C'est entendu.

samedi 14 février 2009

[Vise un peu] L'americana en 2008, suite et fin.

Bonnie "Prince" Billy - Lie down in the light

En 2008, Will Oldham n'a pas chaumé: il a sorti un album et deux lives officiels (dont le premier est bien mauvais, par ailleurs). Que ceux qui avaient adoré The Letting Go (sorti en 2006) et les EPs qui l'entouraient s'arment de patience... Non, ce n'est pas un album de douce musique folk, et non, il n'y a pas de doublure féminine aux chœurs haut perchés, cette fois-ci.
Non, cet album est d'avantage proche de "Sings Great Palace Music", à savoir un disque de country (presque) pure et dure.
Et quel disque ! Si vous aimez la country, vous serez éblouis par la capacité qu'a Oldham à faire du neuf avec du vieux, et seront ravis d'entendre ses mélodies et ses arrangements semblables à aucuns et qui font de cet album le meilleur disque country de l'année (de la décennie ? - si on oublie les recueils de reprises de Johnny Cash, peut-être...).
J'en profite pour vous rappeler que Bonnie Billy sortira son prochain LP, Beware, très prochainement (le 16 Mars, pour être exact). Cet homme est diablement prolifique, certes.

















Okkervil River - The Stand Ins

Suite logique de son prédécesseur (sorti en 2007), The Stage Names, ce disque est en réalité une compilation des chutes de la session d'enregistrement qui avait engendré ce dernier.
Logiquement, on a donc un groupe dans lequel évolue encore un Jon Meiburg échappé depuis vers Shearwater, ainsi qu'une homogénéité de ton et de son.
Malheureusement, tout aussi logiquement l'album pèche par un niveau bien inférieur.
Cet album c'est le bout de gras qu'Okkervil River a coupé sur son précédent album comme l'avocat dans Se7en se coupe les poignées d'amour.
De l'indie folk/rock, donc, mais moins inspiré, sauf sur le tout début, avec deux chansons très accrocheuses: Lost Coastlines et Singer Songwriter. Par la suite, rien ne relève un niveau pas si bas, mais jamais à la hauteur.
Et puis, sérieusement, les "interludes" instrumentaux de moins d'une minute sur lesquels rien ne se passe, c'est vraiment la pire chose.









P.S. C'est la St Valentin et j'en profite pour vous conseiller d'aller faire un tour sur le myspace de Jeremy Jay, et de très vite commander son prochain LP, Slow Dance, dont la sortie est prévue le 24 Mars. C'est l'album parfait pour passer une fête des amoureux toute en langueur et tendre chaleur. Joyeuse Saint Valentin à vous tous !

jeudi 12 février 2009

[Vise un peu] L'americana en 2008 Chapitre 1


Cat Power - Jukebox (Deluxe Edition) + Dark End of the Street EP

N'en déplaise aux mauvaises langues, trop déçues par le regain d'envie de kèn de la belle Chan Marshall, anciennement parangonne de la tristesse indie et de la timidité maladive mais trop mignoooooonne, nouvellement reconvertie dans la musique-américaine-plus-traditionnelle-et-qui-peut-atteindre-les-charts.
N'en déplaise à ceux qui n'apprécient pas que la (moins) jeune femme ait décidé d'aller chercher ses musiciens à Nashville (ou Memphis, enfin, dans le Tennessee, quoi...), se soit maquillée, ne joue plus de guitare ou de piano sur scène, chante comme une salope, admire les reines du R&B et s'affiche avec des stars.
N'en déplaise à ces gens-là, cet album et cet EP (de reprises - sauf une) sont super !

La voix féline sexy et chaleureuse de Marshall se prête complètement à cet exercice de style digne des plus grandes stars de l'industrie américaine depuis des dizaines d'années, à savoir le passage forcé par la case "reprises". Non seulement les originales sont bien choisies, mais en plus - sans forcément y ajouter un regard complètement nouveau, je veux bien vous l'accorder - Chan se les approprie totalement.
Je m'en régale, je m'en re régale (CD Bonus) et j'en recommande (EP).












Randy Newman - Harps & Angels

Qui attendait un nouvel album de Randy ? Certainement pas moi.
Randy Newman est un type qui faisait du piano/folk dans les années 70, et qui a eu pas mal de succès commercial, alors. Cela faisait tout de même huit ans qu'il n'avait rien sorti.
La recette est la même qu'il y a trente ans, avec une voix de vieux en plus: piano, folk songs chantées d'avantage comme un "raconteur" que comme un performer. De l'humour, de la bonne humeur, de la critique bien sentie, et surtout des arrangements parfaits, avec des chœurs, des détails dans tous les sens, et une ambiance de bar américain (mais pas le bar ténébreux où Tom Waits va se murger, non... Un saloon à la coule, plutôt), c'est un album extrêmement chaleureux et intimiste et il faut très très vite écouter Laugh & be Happy et Harps & Angels, deux monuments de la musique américaine.

mercredi 11 février 2009

[Vise un peu] Indie Pop en 2008, Chapitre 5

The Notwist - The Devil, You + Me

Ils ont déçu une part de leurs fans en sortant un album assez éloigné de Neon Golden, et pourtant ils n'avaient sûrement pas meilleur choix.
Leur crédo reste l'indie-folk/pop accompagnée par des pointes d'electro, et leur patte est toujours la voix de satin de Markus Acher, mais les chansons sont ici un peu plus fouillées, et les arrangements moins minimalistes, ce qui marche super bien. De jolies guitares folk sur Boneless et The Devil, You + Me, et de jolies guitares "nerveuses" sur Good Lies, on s'en contentera volontiers.

















Dark Captain Light Captain - Miracle Kicker

Sorti début novembre, le premier album de DLCL est l'une des dernières bonnes surprises de l'année. Comparés à Midlake par certains, à Notwist par d'autres, ils sont moins pop que les premiers et moins electro que les seconds, mais ne se privent pourtant pas de réussir à doper leur folk de quelques légères doses de ces deux ingrédients.
En quelque sorte, Miracle Kicker, c'est l'album qu'attendaient les fans de Neon Golden de la part de The Notwist, je parle des fans déçus par The Devil, You & me: quelque chose d'avantage proche du fameux "changement dans la continuité". Prenez Speak, par exemple, et vous vous demanderez un instant si ce n'est pas effectivement une chanson de The Notwist.
Ce qui différencie le plus le groupe de The Notwist, avec lesquels la comparaison n'est pas vraiment foireuse, vous l'aurez compris, c'est à la fois une tendance à étirer un peu plus leurs morceaux, et à parfois aller plus loin que les teutons dans la réussite sonore de la rythmique basse-batterie (Parallel Bars), mais aussi une nette tendance à bien plus tourner autour de la guitare acoustique.

En tout cas, c'est un album très prometteur dans un genre pas évident (la pop/folk "à la Notwist, c'est très vite casse-gueule, et on obtient souvent des albums mous et chiants), comptant beaucoup de titres accrocheurs comme Jealous Enemies ou Miracle Kicker.

mardi 10 février 2009

[Vise un peu] Indie Pop en 2008, Chapitre 4

Little Joy - Little Joy

La surprise estivale de l'hiver. Voilà un disque qui gagnera à être ressorti l'été prochain, lorsque vous irez à la plage, et qu'il sera votre meilleur ami. Le trio à son origine comprend le batteur des Strokes (ici à la guitare et au chant), un brésilien et une blonde mignonne qui ont trouvé le parfait combo bossa-strokes-folk-pop et les tubes comme Next Time Around sont à écouter au plus vite !















Jeremy Jay - A place where we could go

Jeremy est un californien, blondinet, la trentaine, à l'allure de poupon élégant à mèche blonde, et il a écouté autant Buddy Holly que David Bowie ou Jonathan Richman.
Avec son groupe, il aime alterner indie pop lofi à tendance glam (sur cet album par exemple), électronique à vocation pop (sur les EPs sortis en 2006 et 2007). Ceci est son premier album et en MArs 2009 sortira son prochain LP, Slow Dance.
Jeremy me plait, il a un look ravageur, il joue de sa voix de salopard, il est signé chez K records (le label de Calvin johnson eh !), et ses chansons ne ressemblent pas à grand chose d'autre, alors elles me choppent. Till we meet again, Nite Nite, Heavenly Creatures, autant de ballades un peu casse gueule, un peu étranges, intimes, douces et tellement ,chouettes qui m'ont donné le béguin de ce type.

lundi 9 février 2009

[Vise un peu] Indie Pop en 2008, Chapitre 3

Crystal Stilts - Alight of Night

Les Crystal Stilts (comprendre "pilotis en cristal" ou "échasses cristalines") sont des gens de Brooklyn, à ne pas confondre avec les Crystal Antlers, ni avec les Crystal Castles, deux autres groupes révélés en 2008.
Je pourrais vous décrire leur musique, mais mon équipe et moi avons réalisé un micro-trottoir probant, et je vous laisse vous délecter des témoignages récoltés:






Michael Condom, fameux vendeur de capotes anglais, a dit ceci à propos de ce disque:
Washy 60's droney rock with a heavy John Cale feel **
Traduction instantanée: Rock dronant 60's délavé avec une grosse touche de John Cale.

Lorsque l'on a demandé à Franck Ribery, entre deux jongles, comment il résumerait la musique de Crystal Stilts, il a tout de suite maugréé (en anglais):
Immediately answers the question "what if sane Phil Spector lived to work for 4AD?"
Traduction instantanée: Cela répond immédiatement à la question "et si Phil Spector avait été suffisamment longtemps sain d'esprit pour travailler avec 4AD ?"

Le premier con venu, croisé dans une rue sordide d'Amsterdam, lorsque l'on a évoqué le groupe, a émis cette opinion pas piquée des hannetons:
The coming together of Apollonian classical style (1950's R&B/pop a la The Ronettes. But, even more intriguing is the pun on the oldie The Crystals - a stilted girl group with a drugged-out guy behind that silver horizontal microphone) and Dionysian wall-of-sound taken to the ceiling, a la Phil Spector.
TI: L'aboutissement du style Apollonien classique (pop et rythm'n blues des années 50 à la Ronettes. Mais, ce qui est encore plus étonnant c'est ce jeu de mot sur The Crystals, un groupe de filles "montées sur échasses" avec derrière un micro argenté à l'horizontale un type complètement camé.) et du mur de son Dionysien poussé dans ses retranchements à la Phil Spector.

Maïté, en plein cour d'Anglais appliqué (à la bouillabaisse), a posé la bonne question
What happens if you mix Psychocandy and Unknown Pleasures in a blender then had John Cale produce it?
TI: Que se passe-t-il lorsque l'on insère Psychocandy et Unknwon Pleasures dans un mixeur et que l'on demande à John Cale de superviser l'opération ?

Pour résumer, la recette doit donner quelque chose comme ça:

lo-fi meets wall of sound meets j&mchain meets garage rock meets 80's = Alight of Night.













John & Jehn - John & Jehn

Encore un duo, un homme (son nom n'est pas vraiment John mais Nicolas Conge) et une femme (son nom n'est pas vraiment Jehn mais Camille Berthomier), français expatriés à Londres et largement influencés par les scènes post-punk, gothique et expérimentale du début des années 80.
Leur premier album est très prometteur d'une carrière de pop gothique utilisant l'électro comme il faut. Ils chantent comme à l'époque, ils ont écouté Bauhaus, Joy Division, Siouxsie et les autres, mais ils ont enregistré leur disque en 2008, et la production est très belle, les arrangements ne se laissent pas pétrifier par la froideur du genre, les rythmiques électro sont aussi bandantes que chez leurs cousins d'Handsome Furs, et les tubes sont là: Fear, Fear, Fear et 20LO7, en passant par les guitares pleines d'inspiration de You Far Away.
Une des grosses grosses révélations 2008.










** Je tiens à signaler que les propos retranscris proviennent de la page Rate Your Music du groupe, au cas où on se poserait la question des droits de l'image de l'auteur de quoi de qu'est-ce...

dimanche 8 février 2009

[Vise un peu] Indie Pop en 2008, Chapitre 2

The French Semester - Open letter to the disappeared

Venus de la côte Pacifique des Etats Unis, ces gens ont beaucoup écouté d'indie pop des années 90, que ce soit Pavement, Daniel Johnston, ou surtout Luna (le chant y fait immanquablement penser), aiment Syd Barret, et sont l'une des plus belles surprises de l'année.
Leur premier album compte 15 chansons et ne se traine pourtant pas en longueur, leur son (voix doublée, guitares claires, riffs économes) les rend extrêmement attachants et leurs tubes (Me and the Mockingbird et Your Master Plan) sont des pépites de soft pop.
Vous qui avez aimé Brighten the Corners (Pavement) ou Penthouse (Luna), arrachez vous un poumon plutôt que de manquer ce disque !












Silver Jews - Lookout mountain, Lookout Sea

Certains se barrent en claquant la porte. D'autres partent dans l'indifférence totale.
Les meilleurs se tirent sur un coup d'éclat. C'est le cas de Joaquim Phoenix, parti rapper après une série de cartons au Box Office, c'est aussi le cas de John Holmes, dont la carrière prit fin dans les yeux de sa partenaire d'alors, en 1987, dont les paupières resteront à jamais "mi closes" après le bain de semence que lui adminsitra Big John Fallus lors de la scène finale.
David Berman, sacré Jew, dont on n'aurait jamais cru qu'il gèrerait sa carrière tel le type, au vu de son effacement quasi total pendant des années, est de ceux-là.
Eh voui, Siver Jews officient depuis la première moitié des 90's, et n'avaient jamais donné de concert. Jusqu'en 2005, lorsque Berman décida de partir pour de longues tournées, après s'être converti au (à sa version en tout cas) judaïsme. Deux albums aux arrangements classieux (celui-ci compris) directement hérités à Johnny Cash, Pavement et Gram Parsons, plus tard, Berman annonce que le groupe ne tournera plus (jamais) et sonne en même temps le glas définitif de sa carrière studio, préférant s'investir plus activement dans la lutte contre son père (Rick Berman, synthèse absolue du méchant capitalisme méchant).

Quoi qu'il en soit, on peut encore le féliciter (bravo!) pour ce bijou de pop américaine aux arrangements élégants (les guitares claires, la corne de brume sur Party Barge, le piano d'Aloysius...), aux textes comme d'habitude très inspirés (San Francisco B.C., dont les paroles sont à encadrer et à placer sur un mur en l'honneur du songwriting de Berman), et aux refrains à reprendre en choeur avec Madame Berman (Open Field, Party Barge), dont la voix a été mise très en avant.
Si l'on devait se quitter sur ceci, j'aurais été on ne peut plus heureux de vous connaître, Rabbi Berman !

Admirez le groupe une dernière fois, avant de chouiner vos races:
Live in Juan's Basement sur Pitchfork.Tv (interviews et lives de bonne qualité)

[Vise un peu] Indie Pop en 2008, Chapitre 1




Girls - Lust for Life / Hellhole Ratrace [Singles]

Originaire de Frisco, ce duo, composé de Chet "JR" White à la batterie et Christopher Owens à la guitare et au chant, a été l'une des révélations de l'année pour le magazine MagicRPM.
A leur actif, seulement deux singles, depuis longtemps épuisés, donnant dans l'indie pop matinée de lo-fi et de shoegaze juste ce qu'il faut pour que le chant lâche d'Owens fasse son effet et que leur son soit varié.
Sur les cinq chansons du lot, le groupe s'essaie donc à plusieurs styles, avec grande réussite (Lust For Life, pop song très efficace, Hellhole ratrace, hymne langoureux de pop baroque) ou erreur de trajectoire (Morning Light, shoenoise inutile).
J'étais assez curieux et méfiant vis à vis de ce groupe, mais je ne peux qu'avouer être impatient de mettre la main sur leur premier LP, en espérant qu'ils feront les bons choix.











The War on Drugs - Wagonwheel Blues

J'ai découvert cet album dès sa sortie, et est très vite née une relation d'amour/haine, de chaud/froid, de jambon/fromage. Un jour ce disque me cramait la gueule au chalumeau, le lendemain il me gelait les roubignoles sur place.
Mené par Adam Granduciel (super blaze), ce groupe de Philly, au final, m'a choppé comme il faut.
Leur musique (que j'inclus volontiers dans la catégorie - que je créé pour l'occasion - "faisons de la musique neuve et de notre temps en 2008") est une sorte d'indie folk rock psychédélique, autant inspiré par l'indie pop lo fi de la fin des années 80 que par Animal Collective. Le mélange peut se révéler étonnant ou dispensable pour certains, mais, moi ça m'a choppé. Ce n'est pas forcément le disque vers lequel je reviens le plus souvent, mais il fait partie de ceux sortis en 2008 que je considère importants (cf l'article sur Foals) car reflets de leur temps.
Entre synthés (en retrait) et guitares (mêlées), la voix nasale de Granduciel est quasiment le seul élément mouvant de la transe produite sur la quasi longueur de l'album, exception faite de quatre pistes: les deux introductives Arms Like Boulders et Taking the farm, la tubesque Buenos Aires Beach, et la postface lofi et sucrée Barrel Of Batteries, mon petit plaisir personnel.
J'en viens à comparer leur musique à celle d'Animal Collective et si vous écoutez ce disque vous allez me dire que ça n'a rien à voir, et vous n'aurez pas tout à fait tort, mais AC est une influence claire du son du groupe (et du chant d'Adam Granduciel), et dans un vaste registre d'indie pop psychédélique, je trouve des points communs à ces deux groupes, même si leurs méthodes divergent totalement (AC se basant d'avantage sur les machines et les harmonies vocales, alors que TWOD est un groupe à guitares au songwriting plus classique).

Le LP n'est pas non plus irréprochable, et si c'est un début très prometteur, il y a quelques petites erreurs (notamment l'enchainement de chansons très (trop?) longues sur de courtes pistes quasi instrumentales, chose assez rédhibitoire pour moi). Il apparait aussi un certain manque de variété dans le songwriting de Granduciel, très ensoleillé par ses aînés des années 70.
Car oui ce disque a un gout de soleil, et en majeure partie du fait du tube: Buenos Aires Beach, firmament de l'écriture pop aérienne de Granduciel, tout en voix nasale enregistrée "à la" Avey Tare, jouant sur une guitare acoustique absolument rythmique, appuyée par une batterie militaire, et une seconde guitare claire et vibrante. C'est l'archétype de l'album. Un refrain singalong, un soleil rêveur dans cette guitare claire, et une erreur: le fade out de fermeture.
Vous l'aurez compris, je suis très impatient d'entendre ce que le groupe peut produire ensuite, car si les erreurs de ce LP sont corrigées, cela pourrait devenir MON groupe psychédélique des 10's.

Un disque que je vous conseille vivement d'écouter (plusieurs fois), même si c'est pour le haïr par la suite.

[Vise un peu] La Folk en 2008, suite et fin.

Tallest Man on Earth - Shallow Graves

Kristian Matsson est suédois, il n'est pas si grand que ça, et ceci est son premier album, subséquent à un EP dans la même veine: un folk rappelant Bob Dylan, non tant par la voix de Matsson, nasillardement charmante, que par sa façon d'emprunter au traditionnel (le dépouillement, notamment) sans sonner comme une copie.
Avec des chansons comme The Gardner ou Where do my bluebirds fly, ce grand homme est plus que prometteur, et si cet album lui apporte le peu d'argent qu'il lui manque pour enregistrer ses chansons dans un vrai studio, ce sera déjà gagné.
Ma révélation.












James Yorkston - When the haar rolls in

Qu'est ce qu'un bon album de folk anglaise ?
C'est un disque à la fois douillet, mignon, un peu fade, mais tellement attachant !
Un peu comme ma nouvelle polaire, que j'ai eue à Décathlon pour une bouchée de pain l'autre après midi, j'en suis fou!
Ce disque est un bon album de folk anglaise. Son artwork très joli, ses mélodies super douces, ses arrangements cosy, et la voix mollassonne de Yorkston, tout ça fait que je l'ai définitivement élu "l'album de folk nunuche de l'année".
Il n'est pas fantastique, il est un peu flemmard, pas fabuleusement original, mais il est juste comme il fallait.
Je le conseille à tous les amateurs de folk posée.

Yorkston sort à chaque fois le même album. Il n'a pas de sex -appeal, il a un petit accent, ce n'est pas une star, mais à côté il collabore avec Daniel Johnston et Adem et maîtrise à mort son répertoire, adoptez-le vite.
Le titre le plus fameux à mon gout: Tortoise regrets Hare.










Micah P. Hinson - and the Red Empire Orchestra

Micah est surtout connu pour son album de 2004. Après celui-ci, il a sorti deux disques mineurs et avec son nouvel album il semble revenir à un style plus épuré et un peu crasseux, ce qui est bon signe.
Malgré tout, il manque un petit quelque chose à ce toutefois bon disque pour atteindre le niveau de son illustre prédécesseur, malgré de gros morceaux comme Tell me it Ain't so.
Si vous aimez ce disque, un conseil, penchez vous vite sur The Gospel of Progress.


[Vise un peu] La Folk en 2008

The Dodos - Visiter

Si je dis "duo folk", vous allez très vite avoir votre idée: "ah ouais, deux guitares, des harmonies vocales, et c'est mou".
Pas du tout.
Meric Long (Guitare, Chant) et Logan Kroeber (Batterie, Choeurs) ont inventé quelque chose qui n'est pas du folk rock, ou du punk folk, ou de la folk psychédélique, mais un mélange de tout ça.
A la base il y a des motifs de guitare lumineux et de jolies mélodies portées par la très belle voix de Long, sur lesquelles Kroeber parvient à insuffler l'énergie rythmique qu'il faut, et puis très vite les morceaux s'envolent et l'énergie éclate au grand jour en hurlements.
Le climax est atteint sur le dyptique Fools/Joe's Waltz, l'un des moments de musique les plus intenses de l'année.
Il faut écouter The Dodos et vite.















Fleet Foxes - Fleet Foxes / Sun Giant EP

Vous avez tous entendu parler de Fleet Foxes, j'en suis certain. Les deux disques parus cette année ne méritent objectivement sans doute pas de figurer dans autant de tops de fin d'année, mais ils ne sont pas exempts de valeur, et les harmonies vocales du groupe, l'énergie vocale de Robin Pecknold et les guitares enjôleuses passées sous reverb sont autant de bonnes choses qu'il faut tout de même écouter pour s'en faire un oreiller tout doux.
Highlights: Oliver James, Sun Giant, White Winter Hymnal, Mykonos.

[Vise un peu] Mention Spéciale 2008

Je tiens ici à récompenser un album que je n'ai pas apprécié plus que ça pour son potentiel sex-appeal, qui ne figure certes pas dans mon Top, mais que j'ai trouvé suffisamment important* pour en parler.


Foals - Antidotes

Je relisais la review de MagicRPM, l'autre fois, et ça donnait drôlement envie d'aimer cet album, et pourtant les comparaisons utilisées étaient un ramassis de foutaises. J'avais un peu oublié à quoi ressemblait leur musique, après plusieurs écoutes mitigées et un corbeillage des mp3s quelques semaines plus tôt et, là, je lisais "Oxford/Murmur de REM/Psychocandy de Jesus&Mary Chain/Frigid Stars de Codeine/Talking Heads", ce genre de tags faisait rêver, imaginer un mélange de tout cela et de Battles (que je conchie toujours, pour situer) semblait prometteur d'une réécoute plus approfondie.
Les tags sont tellement mal choisis (à part peut être Talking Heads, et encore) que ma réaction aurait pu être négative, mais comme lors des premières écoutes, le sentiment d'écouter un disque au son novateur et original était là, et malgré tout, s'encaisser une centaine de disques des années 80 en un mois, entre les deux écoutes a certainement quelque peu orienté mon appréciation du côté positif du cadran.
Au final, ça donne un disque dont la hype est mal expliquée mais qui la mérite parce qu'il a dans le sang quelque chose de prenant, de nouveau et qui a réussi à tirer du math rock - cette bouillie infâme, pire genre de la décennie de loin** - le meilleur pour créer une pop d'un nouveau genre.
Kudos !










* Le mot "important" se réfère à un groupe/disque qui, à mon sens, risque fort d'influencer une grosse part des jeunes auditeurs, et par là, un grand nombre de groupes/disques à venir.

** Oui, vous avez raison, j'avais oublié un instant l'existence du Nü Metal, je m'en excuse, et rends à Cesar ce qui lui appartient.

[Tip Top] Encore plus de nullités en 2008

Un petit topo cette fois-ci sur les albums qui m'ont énervé ou déçu:

TV on the radio - Dear Science

En fait j'en parle en premier parce que finalement, grâce à ce disque, j'ai trouvé les premières choses intéressantes venues de ce groupe EVER. Alors, non, la prod ne me plait pas, non, pas du tout, mais j'ai réussi à trier quelques chansons chouettes et entêtantes dans le lot:
Halfway Home / Golden Age / Family Tree / DLZ.
Le reste me fait dresser les poils tant je n'aime pas la production et/ou les arrangements.
Ca me fait un EP de 4 tubes sympas, c'est déjà ça !



Portishead - Third

Alors là, incompréhension énorme de ma part. Non, en fait non. Je comprends totalement que vous ayez adoré pour la plupart, et je trouve effectivement que leur musique a évolué.
Mais je n'arrive pas à aimer ce disque, sitôt la chanson numéro 1 terminée. Celle-ci, je dois avouer, elle m'accroche de façon brutale, presque aussi brutale que la façon dont elle s'achève, me laissant en manque, et en rade face à la suite: bruitiste, répétitive, la suite du disque m'a foutu une migraine à chaque fois que je l'ai écoutée. Tant mieux pour vous, tant pis pour vous, je suppose.



The BJM - My Bloody Underground

J'ai déjà dit en détail toute la déception qui était la mienne face à ce canular éhonté. Le revival, soit, je n'ai rien contre, et d'ailleurs j'ai adoré des tas de groupes piochant dans les décennies 5, 6, 7 et 8 cette année, mais qu'un de mes groupes favoris, l'un des groupes essentiels de la décennie 9, à cours de carburant, aille piocher dans sa propre décennie le groupe le plus scandaleusement (ouais, j'ai totalement changé d'avis à ce propos, cf. les évènements de l'année 2008) hype - My Bloody Valentine - et d'autres, de la même décennie, sans parler des influences islandaises complètement has been ou du self-robbing (Yeah Yeah) raté; c'est certainement ma plus grosse déception de l'année.



MGMT - Oracular Spectacular
The Do - A Mouthful
Vampire Weekend - Vampire Weekend

Trois bons exemples de l'idiotie de la hype. Trois albums pas mauvais, mais loin d'être géniaux. Et surtout, trois disques qui ne marqueront jamais l'histoire de la pop (à part peut être le MGMT, même si je ne suis pas d'accord).



CSS - Donkey

Pffff.... Sérieusement, quelle nullité.



Deerhunter - Microcastle/Weird Era Cont.

Après leur EP, Fluorescent Grey, j'étais curieux de voir jusqu'où ils iraient. Leur premier album, par contre, quel ennui.
C'est un peu mieux sur ces deux disques, avec quelques moments intéressants (Agoraphobia - je suis tellement peu original). Cela dit, c'est un groupe que je suis déçu de ne pas aimer, parce que je sens que leur hype n'est pas volée, contrairement à d'autres, alors j'y reviendrai sûrement.

[Tip Top] Flop 2008

1) Women - Women

"Comment peut-on encenser un disque aussi vide d'idées ?" c'est ma position sur ce coup-là.
Si vous avez la réponse, je suis preneur.

2) Have a Nice Life - Deathconscousness

Ici, je ne critiquerai pas le talent, le songwriting, mais plutôt le goût. Cet album est celui de plus mauvais goût, cette année (suivi de près par les deux suivant dans mon flop). Les arrangements, le côté "emo boys qui font du post rock chiant" (à savoir le mélange de deux genres immondes, comme si Mogwai et Fallout Boy avaient eu un gosse et qu'ils l'avaient appelé Robert Smith), les titres des morceaux, etc...

3) Scarlett Johansson - Anywhere I Lay my head

Non. Déjà qu'au cinéma, c'est de pire en pire, sans pour autant qu'elle montre ses boobs... Pourquoi fallait-il qu'elle croie savoir chanter (ce n'est pas le cas), que ses nègres (Bowie, qu'es-tu allé faire là ?) aient cru pouvoir reprendre Tom Waits en le passant à la sauce "trilogie berlinoise" (n'importe quoi ou presque), je me le demande. Non.

4) Sebastien Tellier - Sexuality

Sérieusement ?

5) High Places - High Places

J'ai entendu le son de la hype et j'ai jeté une oreille très vite là dessus, j'en suis ressorti plus abasourdi que Babar le jour ou on lui a appris que les touches de son piano étaient en fait les dents de son paternel.

6) Pocahaunted - Island Diamonds
7) Lindstrom - Where you go I Go too
8) Lil Wayne - Tha Carter III

Le rappeur avec le plus mauvais flow et au plus grand nombre de featurings sur un seul album. Il est dans le Guiness book 2008 grâce à cet album.

9) The Virgins - The Virgins
10) Xiu Xiu - Women as lovers


En Vrac, les choses vraiment nulles qui me sont venues aux oreilles:

Christophe Maé, oui, parce que c'est facile de taper sur la variétoche française, c'est certain, mais lui, il m'a rendu fou. Ce mec ne chante même pas bien, et en plus il est insupportable à l'œil. Je le mets en haut de mon top des chanteurs français agaçants.
Pink, qui était déjà bien nulle auparavant, mais qui a sorti le pire single de l'année: So What ("So what ? I'm a rock star (!!!)...").
Le single Run de Gnarls Barkley, qui est utilisé à la TV dans une pub, a été une des pires choses que j'ai entendu cette année, à égalité avec la musique de la pub SFR "tadadada in the sky...", à chaque fois que j'entends ce truc, je vois la gueule de Thierry Henry...

[Vise un peu] Le garage rock en 2008, suite et fin.

Cheap Time - Cheap Time

Le disque le plus con de l'année. A l'aise, Blaise.
Si vous avez décidé que vous vouliez aimer ce groupe, si vous voulez avoir du quality time avec Cheap Time, alors lisez la review enflammée d'Emilien sur DMMD.
Si vous voulez simplement savoir de quoi il retourne, écoutez-le quand même. Sérieusement, un seul morceau dépasse les 3 minutes (de trois secondes) et la plupart sont en dessous de 2.
Pour les flemmards, je vous spoile un peu: c'est du garage enregistré fort, à écouter fort, pour danser fort, avec un type qui hurle sur des suites d'accords téléphonées, et il y a deux des chansons les plus cons de la décennie dessus: Too Late et People Talk.












Love is all - A 100 things keep me up at night

Encore une fois, si vous vous sentez l'envie de dévorer ce disque comme l'on dévore un bouquin, lisez vite la review furieuse d'Emilien, qui en dit du bien comme personne.
La recette du groupe est la suivante: une chanteuse qui hurle (bien) sur un indie pop/rock poussé dans ses extrêmes comme si on avait mis les potards sur 11 et qu'on avait jeté leurs ampli dans une mare de reverb.
Pas révolutionnaire mais étrangement POP.











Vivian Girls - Vivian Girls

Les chouchouttes des tops de fin d'année des amoureux de lo-fi. Leur premier album est plutôt cool dans le genre "on fait du garage, oui, mais on veut qu'on cause de nous alors on se la joue lo-fi", cela dit, il tient difficilement la longueur d'une écoute intégrale. J'en retiens surtout quelques tubes comme Tell Me Now, mais il y a lofi et lofi, et ce lofi-là est si lofi que j'en fais fi.

[Vise un peu] Le garage rock en 2008

Jay Reatard - Matador Singles '08

Le petit génie du garage rock américain et sa série de singles sortis chez Matador, tout un programme (en attendant un album... peut être en 2009 ?) de conneries hurlées par un retardé mental qui sait ce qu'il fait.
Il a une gueule d'idiot, il chante comme un idiot, mais sa musique ne se contente pas d'un simple et habituel pompage des chansons des Stooges/Dead Kennedys/Ramones/etc... Non, la production lofi juste ce qu'il faut, l'influence Deerhunter avouée (la reprise de Fluorescent Grey, terriblement jouissive sur le "YOU WRE MY GOD", me donne une raison supplémentaire de ne plus écouter Deerhunter >> Jay l'a fait, en mieux!), les claviers inattendus (You Mean nothing to me), et jamais on ne tombe dans la répétition banale de schémas garage.
Big up, Jay, t'es mon type.











Titus Andronicus - The Airing of Grievances

Cet album est le plus original des cinq dont je vais vous parler, il joint à l'énergie et à la bétise du garage rock la puissance héritée des explosions sonores de groupes comme Bright Eyes et Arcade Fire, en mode lo fi. Les chansons sont longues (antithèse du garage rock classique), le chant est parfois faux, souvent hurlé, c'est à la fois crado et étonnamment pop, et ils ont des titres amusants: (Albert Camus / No Future / Fear and Loathing in Mahwah, NJ). C'est certainement, des cinq, celui qui demande le plus d'effort parce qu'il est plus long et moins digeste au premier abord, mais il vaut le coup que l'on s'y attarde, alors ATTARDEZ VOUS Y.