi 23 mars 2009

[C'est tout vu] Don't vote

Avant de vous proposer quelques news en images, je voulais faire un communiqué: je me retrouve avec un poids mort sur les bras: ce sondage, vous me l'avez rendu caduque. "Caduquer", ça existe ? Rendre caduque, c'est "caduquer" ? Ben si ça existe, vous m'avez caduqué le sondage. Faites quelque chose, faites voter vos amis, battez-vous pour le "oui", battez-vous pour le "non", mais laissez tomber le "peu importe", aidez-moi à prendre cette décision d'une vie, j'ai besoin de vous, je suis sérieux, je ne vais tout de même pas vous faire une campagne "don't vote" avec Spielberg et Di Caprio, merde !

Plus sérieusement, j'ai rallongé la durée du sondage, mais si aucune des deux options ne se démarque, j'envisage une solution de secours: mettre en place un système qui vous permettrait VOUS de voter pour les albums chroniqués (uniquement dans la catégorie "Vise un peu"), ce qui me tirerait une épine du pied sans que je ne m'y tire une balle (dans le pied). Ce serait intéractif, et bien entendu, je voterais moi-même dès après la publication de chaque chronique, ce qui vous donnerait une idée de départ, que vous pourriez ensuite démonter ou confirmer.
Je ne suis pas certain de savoir comment faire, et si vous savez, n'hésitez pas à m'en informer. Quoiqu'il en soit, donnez votre avis, et en attendant, votez et faites voter vos amis.

Merci de votre attention. Maintenant passons aux news.
Voici la pochette du prochain album de Eels, à paraître le 2 Juin prochain. Son titre sera Hombre Lobo:


Vous autres fans de Blur serez heureux de retrouver Graham Coxon jouant Sorrow's Army sur le toit du Marriott hotel à Austin, lors du SXSW 2009 :



On attend aussi un nouvel album de l'inépuisable Bob Dylan, prévu pour le 27-28 Avril, dont le titre sera Together Through Life, et dont voici la pochette:

Vous pouvez d'ailleurs en apprendre plus sur l'actualité de Bob en lisant cette "conversation" présente sur son site.
Dans un autre registre, je vous avais déjà parlé de la collaboration entre PJ Harvey et John Parish, qui sortira dans une semaine, et c'est donc l'occasion de vous proposer le clip du premier single (je ne peux pas l'afficher car c'est une exclu NME et tout ça).

Et enfin, prenez ça comme vous voulez, bonus ou cadeau empoisonné, je vous propose d'écouter le nouveau single de Placebo, Battle for the sun (extrait de l'album du même nom, qui sortira le 8 Juin), ici, et d'écouter en intégralité le nouvel album de Pete Doherty, Grace/Wastelands, sur son myspace.

On se retrouve très vite avec une chronique sexy à mort.

dimanche 22 mars 2009

[Vise un peu] U2 - No Line on the Horizon

Faire de la musique son métier, c'est devenu très difficile de nos jours. L'industrie du disque est à bout de souffle et peu de musiciens de qualité arrivent à percer, et ce à cause de deux catégories de personnes.
Tout d'abord, il y a les "artistes" consensuels, chiants si vous préférez, qui sont signés par les majors pour sauver les meubles. Ces personnes ne prendront jamais le moindre risque, et serviront encore et encore leur musique la plus plate afin de garantir une part de marché minimum à la major. On ne peut rien attendre d'intéressant venant de ce groupe.
L'autre catégorie regroupe les vieux de la vieille. Ces musiciens signés depuis plus de dix, quinze, vingt, voire quasiment trente ans dans le cas de U2, et qui continuent à s'accrocher, embarquant dans leur sillage d'énormes budgets (publicité, enregistrement, salaires, royalties) de la part des majors, et leur rapportant de gros paquets d'oseille à chaque sortie, à chaque concert. De ce groupe-ci, on peut encore attendre quelque chose. Il arrive que des mastodontes sortent un album que la critique trouvera intéressant (David Gilmour ou Bob Dylan en 2006, par exemple)...

Cependant, peu de ces dinosaures ont encore quoi que ce soit à nous raconter. Quel que soit l'artiste, après une moyenne de dix albums, l'éventail des possibilités se restreint et l'essor créatif s'essouffle. C'est le cas des Rolling Stones par exemple, ou de REM dans une moindre mesure...

Qu'en est-il de U2 ? S'entourer, comme à l'accoutumée, de Brian Eno et Daniel Lanois (souvenez-vous, ils étaient tous les deux présents pendant l'enregistrement de The Joshua Tree, en 1987) est un choix difficile. En effet, Eno et Lanois sont connus pour leur approche innovante et expérimentale de l'enregistrement en studio, mais d'un autre côté, ils connaissent U2 comme leur poche, et il est bien plus difficile d'avoir un oeil neuf ou innovant sur une musique que l'on a déjà contribué à développer et remanier, et ce depuis vingt années.
On se souviendra tout de même de l'impensable retour en grâce du groupe en 2000 avec un LP très correct (All That You Can't Leave Behind), histoire de se dire que tout est possible.
Et tout de suite après on repensera avec l'horreur à l'album suivant, quatre ans plus tard (How to Dismantle an Atomic Bomb), un cauchemar.

Votre curiosité devrait désormais être titillée: "Il est comment ce disque, dis le nous !?"
Sans entrer dans les détails, dont tout le monde - vous compris, moi le premier - se fout éperdument, No line on the Horizon est bien mieux réalisé, composé, arrangé et produit que son prédecesseur. Le travail d'Eno et Lanois lui donne un peu de couleur, et les compositions ne sombrent pas dans l'auto-parodie aussi aisément qu'il y a cinq ans.
Par contre, ce disque est inutile. Totalement inutile.

Vous voulez un tube ? Un hit ? Un gros single qui tabasse de rock qui s'envole ? Allez écouter Metric, Handsome Furs, voire le single des Yeah Yeah Yeahs.
Vous voulez de l'expérimentation ? Allez écouter Animal Collective, Here we Go Magic ou Akron/Family.
Vous voulez un dinosaure en culottes courtes ? Attendez quelques semaines, Neil Young va sortir un nouvel album, et il sera certainement digne d'intérêt.

N'achetez pas le nouveau U2 par curiosité, ne l'écoutez pas pour découvrir leur musique, ne l'achetez pas si vous voulez faire aimer le rock à quelqu'un, n'en parlez pas autour de vous, niez en avoir entendu parler, niez avoir lu cette chronique. Tant de jeunes gens fougueux, inventifs et intéressants pourraient sortir des disques passionnants, mais à la place, on nous refourgue à intervalles réguliers des disques sans saveur de gens dépassés par le temps, et vides de l'intérieur après trop de temps passé à se regarder le nombril.


Allo Bono ? Ow, on se fait un nouveau disque dans quatre ans, ça te va ?